• Oubliez vos douches courtes

    Pourquoi la simplicité volontaire, les choix personnels de consommation, et l'éveil spirituel ne sont pas suffisants pour résoudre les problèmes auxquels l'humanité fait face. Acheter bio, faire du vélo, recycler, composter, c'est bien; mais ça n'empêche pas le capitalisme — la civilisation industrielle — de continuer à exploiter et extraire toutes les ressources naturelles, de continuer à "transformer le paysage écologique" planétaire, ce qu'il fera jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à utiliser, ou jusqu'à ce qu'il s'effondre, incapable de fonctionner, ce qui risque d'arriver rapidement étant donné que le capitalisme est un système voué à l'auto-destruction (épuisement des ressources, dysfonctionnement des écosystèmes essentiels à la survie humaine, perte de la fertilité des sols, changement climatique, extinction massive des espèces, pollutions atmosphériques diverses, déforestation, acidification des océans, etc.). Créer un mouvement social assez fort et déterminé pour réellement démanteler le capitalisme, c'est donc mieux.

    Nicolas Casaux

    Contenu de la vidéo:

    "Une seule personne sensée aurait-elle pu penser que le recyclage aurait arrêté Hitler, ou que le compostage aurait mis fin à l’esclavage ou qu’il nous aurait fait passer aux journées de huit heures, ou que couper du bois et porter de l’eau aurait sorti le peuple russe des prisons du tsar, ou que danser nus autour d’un feu nous aurait aidés à instaurer la loi sur le droit de vote de 1957 ou les lois des droits civiques de 1964? Alors pourquoi, maintenant que la planète entière est en jeu, tant de gens se retranchent-ils derrière ces « solutions » tout-à-fait personnelles ?

    Une partie du problème vient de ce que nous avons été victimes d’une campagne de désorientation systématique. La culture de consommation et la mentalité capitaliste nous ont appris à prendre nos actes de consommation personnelle (ou d’illumination) pour une résistance politique organisée. Une vérité qui dérange a participé à la prise de conscience du réchauffement climatique. Mais avez-vous remarqué que toutes les solutions présentées ont à voir avec la consommation personnelle – changer nos ampoules, gonfler nos pneus, utiliser deux fois moins nos voitures – et n’ont rien à voir avec le rôle des entreprises, ou l’arrêt de la croissance économique qui détruit la planète ? [...]

    Alors, comment, et particulièrement avec cet enjeu planétaire, en sommes-nous arrivés à accepter ces réponses tout à fait inappropriées et insuffisantes ? Je pense que c’est en partie du au fait que nous sommes pris dans une double contrainte. Une double contrainte apparait lorsque nous faisons face à des options multiples mais que, peu importe laquelle nous choisissons, nous y perdons, et quand ne rien choisir n’est pas une option. Dès lors, il pourrait être assez facile de reconnaître que toutes les actions impliquant l’économie industrielle sont destructrices (et nous ne devrions pas prétendre, par exemple, que les panneaux solaires nous en exemptent : ils nécessitent des infrastructures minières et des infrastructures de transport à toutes les étapes du processus de production ; on peut dire la même chose de toutes les soi-disant technologies vertes). Donc si nous choisissons l’option 1 – si nous participons activement à l’économie industrielle – nous pouvons penser, à court terme, que nous gagnons, puisque nous accumulons des richesses, signe de réussite dans notre société. Mais nous perdons, parce qu’à agir ainsi, nous abandonnons notre empathie, notre humanité animale. Et nous perdons vraiment parce que la civilisation industrielle tue la planète, ce qui signifie que tout le monde est perdant. Si nous choisissons la solution « alternative » de vivre plus simplement, et donc de causer moins de mal, mais sans encore empêcher l’économie industrielle de tuer la planète, nous pouvons penser, à court terme, que nous gagnons, parce que nous nous sentons purs, et que nous n’avons pas eu à abandonner notre empathie (juste assez pour justifier de ne pas empêcher ces horreurs), mais, encore une fois, nous sommes perdants parce que la civilisation industrielle tue toujours la planète, ce qui signifie que tout le monde est perdant. La troisième option, agir délibérément pour stopper l’économie industrielle, est très effrayante pour un certain nombre de raisons, notamment mais pas seulement le fait que nous perdrions ces luxes (comme l’électricité) auxquels nous sommes habitués, ou le fait que ceux qui ont le pouvoir pourraient essayer de nous tuer si nous entravions sérieusement leur faculté d’exploiter le monde – rien de tout ça ne change le fait que ça vaut toujours mieux qu’une planète morte."

    Derrick Jensen

    http://partage-le.com/2015/03/oubliez-les-douches-courtes-derrick-jensen/

     

     

     

    « Que d'inepties! "La viande heureuse"!!La non violence: mythe ou réalité? »

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