• http://www.tcmofny.com/img/TaiChiChuan.jpgLe tai-chi-chuan

    On voit de plus en plus d’individus, dans les parcs de nos villes, faire des mouvements lents et fluides, en se balançant d’une jambe sur l’autre. Sans un mot, ils imitent « le serpent qui rampe» ou « la grue blanche qui déploie ses ailes ». Ou même, ils tentent de « séparer le ciel et la terre »… Le tai-chi-chuan est pratiqué par les Chinois de tous âges, chaque matin sur les places publiques. Et ce, depuis des siècles et des siècles. C’est un moine qui l’aurait inventé en observant un combat entre un oiseau et un serpent. Il s’agit d’un art martial dit «interne », car il n’implique aucun combat réel. On parle plutôt de « méditation en mouvement ». L’idée, c’est de faire circuler l’énergie de son corps et d’équilibrer les fonctions nerveuses, circulatoires et respiratoires. «Il aide à mieux intégrer son schéma corporel et coordonner ses mouvements. Selon la Fédération française de wushu. l’entraînement du tai-chi-chuan permet au pratiquant de mieux faire circuler l’énergie, de la mobiliser et de l’utiliser à son gré pour se détendre, se recentrer et se défendre.» On le pratique en solo, contre un ennemi imaginaire. Mais certains exercices se font à deux : la poussée des mains (« tuishou ») permet d’apprendre à être attentif à son partenaire. Les plus expérimentés manient en prime des armes (épées, sabre, éventail…), comme des prolongements du corps. Le but du jeu est toujours le même : atteindre un mélange de concentration, de détente et de maîtrise de soi.

    http://cadiz.nueva-acropolis.es/images/Chi-Kung.jpgLe qi gong

    Cette fois, l’énergie qu’il faut faire circuler s’appelle le « qi » (prononcez « tchi ») et nous sommes encore en Chine. La Chine millénaire : les racines du qi gong (« tchi kong ») ont en effet près de 5 000 ans. C’est une des cinq branches de la médecine traditionnelle chinoise, au même titre que l’acupuncture. Mais l’aspect philosophique est très présent avec les influences du bouddhisme, du taoïsme et du confucianisme.

    En pratique, on enchaîne des postures statiques méditatives et des mouvements lents et fluides. Les exercices respiratoires sont continus et on tâche en sus de contrôler sa pensée pour diriger le fameux qi (l’énergie) à l’intérieur du corps. Beaucoup apparentent le qi gong à une médecine douce, tant sa pratique permet de prévenir les maladies. L’effet est positif sur les muscles, le squelette, mais aussi sur certains troubles comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, les rhumatismes, etc.

    Vous êtes sceptique ? Eh bien, sachez qu’en Allemagne et en Suisse allemande, les cours de qi gong sont remboursés par la sécu !

     

     

     

     

    http://www.esoterisme-exp.com/EcoleDjedi/Resumes/Session07/yoga1.gifLe yoga

    Il y a ceux qui pratiquent pour prévenir leurs problèmes de dos. Et ceux qui tendent à devenir de vrais yogis et pour qui c’est une philosophie de vie à part entière. Pour mille et une excellentes raisons, cette discipline indissociable de la culture indienne fait de plus en plus d’adeptes chez nous. « C’est une méthode élaborée depuis la plus lointaine antiquité pour aider les êtres humains à trouver le bien-être, le bonheur et l’unité dans leur corps et leur âme », peut-on lire sur le site www. lemondeduyoga.org. Dans le yoga, il est question d’unir des concepts contradictoires en Occident (les mots « joindre », « jonction » sont d’ailleurs à l’origine étymologique du mot yoga) : le corps et l’âme, mais aussi l’homme et l’univers, l’humain et le divin… Bref, le yoga nous aide à trouver « l’unité intérieure ». En pratique, dans un cours de yoga, on commence au sol, par se détendre et se concentrer sur sa respiration. Puis on enchaîne les postures, debout ou allongé, en travaillant la souplesse ou la tonicité sans jamais oublier le souffle. On peut éventuellement faire appel à des techniques de chant, de méditation, voire de visualisation. Et on sort de là avec un sentiment de flottement jouissif. Normal, notre  «prana » (énergie) circule enfin librement dans notre corps. Il existe toutes sortes d’écoles, mais les puristes ne jurent que par le Hatha yoga, qui est la forme la plus couramment pratiquée chez nous. Appelé aussi « voie de la volonté », le Hatha yoga combine des exercices respiratoires (« pranayamas ») et des postures (« asanas »), « l’arbre », « le cobra », « l’arc » ou la très célèbre position du « lotus » (jambes croisées, dos des mains posées sur les genoux, index et pouces reliés), idéale pour atteindre le « Samadhi » (réalisation de soi).

     

     

     

     

     

    Trouvé dans cette brochure

     

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  • http://rencollins.files.wordpress.com/2011/07/istock_000016611276xsmall1.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les définitions suivantes sont issues des entretiens effectués  lors de l’écriture du mémoire de MASTER DESS Éducation et Santé de M-A BAILLON :

    « Contribution d’une Pratique Scolaire de Yoga à l’Education Pour la Santé »

    Qu’est-ce que le terme YOGA : de la racine « Yug » veut dire ?

    *Ajit Sarkar , (Enseignant d’EPS, spécialiste de la préparation physique et mentale des sportifs de haut niveaux de l’INSEP :Institut National des Sports et de l’Education Physique) 

    « Nous nous trouvons dans un état de séparation constante et c’est pourquoi on est dans la souffrance, on doit trouver l’unité en soi-même, c’est à dire : avec son corps, ses sentiments, ses pensées, son intellect, et à ce moment on trouve l’harmonie en soi, et quand il y a l’harmonie, nous sommes  heureux. »

    *Micheline Flak (Enseignante d’anglais et de yoga, présidente de l’association le RYE (Recherche sur le Yoga en Education), Auteur de : Des enfants qui réussissent, le yoga à l’éducation, avec J de Coulon, Desclée de Brouwer)

    « Le concept d’union des éléments séparés, disjoints pour une harmonie qui va loin si l’on considère que l’union des contraires est le but ultime  de la vie humaine »

    *Docteur Bhole (Médecin physiologiste indien et spécialiste en yoga thérapie, coordonnateur pendant 30 ans du Département scientifique de l’Institut Kaivalyadhama)

    « Many défintions for yoga.It changes from situation and person to person. I usually work with the term “Yoking” or “getting connecting with”

    *Docteur Hugues Gouzènes (Médecin, spécialiste en physiologie yoguique, spécialiste en psychomotricité , élève du Dr Bhole)

    “Le yoga c’est surtout s’unir avec sa conscience, à la conscience du corps, à la conscience de ses facultés, c’est un espace privilégié pour l’éducation à la santé et à la connaissance de soi »

    *Charles Wattelle (Educateur sportif chez les handicapés mentaux, professeur de yoga, dirige l’EFFEDA (Ecole Française de Formation d’enseignant de Yoga et Disciplines Associées) Yoga , troubles et handicaps, Epi, 1983 

    « Il ne faut jamais oublié que le yoga cherche l’unité fondamentale du psychisme et du physique »

    Nous pouvons dire que le terme yoga signifie un état d’être, en union avec soi et son environnement humain, matériel : « le concept yoga », et que cet état peut se résumer en « état de bien être global »

    Mais le yoga n’est pas seulement un état :

    *Ajit Sarkar :

                     « Le yoga représente des techniques qui vont parfaire le physique, le vital, l’affectif (le sentimental), le mental (l’intellect…)  pour rentrer dans le domaine de l’harmonie »

    *Charles Wattelle                   

    « Le yoga est un ensemble de techniques qui mobilisent le corps dans sa totalité et vise un meilleur vécu de celui-ci…le yoga apparaît comme une certaine manière de vivre son corps et de vivre la vie chaque jour » 

    *Docteur Lionel Coudron ( Médecin, diplômé en biologie et médecine du sport, directeur de l’Institut Yoga Thérapie, auteur de nombreux ouvrages : Mieux vivre par le yoga, J’ai lu, 1997)

    « C’est une association d’activités physiques, d’exercices respiratoires et d’exercices de relaxation le tout relier avec un certain nombre  de règles de « jeu », avec une notion de maîtrise » 

    *Swami Satyanada  Saraswati, responsable de la  Bihar school of yoga Munger, première Université de Yoga en Inde, auteur de la méthode de Yoga Nidra

    « …le but du yoga est l’élimination des obstacles qui empêchent l’être humain de profiter pleinement de la vie….des méthodes perfectionnées …font appel aux ressources naturelles de la personne… »

    Nous trouvons un deuxième aspect du terme yoga les différentes techniques : « yoga outils » qui permettent l’état de « bien être », d’ « union »

    EN RESUME :

    Le YOGA peut être défini par deux aspects : un but et les moyens pour y parvenir :

     Le but  concept yoga »signifie un état d’être en union (YUG) avec soi, avec ses actions, avec les autres, avec son environnement. L’objectif final est   l’obtention d’un état d’équilibre, de bien-être entraînant le développement de l’être humain dans toutes les dimensions

    Les moyens « yoga outils » ce sont les techniques pour atteindre cet état : des postures, des respirations,    des concentrations, des  relaxations, des visualisations, …

    Le YOGA est une discipline d’éveil, un mode de vie permettant

      *d’agir sur soi

    *d’accéder à la connaissance de soi

    *de gérer le stress de la vie quotidienne

      *de garder, de retrouver ou de stabiliser un état de santé tel que le définit l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) :

    « la santé est un état complet de bien-être physique, mental et social… »

     

    Le YOGA est accessible à tous  sans limite d’âge, de race, de milieu social… les techniques s’adaptent aux particularités des  pratiquants.

    RESUME DE l’APPROCHE DU YOGA SELON PANTAJALI

     Concrètement, les séances de yoga dispensées par RESPYRS sont basées sur la mise en place de séquences structurées permettant à chacun de pratiquer en fonction de sa sensibilité, de son histoire personnelle et de son niveau d’évolution

    Les différentes étapes du yoga de Pantajali (entre V et VII ème siècle avant JC)  sont présentes sous forme d’une spirale, chacun y incorpore ses ressentis, ses sensations…selon son rythme

    Quatre première étapes forment ce que les occidentaux appellent parfois le yoga physique : le HATHA YOGA. En fait, le Hatha Yoga  représente des techniques permettant symboliquement la fusion entre le soleil :HA et la lune THA, et donc l’union entre le corps et le mental dont le résultat est un état d’équilibre physique, psychique (et même social), qui est l’état de yoga mais qui définit également l’état de santé de l’OMS.

    Concrètement, les moyens utilisés pour atteindre l’ETAT DE YOGA sont :

    Règles de l’action en yoga pour mieux vivre en lien avec soi le groupe et  son environnement

    *YAMAS :

    Règles de comportement pour atteindre l’ETAT d’EQUILIBRE avec les AUTRES

    Vivre ensemble                                    Non-violence

    Accepter l’autre                                  Vérité

                Accepter le groupe                              Honnêteté

                Observer autour de soi            Indépendance...

    *NIYAMAS :

    Règles de comportement pour atteindre l’état  d’équilibre  avec SOI-MÊME

                Chasser les toxines                              Hygiène de vie

                Chasser les pensées négatives  Se connaître

                Gérer son stress                                  Avoir l’esprit d’entreprise...

    *MAITRISE DE SOI : corps-mental-intellect

    *FORME PHYSIQUE-MENTALE-SOCIALE

    *GESTION DU STRESS, se détendre, se détacher, LÂCHER-PRISE

    *ESTIME DE SOI

    *CONFIANCE EN SOI

                             Asanas, Postures pour atteindre l’équilibre physique par des techniques de prise de conscience du corps           

    Nous pouvons classer les postures en différentes FAMILLES

    *les postures de relaxation                              

    *les postures de fermeture                              

    *les postures d’ouverture                               

    *les postures d’équilibre                     

    *les postures inversées

    *les postures en rotation

    *les postures en inclinaison

    et elles ont une action spécifique sur toute ou partie de  la colonne vertébrale (CV) :

    la partie cervicale, la partie dorsale, la partie lombaire ou  toute la CV :                      

    *flexion                                              

    *extension                              

    *torsion                                                         

    *inclinaison                                            

    *alignement                 

    Elles peuvent être effectuées à  trois  niveaux par rapport au sol :

    *au sol, plat ventre, plat dos, sur les flanc

    *intermédiaire, à genoux, assis…

    *debout

                             Pranayama, respirations pour atteindre l’équilibre nerveux par des techniques de respiration appropriée

    La respiration yoguique sur trois plans est une base fondamentale :

    *abdominale : 1                                                         

    *thoracique : 2                                                           

    *claviculaire : 3                                                                

    *complète : 1-2-3       

    Mais il existe beaucoup d’autres techniques : respiration alternée, des suspensions de souffle…

     C’est quatre dernières étapes sont surtout intériorisées, et sont parties intégrantes de l’expérimentation en yoga intégral. Nous avons toutes les techniques de visualisation, relaxation profonde, de circulation de conscience….avec :

                            Prayahara, l’attention

                            Dharana, la concentration

                            Dyana, la méditation

                            Samadhi, l’état d’équilibre, l’état de Yoga

     Les huit étapes définit par Pantajali       sont en interconnections permanentes pendant nos séances de yoga

     En général, pour les cours  collectifs, les séances commencent par une prise de conscience de l’environnement dans lequel le pratiquant se trouve, puis une attention sur le corps : l’aspect extérieur, pour ensuite prendre conscience de l’aspect intérieur.

    Dans la deuxième phase de la séance, un enchaînement de postures avec un certain nombre de règles : poses et contre poses,  liaison entre les postures, prise du temps nécessaire aux ressentis profonds, exécution rigoureuse, le travail sur l’empreinte

    Ceci pour obtenir dans la posture : l ‘ASANA : « être stable et confortable », c’est à dire mettre en lien :

                °la respiration

                °le tonus musculaire juste nécessaire

                °la concentration

    Le tout  avec une règle primordiale qui est le respect de soi, la non violence

    La pratique se fait en toute conscience des ressentis externes : des mouvements du corps, les muscles et des ressentis internes liés à la respiration, aux nerfs …une conscience non plus de faire des postures mais d’être l’asana, stable et confortable, sans effort, avec cette notion de lâcher prise      

    Puis,     la fin de séance se termine par une mini relaxation, avec parfois des visualisations, ou autres techniques amenant à  l’état de méditation progressive

         Source

     

     


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  • jardinage.jpg

     

     

    http://www.hasslefreeclipart.com/clipart_sports/images/yoga.gifLes pratiques du jardinier et du yogi ont en commun de laisser une large place à l'expérience et propose de porter un regard différent sur le monde.

     

    Définition d'un kriya yoga Jardin et yoga (2)

     

    Jardin-et-yoga--3-.jpg

     

    Jardin-et-yoga--4-.jpg

     

    Jardin-et-yoga--5-.JPG

     

    Jardin-et-yoga--6-.JPG

     

    Jardin-et-yoga--7--.jpg

     

    Jardin-et-yoga--8-.jpg

     Extrait du n° 298 "Les carnets du yoga" (juin 2011) d'après le mémoire de E. Longue_mar.


     


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  • Le chemin que je découvre

     Le chemin que je découvre est celui du quotidien. Sans religion, ni croyance particulière. C’est un chemin dénué d’extraordinaire, habillé d’ordinaire. C’est un chemin de vie parmi tant d’autres, ni plus, ni moins.

    Chaque jour est un jour nouveau. Je me lève et une nouvelle journée commence. Je me regarde et observe mon comportement sans jugement. Chaque jour j’apprends. Lorsque je juge et que la colère ou l’impatience me gagnent en soulevant les voiles de la tourmente, ou lorsque je souris, je m’observe, tout simplement. Chaque journée m’apprend à vivre un peu plus en conscience, à mon propre rythme. Je n’attends rien. Je n’apprends rien si ce n’est l’acceptation et le pardon.

    Le chemin ne s’achète pas, il se vit. C’est un lien que l’on établit avec une part si intime et si profonde de soi-même que ce serait trahison de la monnayer. Elle est inestimable et sans prix.

    Le chemin que je découvre

    Le chemin que j’entrevois lorsque j’ouvre les yeux, reste pragmatique et accessible à tous, sans distinction d’aucune sorte. C’est un chemin pétri de bon sens et de simplicité qui permettent d’accéder à une réelle liberté inconditionnelle au travers de l’apprentissage du non-attachement.

    Cette liberté demande intégrité et honnêteté envers soi-même; de la transparence. Elle se cultive au quotidien. Une période de sevrage est souvent nécessaire. Elle nous apprend à désapprendre et dénouer les liens qui nous retiennent prisonnier de nos automatismes afin de laisser notre barque ouverte et offerte aux vents du grand large.

    On ne choisit pas ce chemin. C’est le chemin qui nous choisit si nous savons lui prêter une oreille attentive. Ce n’est pas un choix de raison ou de déraison. C’est une évidence de cœur.
    C’est un dialogue qui s’ouvre entre soi et le monde. Il permet de regarder le fleuve et la fleur avec des yeux innocents, sans jugement, sans présupposer aucun, avec un regard d’enfant. Un regard qui ressemble à une prière…

    Ce qu’enseigne nombre de sciences contemporaines à nouveau émergentes, c’est que l’Univers, et donc notre monde, est constitué d’énergie et que cette énergie possède une conscience.
    Du règne minéral, jusqu’à l’homme, toutes les manifestations de la vie sur terre sont des déclinaisons d’une même Conscience.

    Le chemin que je découvre

    Cela implique qu’une communication devient envisageable et possible entre ces différents états de conscience. Et ceci ouvre de nouvelles portes.

    Si l’on accepte de remettre en cause ses acquis et ses habits de raisons, de réapprendre à observer le monde en faisant taire son mental, un champ infini de possible commence alors à germer… Ici et maintenant, dans ce présent qui accompagne notre propre conscience.

      Il y a ici et maintenant, la plus belle des promesses, celle qui pose une union ordinaire et cependant sacrée entre nous et le monde. Aujourd’hui, et plus que jamais, cette union commune, cette co(m)-union est en train d’éclore dans le terreau de notre vie et nous en sommes tous les acteurs privilégiés et l’intelligence motrice. Un cycle se termine pour en accueillir un autre…

    Il y a là un défit pour certains, une évidence pour d’autres, mais en tous les cas un avenir et une promesse pour tous…

    Sur ce chemin, qui reste parfois un chemin de croix et de solitude, nous ne sommes jamais seuls. Et pour guérir il est parfois nécessaire de tomber malade…

    Nous pouvons tenter de comprendre et de connaître dans ses moindres détails l’histoire du monde. Cela nous prendra du temps, mais cela reste dans le domaine du possible. Nous pouvons amasser des montagnes de connaissances et être celui qui sait. Nous pouvons essayer de comprendre les intrigues de notre monde afin de combattre les injustices et être celui qui brandit l'épée de la justice, nous pouvons même espérer 2012 comme une concrétisation de nos plus beaux espoirs.

    Le chemin que je découvre

    Mais tout cela ne remplacera pas, et ne nous dispensera jamais de tourner notre attention à l’intérieur de nous-mêmes afin de nous observer et mieux nous connaître. Tout cela ne remplacera jamais le fait de vivre pleinement notre vie afin d’expérimenter et de mûrir.
    Nous portons, au plus profond de nous, nos plus belles promesses, à nous de les découvrir et de les mettre en lumière, de les faire éclore dans le terreau du monde. Et cette mise en lumière passe par le vécu et les défis, petits ou grands, du quotidien qui nous livrent le miroir de nos propres aspirations.

     Alain Degoumois


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  • Être libre ou être ouvert ne s’enseigne pas

    Les voies progressives constituent des distractions pour le mental. Toutes les voies sont progressives. La seule choses qui ne soit pas progressive, c’est l’écoute, votre ouverture à la vie. Toutes les voies, par leur nature même de voie, sont progressives. Toutefois, il en existe qui ne mettent pas l’accent sur la voie elle-même, sur la perception, l’expérience, et de ce fait se réfèrent sciemment à cet arrière-plan.

      La relation maître-disciple est une forme de romantisme.
     
      Quand le disciple n’est pas pris pour un disciple, qu’il ne prend plus son maître pour un maître, qu’il est libre de ces images, il pressent fondamentalement la non-différence, l’unité ; il n’y à pas de relation possible.
     
      Vouloir être reconnu, vouloir imposer son point de vue, penser savoir la moindre chose, se croire spirituel, ou même, ce qui est très à la mode ces jours-ci, s’autoproclamer « être réalisé » : que de violence !
     
      Contre soi-même d’abord et, par extension, contre l’environnement. Chercher à se définir d’une quelconque manière implique oppression, défense. Vouloir aménager une quelconque différence dans notre vie, dans notre environnement, voilà la violence.
     
      Dans l’Inde traditionnelle, l’état de liberté n’est pas lié à une expression. Les ashrams, les groupements et les maîtres sont des créations récentes. Un homme sans référence attire par son humilité, par sa liberté, quelques amis qui vivent auprès de lui, où s’opère une découverte de l’Amour.
     
      Pour ce qui est de la mode des gurus, c’est uniquement par fainéantise que l’on recherche un maître, et de préférence un grand maître, que l’on recherche une école profonde très ancienne, une lignée, très mystique, riche d’un vaste bagage d’enseignements, où l’on recevra des initiations indispensables.
     
      Tout cela c’est du commerce. Il n’y a rien à enseigner, ni rien à recevoir.
     
      Le fait d’être libre ou d’être ouvert ne s’enseigne pas."   

    Eric Baret

    "La spiritualité est une fantaisie, une psychopathie. La spiritualité, c’est uniquement ce qui est là dans l’instant."

    Eric Baret

     


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    France,
    Je suis né plus loin, beaucoup plus loin qu'on pense.
    C'est à Saïgon que j'ai eu mon enfance
    Et ma mère, là-bas, le disait doucement,
    Le mot France,
    Le mot France.

    France,
    Le temps s'est enfui mais je le sais depuis :
    Il suffit d'être loin ou seulement d'être seul
    Pour avoir le cœur serré quand on entend
    Le mot France,
    Le mot France.

    France,
    Elle était institutrice, et, au lycée,
    On a rencontré ces mots dans nos dictées.
    Ecrivez maison, justice et liberté,
    Espérance,
     

    Il y avait
    Il y avait aussi, plus tard, je l'ai appris,
    Et révolutions et passions et violences
    Et misères et flammes et guerres et drames
    Mais France,
    C'était les rivières et mes montagnes bleues.
    C'était les clairières et les enfants heureux,
    Des châteaux, des blés, des champs, des roses,
    Tant de choses, en France.

    France,
    Le temps s'est enfui mais je le sais depuis :
    Il suffit d'être loin ou seulement d'être seul
    Pour avoir le cœur serré quand on entend
    Le mot France,
    Le mot France,
    France.

     


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  • Résultat de recherche d'images pour "la mère auroville"

     

    http://sriaurobindo.fr/

    "On ne peut rien faire dans les circonstances actuelles et avec la politique telle qu’elle est pratiquée actuellement. (…) Le monde est organisé de telle façon qu’on ne peut pas être autrement. Si on était un homme qui n’acceptait aucune espèce de compromis, on ne pourrait pas rester dans la politique ; on serait tout simplement poussé dehors par la force même des choses. Il y aura un moment où tout cela changera, mais pas encore. La politique, c’est peut-être la dernière chose qui changera. Il y en a beaucoup d’autres qui doivent changer avant. C’est certainement une des choses les plus récalcitrantes.

    Il y a deux choses qui sont très difficiles à changer : c’est la finance et la politique ; le domaine de l’argent et le domaine du gouvernement sont les deux points où l’homme est le plus faible et le plus attaché au mensonge. Alors, probablement, la transformation viendra là en dernier. On peut espérer une transformation sociale, une transformation économique, une transformation de l’éducation ; on peut espérer tout ça long-temps avant la transformation politique et la transformation financière. J’ai écrit ça justement pour montrer aux gens quel est l’état véritable du monde, et pour donner une indication de la porte de sortie. Mais quand nous en serons à la porte de sortie, vous verrez que ce n’est pas si facile. Peut-être que la première chose qui se transformera, ce sera le monde scientifique, c’est possible ; parce que là on exige une sincérité très grande et un effort très persévérant, et que ce sont déjà des qualités qui vous ouvrent la porte vers une vie supérieure..."

    La Mère, entretiens, 14 septembre 1955 
     


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    Se savoir soi-mêmeDans la vie, l'important n'est pas de savoir quelque chose, mais de vous savoir vous-même. Quand je veux étudier le taoïsme, l'hindouisme, le christianisme, quoi que ce soit, je m'éloigne de moi-même. Il n'y a rien à étudier. Toutes ces formulations étaient faites originellement pour nous ramener à nous-même, malheureusement cela n'a pas fonctionné. Parfois elles permettent quelques éclairs, mais cela reste quand même une forme d'éloignement. Certaines personnes connaissent parfaitement le Vedanta mais ne savent rien sur leurs peurs: cela ne sert pas à grand chose. Les gens savent tout sur le taoïsme et ne supportent pas la critique, ne connaissent rien.

     Donc: revenir à ce ressenti, humblement, simplement, et vous rendre compte que c'est ce qu'il y a de plus haut. Aucun traité ne pourra vous amener aussi loin. Les traités doivent se taire pour permettre au ressenti de vivre en vous. Le seul effet d'un traité, c'est d'amener une saturation, une sorte de calme mental.

     Restez tranquille, il n'y a rien à comprendre. Dans cet apaisement, vous pourrez commencer à laisser vivre ce qui est important.

     Ces belle théories profondes ne sont là que pour calmer nos peurs. Un jour vous ne vous ruinerez plus en livres, en enseignements, ou en séminaires. Ce qui est important pour vous, c'est vous-mêmes. C'est gratuit; vous l'aurez toujours sous la main; vous n'aurez nulle part pour aller méditer, pour être tranquille. C'est votre cadeau de chaque instant. Revenir sur ce cadeau constant.

     Tout est vrai. Tout est est une manière de parler. Mais c'est une expression qui m'éloigne de ce ressenti.

     Il faut être au delà du traité pour comprendre le traité. C'est pour cela que lire des traités est une forme de barrière.

     Revenez à votre propre expérience d'être, qui est constamment disponible. Rien ne vous est éloigné. La chose la plus profonde c'est vous. Quand vous le comprenez de manière non mentale, les traités ne parlent que de vous. De manière plus ou moins maladroite, ils parlent de votre beauté. Vous les lirez comme on lit un poème, comme on caresse le genou de quelqu'un, comme on regarde la lune: sans raison. Là, les traités vont se révéler. Mais tant que vous chercherez à les comprendre, vous vous agiterez beaucoup pour peu de chose.

    Eric Barret

     


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  • http://medias.inrees.com/img/magazine/haut_BelleEvasion.jpg

    Pris sur le site: Économie et Spiritualité en Yoga

    A propos du livre Ma plus belle évasion de Michel Vaujour

    Souvent des vérités qui nous semblent fondamentales sont confirmées par des faits ou des événements insolites et à priori sans grande importance.

    Avec le Yogi Khane, et son enseignement intégrant des postures et des pratiques de Hata Yoga indien, du Yoga égyptien et du kung-fu (yoga chinois), j'ai découvert que le hata yoga n'était pas forcément lié à la culture indienne ; d'autre part son souci de montrer que la pratique du yoga pouvait se nourrir et s'enrichir à partir de différentes spiritualités (chrétienne, musulmane, hindoue, bouddhiste, taoïste,…) laisse suggérer que la démarche du yoga est une démarche inscrite au très profond des êtres humains. D'une manière plus globale, cette démarche du yoga semble être inscrite au très profond de tout être vivant, si on en croit, par exemple, le mythe indien de la transmission du yoga par Chiva aux hommes par l'intermédiaire du poisson, de la tortue, du sanglier, …que Babacar Khane aime si souvent nous rappeler.

    Attiré par l'aspect universel du yoga, j'ai souvent regretté que les anciennes civilisations (les Celtes, les Ligures, Les Etrusques, …) qui ont fondé le continent européen nous aient laissé si peu de traces et de vestiges nous permettant de connaître les formes de yoga qu'ils pratiquaient notamment avant l'ère chrétienne. Il est fort possible que les druides et d'autres formes de chamanisme[1] aient développé des pratiques de yoga spécifiques à leur époque. On sait aujourd'hui, grâce au corps de "Otzi", cet homme momifié, vieux de 5.300 ans, découvert en 1991 sur un glacier du Tyrol, et sur lequel étaient inscrits des méridiens et des points d'acupuncture, que les hommes qui habitaient le centre de l'Europe à cette époque, utilisaient des pratiques de soins que nous avons redécouvertes et que nous re-utilisons depuis quelques décennies grâce aux enseignements et aux écrits de la "médecine traditionnelle chinoise". Peut être qu'un jour un événement similaire à la momie "Otzi", pourra nous permettre de retrouver des traces des yogas qui étaient pratiqués sur notre continent européen avant l'ère chrétienne ?

    L'événement insolite, qui m'a raffermi dans l'idée que le yoga est une démarche universelle inscrite à l'intérieur du corps de tout être humain est le livre de Michel Vaujour "Ma plus belle évasion"[2] et son interview dans la revue "Santé Yoga" de décembre 2005. Michel Vaujour est connu pour ses multiples évasions de prison, mais les journaux et la télévision n'ont pas relaté sa découverte du yoga en prison, et la métamorphose de son comportement et de sa vision de la vie, à partir d'une pratique du yoga assidue et quotidienne.

    Du streching  à la découverte du yoga

    Enfermé dans le quartier de haute sécurité de la prison de Chaumont, après plusieurs évasions réussies, Michel Vaujour découvre que faute de ne plus pouvoir s'évader, ses réactions d'opposition aux "matons" et au système carcéral risquaient de le perdre. « En me laissant aller à réagir comme je l’avais fait, je m’étais mis au même niveau que le taureau qui, face au toréador, fonce sur le rouge de la muleta qui l’excite et finit par en mourir. Ce jour-là, j’ai commencé à comprendre que j’étais foutu si je n’étais pas capable de maîtriser les impulsions que cette situation d’impasse générait en moi. Dès lors, je m’évertuais à brûler le danger de ce trop d’adrénaline par la pratique d’une activité physique débridée ». D’autre part, une bonne forme physique ne pouvait qu’être positive pour entreprendre une nouvelle évasion.

    Pour « peaufiner la partie étirement et souplesse » de son activité physique, Michel Vaujour acheta le livre de Philippe de Méric, Yoga pour chacun. C’est une blessure à la cheville qui l’immobilisa pendant plusieurs semaines qui lui a permis de dépasser l’aspect stretching du yoga. « Vu les désagréments de cette immobilisation forcée, je me suis soudainement senti concerné par les techniques de respiration relatives au stress, et à la stabilisation du mental, de l’émotionnel, des pensées. Alors, j’ai relu attentivement le bouquin, souligné certains passages et, allongé sur le lit, j’ai commencé à ressentir quelques effets, minuscules, mais bien là. Comme j’avais encore des jours et des jours avant de pouvoir forcer sur ma cheville, je me suis élaboré, avec le même coté méthodique que pour le sport, un autre petit programme sur un cahier tout neuf. Du lit, je suis passé à la couverture posée au sol, et j’ai commencé à essayer de m’exercer à une respiration de base, nadi sodhana, jusqu’à pouvoir me perdre dans le souffle, dans le rythme. Au fil des jours, et en dépit de tout, de la prison, des matons, de l’impasse dans laquelle était tombée ma vie, j’ai commencé à ressentir des moments de bien-être que j’avais oubliés depuis longtemps, et que je n’avais même peut-être jamais connus. (…) Quelque chose qui se rapprochait de ce que l’on peut ressentir quand on est perdu dans la beauté d’un paysage qui nous dépasse. Une paix par-delà tous les aléas de la vie. (…) . Le programme initial de stretching amélioré était bien loin derrière moi. Le yoga n’était encore alors qu’une forme d’évasion que ni murs, ni matons, ni miradors, ne pouvaient empêcher. Mais peu à peu, il creusa son sillon en moi au point d’occuper tout mon être, toute ma vie ».

    « Sur le chemin du yoga »[3]

    Dès lors, dans sa cellule éclairée par la lumière bleutée de la veilleuse de nuit, tous les matins à six heure, Michel Vaujour commence son premier rendez-vous de la journée avec le yoga, et notamment avec des exercices respiratoires. « Il n’est plus ni monde au-delà des murs, ni prison, ni haute surveillance, ni cellule, ni lumière, ni espace, ni temps. Il n’est plus que le souffle qui m’absorbe tout entier dans cette concentration si particulière du yoga qui consiste non pas en tension « vers », mais dans l’effacement de tout ce qui n’est pas son objet. Il n’est plus que le souffle, mon souffle, porté par une des techniques millénaires du yoga. Il n’est plus que le rythme qui naît au profond des entrailles, qui s’y meurt pour renaître encore et encore. Par de là ma vie qui ne ressemblait plus à rien, je suis vivant, et je le ressens avec une acuité de conscience que je n’ai jamais connue ».

    Tout au long de la journée, Michel Vaujour complète son entraînement sportif par des séries d’asanas. Il redécouvre par lui-même que les asanas signifient « des postures aisées », ce qui, vu les contorsions nécessaires, semble assez paradoxal, mais cette dénomination reflète plutôt, selon Michel Vaujour,  « la manière d’y parvenir ». Il fait l’expérience que chaque asana, « contraint l’organisme à des modes respiratoires différents qui eux aussi, doivent être aisés » et il découvre que « les aptitudes qui ont à s’exercer et à se développer dans ce travail pour apprendre à être à l’aise m’apprennent à l’être tout autant face à l’adversité ». « Moi qui n’ai jamais fait d’études, je découvre une autre école, celle du silence, de l’application, celle des lois et de la vie qui m’animent. Le yoga devient un mode d’existence ».

    Le soir, dans le silence de la prison, Michel Vaujour pratique la méditation à partir d’exercices respiratoires : « De la maîtrise du souffle découle la maîtrise des émotions, et de la maîtrise des émotions, le détachement. Un détachement qui  laisse d’autant plus en pleine conscience que l’émotion n’est plus là pour la brouiller ».

    Ces différentes pratiques quotidiennes du yoga dans un quartier de haute sécurité de la prison de Chaumont, permirent peu à peu à Michel Vaujour de se forger une réelle pensée personnelle. « Dans un quotidien silencieux et solitaire, une telle discipline vécue, me fit naître à la pensée, à une pensée véritablement personnelle. Pour moi qui n’avais jamais été porté que par mes pulsions, un fatras de clichés et d’idées convenues, ce phénomène fut si surprenant que la première fois je crus entendre une voix tant cette pensée était claire et nette. Cette illumination m’entraîna à me confronter à moi-même, et j’ai commencé à réaliser le gâchis dans lequel j’avais entraîné ma vie ».

    Le yoga pour aller jusqu’au bout d’une nouvelle évasion à tout prix

    Tout en observant la transformation de sa pensée à partir de la pratique du yoga, Michel Vaujour n'abandonna pas pour autant ses projets d'évasion. Sa découverte du yoga transforma et renforça à la fois sa détermination de s'évader et de se préparer physiquement et mentalement à réaliser une telle action. Constatant qu'à vingt cinq ans, l'âge de tous les désirs, il avait encore une vingtaine d'années à passer en prison, le seul moyen de s'en sortir à ses yeux était « d'aller jusqu'au bout de l'évasion à tout prix ». « Le retrait que m’offrait le yoga, me permettait de m’inscrire désormais sur la durée et d’évacuer les scénarios d’évasion les plus fous, les plus violents, qui revenaient sans cesse butter sur mon manque de moyens. C’est ainsi qu’un jour une solution naquit dans mon esprit, la seule sur laquelle il m’était possible de travailler puisqu’elle ne dépendrait que de ma détermination. Si je voulais avoir une chance de réussir, il me fallait être capable de jouer ma vie à pile ou face avec la mort. Jusqu’alors j’avais toujours eu la mort aux trousses, avec cette solution, j’allais devoir l’affronter (…) Le yoga m’avait ouvert la voie. La solution n’est venue que quand j’étais mûr pour la penser et l’accepter. Pour mener à bien cette évasion, (.. ) il fallait que grandisse en moi  l’unité entre la pensée et les actes. Les leçons silencieuses du yoga m’enseignaient le principe premier du yoga, le yama, qui signifie harmonie, accord avec soi-même[4]. Ce principe moral tendant à l’unité de l’être est le sens même et l’objet du yoga. Plus le temps allait, plus cette unité s’immisça en toute chose de mon quotidien et structura mon être au point  de ressentir physiquement ma détermination s’affermir un peu plus chaque jour ».

    Préférant mourir d’une balle dans la tête que mourir à petit feu dans une cellule Michel Vaujour décide de mettre toutes les chances de son coté et de s’y préparer. « Que j’ai eu tort ou raison dans le passé, là n’est plus le problème, je ne suis plus qu’un homme qui cherche à défendre son droit à la vie avec les moyens dont il dispose et j’ai désormais le devoir moral vis-à-vis de moi-même d’aller jusqu’au bout ». Durant la nuit de ses vingt six ans, il entreprend une véritable séance d’initiation dont il avait préparé les différentes phases avec précision pendant plusieurs jours. L’objectif  de cette renaissance était de se préparer à renoncer à tout ce qui n’irait pas dans le sens de sa liberté à reprendre. « Lentement, habitant chacun de mes gestes, je me suis mis à nu, pour être tel que j’étais venu au monde vingt six ans plut tôt. Puis, j’ai plié lentement en trois une couverture, je m’y suis agenouillé et je suis entré dans le vide du yoga comme d’autres l’auraient fait en la prière. Inspire… Expire.... Inspire… Expire… Inspire… Lentement….. Lentement… Lentement… Naissant du fond du ventre, y mourant pour en renaître sans cesse et sans cesse, mon souffle allait, venait d’une narine à l’autre, long, silencieux, comme une vague éternelle. Les battements de mon cœur s’espaçaient, jusqu’à descendre à une trentaine de pulsations minute. Inspire… Expire.... Inspire… Expire… Inspire… Lentement….. Lentement… Lentement… Plus rien n’existait, si ce n’est une conscience vide de tout objet, de toute pensée. Ce décrochage de tout et de moi-même me plongea au plus simple et probablement à l’essentiel, à ce souffle qui au premier instant de ma vie, inspire, et qui au dernier expire. Les aléas de la vie m’avaient jeté dans une solitude que, par-delà le temps et les époques, d’autres hommes, avaient recherchée pour s’engloutir dans un yoga où moi aussi ce soir-là je m’engloutis tout entier et plus que jamais. Je m’y perdis et m’y diluai ».

    Une démarche initiatique ?

    Plusieurs heures plus tard, Michel Vaujour désira inscrire cette nuit d’initiation « au plus intime de sa chair » par le rituel de l’eau et du rasage de sa chevelure. Tout nu et debout devant son lavabo, il prit un gant et du savon et s’est lavé. « Chaque aller retour du gant sur mon corps, ma peau, me lavait de mes faiblesses de caractère, des trahisons envers moi-même qui avaient fait mon malheur. Ce n’était plus mon corps que je lavais, c’était cette autre chose au plus profond de nous-même ». Puis il prit son petit rasoir bic, « et dans l’esprit d’un moine prononçant ses vœux, j’ai rasé les longs cheveux bouclés dont j’étais si fier. A chaque mèche qui tombait sur le sol, c’étaient les vanités, le goût du paraître et de la sensualité qui se détachaient de moi ».

    Il termina sa nuit d’initiation agenouillé sur sa couverture, « avec au cœur toute la fragilité et la force du nouveau-né qui s’offre et s’ouvre à la vie. Jusqu’à l’aube naissante, chaque frémissement de l’air sur l’intime de ma chair inscrivit mon engagement en lettres d’éternité ».

    Le yama, cette harmonie entre les pensées et les actes, cet accord avec soi même qu’il avait découvert grâce au yoga et qu’il avait scellé dans son corps par cette nuit d’initiation, allait lui permettre de « tuer le chien fou, cette partie de moi qui m’avait mené à ma perte. L’alternative de la mort était désormais l’arme posée sur ma nuque pour tout dépasser. Le jeu de rôle de l’évasion ludique laissait complètement place à la puissance de l’instinct de survie ». En se rappelant ce qu’il avait décidé pendant la nuit, c'est-à-dire que chaque petit dépassement de soi-même, chaque renoncement construiraient de leur force magique sa capacité à reprendre sa liberté, il décidé de se débarrasser de tout ce qui, dans sa cellule, n’était pas obligatoire ou strictement nécessaire : tabac, radio. De plus il décida de faire deux jours de jeûne par semaine.

     « En s’appliquant d’abord à l’environnement immédiat, le principe de l’ascèse m’amena tout naturellement au dépouillement intérieur. Là aussi, tout ce qui n’allait pas dans le sens de l’idéal d’être auquel j’aspirais fut brûlé comme autant d’offrandes sur l’autel du dieu Liberté. Le silence et la solitude qu’il m’avait d’abord fallu endurer puis apprivoiser devinrent sources de mes forces. Au silence de la cellule s’ajouta mon propre silence. L’exercice du contrôle du souffle sur lequel il s’appuyait m’accompagnait de l’éveil au sommeil. Et sur ce chemin sans chemin, le yoga devint le cœur de mes jours et déborda sur tout, il devint ma Bible, la référence absolue d’un univers de neuf mètres carrés. Bien au-delà de l’exercice visible des asanas, pranayama, méditation, ou autres, tout devint prétexte à exercer la maîtrise de soi-même, à m’éduquer et me perfectionner en toute matière utile au challenge que je me proposais. Tout dans le quotidien du quartier de haute surveillance devint prétexte à exercer toujours plus la maîtrise acquise dans la voie à laquelle j’appartenais désormais entièrement. Ainsi, les tentatives des gardiens pour rompre mon silence paisible ne furent jamais qu’occasions supplémentaires à m’entraîner au jeu subtil du contrôle des émotions. Et avec le temps, toute émotion réactive disparut. (…). La prison dans laquelle je m’étais enfermé était bien plus dure que tout ce qu’aurait pu m’imposer l’administration, mais je me l’étais choisie et rien ni personne ne pouvaient plus m’atteindre ; j’étais libre ».

    « Le jeune chien fou entré dans la solitude des années auparavant avait été détruit petit à petit, méthodiquement et sans aucune pitié. Je n’avais comme dieu que la liberté, un dieu exigeant, qui m’avait amené à me libérer d’autres chaînes, à m’évader d’autres prisons que celles où mon corps était retenu. Ce chemin m’avait fait comprendre que la crainte de la mort était la mère de toutes les peurs, de toutes les limites à l’action. Nu, face au mur, chaque soir, j’étais alors entré dans le vide de la méditation comme on entre dans la mort. Je l’avais accueillie en moi, elle faisait partie du voyage. Comme elle était ma seule promesse d’avenir, elle était devenue ma seule force. Celle qui remplace toutes les autres ».

    Le Yoga pour réussir à s’évader de prison …..et pour sortir de l’hémiplégie

    C’est fort de sa métamorphose due au Yoga que Michel Vajour monte une nouvelle évasion en braquant un juge avec un faux pistolet fabriqué avec du savon et du cirage noir. Repris quelques mois plus tard, il est enfermé à la prison de Fresnes où il réussit grâce à sa compagne Nad une évasion spectaculaire par hélicoptère. Quelques mois plus tard, lors d’un braquage d’un fourgon de transport de fonds il reçoit une balle de 357 magnum en pleine tête. « La mort était là, venue de je ne sais où. C’est cet état de conscience que le yoga appelle "le spectateur", qui prit les choses en mains. J’étais alors totalement détaché et totalement impliqué dans le processus du passage de la vie à la mort. Il ne me restait plus que l’ouïe, et la conscience réfugiée toute entière très bas dans le ventre, là où naît le souffle du yogi. C’est là l’expérience la plus importante de ma vie et qui me marque à jamais. Je ne suis pas mort, et une semaine plus tard je suis sorti du coma, hémiplégique ».

    « J’ai passé plusieurs mois à l’hôpital de Fresnes où je n’ai reçu aucun soin, si ce n’est un comprimé par jour pour prévenir des crises d’épilepsie. Je n’ai pas eu non plus de séances de re-éducation. Je devais donc me soigner seul. Le yoga m’a aidé à retrouver ma motricité. Dans cette aventure, il restera à jamais le moyen par lequel je m’en suis sorti ».[5]

    Une métamorphose spirituelle :  « se donner à la vie »

    Après l’hôpital de la prison de Fresne, Michel Vaujour est enfermé dans le quartier d’isolement de Fresnes. L’histoire de ce détenu multi-récidiviste en évasions, attire l’attention d’une étudiante en droit pénal, Jamila Falid, d’origine algérienne et de nationalité française, et qui voulant être juge d’instruction, s’intéresse aux conditions de détention. À partir d’échanges épistolaires et de visites à la prison de Fresnes, c’est une profonde relation amoureuse qui se construit entre ces deux personnes ayant deux parcours forts différents et que rien ne semblait réunir. Après plusieurs tentatives infructueuses pour informer et dénoncer l’isolement carcéral dont lequel était maintenu Michel Vaujour, Jamila apporte son aide à Michel pour monter une nouvelle tentative d’évasion qui avorte. Jamila est arrêtée et condamnée à sept ans de prisons. Leur échange épistolaire va devenir quotidien.

    Avec l’aide de Jamila, Michel se transforme peu à peu au plus profond de lui-même et décide d’«œuvrer tranquillement à sa libération». Mais le système pénitentiaire ne l’entend pas de cette oreille, et sous le faux prétexte d’une lettre anonyme qui informait l’administration pénitentiaire de nouveaux projets d’évasion, Michel Vaujour est de nouveau enfermé dans un quartier d’isolement. Il décide alors de se lancer dans une grève de la faim de plusieurs semaines « Cette grève de la faim, non subie mais assumée telle une ascèse, allait me libérer bien au-delà de la liberté recherchée ». Pour nous faire comprendre cette nouvelle liberté, cette nouvelle évasion qu’il a découverte, Michel reprend un conte de spiritualité soufie[6], qui lui a été sans doute proposée par Jamila et qui lui permet de découvrir et de goûter que la vie, comme l’amour, ne se prend pas, on se donne à elle. «L’amour m’a fait naître à la vie, vierge de tout. C’est la plus belle des évasions ».

    Grâce à sa transformation mentale et spirituelle, Michel « avance dans l'apprentissage de la confiance à autrui tout en rentrant dans un rapport "gagnant-gagnant" avec l'administration pénitentiaire ». Bénéficiant des modifications radicales de la loi en matière de libération conditionnelle de juin 2000, il est sorti de prison le 1er septembre 2003. Il a maintenant 54 ans et il est marié. Tous les matins il consacre une heure et demi à sa pratique quotidienne de yoga.

    Conclusion

    Ce livre de Michel Vaujour constitue un très beau témoignage sur la découverte du yoga qui est inscrite en chacun d’entre nous. Il est à conseiller pour toute personne qui souhaite savoir ce qu’est le yoga en utilisant des mots simples de tous les jours. Il est aussi à conseiller pour chacun d’entre nous, citoyen, et au nom de qui la justice est rendue afin que nous sachions comment le système carcéral français actuel, au lieu de remplir sa fonction de re-insertion des détenus, transforme un jeune délinquant en "ennemi public n°1. Pour tous ceux qui pratiquent déjà du yoga, ce livre est aussi un guide qui nous rappelle que la pratique des asanas et de la respiration est très utile pour l’action (Karma yoga), mais que pratiquer sans référence à une spiritualité ou à un maître, le yoga de l’action a de grandes chances de déboucher sur le renforcement de l’égo. C’est grâce à Jamila que Michel a pu réaliser sa plus belle évasion.


    [1] Dans son livre "Le Yoga, immortalité et liberté" qui retrace l'histoire du yoga en Inde, Mircea Eliade traite dans un chapitre intitulé "Le Yoga et l'Inde aborigène" des relations entre le yoga et le chamanisme. Mais il nous faut rappeler que pour Mircea Eliade, le Yoga constitue une dimension spécifique de la culture  indienne.

    [2] Michel Vaujour, Ma plus belle évasion, Editions Presses de la Renaissance, Paris 2005

    [3] Titre du chapire 2 de la troisième partie intitulée "La métamorphose" du livre de Michel Vaujour

    [4] Le yama (harmonie avec l’entourage) est le premier des huit membres du yoga de Pantjali ; dans la description faite ici c’est plutôt  le deuxième membre du yoga, niyama ou harmonie en soi, qui est visé.

    [5] Interview de Michel Vaujour, Santé Yoga, n°57, décembre 2005, pp. 14-15

    [6] Michel Vaujour, Ma plus belle évasion, Editions Presses de la Renaissance, Paris 2005, pp.314-315. Ce conte de la spiritualité soufie est un très beau texte à lire et à méditer, 

     

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