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    Toute activité humaine implique la préparation d'un cadre approprié, qui crée une atmosphère et est à la base du succès de l'entreprise. La " chambre intérieure " de notre esprit ressemble à une pièce en désordre : on y trouve de nombreuses choses inutiles, et elle se révèle inconfortable, empêchant de se concentrer. Pour nous préparer, nous devons décider d'éliminer toutes les choses inutiles, une par une. Cela peut paraître simple, mais c'est souvent difficile à faire. Mais si nous examinons les objets inutiles et les retirons, un par un, ne gardant que ce qui est fonctionnel et confortable, avant longtemps, la pièce sera nette, ordonnée et agréable à regarder. S'asseoir dans un tel endroit chez soi, c'est comme se mettre en congé par rapport à l'extérieur. Les pensées gênantes et inutiles de notre " chambre " mentale doivent être traitées de la même façon et triées. Cette préparation a pour résultat un esprit paisible, dépouillé, l'état de Wu Chi.

    Ces pensées désordonnées proviennent directement de notre vie quotidienne, et c'est là que la " préparation " commence, et pas seulement quand on s'assoit pour méditer. La préparation la plus importante a lieu dans le corps, qui est un laboratoire d'expérimentation et de travail sur la méditation. Il doit être entretenu correctement et dans le meilleur état possible. L'esprit, qui en constitue une partie indéfectible, doit, en contrepartie, être clair et bien reposé. Cela signifie qu'il faut éliminer les activités. délétères et renoncer à fumer, boire; manger des aliments qui ne vous nourrissent pas, etc. Les mauvaises habitudes affaiblissent et endommagent le corps et gênent les pensées claires et paisibles.

    Mais c'est comme si l'on nettoyait la pièce " extérieure " remplie sans discernement d'objets dotés d'une valeur sentimentale. Beaucoup s'insurgeront. Considérant qu'il suffit de " réduire " ce qu'ils reconnaissent comme de mauvaises habitudes.

    Mais prenons l'exemple du placard que l'on vide. Nous tombons sur un vieux manteau qui ne nous est plus d'une grande utilité. Il est temps de s'en débarrasser. Allons-nous commencer par en couper une manche et garder le reste ? Ce serait absurde. C'est pourtant exactement la même chose quand nous voulons " réduire " une habitude qui nous fait du tort. Si nous voulons réussir à méditer, nous devons avoir la volonté de renoncer, l'une après l'autre, aux choses qui nous empêchent de bien méditer. Au début, cela peut sembler douloureux. Tous ceux qui ont dû un jour vider un placard longtemps négligé ou une pièce trop encombrée connaissent ce sentiment, aussi devons nous nous rappeler la sensation d'agréable soulagement qui s'ensuit une fois que tout est fini.

     La suite de cet article se trouve ici

     

     

     


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    Par Marc-Alain Descamps

    Bien des personnes veulent avoir une vie spirituelle. Il s’agit d’une recherche de l’intériorité dans la dimension de la profondeur, une découverte de son essence, une plongée vers l’unité. Elle peut être menée dans le cadre d’une religion, comme autrefois où elle a été illustrée par tous les grands mystiques Catholiques, Orthodoxes, Hindous, Soufis, Bouddhistes ...

    Mais actuellement cela peut se dérouler hors du cadre de toute religion, dans la quête de la dimension du Sacré et de la découverte du Divin à l’intérieur de soi. Assez souvent, cette recherche prend assise sur des pratiques selon une voie traditionnelle, hors d’une religion : Soufisme, Yoga, Taï chi, Zen, Bouddhisme tibétain, Hésychasme, méditation, retraite, pèlerinage, prière chrétienne …

    Mais que l’on soit seul ou dans un groupe, les pièges sont nombreux et bien des personnes stagnent ou se découragent. Il existe en effet dans l’homme deux niveaux : la réalisation spirituelle et le nettoyage psychologique de la personnalité et de son inconscient par une psychanalyse. Et comme ils sont indépendants, l’un ne devrait pas aller sans l’autre.

     A. Les premiers obstacles

     Un certain nombre d’obstacles peuvent être évités, une fois qu’ils sont reconnus.

     - Les dissuasifs. Bien des gens traitent de tous ces sujets, alors qu’ils n’ont, de toute évidence, aucune vie spirituelle. Ils ne parlent et n’écrivent des livres ou des revues sur les dangers que pour dissuader d’y entrer et par conséquent pour se justifier de ne pas y entrer. Au lieu de nier ouvertement la voie spirituelle, ils se contentent de présenter quelque chose de frelaté sous ce nom. Une connaissance livresque dans ce domaine ne suffit pas, il convient d’en avoir une expérience authentique.

     - Les tartuffes. Comme dans toutes les religions, on trouve aussi dans la spiritualité des hypocrites, qui veulent en tirer profit en donnant le change. Combien de savants intellectuels savent parler avec éloquence, d’après leurs seules lectures, de ce qu’ils ignorent complètement. Ils excellent à traiter de la mystique comparée et leurs discours sur les mérites des voies de l’Orient et de l’Occident (ou leur mélange) sont très à la mode. Mais il en a toujours été ainsi, le Lama Brug-pa écrivait déjà au Tibet au XVème siècle : « Un maître authentique est plus rare que l’or, les charlatans plus nombreux qu’un nid de fourmis ».

     - Les paresseux. Ils sont tombés dedans dans leur enfance et se laissent porter, victimes de la routine, de l’inertie et de leur paresse. Entrée à cinq ans chez les Religieuses, Sainte Gertrude de Hefta déclarait « avoir à 20 ans aussi peu de souci de son âme que de la crasse de ses pieds ». Combien d’autres s’endorment dans une routine monotone et désuète. C’est la voie des tièdes ou médiocres, contents d’eux-mêmes sans élan, sans ferveur et sans intensité. (Luc XII, 40)

     - Les satisfaits d’eux-mêmes. Ces narcissiques, souvent jeunes, ont mal compris la formule « que tout est déjà là » (Tathâgatagarbha). Et ils attendent que tout arrive instantanément, sans travail et sans effort. Oui, tout est déjà là en nous, mais en potentialité, comme le chêne est dans le gland. (Mais un gland n’est pas un chêne). Cela ne doit point nous épargner une vie de recherche, de sacrifice et de progression et ce n’est qu’au bout du chemin à la fin d’une vie que nous pourrons réaliser qu’en effet la statue était déjà dans le bloc de bois ou de pierre.

     - Les champions sportifs. D’autres n’explorent ces domaines qu’au titre du « Développement personnel ». Ils veulent tout savoir et se développer au maximum. Ils veulent être les meilleurs : les champions du monde de la spiritualité puisqu’ils ont traversé absolument toutes les voies et connaissent tout. Ils sont pleins de curiosité et d’entrain, mais tout est au service de leur égo.

     - Les clients du supermarché du spirituel. Ce monde du voyage intérieur est devenu un marché où l’on trouve toute une série de machines et de gadgets pour aller plus vite, sans effort, automatiquement. On trouve à acheter des musiques new age, des encens et odeurs planantes, des bougies hopi, des gongs, des lunettes flashantes de l’intérieur, des casques pour sorties hors du corps, des water-beds, des piscines de l’extase, des sauts à l’élastique, ou des voyages au désert pour écouter un bavard faire ses trois conférences par jour …

     B. Les impasses

     Le problème principal est que la spiritualité est une superstructure, elle ne vient qu’en dernier et coiffe l’ensemble de la personne humaine, par conséquent tout se transpose en elle. En particulier tous les défauts et les problèmes psychologiques (psychanalytiques, psychopathologiques et psychiatriques) vont se transposer tels quels dans sa vie spirituelle et mener à choisir une voie qui aille dans le sens de ses défauts et permette de ne pas changer. On a ainsi trouvé une justification divine à ses travers.

     Par exemple

    - Celui qui vit dans l’indifférence, car il est coupé de ses sensations, va choisir la voie du détachement. Rien ne lui est plus facile, car il n’arrive pas à se décider et il se moque de tout. A coté se trouve aussi la voie du Renoncement ouverte à tous ceux qui sont en dépression ou simplement déprimés.

     - La voie de l’humilité est prise par celui qui vit dans la dépréciation, le mépris, la haine de soi ; (« Je ne vaux rien parce que mon papa est mort quand j’avais dix ans, ou a divorcé ou est parti … Donc je ne mérite pas mieux »).

     - La mort de l’égo est un thème qui plaît beaucoup à tous ceux qui se haïssent eux-mêmes et sont suicidaires. Faute de tuer leur corps, ils sont d’accord pour faire le sacrifice symbolique de leur moi-égo. Mais ceux qui ont des problèmes psychotiques d’identité et ne savent plus qui ils sont, peuvent aussi choisir ce masque justificatif.

     - L’instable qui ne peut rien construire (famille, travail, insertion municipale) ou celui qui détruit aussitôt ce qu’il vient de construire, car il s’ennuie dans le succès, va adopter la voie de l’errant (beatnik, vagabond, pèlerin …). Il fait le tour du monde sur son bateau ou du désert sur son chameau. Il ne peut pas s’attacher, donc il se croit libre.

     - L’agoraphobe, au contraire, qui a peur des autres et de l’organisation de la vie va devenir ermite. Il ne rêve que de rester toute sa vie dans sa cellule ou dans sa grotte. Il médite tout seul et ne s’occupe que de lui-même dans un profond égoïsme, heureux dans la clôture du couvent qui le couve.

     - Le claustrophobe qui a peur d’être enfermé ou mis en prison, va devenir le moine prêcheur itinérant. Il va développer tout un discours apologétique sur « l’Ouvert » par opposition au fermé, au clos.

     - Les masochistes (et les sadiques car on ne peut pas les séparer, unis dans leur sadomasochisme) ont eu d’extraordinaires justifications dans les siècles précédents avec tous les raffinements des ascèses, jusqu’à se croire un saint (ou une sainte) parce qu’il (ou elle) se flagelle deux fois par jour. Mais les variétés des mortifications et tortures ont été quasi-infinies. Ainsi les anorexiques sont passées inaperçues dans la glorification des jeûnes.

     - Le dominateur puissant et orgueilleux transpose sa volonté de puissance sur l’Ordre religieux dont il devient vite le Général, ne travaillant désormais que pour le bien de l’Ordre. Et les narcissiques ressentent toute atteinte à leur Ordre comme une blessure narcissique.

     - Les délirants ont toute latitude pour développer un extraordinaire système religieux (hérétique on non), ou écrire leurs livres de conversations avec Dieu, les anges, les esprits des morts ou des extragalactiques conducteurs d’OVNI ... Mais comme l’écrit Freud (L’avenir d’une illusion), c’est le mérite de toutes les religions d’éviter la peine de s’inventer un délire individuel en entrant directement dans un grand délire collectif.

     - Ceux qui vivent un éclatement de leur personnalité (Spaltung) ont des lambeaux de leur inconscient qu’ils ne reconnaissent plus ou parfois des personnalités multiples. Ils entendent des voix, ont des apparitions, des visions, des hallucinations, des transes, des phénomènes de possession ... Ces messages de leur inconscient, ils les nomment intuitions, prémonitions, guide intérieur. Ils voient des synchronicités partout, ils ont l’impression d’avoir déjà vécu cela, d’être déjà venus en ces lieux, d’y avoir été dans une autre vie. Certains confondent leurs pulsions avec « le maître intérieur ».

    On peut d’ailleurs se poser la question de savoir s’il y a une transposition ou une simple translation, alors qu’il faudrait une sublimation. Ces problèmes psycho-spirituels sont étudiés dans « La psychanalyse spiritualiste ».

     C. Les pièges

     Avant de vouloir grimper sur les sommets, il serait peut-être plus avisé de commencer par se nettoyer. Pour se connaître mieux et consolider les bases, on peut faire une psychanalyse ou une bonne psychothérapie analytique. De toute manière c’est un travail que l’on n’évitera pas car s’il n’a pas été fait de façon préalable, il s’abordera dans la voie traditionnelle. Mais ce qui sera occupé à ce nettoyage ne sera pas disponible pour la progression spirituelle.

     Par exemple, ceux qui suivent la voie du Zen sans préparation vont revivre d’abord leurs conflits pendant les longues séances de méditation dont certains sortiront en pleurs par apitoiement sur soi-même, alors que d’autres, à cause de leur agressivité, sentiront leur colère grandir au fil des séances pendant des années.

     Dans les méditations le piège le plus courant est de confondre le sommeil et l’état de vacuité. On croit que l’on médite bien car l’on entre dans un état de somnolence ou une inertie mentale (de type Tamasique selon le Yoga) surtout si l’on croit que l’on peut méditer dans un bon fauteuil. Le Zen qui connaît bien ce défaut ramène à la vigilance avec un coup de bâton (kyusaku) sur les muscles trapèze. Puis l’on peut utiliser des trucs auto-hynotiques, comme d’osciller sans cesse d’avant en arrière, de balancer la tête de droite à gauche ou de pratiquer une révulsion des yeux …

     La notion de vide est souvent utilisée de façon insidieuse à partir d’un certain bouddhisme pour justifier le nihilisme occidental, alors que le Bouddha a toujours polémiqué contre les nihilistes. La Vacuité orientale est la Plénitude dont sortent toutes les Formes. Dans l’esprit il faut par les méditations atteindre le vide mental, ou silence des pensées, pour entrer après dans la Claire Lumière et ne faire qu’un avec le Bouddha.

     Après peut venir ce que les Pères du Désert ont nommé l’acédia. Il s’agit d’une désaffection et d’une perte de motivation qui pouvait atteindre les moines après de longues années de pratique. Sans doute ce que l’on connaît actuellement comme le break down ou le blow up des milieux humanitaires.

     De plus en plus d’Américains, puis d’Européens, publient des livres pour faire savoir à l’univers qu’ils ont atteint l’Eveil, qu’ils n’ont plus d’égo et que l’on peut désormais s’inscrire à leurs stages. Leur expérience est souvent un simple moment de joie où ils se sont sentis bien, en soudaine harmonie avec tout leur milieu. Le malheur est que cela vient après une période de dépression, appelée évidemment « nuit obscure ». Et les psychiatres ne voient en cela qu’une structure maniaco-dépressive, maintenant dite bipolaire.

    Le dernier piège, et le plus insidieux, est d’avoir une expérience ou une réalisation et de croire que c’est l’expérience suprême et ultime. Alors que dans la spiritualité il y a toujours à progresser. Comme le demandait le Sutra du Lotus « il faut aller par l’Au-delà, dans l’Au-delà de l’Au-delà, vers l’Au-delà de l’Au-delà de l’Au-delà … ».

    Le pire des pièges en ces domaines est de faire profession de Gourou dans son ashram. Les plus critiqués ont été Rajnesh/Osho et Hamsananda à Castellane avec ses statues. Un fondateur de secte est souvent une personnalité paranoïde et s’il ne l’est pas au début, sa position au sommet de la pyramide va le conduire à devenir paranoïaque. Sa névrose va l’amener à faire son profit personnel de l’argent, du sexe de son harem, du pouvoir, des honneurs et de l’Adoration. Lui n’a pas de conversation avec Dieu, il est Dieu. Il est vrai que dans ces domaines, on rencontre des forces colossales qui peuvent provoquer une inflation de l’égo (« la grosse tête ») où l’on ne peut plus supporter les autres. Il ne faut pas confondre charisme et sagesse ; les deux niveaux sont, hélas, indépendants.

    Le critère d’une expérience spirituelle authentique ou mutation réussie est le résultat (comme dans une expérience de mort imminente) : en est-on devenu plus patient, humble, modeste, à l’écoute des autres, compatissant, généreux, sachant que la seule chose importante sur terre est de vivre dans l’amour désintéressé et de faire le plus de bien possible autour de soi ?

    Conclusion

    La conclusion ne peut être qu’un élargissement à tous les auteurs qui ont déjà apporté de l’aide dans la guidance spirituelle pour cette quête vers le meilleur de soi-même. Ils ont montré qu’existent l’Eveil, la Réalisation, l’Union avec le Divin, l’Etat non-duel …

    L’éducateur donne ses connaissances, le guide se donne lui-même. Le guide est celui qui répare nos frustrations, libère du karma, du mental, de l’égo et transmet son niveau de Conscience et de Lumière.

    Krishnamurti (1895-1986) en proclamant que « la vérité est un pays sans chemin » a eu comme unique souci, la libération totale et inconditionnelle de l’homme. Il la trouve dans la psychologie et l’étude attentive des conditionnements que nous nous créons sans cesse. La révolution du silence permet par une vision pénétrante de rendre son esprit ouvert comme un ciel sans nuage.

    Jack Kornfield en publiant en 2000 « Après l’extase, la lessive » a fait le relevé de tous les défauts des grands maîtres spirituels américains. Et le même livre pourrait être écrit sur bien des noms célèbres de France et d’Europe. Monter dans la spiritualité, sans avoir amélioré psychologiquement sa personne est de plus en plus scandaleux, selon le proverbe africain « Plus le singe monte haut, plus il montre son derrière ». Mais il ne faudrait surtout pas conclure de son livre que, parce qu’ils ont des défauts, ils ne peuvent plus nous aider. Il y a encore des Mystiques, des Éveillés, de grands Spirituels, mais ils se reconnaissent à ce qu’ils se cachent ou restent discrets.

    Pir Vilayat Inayat Khan (1916-2004) apprenait toujours à voir tous les êtres non tels qu’ils sont, mais tels qu’ils seraient s’ils étaient devenus ce qu’ils auraient du être.

    Marie-Magdeleine Davy (1903-1998) a passé sa vie à prévenir que « la voie de l’intériorité est remplie de méandres et d’illusions ». Pour explorer l’homme du dedans, il faut éviter le cœur dur, durci et endurci. L’appel du dedans n’est donné qu’à ceux qui ont le goût du silence et du mystère dans un état de liberté. Celui qui a éprouvé la morsure de l’Absolu sait de connaissance certaine qu’il lui est impossible de lui échapper. L’homme essentiel est toujours seul à habiter avec lui-même (habitare secum), mais en présence d’un être de lumière, on se sent toujours meilleur.

    Lilian Silburn (1908-1993) dans Les voies de la mystique et Le maître spirituel dénonce dans son chapitre « de l’incompétence à l’imposture » le passage de l’erreur spirituelle à la faute des pseudo-guides. En distinguant la montagne, le sentier et la carte, on peut décrire les marchands du temple qui vendent une montagne qu’ils ne connaissent pas, ceux qui n’ont pas besoin de partir car ils sont déjà arrivés, les cartographes qui n’ont que la carte d’un pays inconnu où ils ne sont jamais allés, ceux qui se souviennent à peine de leur brève ascension, celui qui, parvenu au sommet sans pouvoir en redescendre, ne peut aider personne et enfin le bon guide qui va au sommet quand il veut, a la carte et connaît le sentier.

    Ma Ananda Moyi (1896-1982) incarnation de la joie divine demandait de vivre toujours dans la joie et de fuir la tristesse comme son ennemi.

    Ammatchi (1953) dans sa précieuse rencontre fait vivre l’amour divin …

    Un vibrant hommage et une profonde gratitude sont dus à tous ces êtres merveilleux qui ont tellement apporté dans la vie spirituelle.

    Références

    Davy Marie-Madeleine, Encyclopédie des mystiques, Payot, 1996.

    Descamps, M-A. La psychanalyse spiritualiste, Desclée de Brouwer, 2004

    Guyon J-M. Ma vie, Dervy livres, 1983

    Kornfield, Jack, Après l’extase la lessive, La table ronde, 2001

    Krishnamurti, J. La première et dernière liberté, Stock, 1954

    Silburn Lilian, Les voies de la mystique, Hermès 1, Les deux océans, 1981

    Silburn Lilian, Le maître spirituel, Hermès 3, Les deux océans, 1983

    Vigne Jacques, Éléments de psychologie spirituelle, Albin Michel, 1993

     

    www.europsy.org/marc-alain                        

     

     


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     Laissez les enfants pleurer

    Ne tarissez pas leurs larmes

    Elles lavent elles désarment
    Ce qui les fait chavirer
    Laissez les enfants verser
    Ces ruisseaux qui les apaisent
    Et s'en vont noyer les braises
    De leurs chagrins insensés
     
    Des Temps et des Vents, Elit Iscan

    Laissez
    Laissez-les
    Empêchez que l'on réprime
    Cette rosée légitime
    Ils ont des fleurs à arroser
    Laissez
    Laissez les enfants pleurer
    Avant qu'on les abîme
     
    http://grotius.fr/wp-content/uploads/2010/08/ENFANT_INDE_Les-enfants-de-Slumdog-Millionaire-vont-avoir-un-nouveau-toit-_closer_news_xlarge.jpg
    Laissez les enfants rêver
    Ne les cassez pas d'avance
    Donnez-leur au moins la chance
    D'apprendre un jour à voler
    Laissez les enfants choisir
    Des chemins qui vous dépassent
    N'effacez jamais leurs traces
    Vous les verrez revenir
     
    Des Temps et des Vents, Ali Bey Kayali, Ozkan Ozen
    Laissez
    Laissez-les
    Ne souffrez pas qu'on dédaigne
    La lumière qui les baigne
    Ils ont des richesses à donner
    Laissez
    Laissez les enfants rêver
    Avant qu'on les éteigne
     
    http://3.bp.blogspot.com/_j2heQ_s0GEA/SFvc_h9fJJI/AAAAAAAAAbA/IUdi7vMIrcU/s400/temps%2Bvents%2Bfleurs.jpg

    Laissez les enfants grandir

    Ne renforcez pas les cages
    Ne craignez pas les orages
    Ni les torrents à franchir
    Laissez les enfants gagner
    Le droit d'étendre leurs ailes
    Dans la lumière nouvelle
    D'une vie à inventer
     
    des-temps-et-des-vents.jpg
     
    Laissez
    Laissez-les
    Ils vont s'envoler ensemble
    Un même ciel les rassemble
    Ils ont des sommets à gravir
    Laissez
    Laissez les enfants grandir
    Avant qu'ils nous ressemblent
     
    Laissez laissez-les
    Laissez laissez-les
    .
    .
    *******************
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    « Vous avez 29 ans, une épouse, deux enfants et un métier. Vous avez assez d’argent, vous pouvez vous offrir quelques jolies choses, et vous vivez dans une petite maison dans la ville.
    Mais soudain la situation politique dans votre pays change et quelques mois plus tard des soldats stationnent devant votre maison. Et devant les maisons de vos voisins.
    Ils disent que si vous ne vous battez pas pour eux, ils vont vous tirer dessus.
    Votre voisin refuse.
    Un tir. C'est tout.

    Vous surprenez un des soldats disant à votre femme d’allonger ses jambes.
    Sans savoir comment, vous échappez aux soldats et vous passez la nuit profondément perdu dans vos pensées.
    Soudain, vous entendez une explosion. Votre maison n’a dorénavant plus de living room.
    Vous courrez à l'extérieur et voyez que toute la rue est détruite.
    Plus rien ne tient debout.
    Vous faites rentrer votre famille dans la maison, et vous courrez jusqu’à la maison de vos parents.
    Elle n'est plus là. Et vos parents pas davantage.
    Vous regardez autour de vous et trouvez un bras avec l'anneau de votre mère à son doigt. Vous ne trouvez aucun autre signe de vos parents.
    ~~~~~
    « Mais les demandeurs d'asile ont tant de produits de luxe ! Des smartphones et des vêtements de marque ! »
    ~~~~~
    Vous oubliez immédiatement. Vous vous précipitez à la maison, et dites à votre femme d’habiller les enfants. Vous prenez un petit sac, parce qu’il sera impossible d’en prendre un plus grand pendant un long voyage, et dans celui-là vous emportez l'essentiel. Seulement deux vêtements pour chacun tiennent dans le sac.
    Que prendre ?
    Vous ne reverrez probablement jamais plus votre pays d'origine.
    Ni votre famille, ni vos voisins, ni vos collègues ...
    Mais comment rester en contact?
    Vous jetez vite votre smartphone et le chargeur dans le sac.
    Avec les quelques vêtements, un peu de pain et les peluches préférées de vos petites filles.
    ~~~~~
    « Ils peuvent facilement se permettre de partir. Ils ne sont pas pauvres ! »
    ~~~~~
    Parce que vous avez vu le danger s’approcher, vous avez rassemblé tout votre argent. Et vous avez réussi à économiser de l'argent en raison de votre emploi bien rémunéré.
    Les passeurs dans le quartier prennent 5.000 euros par personne.
    Vous avez 15.000 euros. Avec un peu de chance, vous serez tous en mesure de partir. Sinon, vous laisserez votre femme partir.
    Vous l'aimez et priez pour que les passeurs vous emmènent tous.
    Pour l’instant, vous êtes totalement démuni et n’avez rien d'autre. Juste votre famille et le sac.
    Le voyage jusqu’à la frontière prend deux semaines à pied.
    Vous avez faim ; au cours de la semaine passée vous avez très peu mangé. Vous êtes faible, de même que votre femme. Mais au moins, les enfants ont eu suffisamment.
    Elles n’ont cessé de pleurer tout au long de ces deux semaines.
    La moitié du temps vous avez transporté votre fille cadette. Elle est âgée seulement de 21 mois.
    Deux semaines plus tard vous arrivez à la mer.
    Au milieu de la nuit, vous êtes chargés sur un bateau avec d'autres réfugiés.
    Vous avez de la chance : toute votre famille peut voyager.
    Le navire est si plein qu'il menace de chavirer. Vous priez de ne pas vous noyer.
    Les gens autour de vous pleurent et crient.
    Quelques petits enfants sont morts de soif.
    Les passeurs les jettent par-dessus bord.
    Votre femme est assise, hébétée, dans un coin. Elle n'a rien eu à boire depuis 2 jours.
    Lorsque la côte est en vue, vous êtes chargés sur des petits bateaux.
    Votre femme et l'enfant la plus jeune sont sur l’un, vous et l’enfant plus âgée sur un autre.
    On vous avertit que vous devez garder le silence afin que personne ne sache que vous êtes là.
    Votre fille aînée comprend.
    Mais la plus jeune dans l'autre bateau ne comprend pas. Elle ne cesse de pleurer.
    Les autres réfugiés deviennent nerveux. Ils demandent à votre femme de calmer l'enfant.
    Elle n’y parvient pas.
    Un des hommes attrape votre fille, l’arrache des bras de votre femme et la jette par-dessus bord.
    Vous sautez derrière elle, mais vous ne pouvez pas la retrouver.
    Plus jamais.
    Trois mois plus tard, elle aurait eu 2 ans.
    ~~~~~

    « Est-ce que ce n’est pas suffisant pour vous? Est-ce que ce n’est assez bien, est-ce que tout ne leur est pas servi sur un plateau ? »
    ~~~~~
    Vous ne savez pas comment vous, votre femme et votre fille aînée parvenez à entrer dans le pays où vous arrivez.
    C’est comme si tout était recouvert de brume. Votre femme n'a pas dit un mot depuis que votre fille est morte.
    Votre fille aînée n'a pas lâché la peluche de sa sœur et elle est totalement apathique.
    Mais il faut continuer. Vous êtes sur le point d'arriver à l'hébergement d'urgence.
    Il est 10 heures du soir. Un homme dont vous ne comprenez pas la langue vous emmène dans une salle avec des lits de camp. Il y a 500 lits très proches les uns des autres.
    Dans la salle, c’est étouffant et bruyant.
    Vous essayez de prendre vos repères, de comprendre ce que les gens ici attendent de vous.
    Mais en réalité, vous pouvez à peine vous tenir debout. Vous préféreriez qu’ils vous aient tué.
    Au lieu de ça vous déballez vos maigres possessions :
    Les deux sortes de vêtements chacun et votre smartphone.
    Ensuite, vous passez votre première nuit dans un pays sûr.
    Le lendemain matin, on vous donne quelques vêtements. Parmi lesquels des vêtements « de marque». Et un jouet pour votre fille.
    On vous donne 140 euros. Pour tout le mois.
    ~~~~~
    « Ils sont en sécurité ici. Ils devraient être heureux! »
    ~~~~~
    Dehors, dans la cour, vêtu de nouveaux vêtements, vous tenez votre smartphone en l'air en espérant avoir une connexion.
    Vous voulez savoir si quelqu'un dans votre ville est encore en vie. Puis arrive un «citoyen concerné», il vient vers vous et vous injurie.
    Vous ne savez pas pourquoi. Vous ne comprenez pas. « Retournez dans votre pays ! »
    Vous comprenez quelque chose comme « smartphone » et « tout servi sur un plateau. »
    Quelqu'un traduit pour vous.
    ~~~~~
    Et maintenant, dites-moi comment vous vous sentez et ce que vous possédez ?
    La réponse aux deux questions est « Rien. » (Nothing)

    H. M.

    Source

     


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    « Un jour, un homme sage m’a dit : tomber, c’est humain, se relever, c’est divin. » S’il ne saisit pas instantanément le sens de la phrase, Stéphane Haskell l’apprendra à ses dépens le 6 mars 2007. Ce soir-là, le photojournaliste est victime d’une hernie discale foudroyante qui lui paralyse les jambes et le contraint à porter une sonde urinaire. « Je suis passé à deux doigts de la paralysie générale. »

    De douloureuses opérations et une ­interminable rééducation plus tard, il part en Allemagne — désespéré — à la rencontre de Thérèse Poulsen, professeur de yoga qui envisage sa discipline comme « la psychothérapie de l’esprit et du corps ». Une révélation. Pour la première fois depuis quatre ans, le quadragénaire ressent à nouveau l’énergie circuler dans son corps meurtri et découvre une voie de guérison alternative. Ce documentaire cathartique accompagnera son lent basculement du calvaire à la lumière. Tourné en caméra subjective entre l’Europe, l’Amérique, l’Inde et l’Afrique, il croise la route de nombreux malades sauvés par le yoga. Un fascinant voyage intérieur vers l’éveil.

    Le format de la vidéo est un peu étrange, pour regarder en plein écran, cliquez sur play puis l’icône aux deux flèches en bas à droite. Bon visionnage.

     http://www.yoganova.fr/yoga-un-souffle-de-liberte-documentairedebat/

     


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  • De la névrose à la quête intérieure
     
    Christophe Massin, est psychiatre-psychothérapeute. Sa pratique, le lying, est inspirée par l'enseignement d'Arnaud Desjardins et de son maître, Swami Prajnanpad.
     
    Chaque fois que nous n'osons pas être nous-même, nous souffrons et c'est, je crois, la souffrance fondamentale, celle qui nous accompagnera jusqu'à nos derniers instants. Pour mieux apaiser cette souffrance et devenir nous-même, deux approches nous sont proposées : voie spirituelle et psychothérapie. Pourtant les buts et les moyens de ces deux démarches diffèrent radicalement. Sont-elles complémentaires ?
     

    À l'âge de vingt ans, lorsque je me suis mis en quête de réponses à mon mal-être, j'ai préféré instinctivement un enseignement spirituel qui comportait un travail sur l'inconscient à une psychanalyse classique. Pourquoi ? Parmi les personnes que j'accompagne aujourd'hui dans leur thérapie, certaines viennent pour résoudre des difficultés et d'autres, avec le même genre de problèmes, ont en outre une aspiration spirituelle. Où réside la différence entre les deux approches Théoriquement, la distinction est claire. La thérapie permet de mieux fonctionner dans l'amour et dans le travail - un fonctionnement plus harmonieux du moi, conciliant plaisir et réalité. La spiritualité vise à trouver une sérénité indépendante des aléas de la vie, au-delà des préférences du moi. C'est d'ailleurs la définition de la santé en sanskrit : svastha, littéralement “soi” stable.

    Pratiquement, les limites sont beaucoup plus floues, et j'ai souvent observé un passage spontané d'une approche à l'autre, et même une véritable synergie. En cela, je ne partage pas davantage le point de vue de thérapeutes qui tiennent la spiritualité pour une fuite dans l'irréalité, que celui d'enseignants spirituels qui considèrent avec suspicion la thérapie - folie, à leurs yeux, que de se risquer à patauger dans les marécages de l'inconscient... Dans les deux cas, on recherche la fin de la souffrance, mais de quelle souffrance s'agit-il et quels sont les moyens mis en œuvre ? Nous commençons une thérapie avec l'espoir de panser nos plaies, de nous délivrer de nos inhibitions ou de répétitions désastreuses, d'affirmer ce que nous sommes, enfin. Nous avons souffert de manques ou de chocs de l'existence que nous n'avons pas su intégrer, et avons tendance à incriminer la vie, les autres ou une part de nous jugée “mauvaise”. Nous attendons du thérapeute écoute et compréhension. Peu à peu, nous découvrons que la source de notre malheur se trouve dans nos jugements, nos exigences et dans les deuils que nous avons refusés. Cette souffrance que l'existence nous a infligée dans l'enfance, nous la perpétuons, adulte, en conservant des réactions infantiles où nous nous croyons toujours impuissants et dépendants, victimes en un mot. Notre moi recouvre peu à peu son unité, assouplit son fonctionnement, prend confiance en ses ressources et peut enfin assouvir ses désirs véritables. La joie apparaît et un bonheur plus durable naît de ces accomplissements. Pourtant, au terme de cette démarche, certains se sentent encore insatisfaits, il manque quelque chose d'indéfinissable ; ou bien leur vie tarde à prendre le tournant qu'ils escomptaient,ils piétinent... Arrive alors le questionnement existentiel, spirituel : que manque-t-il ?

    L'Absolu ? l'Amour ? Et là intervient le cheminement spirituel qui va examiner notre attitude à chaque instant, avec l'aide compétente d'un maître. Cette présence attentive met en évidence ce qui nous sépare de la vie : l'obstination du moi qui veut la vie à son idée et non telle qu'elle est. Et le chemin consiste à cesser de se fermer, à lâcher la prétention du moi à commander la vie. Le bonheur qui découle de cette pratique inlassable est discret, puis il grandit et devient émerveillement et gratitude lorsque la certitude de n'être séparé de rien s'affirme. Aucun aspect de la vie n'en est exclu. Comme un courant d'eau, il ne fait que se renforcer avec le temps. On comprend progressivement la différence avec le simple bonheur d'un moi plus épanoui, sujet à des revirements dès que la vie se montre plus dure.

    À l'inverse de ceux que la thérapie n'avait pas comblés, nombre de disciples de voies spirituelles se sentent freinés par un moi souffrant, frustré, et auraient besoin d'une thérapie pour se réconcilier avec eux-mêmes comme avec la vie. Sinon, les refus qui les habitent les dominent, malgré leurs efforts sincères : la colère, les désirs réprimés au nom de l'idéal spirituel grondent dans la profondeur, la peur, la tristesse du manque tendent à se projeter sur le maître et ils nourrissent envers lui une dépendance infantile.

    Au mieux, ils “planent” au-dessus des réalités de la vie ; au pire, ils deviennent des proies pour le dogmatisme et le sectarisme, et rien ne changera s'ils n'en passent par un travail sur l'ombre et les désirs. Certes, nous connaissons l'exemple de sages ou de saints qui, après une jeunesse marquée par la souffrance, ont vécu un complet retournement ; pour eux, la force de l'expérience spirituelle a transcendé les disharmonies du moi, sans passer par la thérapie. Chacun aussi a pu rencontrer des hommes “ordinaires” simplement heureux dans leur vie, qui n'ont néanmoins suivi aucune espèce de chemin. Je suis maintenant convaincu qu'hormis ces cas minoritaires, nous avons besoin, pour trouver un bonheur durable - un soi stable -, d'œuvrer à pacifier les blessures de notre ego grâce à la compréhension psychologique, tout en cherchant à dépasser ses limites et ses exigences, par une pratique spirituelle bien incarnée. Sinon, nous risquons fort de rester soumis à une névrose enjolivée de spirituel ou de tourner en rond dans une thérapie sans fin.

    Mais, surtout, l'expérience de la psychothérapie m'a montré à plusieurs reprises qu'en profondeur ces deux approches tendaient à se rejoindre. Lorsqu'une personne touche le fond d'une émotion, qu'elle retrouve de tout son être - corps, cœur et esprit réunis - une souffrance aiguë du passé, il se produit une bascule d'ordre spirituel. Je pense par exemple à certains revécus de naissance, où la terreur panique d'un étouffement mortel, le désespoir sans nom d'une absolue solitude, amène l'être aux confins de l'insupportable. Si, dans cet instant, la personne a le courage de ne pas fuir, le noyau de son ego se fissure, elle dépasse ses limites habituelles et touche dans son intériorité la réalité indestructible de la vie, la paix simultanément à la douleur. Il arrive aussi que la thérapie fasse resurgir des instants privilégiés de l'enfance : le bébé, l'enfant jouit d'une proximité naturelle avec le sacré, expériences du silence, de la lumière, de la nature, de la joie sans cause qui avaient été enfouies en même temps que la souffrance par le refoulement. Ces moments guérissent d'une manière plus radicale qu'une simple compréhension psychologique : le contact avec la vie nous fait percevoir nos tourments comme des manifestations de cette vie, et celle-ci les traverse en demeurant intacte. Son attrait nous encourage à nous y abandonner davantage, nous pousse à nous réaliser, autant à travers notre personnalité que dans la dimension impersonnelle qui nous dépasse. Là, le bonheur devient passion de la vie, pour le meilleur comme pour le plus confrontant...

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    Que l'ortie soit une plante médicinale de grande valeur, voilà qui ne fait aucun doute. Mais de plus en plus de spécialistes des plantes, y compris dans le monde médical, s'accordent désormais à leur reconnaître une influence sur notre psychisme.

    La médecine ayurvédique attribue au Triphala churna  (mélange très populaire de 3 plantes aux propriétés rajeunissantes) la capacité de rendre intrépide, en régénérant la muqueuse intestinale encrassée. L'ortie, prise en cure de longue durée, possède des propriétés comparables, incitant à l'indépendance et à la liberté de pensée.

     Dans son Nos amies les plantes  (éd. du Dauphin, 2001), Viviane Le Moullec proccède à une passionnante analyse psychologique du monde végétal, allant jusqu'à qualifier l'ortie d'anarchiste. Là, nous ne la suivons pas tout à fait, ce mot ayant quelque chose d'anachronique, alors que la Nature est parfaitement ordonnée. Au contraire, c'est l'homme qui sème le désordre, et l'un des rôles de l'ortie est précisemment de rétablir l'ordre en rééquilibrant le sol et en offrant sa substance régénérante comme alicament.

     Il est certain que l'ortie, sortant des sentiers battus et se pliant mal à l'exploitation agricole, est la plante de survie des proscrits et de tous ceux qui refusent l'asservissement qu'on cherche à nous imposer.

    Mais peut-être ne croyez-vous pas cela ? Dans ce cas, je pense que vous êtes mal informés et que vous n'utilisez pas suffisamment votre intuition, un guide plus sûr que n'importe quelle analyse scientifique.

    Comme le dit Françis Cabrel dans la chanson Des roses & des orties : " C'est trop tard quand on a compris. "

     Il me semble que l'ortie est une plante farouchement attachée à sa liberté. Elle s'implante là où elle veut. Cette notion de liberté, indispensable à toute recherche spirituelle, nous paraît singulièrement négligée par les grandes religions. L'hindouisme est obsédé par la notion de pureté et le risque de souillure, tandis que le christianisme culpabilise l'individu avec une vieille histoire de prétendu péché originel, dans lequel la femme ne tient pas le beau rôle.

     Dans un sens, l'ortie nous apprend à nous délivrer de la peur, devant la violence croissante qui envahit notre société, et dont la dictature s'apprête à se présenter comme une alternative incontournable.

    Dans un fameux discours prononcé en pleine crise économique, le président Franklin Roosevelt déclarait : " J'affirme que la seule chose dont nous devons avoir peur est ... la peur elle-même ! ". Et cinquante ans plus tard, Jean-Paul II reprenait, comme en écho : " N'ayez pas peur ! ".

    Les guerriers celtes et germains - qui connaissaient bien l'ortie - ne redoutaient pas la mort, car ils croyaient à la survie de l'âme dans l'au-delà. Tout cela paraît bien dérisoire dans le matérialisme ambiant contemporain.

     L'ortie paraît nous dire : " Je suis armée pour me défendre contre les prédateurs qui auraient tôt fait de m'exterminer, mais je suis toute bonne à l'intérieur. Apprenez à me connaître et je soulagerai votre détresse physique et morale. Et, si vous me pratiquez suffisamment, vous en viendrez à me ressembler ".

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    Les cheveux… cette parure qui couronne nos têtes, qui fait et défait les modes, les courants de pensée.
    Les cheveux, reflet des différentes cultures à travers les siècles, révèlent-ils notre être profond ? Sont-ils reliés à nos racines inconscientes ? Sont-ils de véritables antennes entre Terre et Ciel ?

    http://hym.media/nos-cheveux-dela-apparences/


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  • Bancs

     

    « Quand le moment présent est là, c’est qu’il n’y a personne pour le vivre. Quand vous êtes là en tant que personne, vous ne pouvez vivre que dans le futur ou le passé. Vous ne pouvez pas être présent à la sensation, vous pouvez uniquement être une avec la sensation. Donc vivre le présent cela veut dire que l’idée d’être une personne n’est pas là. Dans l’instant, il n’y a pas de problème, le problème intervient quand on se réfère à l’image d’un soi-même. Apprendre à aborder la vie d’une manière neuve. Il y a des gens qui ne regardent pas. Des gens passent devant Notre-Dame sans la regarder parce qu’ils l’ont déjà vue, d’autres ne regardent pas la pleine lune pour la même raison, d’autres ne regardent pas leur mari parce qu’ils l’ont déjà vu. Tôt ou tard vous n’avez plus besoin d’une mémoire du futur. » 

    « Dans le moment présent, il y a émerveillement. La personne que vous regardez, le nuage, cela vous émerveille, parce que c’est unique, cela ne se reproduira jamais plus. La pleine lune est toujours neuve, un être humain est toujours neuf. Si vous le reconnaissez  cela veut dire que vous vivez dans la mémoire. … Quand vous vous rendez compte que tous les jours vous projetez une image sur votre environnement, que vous voyez vos enfants de manière restrictive, cela fait un choc en vous. Vous vous apercevez que vous ne voyez jamais vraiment vos enfants, vous voyez uniquement le concept que vous avez formé à une certaine époque: ils sont comme ceci, comme cela, et vous ne laissez jamais l’enfant remettre en question ce concept. Quand il est mis en question cela vous fait réagir. Il suffit de se rendre compte, de voir combien on est toujours dans ce schéma.

    Tout est là :  quand vous avez profondément vu que tout ce que vous pensez, que tout ce que vous regardez est uniquement un schéma, que l’on n’est jamais libre face à la nouveauté, une explosion se fait, qui est due au fait de voir profondément que l’on vit constamment en référence. Et cela par peur : on a peur de trouver un nouveau conjoint tous les jours, on a peur de voir un enfant que l’on ne connaît pas. … Vous ne pouvez jamais faire le tour d’un être humain. Si vous vous ennuyez avec quelqu’un, c’est que vous vivez dans des références, il n’y a rien qui soit ennuyeux, il n’y a que la richesse. Un être humain, une perception, un arbre, c’est pareil, c’est infini. Quand vous laissez un arbre s’exprimer, c’est constamment nouveau. Des gens sortent de la maison et ne regardent jamais l’arbre, parce qu’ils l’ont déjà vu : c’est cela la dépression, c’est s’imaginer avoir déjà vu. »

    Extrait du livre « Le sacre du dragon vert – Pour la joie de ne rien être » de Éric Baret aux Éditions Almora. (p164-165)
                                                                                                        Trouvé ici

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