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    Poésie récitée par Malo, une petite nièce de 8 ans

     

    L’automne

    On voit tout le temps, en automne,
    Quelque chose qui vous étonne,
    C’est une branche, tout à coup,
    Qui s’effeuille dans votre cou.

    C’est un petit arbre tout rouge,
    Un, d’une autre couleur encor,
    Et puis, partout, ces feuilles d’or
    Qui tombent sans que rien ne bouge.

    Nous aimons bien cette saison,
    Mais la nuit si tôt va descendre !
    Retournons vite à la maison
    Rôtir nos marrons dans la cendre.

    Lucie Delarue-Mardrus

     

    Trouvée ici

     



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    France,
    Je suis né plus loin, beaucoup plus loin qu'on pense.
    C'est à Saïgon que j'ai eu mon enfance
    Et ma mère, là-bas, le disait doucement,
    Le mot France,
    Le mot France.

    France,
    Le temps s'est enfui mais je le sais depuis :
    Il suffit d'être loin ou seulement d'être seul
    Pour avoir le cœur serré quand on entend
    Le mot France,
    Le mot France.

    France,
    Elle était institutrice, et, au lycée,
    On a rencontré ces mots dans nos dictées.
    Ecrivez maison, justice et liberté,
    Espérance,
     

    Il y avait
    Il y avait aussi, plus tard, je l'ai appris,
    Et révolutions et passions et violences
    Et misères et flammes et guerres et drames
    Mais France,
    C'était les rivières et mes montagnes bleues.
    C'était les clairières et les enfants heureux,
    Des châteaux, des blés, des champs, des roses,
    Tant de choses, en France.

    France,
    Le temps s'est enfui mais je le sais depuis :
    Il suffit d'être loin ou seulement d'être seul
    Pour avoir le cœur serré quand on entend
    Le mot France,
    Le mot France,
    France.

     


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    17 mai 2010. Bon souvenir

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  • http://3.bp.blogspot.com/-YWP3nC7d6qI/URYvfDS0fVI/AAAAAAAAAf0/rck8XA-9icQ/s200/des+mots+des+mots+des+mots.jpg

     

    De lien en lien:

    Je passe chez Lise. Elle a un commentaire de Michèle. Je passe donc chez Michèle, je feuillette et j'ai envie d'écouter cette vidéo. Je tente de retrouver le texte et j'arrive chez La Lettrine. Je vous livre ce magnifique texte.

     

    D'ailleurs, je vais l'apprendre. J'ai remarqué que j'avais moins de mémoire, voilà une belle façon d'y remédier. Et d'ailleurs au moment d'un repas, à l'heure du café, c'est toujours bien d'entendre quelqu'un dire un beau texte. Ça rend le monde autrement.


     

     

    « Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas (c’était une joie faite pour un autre), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers. »


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    Même si je prends la peine
    Chimène, de t'écrire chaque semaine
    Même avec la peine
    Si tu m'aime un peu quand même

    Même si je t'emmène
    Chimène, si je t'aime un peu quand même
    Même avec de la peine
    Il faudrait que tu comprennes

    Aux amours bien nés
    Chimène le bonheur n'attend pas
    Le nombre des années
    Chimène comprends-tu ça?

    Même sans que ça nous mène
    Chimène, du désespoir à la peine
    Même Chimène si tu m'aimes
    Il faut que tu te souviennes

    Même si je t'emmène
    Chimène, si je t'aime un peu quand même
    Même avec de la peine
    Il faudrait que tu comprennes

    Aux amours bien nés
    Chimène le bonheur n'attend pas
    Le nombre des années
    Chimène comprends-tu ça?

    La la la...

     

     

     

     

     

    L'un des grands inconnus de la pop française, devenu l'un de ses grands oubliés. On sait bien peu de choses de René Joly. Natif du nord de la France, il débute à la batterie,  descend à Paris pour tenter sa chance, enregistre un disque avec Manset et connaît le succès avec  « Chimène ». Se succèdent ensuite encore quelques simples remarquables marquant pourtant la fin d'une collaboration éminemment fructueuse. Ensuite, il croise la route d'Etienne Roda Gil  et créent ensemble L'enfant qui de temps en temps ne voulait plus être un enfant. L'album ne rencontre pas de succès, débute alors un parcours du combattant pour tenter de revenir sur le devant de la scène. Il participe à l’aventure de Starmania, interprétant le rôle de Roger-Roger. Et c’est de nouveau une éclipse jalonnée de simples oubliables tels que "Saravah" en 1983 (signé Barbelivien). Depuis, de déconvenue en déconvenue, celui qui chantait "Chimène" ne parvient plus à attirer de nouveau vers lui les yeux du public.

     

    Chimène (1970)

     

    Chimène / Château de craie / L'amour fut doux / Princesse / Les yeux d'Elia / L'amour vivant / Sombre fortune / L'or / Le parfum d'un fleur

     

     

     

     À la première écoute, l’auditeur ne peut qu’être dérouté, tant cet album se situe en marge de la production française. Dire que le disque est original est un euphémisme. C'est en effet, une expérience sans équivalent laissant l’impression tenace d’être entre présence tout à la fois  d’un album musicalement trop daté et comme situé hors du temps.

     

    Le disque opère une distanciation subtile en même temps qu’il est doué d’un pouvoir d’envoûtement grâce à cette voix de tête si particulière, cette façon de chanter qui n’appartient qu’à lui. Et puis surtout, il y a ces compositions étonnantes aux climats si étranges qui tiennent tout à la fois de la  féerie (« Le château de craie ») et du mauvais rêve (« Le parfum d’une fleur »). Les arrangements originaux et somptueux tout en délicatesse, se refusent aux effets faciles et au clinquant. Les paroles sont à la mesure de l’écrin sonore façonné par Manset, subtiles et entêtantes souvent oniriques, comme exhumées du fond des âges.

     

    Ce disque de Joly à la couleur bien particulière est un joyau aux subtiles nuances, porté par une voix aisément reconnaissable même lorsqu’elle est maquillée sur « Chimène » d’un flanger du meilleur effet. Ce titre sera d'ailleurs le seul tube de l’album et le premier morceau à utiliser la technique du phasing née des expérimentations de Bernard Estardy (ingénieur du son) et Gérard Manset.

     

    Joly nous transporte dans son univers oniriques, ses climats d’automnes mordorés, ses paysages peuplés de princesse (« Princesse ») de châteaux enfouis au fond des forêts (« Château de craie »), de jeunes femmes évanescentes et mystérieuse (« Les yeux d’Elia »), évoquant des souvenirs amers d’amours perdus (« L’amour fut doux », « L’amour vivant »), de destinée fatale (« Sombre fortune ») et d’amitiés gâchées (« L’or »), le tout soutenu par des orchestrations aériennes où les violons omniprésents s’entremêlent au piano, aux flûtes et aux guitares acoustiques créant une atmosphère unique et inoubliable. Difficile de ne pas succomber aux effluves ensorceleuses de ce disque sans équivalent.

     

     

    Source

     

     

     


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  • http://ekladata.com/JQ-_8Ei6UqjPnuappVUNSCyNF-4.gif

     

     

     

    J'ai été surprise d'entendre cette chanson qui a été créée alors que je n'étais pas née.(Album 1961 -1962)

     

     

     

     

     

    Que restera-t-il sur la terre

    Dans cinquante ans

    On empoisonne les rivières

    Les océans

    On mange des hydrocarbures

    Que sais-je encore

    Le Rhône charrie du mercure

    Des poissons morts

     

     

    Pour les enfants des temps nouveaux

    Restera-t-il un chant d'oiseau

     

     

     

    Le monde a perdu la boussole

    Qu'a-t-il gagné

    Des plages noires de pétrole

    Pour se baigner

     

    L'atome va régner sur terre

    Comme un Seigneur

    Qu'en ferons-nous c'est une affaire

    Qui me fait peur

     

     

     

    Pour les enfants des temps nouveaux

    Restera-t-il un chant d'oiseau

     

     

     

    A peine le malheur des hommes

    Est-il moins grand

    Que déjà pourrissent les pommes

    Des nouveaux temps

     

    Enfants, enfants la terre est ronde

    Criez plus fort

    Pour que se réveille le monde

    S'il n'est pas mort

     

     

    Pour les enfants des temps nouveaux

    Restera-t-il un chant d'oiseau ?

     

     

     

     

     


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    Flower Garden

     

    La poésie contemporaine ne chante plus... Elle rampe

    Elle a cependant le privilège de la distinction...

    Elle ne fréquente pas les mots mal famés... elle les ignore

    On ne prend les mots qu'avec des gants : à "menstruel" on préfère "périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires et du Codex.

     

    Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.

     

    Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.

    Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, mais la poésie qui illustre le mot.

     

    Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.

     

    Le poète d'aujourd'hui doit être d'une caste, d'un parti ou du Tout-Paris.

    Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.

     

    La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.

    Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie, n'est pas finie. Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale, tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.

     

    L'embrigadement est un signe des temps.

    De notre temps

     

    Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.

    Les sociétés littéraires c'est encore la Société.

    La pensée mise en commun est une pensée commune.

     

    Mozart est mort seul,

    Accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.

    Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.

    Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.

    Beethoven était sourd.

    Il fallut quêter pour enterrer Béla Bartok.

    Rutebeuf avait faim.

    Villon volait pour manger.

    Tout le monde s'en fout...

     

    L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie !

     

    La Lumière ne se fait que sur les tombes...

     

    Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique

    La musique se vend comme le savon à barbe.

    Pour que le désespoir même se vende il ne reste qu'à en trouver la formule.

    Tout est prêt :

    Les capitaux

    La publicité

    La clientèle

    Qui donc inventera le désespoir ?

     

    Avec nos avions qui dament le pion au soleil,

    Avec nos magnétophones qui se souviennent de "ces voix qui se sont tues",

    Avec nos âmes en rade au milieu des rues,

    Nous sommes au bord du vide,

    Ficelés dans nos paquets de viande,

    A regarder passer les révolutions

     

    N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,

    C'est que c'est toujours la Morale des autres.

     

    Les plus beaux chants sont des chants de revendications

    Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.

     

    A L'ÉCOLE DE LA POÉSIE  ON N'APPREND PAS

    ON SE BAT !

     

     

    Léo Férré

     

     

     

     


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    http://www.talia-films.fr/media/julos5.jpg

     

     

    "Je suis l'homme, je suis l'enfant,

    je suis la femme noire,

    la femme jaune,

    la femme blanche,

    l'homme noir l'homme jaune l'homme blanc,

    je suis l'oiseau et le poisson et la tortue et le cheval qui court,

    je suis l'herbe et l'arbre,

    je suis la mer et la montagne.


    Si je fais du mal à une partie de moi,

    à l'enfant qui est en moi,

    à la femme qui est en moi

    de n'importe quel pays de n'importe quelle couleur,

    je me fais mal à moi même.

     

    Aussi ai-je souvent mal à toutes les parties de moi mutilées,

    torturées,

    affamées en quelque lieu du monde.


    Le jour approche où je serai entière et entier,

    où j'aurais assumé ma féminitude,

    ma mâlitude,

    ma négritude

    ma jaunitude"

    Julos Beaucarne


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  • Le_vent.jpg


     

    Quand il n'y aura plus de neiges éternelles

    Quand il aura tant plu que même les coccinelles

    Auront perdu leurs tâches, il faudrait que je sache

     

    Quand les pins parasols n’auront plus que leurs ombres

    Pour dessiner au sol les siestes vagabondes

    Les parties de cache-cache, il faudrait que je sache

     

    Quand il n'y aura plus de neiges éternelles

    Quand on aura tout vu l’entrée du grand tunnel

    Juste avant le grand flash, il faudrait que je sache

     

    Quand il n’y aura plus que des vents en colère

    Des thermomètres en crue et partout le désert

    Sous les cieux Caran d’Ache, il faudrait que je sache

     

    Il faudrait que je sache si un nouveau Noé

    Quelqu’un dessine une arche et s’il entend laisser

    Les hommes sur le pavé

     

    Quand il n'y aura plus de neiges éternelles

    Quand on aura out bu la honte et l’hydromel

    Avant que je me fâche, il faudrait que je sache

     

    Quand on aura fané des millions d’immortelles

    Envoyé promener les dernières hirondelles

    Au pays des Apaches, il faudrait que je sache

     

    Il faudrait que je sache si un nouveau Noé

    Quelqu’un dessine une arche et s’il entend laisser

    Les hommes sur le pavé ou tout recommencer.

     

     

     

    Les autres textes de Mengo  ici

     



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  • 576363 180038652139461 1703626333 n

     

     

     

    Au centre

     

     

    Sauveur, boureau, victime

    ces masques qui nous vont si bien

     

    et que nous endossons tour à tour

    en cherchant ...l'Amour .

     

    Sortir de ce triangle fatal

    qui rend notre vie infernale

     

    suppose de se tenir au centre

    à distance égale des trois côtés.

     

    Et pour rester ainsi ancré

    il n'y a qu'une seule possibilité

     

    Prendre soin de Soi ..Aimer .

    Chaque instant à la Vie s'Accorder.


    Lise

     

     

     



    Rejet


     

    Quand le regard d’un autre

    Me rejette

    Où suis-je ?

     

    Dans la partie de moi qui parle du rejet

    Qui le connais et qui le sent

    Pour l’avoir expérimenté.

     

    Il suffit de changer de place

    Dans la partie d’à côté

    Celle qui dit « Je suis ».

     

    Et tout est accepté

    Le regard devient clair 
    Et s'ouvre à la beauté . 

    Lise

     

     

     

     

    Agir

     

     

    En un double mouvement..

    Entrer dans l'expérience
    La traverser
    Puis l'écouter parler
    Naître les mots en soi.

    Prendre ces mots
    Les éprouver
    Puis les poser dans l'expérience
    Naître à la vie en soi.

    Ainsi avancer pas à pas .


    Lise

     

     

     



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