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    "Le céleste se vit sur terre..en fait il s’accomplit dans un « non-où », un lieu de nulle part, sous un huitième climat, en une île fleurie oubliée de presque tous. "

    Jacqueline Kelen - un chemin d'Ambroisie

    L'envol vint à moi en Rumeurs Océanes.

    Ce qui a ouvert ce livre, en Désir d’Être, n'attendait rien et tout fut offert par surcroît.    

    J'y suis venue comme on vient à la source, guidée par le chant du vent dans les pages, le silence entre les mots, en ce bleu limpide où se mire le regard.

      Il est des livres comme des visages, certains s'avancent au devant de vous rendant grâce au vivant et vous interpellent tant que vous entrez en compagnonnage. 

    Que de mots sont nés sous ma plume en écho à cette transhumance ailée, lorsque, adossée aux Lettres, j'ai tenté le voyage! 

    Que de mots encore à venir pour chanter en résonance la beauté du vivant en notre humaine condition..

         Qui tient la plume pour que l'air soit si vif, le paysage si troublant ?

    A qui s'adresse-t-elle ? Où va-t-elle ?

         En l'élan , Personne !

     Celui qui écrit se tient en ce commencement, au seuil de la porte Joyeuse.     

    Lorsque au fil des pages le soleil dans mon dos salue la naissance du Jour en moi, il murmure quelque chose qui ressemble à ces mots de Philippe Mac Leod: "Mais on n'emporte rien. On a vu, une fois. On a touché terre comme pour la première fois, d'une manière unique, et c'est pour jamais." 

     C'est l'expression " c'est pour jamais" qui a jaillit comme un salut réveillant la flamme qui sans cesse fouille le buisson des ténèbres en moi.   

    A chaque Lettre, auprès de chaque âme vivante et claire qui l'habite, en la rencontre de chaque singularité absolue, une voix viens dire " je t'aime pour jamais" toi le si proche  à mes côtés. C'est une parole neuve qui ne passe qu'une fois. Quand le regard la porte elle est reliance.

     C'est elle qui a permis le premier de nos pas sur terre, le premier de nos regards au ciel et cet étonnement d'être où nous nous trouvons suspendus.  

    Un matin on se lève, coupé du monde, et l'équilibre est rompu.

    Un soir on se couche, ramené au monde, et l'équilibre se fait.

    Tout semble tenir à un point de contact aussi fin qu'une tête d'épingle niché en un lieu invisible et mouvant en nous.

     "Nous sommes les oies sauvages, toujours en migrations"

     Où vas-tu questionne la tête
    Toujours chez moi répond le cœur
    Au point d'ancrage entre les deux
    A pas de loup et de voleur
    Sans cesse tournons cherchant demeure
    En cette quête trouvons notre Heure.  

    Ce point qui est peut être le "non-où" de Jacqueline Kelen, tous les mots de ce livre chantent en sa direction en subtiles correspondances.

    Il suffit d'entrer !
    Lise

    Lien vers le site de l'éditeur : https://www.editions-complicites.fr/accueil/l-art-de-transmettre/


    2 commentaires
  • plus éveillé

    Chacun de nous progresse sur son chemin spirituel, bien que nous n’en ayons pas tous conscience.

    Parfois, vous doutez de vous-même, et il nous arrive tous de passer par là.

    Pourtant, malgré ces moments de doute, sachez que vous êtes en pleine transformation.

    Alors arrêtez de faire abstraction de certaines choses, car vous êtes exactement là où vous êtes censé être.

    Voici 9 signes que vous êtes plus éveillé que vous ne le pensez:

    1. Vos horizons sont en train de s’élargir

    Il était une fois vous faisiez partie de la foule.

    Vous écoutiez les commérages et vous lisiez les magazines people, vous ne manquiez aucun épisode de la télé réalité trashy ou même les histoires à sensation. Mais dernièrement, rien de tout cela ne semble attrayant et vous vous demandez même si cela l’a vraiment été un jour.

    Vous arrivez à voir à travers la mascarade des gens, de la société; vos yeux s’ouvrent.

    Après tout ce temps avec le sentiment d’un moi séparé, vous pouvez maintenant vous sentir connecté à la pensée collective.

    Vous avez développé une tendance libérale et un désir intense à vouloir changer le monde, ou du moins d’essayer davantage à ne pas être de ceux qui le nuisent.

    2. Vous avez cessé de vouloir étiqueter les choses à tout prix

    En dépit de vous demander parfois si vous avez hérité d’un pouvoir quelconque, vous avez eu quelques expériences étranges dans votre vie et la synchronicité semble vous suivre partout.

    Votre esprit arrive constamment à voir au-delà des masques et vous avez la conviction d’avoir déjà eu quelques altercations avec « l’illumination ».

    Mais vous ne ressentez plus le besoin de déterminer exactement ce que tout cela signifie, toute cette dualité est beaucoup de travail acharné, et même si vous vouliez décrire tout ce qui se passait dans votre esprit, ce serait comme essayer d’expliquer la couleur pourpre à un homme aveugle, mission impossible.

    Reconnaître que toutes les expériences illuminées sont totalement subjectives est la clé, et plus vous arrêtez d’essayer de les catégoriser, plus elles viennent à vous.

    Pas d’attentes. Pas de jugements. Pas d’attachements.

    3. Vous remarquez « toujours tout »

    Votre nouvel état de conscience signifie qu’aucun détail ne vous échappe: l’humeur des gens, leurs motivations, leurs causes, les changements dans l’air.

    Vous êtes comme un croisement entre Derren Brown et Sherlock Holmes.

    « Rien » n’échappe à votre vision accrue des détails.

    Si quelqu’un a des intentions cachées, vous l’entendez dans sa voix, s’il vous ment, votre instinct vous crie la vérité.

    Les gens trouvent cela rebutant que vous arriviez à voir autant en eux, alors vous avez appris à garder cela pour vous, ce qui signifie que vous finissez souvent par vous retirer tandis que tout le monde s’injure subtilement pour le compte de l’ego.

    Ce qui nous amène au prochain point …

    4. Vous n’appartenez pas à un groupe en particulier

    Vous rendre à un emploi normal de bureau au quotidien est déchirant pour vous, et ce n’est pas juste le travail qui est en cause, c’est que vous n’êtes tout simplement pas comme tout le monde.

    Vous avez du mal avec les bavardages inutiles et redoutez les fêtes de bureau saisonnier. Vous préférez être à la maison avec un bon livre au lieu de noyer votre chagrin dans un verre d’alcool.

    Ce n’est pas la faute de vos collègues, car ce sont certainement des personnes exceptionnelles, c’est juste que vous n’êtes pas sur la même longueur d’ondes.

    5. Vous préférez passer votre temps en compagnie d’arbres

    Tout comme vos ancêtres, les bois semblent vous appeler.

    Si vous avez le choix entre passer toute une journée en pleine nature ou faire du shopping avec vos pairs, vous savez que vous opterez toujours pour les arbres plutôt que les petits plaisirs.

    Ce n’est pas que vous n’aimez pas le shopping, le vin et les ragots, mais vous avez aussi besoin de quelque chose de plus profond, du temps pour vous retrouver seul.

    Et vous retrouver seul vous apaise, en fait, vous avez besoin de passer du temps seul pour vous ressourcer. Vous n’êtes pas étrange, c’est juste que la nature arrive toujours à vous remonter le moral plutôt que de traîner avec les gens juste pour tuer le temps.

    6. Vous perdez des amis

    Soyons réalistes, vous avez changé. Vous avez passé assez de temps à examiner votre vie à la loupe, maintenant vous savez qui vous êtes, et c’est une personne très différente de qui vous étiez autrefois.

    Vos amis seront les premiers à remarquer ce changement, et ils pourraient ne pas le comprendre.

    Peut-être que vous vous êtes éloigné ou que vous avez dû faire face à la confrontation, mais comme un serpent en train de muer, vous évoluez, laissant votre identité passer derrière vous et vous transformant en une meilleure version de vous-même.

    Et maintenant le meilleur – au fond, vous cherchez de nouveaux amis, ou pas du tout.

    7. Vous êtes confus(e)

    Tout ce changement interne s’est imposé à vous, et maintenant vous vous sentez coincé.

    C’est comme si vous aviez évolué sur le plan mental mais que votre vie physique était restée la même, remplie de luttes sans fin, d’ennuis et de frustrations.

    Eh bien, en fait, voilà une excellente nouvelle!

    La « nuit obscure de l’âme » est un terme inventé par le poète du XVIème siècle et mystique catholique romain Saint Jean de la Croix pour décrire le sentiment de noyade que de nombreuses personnes éprouvent après un important travail spirituel, et bien que cela puisse s’avérer déplaisant, c’est assurément une évolution.

    Vous avez défilé péniblement votre passé et soigné de vieilles blessures, vous devenez de plus en plus libre, mais votre ego en déclin ne se réjouit pas de cela et vous combat pour tenter de vous saboter.

    Laissez la souffrance s’exprimer, embrassez-la, acceptez-la, surmontez-la. Sachez que c’est juste une illusion.

    8. Vous avez un sens de l’humour particulier

    Avez-vous déjà regardé une entrevue avec le Dalaï Lama? Lui et ses autres copains bouddhistes font souvent des plaisanteries, probablement parce qu’ils font face à moins de luttes et que leur dialogue interne est apaisé. C’est lorsque votre esprit ne crée pas de drames, que vous pouvez vous lâcher suffisamment pour rire.

    Donc, si vous traversez une phase obscure, rigoler du fond du coeur ne peut que vous faire du bien.

    9. Personne ne vous tirera vers le bas  

    Vous êtes un être éternel avec une gloire sans fin, et vous le savez, donc il est quasiment impossible qu’on vous arrête dans votre quête à travers la vie.

    Cela peut se manifester comme si vous étiez quelqu’un de têtu ou de coincé, mais vous savez maintenant qu’il est essentiel d’être fidèle à soi-même.

    Toutefois cela vient avec une énorme quantité de responsabilités, vous avez la clé de votre vie, vous contrôlez vos pensées.

    Pour cette raison, vous essayez d’éviter les personnes qui ont de mauvaises ondes et qui cherchent constamment à transformer votre énergie. Vous n’avez plus besoin de donner des explications à qui que ce soit, et les gens semblent ressentir que peu importe ce qu’ils feront, vous serez inébranlable.

    Alors poursuivez votre bon travail cher ami(e) éveillé, et rappelez-vous que vous êtes exactement où vous êtes censé être.

     

    Source: https://www.espritsciencemetaphysiques.com/9-signes-plus-eveille-pensez.html

     


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    Pris sur le site: Économie et Spiritualité en Yoga

    A propos du livre Ma plus belle évasion de Michel Vaujour

    Souvent des vérités qui nous semblent fondamentales sont confirmées par des faits ou des événements insolites et à priori sans grande importance.

    Avec le Yogi Khane, et son enseignement intégrant des postures et des pratiques de Hata Yoga indien, du Yoga égyptien et du kung-fu (yoga chinois), j'ai découvert que le hata yoga n'était pas forcément lié à la culture indienne ; d'autre part son souci de montrer que la pratique du yoga pouvait se nourrir et s'enrichir à partir de différentes spiritualités (chrétienne, musulmane, hindoue, bouddhiste, taoïste,…) laisse suggérer que la démarche du yoga est une démarche inscrite au très profond des êtres humains. D'une manière plus globale, cette démarche du yoga semble être inscrite au très profond de tout être vivant, si on en croit, par exemple, le mythe indien de la transmission du yoga par Chiva aux hommes par l'intermédiaire du poisson, de la tortue, du sanglier, …que Babacar Khane aime si souvent nous rappeler.

    Attiré par l'aspect universel du yoga, j'ai souvent regretté que les anciennes civilisations (les Celtes, les Ligures, Les Etrusques, …) qui ont fondé le continent européen nous aient laissé si peu de traces et de vestiges nous permettant de connaître les formes de yoga qu'ils pratiquaient notamment avant l'ère chrétienne. Il est fort possible que les druides et d'autres formes de chamanisme[1] aient développé des pratiques de yoga spécifiques à leur époque. On sait aujourd'hui, grâce au corps de "Otzi", cet homme momifié, vieux de 5.300 ans, découvert en 1991 sur un glacier du Tyrol, et sur lequel étaient inscrits des méridiens et des points d'acupuncture, que les hommes qui habitaient le centre de l'Europe à cette époque, utilisaient des pratiques de soins que nous avons redécouvertes et que nous re-utilisons depuis quelques décennies grâce aux enseignements et aux écrits de la "médecine traditionnelle chinoise". Peut être qu'un jour un événement similaire à la momie "Otzi", pourra nous permettre de retrouver des traces des yogas qui étaient pratiqués sur notre continent européen avant l'ère chrétienne ?

    L'événement insolite, qui m'a raffermi dans l'idée que le yoga est une démarche universelle inscrite à l'intérieur du corps de tout être humain est le livre de Michel Vaujour "Ma plus belle évasion"[2] et son interview dans la revue "Santé Yoga" de décembre 2005. Michel Vaujour est connu pour ses multiples évasions de prison, mais les journaux et la télévision n'ont pas relaté sa découverte du yoga en prison, et la métamorphose de son comportement et de sa vision de la vie, à partir d'une pratique du yoga assidue et quotidienne.

    Du streching  à la découverte du yoga

    Enfermé dans le quartier de haute sécurité de la prison de Chaumont, après plusieurs évasions réussies, Michel Vaujour découvre que faute de ne plus pouvoir s'évader, ses réactions d'opposition aux "matons" et au système carcéral risquaient de le perdre. « En me laissant aller à réagir comme je l’avais fait, je m’étais mis au même niveau que le taureau qui, face au toréador, fonce sur le rouge de la muleta qui l’excite et finit par en mourir. Ce jour-là, j’ai commencé à comprendre que j’étais foutu si je n’étais pas capable de maîtriser les impulsions que cette situation d’impasse générait en moi. Dès lors, je m’évertuais à brûler le danger de ce trop d’adrénaline par la pratique d’une activité physique débridée ». D’autre part, une bonne forme physique ne pouvait qu’être positive pour entreprendre une nouvelle évasion.

    Pour « peaufiner la partie étirement et souplesse » de son activité physique, Michel Vaujour acheta le livre de Philippe de Méric, Yoga pour chacun. C’est une blessure à la cheville qui l’immobilisa pendant plusieurs semaines qui lui a permis de dépasser l’aspect stretching du yoga. « Vu les désagréments de cette immobilisation forcée, je me suis soudainement senti concerné par les techniques de respiration relatives au stress, et à la stabilisation du mental, de l’émotionnel, des pensées. Alors, j’ai relu attentivement le bouquin, souligné certains passages et, allongé sur le lit, j’ai commencé à ressentir quelques effets, minuscules, mais bien là. Comme j’avais encore des jours et des jours avant de pouvoir forcer sur ma cheville, je me suis élaboré, avec le même coté méthodique que pour le sport, un autre petit programme sur un cahier tout neuf. Du lit, je suis passé à la couverture posée au sol, et j’ai commencé à essayer de m’exercer à une respiration de base, nadi sodhana, jusqu’à pouvoir me perdre dans le souffle, dans le rythme. Au fil des jours, et en dépit de tout, de la prison, des matons, de l’impasse dans laquelle était tombée ma vie, j’ai commencé à ressentir des moments de bien-être que j’avais oubliés depuis longtemps, et que je n’avais même peut-être jamais connus. (…) Quelque chose qui se rapprochait de ce que l’on peut ressentir quand on est perdu dans la beauté d’un paysage qui nous dépasse. Une paix par-delà tous les aléas de la vie. (…) . Le programme initial de stretching amélioré était bien loin derrière moi. Le yoga n’était encore alors qu’une forme d’évasion que ni murs, ni matons, ni miradors, ne pouvaient empêcher. Mais peu à peu, il creusa son sillon en moi au point d’occuper tout mon être, toute ma vie ».

    « Sur le chemin du yoga »[3]

    Dès lors, dans sa cellule éclairée par la lumière bleutée de la veilleuse de nuit, tous les matins à six heure, Michel Vaujour commence son premier rendez-vous de la journée avec le yoga, et notamment avec des exercices respiratoires. « Il n’est plus ni monde au-delà des murs, ni prison, ni haute surveillance, ni cellule, ni lumière, ni espace, ni temps. Il n’est plus que le souffle qui m’absorbe tout entier dans cette concentration si particulière du yoga qui consiste non pas en tension « vers », mais dans l’effacement de tout ce qui n’est pas son objet. Il n’est plus que le souffle, mon souffle, porté par une des techniques millénaires du yoga. Il n’est plus que le rythme qui naît au profond des entrailles, qui s’y meurt pour renaître encore et encore. Par de là ma vie qui ne ressemblait plus à rien, je suis vivant, et je le ressens avec une acuité de conscience que je n’ai jamais connue ».

    Tout au long de la journée, Michel Vaujour complète son entraînement sportif par des séries d’asanas. Il redécouvre par lui-même que les asanas signifient « des postures aisées », ce qui, vu les contorsions nécessaires, semble assez paradoxal, mais cette dénomination reflète plutôt, selon Michel Vaujour,  « la manière d’y parvenir ». Il fait l’expérience que chaque asana, « contraint l’organisme à des modes respiratoires différents qui eux aussi, doivent être aisés » et il découvre que « les aptitudes qui ont à s’exercer et à se développer dans ce travail pour apprendre à être à l’aise m’apprennent à l’être tout autant face à l’adversité ». « Moi qui n’ai jamais fait d’études, je découvre une autre école, celle du silence, de l’application, celle des lois et de la vie qui m’animent. Le yoga devient un mode d’existence ».

    Le soir, dans le silence de la prison, Michel Vaujour pratique la méditation à partir d’exercices respiratoires : « De la maîtrise du souffle découle la maîtrise des émotions, et de la maîtrise des émotions, le détachement. Un détachement qui  laisse d’autant plus en pleine conscience que l’émotion n’est plus là pour la brouiller ».

    Ces différentes pratiques quotidiennes du yoga dans un quartier de haute sécurité de la prison de Chaumont, permirent peu à peu à Michel Vaujour de se forger une réelle pensée personnelle. « Dans un quotidien silencieux et solitaire, une telle discipline vécue, me fit naître à la pensée, à une pensée véritablement personnelle. Pour moi qui n’avais jamais été porté que par mes pulsions, un fatras de clichés et d’idées convenues, ce phénomène fut si surprenant que la première fois je crus entendre une voix tant cette pensée était claire et nette. Cette illumination m’entraîna à me confronter à moi-même, et j’ai commencé à réaliser le gâchis dans lequel j’avais entraîné ma vie ».

    Le yoga pour aller jusqu’au bout d’une nouvelle évasion à tout prix

    Tout en observant la transformation de sa pensée à partir de la pratique du yoga, Michel Vaujour n'abandonna pas pour autant ses projets d'évasion. Sa découverte du yoga transforma et renforça à la fois sa détermination de s'évader et de se préparer physiquement et mentalement à réaliser une telle action. Constatant qu'à vingt cinq ans, l'âge de tous les désirs, il avait encore une vingtaine d'années à passer en prison, le seul moyen de s'en sortir à ses yeux était « d'aller jusqu'au bout de l'évasion à tout prix ». « Le retrait que m’offrait le yoga, me permettait de m’inscrire désormais sur la durée et d’évacuer les scénarios d’évasion les plus fous, les plus violents, qui revenaient sans cesse butter sur mon manque de moyens. C’est ainsi qu’un jour une solution naquit dans mon esprit, la seule sur laquelle il m’était possible de travailler puisqu’elle ne dépendrait que de ma détermination. Si je voulais avoir une chance de réussir, il me fallait être capable de jouer ma vie à pile ou face avec la mort. Jusqu’alors j’avais toujours eu la mort aux trousses, avec cette solution, j’allais devoir l’affronter (…) Le yoga m’avait ouvert la voie. La solution n’est venue que quand j’étais mûr pour la penser et l’accepter. Pour mener à bien cette évasion, (.. ) il fallait que grandisse en moi  l’unité entre la pensée et les actes. Les leçons silencieuses du yoga m’enseignaient le principe premier du yoga, le yama, qui signifie harmonie, accord avec soi-même[4]. Ce principe moral tendant à l’unité de l’être est le sens même et l’objet du yoga. Plus le temps allait, plus cette unité s’immisça en toute chose de mon quotidien et structura mon être au point  de ressentir physiquement ma détermination s’affermir un peu plus chaque jour ».

    Préférant mourir d’une balle dans la tête que mourir à petit feu dans une cellule Michel Vaujour décide de mettre toutes les chances de son coté et de s’y préparer. « Que j’ai eu tort ou raison dans le passé, là n’est plus le problème, je ne suis plus qu’un homme qui cherche à défendre son droit à la vie avec les moyens dont il dispose et j’ai désormais le devoir moral vis-à-vis de moi-même d’aller jusqu’au bout ». Durant la nuit de ses vingt six ans, il entreprend une véritable séance d’initiation dont il avait préparé les différentes phases avec précision pendant plusieurs jours. L’objectif  de cette renaissance était de se préparer à renoncer à tout ce qui n’irait pas dans le sens de sa liberté à reprendre. « Lentement, habitant chacun de mes gestes, je me suis mis à nu, pour être tel que j’étais venu au monde vingt six ans plut tôt. Puis, j’ai plié lentement en trois une couverture, je m’y suis agenouillé et je suis entré dans le vide du yoga comme d’autres l’auraient fait en la prière. Inspire… Expire.... Inspire… Expire… Inspire… Lentement….. Lentement… Lentement… Naissant du fond du ventre, y mourant pour en renaître sans cesse et sans cesse, mon souffle allait, venait d’une narine à l’autre, long, silencieux, comme une vague éternelle. Les battements de mon cœur s’espaçaient, jusqu’à descendre à une trentaine de pulsations minute. Inspire… Expire.... Inspire… Expire… Inspire… Lentement….. Lentement… Lentement… Plus rien n’existait, si ce n’est une conscience vide de tout objet, de toute pensée. Ce décrochage de tout et de moi-même me plongea au plus simple et probablement à l’essentiel, à ce souffle qui au premier instant de ma vie, inspire, et qui au dernier expire. Les aléas de la vie m’avaient jeté dans une solitude que, par-delà le temps et les époques, d’autres hommes, avaient recherchée pour s’engloutir dans un yoga où moi aussi ce soir-là je m’engloutis tout entier et plus que jamais. Je m’y perdis et m’y diluai ».

    Une démarche initiatique ?

    Plusieurs heures plus tard, Michel Vaujour désira inscrire cette nuit d’initiation « au plus intime de sa chair » par le rituel de l’eau et du rasage de sa chevelure. Tout nu et debout devant son lavabo, il prit un gant et du savon et s’est lavé. « Chaque aller retour du gant sur mon corps, ma peau, me lavait de mes faiblesses de caractère, des trahisons envers moi-même qui avaient fait mon malheur. Ce n’était plus mon corps que je lavais, c’était cette autre chose au plus profond de nous-même ». Puis il prit son petit rasoir bic, « et dans l’esprit d’un moine prononçant ses vœux, j’ai rasé les longs cheveux bouclés dont j’étais si fier. A chaque mèche qui tombait sur le sol, c’étaient les vanités, le goût du paraître et de la sensualité qui se détachaient de moi ».

    Il termina sa nuit d’initiation agenouillé sur sa couverture, « avec au cœur toute la fragilité et la force du nouveau-né qui s’offre et s’ouvre à la vie. Jusqu’à l’aube naissante, chaque frémissement de l’air sur l’intime de ma chair inscrivit mon engagement en lettres d’éternité ».

    Le yama, cette harmonie entre les pensées et les actes, cet accord avec soi même qu’il avait découvert grâce au yoga et qu’il avait scellé dans son corps par cette nuit d’initiation, allait lui permettre de « tuer le chien fou, cette partie de moi qui m’avait mené à ma perte. L’alternative de la mort était désormais l’arme posée sur ma nuque pour tout dépasser. Le jeu de rôle de l’évasion ludique laissait complètement place à la puissance de l’instinct de survie ». En se rappelant ce qu’il avait décidé pendant la nuit, c'est-à-dire que chaque petit dépassement de soi-même, chaque renoncement construiraient de leur force magique sa capacité à reprendre sa liberté, il décidé de se débarrasser de tout ce qui, dans sa cellule, n’était pas obligatoire ou strictement nécessaire : tabac, radio. De plus il décida de faire deux jours de jeûne par semaine.

     « En s’appliquant d’abord à l’environnement immédiat, le principe de l’ascèse m’amena tout naturellement au dépouillement intérieur. Là aussi, tout ce qui n’allait pas dans le sens de l’idéal d’être auquel j’aspirais fut brûlé comme autant d’offrandes sur l’autel du dieu Liberté. Le silence et la solitude qu’il m’avait d’abord fallu endurer puis apprivoiser devinrent sources de mes forces. Au silence de la cellule s’ajouta mon propre silence. L’exercice du contrôle du souffle sur lequel il s’appuyait m’accompagnait de l’éveil au sommeil. Et sur ce chemin sans chemin, le yoga devint le cœur de mes jours et déborda sur tout, il devint ma Bible, la référence absolue d’un univers de neuf mètres carrés. Bien au-delà de l’exercice visible des asanas, pranayama, méditation, ou autres, tout devint prétexte à exercer la maîtrise de soi-même, à m’éduquer et me perfectionner en toute matière utile au challenge que je me proposais. Tout dans le quotidien du quartier de haute surveillance devint prétexte à exercer toujours plus la maîtrise acquise dans la voie à laquelle j’appartenais désormais entièrement. Ainsi, les tentatives des gardiens pour rompre mon silence paisible ne furent jamais qu’occasions supplémentaires à m’entraîner au jeu subtil du contrôle des émotions. Et avec le temps, toute émotion réactive disparut. (…). La prison dans laquelle je m’étais enfermé était bien plus dure que tout ce qu’aurait pu m’imposer l’administration, mais je me l’étais choisie et rien ni personne ne pouvaient plus m’atteindre ; j’étais libre ».

    « Le jeune chien fou entré dans la solitude des années auparavant avait été détruit petit à petit, méthodiquement et sans aucune pitié. Je n’avais comme dieu que la liberté, un dieu exigeant, qui m’avait amené à me libérer d’autres chaînes, à m’évader d’autres prisons que celles où mon corps était retenu. Ce chemin m’avait fait comprendre que la crainte de la mort était la mère de toutes les peurs, de toutes les limites à l’action. Nu, face au mur, chaque soir, j’étais alors entré dans le vide de la méditation comme on entre dans la mort. Je l’avais accueillie en moi, elle faisait partie du voyage. Comme elle était ma seule promesse d’avenir, elle était devenue ma seule force. Celle qui remplace toutes les autres ».

    Le Yoga pour réussir à s’évader de prison …..et pour sortir de l’hémiplégie

    C’est fort de sa métamorphose due au Yoga que Michel Vajour monte une nouvelle évasion en braquant un juge avec un faux pistolet fabriqué avec du savon et du cirage noir. Repris quelques mois plus tard, il est enfermé à la prison de Fresnes où il réussit grâce à sa compagne Nad une évasion spectaculaire par hélicoptère. Quelques mois plus tard, lors d’un braquage d’un fourgon de transport de fonds il reçoit une balle de 357 magnum en pleine tête. « La mort était là, venue de je ne sais où. C’est cet état de conscience que le yoga appelle "le spectateur", qui prit les choses en mains. J’étais alors totalement détaché et totalement impliqué dans le processus du passage de la vie à la mort. Il ne me restait plus que l’ouïe, et la conscience réfugiée toute entière très bas dans le ventre, là où naît le souffle du yogi. C’est là l’expérience la plus importante de ma vie et qui me marque à jamais. Je ne suis pas mort, et une semaine plus tard je suis sorti du coma, hémiplégique ».

    « J’ai passé plusieurs mois à l’hôpital de Fresnes où je n’ai reçu aucun soin, si ce n’est un comprimé par jour pour prévenir des crises d’épilepsie. Je n’ai pas eu non plus de séances de re-éducation. Je devais donc me soigner seul. Le yoga m’a aidé à retrouver ma motricité. Dans cette aventure, il restera à jamais le moyen par lequel je m’en suis sorti ».[5]

    Une métamorphose spirituelle :  « se donner à la vie »

    Après l’hôpital de la prison de Fresne, Michel Vaujour est enfermé dans le quartier d’isolement de Fresnes. L’histoire de ce détenu multi-récidiviste en évasions, attire l’attention d’une étudiante en droit pénal, Jamila Falid, d’origine algérienne et de nationalité française, et qui voulant être juge d’instruction, s’intéresse aux conditions de détention. À partir d’échanges épistolaires et de visites à la prison de Fresnes, c’est une profonde relation amoureuse qui se construit entre ces deux personnes ayant deux parcours forts différents et que rien ne semblait réunir. Après plusieurs tentatives infructueuses pour informer et dénoncer l’isolement carcéral dont lequel était maintenu Michel Vaujour, Jamila apporte son aide à Michel pour monter une nouvelle tentative d’évasion qui avorte. Jamila est arrêtée et condamnée à sept ans de prisons. Leur échange épistolaire va devenir quotidien.

    Avec l’aide de Jamila, Michel se transforme peu à peu au plus profond de lui-même et décide d’«œuvrer tranquillement à sa libération». Mais le système pénitentiaire ne l’entend pas de cette oreille, et sous le faux prétexte d’une lettre anonyme qui informait l’administration pénitentiaire de nouveaux projets d’évasion, Michel Vaujour est de nouveau enfermé dans un quartier d’isolement. Il décide alors de se lancer dans une grève de la faim de plusieurs semaines « Cette grève de la faim, non subie mais assumée telle une ascèse, allait me libérer bien au-delà de la liberté recherchée ». Pour nous faire comprendre cette nouvelle liberté, cette nouvelle évasion qu’il a découverte, Michel reprend un conte de spiritualité soufie[6], qui lui a été sans doute proposée par Jamila et qui lui permet de découvrir et de goûter que la vie, comme l’amour, ne se prend pas, on se donne à elle. «L’amour m’a fait naître à la vie, vierge de tout. C’est la plus belle des évasions ».

    Grâce à sa transformation mentale et spirituelle, Michel « avance dans l'apprentissage de la confiance à autrui tout en rentrant dans un rapport "gagnant-gagnant" avec l'administration pénitentiaire ». Bénéficiant des modifications radicales de la loi en matière de libération conditionnelle de juin 2000, il est sorti de prison le 1er septembre 2003. Il a maintenant 54 ans et il est marié. Tous les matins il consacre une heure et demi à sa pratique quotidienne de yoga.

    Conclusion

    Ce livre de Michel Vaujour constitue un très beau témoignage sur la découverte du yoga qui est inscrite en chacun d’entre nous. Il est à conseiller pour toute personne qui souhaite savoir ce qu’est le yoga en utilisant des mots simples de tous les jours. Il est aussi à conseiller pour chacun d’entre nous, citoyen, et au nom de qui la justice est rendue afin que nous sachions comment le système carcéral français actuel, au lieu de remplir sa fonction de re-insertion des détenus, transforme un jeune délinquant en "ennemi public n°1. Pour tous ceux qui pratiquent déjà du yoga, ce livre est aussi un guide qui nous rappelle que la pratique des asanas et de la respiration est très utile pour l’action (Karma yoga), mais que pratiquer sans référence à une spiritualité ou à un maître, le yoga de l’action a de grandes chances de déboucher sur le renforcement de l’égo. C’est grâce à Jamila que Michel a pu réaliser sa plus belle évasion.


    [1] Dans son livre "Le Yoga, immortalité et liberté" qui retrace l'histoire du yoga en Inde, Mircea Eliade traite dans un chapitre intitulé "Le Yoga et l'Inde aborigène" des relations entre le yoga et le chamanisme. Mais il nous faut rappeler que pour Mircea Eliade, le Yoga constitue une dimension spécifique de la culture  indienne.

    [2] Michel Vaujour, Ma plus belle évasion, Editions Presses de la Renaissance, Paris 2005

    [3] Titre du chapire 2 de la troisième partie intitulée "La métamorphose" du livre de Michel Vaujour

    [4] Le yama (harmonie avec l’entourage) est le premier des huit membres du yoga de Pantjali ; dans la description faite ici c’est plutôt  le deuxième membre du yoga, niyama ou harmonie en soi, qui est visé.

    [5] Interview de Michel Vaujour, Santé Yoga, n°57, décembre 2005, pp. 14-15

    [6] Michel Vaujour, Ma plus belle évasion, Editions Presses de la Renaissance, Paris 2005, pp.314-315. Ce conte de la spiritualité soufie est un très beau texte à lire et à méditer, 

     

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    La confusion

     

     

    « Le moi n’est pas l’être, mais une résistance universelle, dont le but est de se laisser détruire. »

     

    C. Suarès

     

    « L’homme naît fils de Dieu et totalement participant de la nature du principe suprême de l’univers, mais il naît amnésique, oublieux de son origine, illusoirement convaincu qu’il n’est que ce corps limité et mortel que perçoivent ses sens. Amnésique, il souffre de se sentir illusoirement abandonné de Dieu, et il s’agite dans le temporel en quête d’affirmations divinisantes qu’il ne saurait y trouver ».

     

    H. Benoit

     

     

    Nous avons tous des caractéristiques, affectives, mentales, physiques et matérielles, les unes acquises héréditairement (ce que nous appelons par exemple les traits de caractère), les autres socialement, culturellement ou personnellement. Ces caractéristiques nous singularisent au sein de la multiplicité des êtres et des choses, en même temps elles conditionnent, différemment pour chacun d’entre nous, nos réactions face à l’événement. D’autre part, ces mêmes caractéristiques symbolisent l’avoir, notre avoir.

     

     

    Avons-nous déjà essayé de saisir qui nous sommes réellement, ou plus exactement, que serions-nous dans notre conscience si l’on cessait de s’identifier à nos caractéristiques, à notre avoir. Nous ignorons généralement que l’identification, que le fait de nous identifier avec nos « qualités particulières » est synonyme de confusion entre l’avoir et l’être.

     

     

    Si nous ne sommes pas nos caractéristiques, qui sommes-nous donc ?

     

     

    Pour approcher partiellement la question fondamentale du « Qui sommes-nous ? », il serait peut-être nécessaire d’essayer de voir d’abord ce que nous ne sommes pas, de nous défaire progressivement de ces images d’être, de nos constructions mentales illusoires, de nos fausses identifications qui nous empêchent d’être nous-même.

     

     

    Notons que devant une même situation, chacun d’entre nous réagit différemment étant entendu que la réaction n’est pas causée par la situation seule, mais bien par cette situation qui interfère avec notre structure personnelle, c’est-à-dire, pour cette raison, du point de vue de la morale, et la morale est nécessaire pour construire une société équilibrée, nous ne sommes pas des dieux ! soyons juge des actes et non des personnes, même si cela ne change rien dans les faits, nous aurons une vision plus juste de l’homme.

     

     

    L’homme pense avec des mots qu’il associe à des images mentales et des états émotifs variables auxquels il identifie les événements pour se construire une représentation du monde et de lui-même; c’est ce que j’appellerai « la pensée psychologique ». Il existe deux types de pensée : d’une part, ce que nous avons nommé les « pensées psychologiques » et, d’autre part, ce que nous appellerons les « pensées naturelles ».

     

    Ces dernières ont pour objectif de régler fonctionnellement notre vie quotidienne; elles fondent les progrès des sciences et des techniques, elles constatent « l’ordre explicite » des êtres et des choses. Notons l’existence parallèle de ce qu’on pourrait appeler la « pensée intuitive » qui accompagne presque toujours les grandes et petites révélations ou découvertes.

     

     

    « La pensée naturelle » forme des conceptions strictement limitées aux vérités relatives qu’elle peut constater. Ces conceptions sont soumises aux lois du changement en même temps qu’aux lois de notre pensée. En fait elles évoluent continuellement; ce qui était vrai hier peut être faux aujourd’hui.

     

     

    « La pensée naturelle » est fondée sur la mémoire des faits, des faits personnels pour résoudre les détails de la vie quotidienne, pour assumer nos travaux professionnels. Elle est fondée sur la mémoire de la collectivité pour réaliser certains grands projets, et sur la mémoire historique pour assurer la continuité de l’évolution scientifique, artistique, morale…

     

     

    D’autre part, « la pensée psychologique » est une dégradation de la « pensée naturelle» en phénomène d’identification de toutes sortes.

     

     

    J’emprunterai au livre de R. Linssen : « Bouddhisme, Taoïsme et Zen » une histoire imagée qui me paraît significative par sa clarté et sa quotidienneté.

     

     

    « Un ingénieur peut à l’aide de ses formules (mémoire technique) calculer la résistance d’un pont en béton armé. Mais s’il passe sur ce pont avec des amis, en se vantant de l’avoir calculé il abuse et dépasse le rôle de sa mémoire factuelle. En fait, il exploite sa mémoire factuelle pour se donner de l’importance. »

     

     

    Par cette attitude, sa mémoire factuelle se dégrade en « mémoire psychologique d’identification ».

     

     

    Notons que la « mémoire psychologique » n’est pas seulement le résultat de l’identification de l’individu avec sa « mémoire des faits ». Elle résulte aussi d’une autre forme d’identification que nous allons envisager sommairement.

     

     

    Formulons l’évidence. L’événement est identifié avec la traduction intellectuelle du phénomène affectif qu’il engendre. Il y a d’autres formes d’identifications, mais nous insisterons plus particulièrement sur celle-ci parce que, plus que les autres, elle a une influence significative sur notre comportement.

     

     

    Que se passe-t-il exactement ?

     

     

    La « pensée naturelle » constate la réaction affective face à l’événement; elle traduit intellectuellement une sensation intérieure, alors la « pensée psychologique » entre en action en identifiant un phénomène affectif constaté intellectuellement, avec l’événement lui-même.

     

     

    Un exemple précis rendra plus évident encore cette forme particulière d’identification.

    Par la « pensée naturelle », fondée sur la mémoire des faits, nous sommes doublement conscients, à la fois de l’existence du monde extérieur et de notre monde intérieur. Prenons par exemple la mort. Nous constatons que nous sommes conscients, d’une part de l’existence évidente de la mort, et, d’autre part, de l’angoisse affective qu’elle provoque quand nous sentons sa présence réelle ou imaginaire.

     

     

    Dans un deuxième temps, la « pensée psychologique » entre en action, elle identifie la conscience de l’angoisse devant la mort avec la mort elle-même. En fait, nous confondons la chose, par le phénomène d’identification, avec la réaction affective qu’elle engendre quand nous sommes affectés par sa présence.

     

     

    Faute de penser simplement et justement, la mort nous angoisse par la « pensée psychologique » d’identification. Nous pensons que la mort est un événement absolument négatif, mauvais en soi.

     

     

    La pensée est comparable à un outil de travail. Il est le meilleur que nous ayons à notre disposition à condition qu’il soit utilisé dans les limites de ses possibilités fonctionnelles. Dès que l’on utilise cet outil à des fins qui ne lui sont pas destinées, il perd toute sa valeur constructive et évolutive.

     

     

    En général, la pensée sort de ses foncions naturelles quand elle oublie de se faire précéder par la conscience de la relativité de toute connaissance en fonction de nos multiples conditionnements.

     

     

    Pour reprendre l’exemple de la mort, nous remarquons de fait qu’elle nous dérange qu’elle nous angoisse. Par automatisme mental, par manque de discernement intellectuel, nous assimilons la mort elle-même avec la « définition affective » que nous en avons. Le docteur Benoit parle d’une partialité affective irrationnelle qui se transmue en partialité intellectuelle. La première citée est naturelle, nous ne pouvons rien pour ni contre. Elle est parfaitement irrationnelle. Par contre, la partialité intellectuelle est conditionnée par une mauvaise utilisation de notre outil intellectuel.

     

     

    Quand un événement s’introduit dans notre existence, un de ces événements, que les fonctions naturelles de notre pensée ne peuvent solutionner, malgré tout, nous intercalons entre lui et nous (nous, c’est-à-dire nos qualités intellectuelles et affectives naturelles) des mots, des pensées, des images qui dénaturent l’événement de sa signification réelle.

     

     

    Il est donc évident que l’essence des êtres et des choses est intouchable avec les mots, les idées et les images mentales que nous employons habituellement. La connaissance du grand mystère dans l’hypothèse de sa réalisation possible, ne peut être liée à une accumulation de savoirs. La seule ouverture possible, qui nous fera progresser, est le détachement graduel par rapport à nos fausses identifications.

     

    Source

     


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  • Je suis touchée par les textes de Marie, découverte sur Facebook et qui habite pas si loin de chez moi. J'ai d'ailleurs l'intention d'aller à quelques-uns de ses cours.

    Il est nécessaire de nous mouiller à l'eau trouble de nos failles, de goûter à l'amer salé de nos larmes, de plonger dans les profondeurs du coeur de nos entrailles.
    Alors seulement peut émerger à notre propre surface le pur nectar du Soi.
    Pas d'ascension sans immersion.

    Il est nécessaire d'anéantir tous les orgueils de notre ego, de creuser la tombe du cadavre de nos illusions, de faire le deuil de notre propre chaos.
    Alors seulement pourront tomber en lambeaux les vieilles peaux qui recouvrent la précieuse soie du Soi.
    Pas de reconstruction sans destruction.

    Il est nécessaire d'avoir été intérieurement ébranlé par la traversée de zones de turbulences pour pouvoir laisser enfin la Vie danser en soi.
    Alors seulement, nous serons prêts à jouir de notre juste place : au centre de Soi.
    Pas d'évolution sans révolution.

    Marie ॐ

    Yoga, Le sens de Soi

    Yoganova

     


    4 commentaires
  • Il se passe et se prépare des choses terribles dans le monde et chez nous. Nous avons l'obligation de le dénoncer.

    Ce n'est pas un délire: les enfants sont réellement en danger. Ariane Bilheran (doctorat de psychologie et études de lettres classiques) a décortiqué "Déclaration des droits sexuels de l’IPPF" .
    PARTAGEZ cette vidéo au plus grand nombre. Consultez les liens sous la vidéo sur youtube et ceux dans les commentaires.
    Son livre: https://www.amazon.fr/Limposture-dr…/…/ref=tmm_pap_swatch_0…

    Autre vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=xDN4zvfgGGg&feature=youtu.be

    Par la même occasion, voici ce qui se passe en France: https://www.youtube.com/watch?v=50n-F0iqbZk

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ariane_Bilheran

    https://www.youtube.com/watch?v=aoduXWroAw0

    https://pedopolis.com/2017/09/28/cavale-des-nouvelles-de-severine-la-maman-de-amoris-partie-1/

     

     

     


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