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    Où il faut commencer par réaliser que nos pieds sont reliés à notre tête. Où nos membres devraient être comme suspendus à notre squelette. Où trouver son axe, c'est se libérer du regard des autres. Où la clé de l'évolution a la forme d'une croix, que chacun porte en lui-même. Catherine Gaillet fut danseuse classique, dans la grande tradition française, à l'opéra. Elle exerce aujourd'hui une activité de psychothérapeute corporel, suivant une méthode qui associe le mouvement et la parole.

    Catherine Gaillet nous raconte comment, dans sa pratique, elle « lit » la vie intérieure d'une personne dans la façon dont celle-ci se tient debout et bouge, et comment notre redressement physique entre en résonance avec un redressement psychique, éthique et spirituel. Catherine a fait de l'intuition son outil de travail essentiel et, selon elle, la meilleure façon de percevoir l'autre émane de son attitude posturale. Il s'agit d'une écoute extrêmement subtile, humble, dépouillée, libre... Chrétienne, elle estime que tout se joue dans l'intersection, en nous, de la verticale et de l'horizontale, qui est le vrai sens de la croix.

    Nouvelles Clés : En cette année du bicentenaire de Darwin, beaucoup de savants planchent sur le thème de l'hominisation et de la verticalisation de nos ancêtres. La chose ne regarde pas que les scientifiques. Tout humain a le droit de s'interroger sur le processus qui a conduit jusqu'à lui, jusqu'à nous. Pour vous, qui avez été danseuse et qui exercez aujourd'hui comme psychothérapeute chrétienne, que signifie la station debout ?

    Catherine Gaillet : Notre verticalité ne nous quitte jamais, nous la transportons avec nous tout le temps. Quand vous vous mettez debout, vous le faites avec toute votre histoire. Tout ce qui vous est arrivé, toutes les tensions, les choses difficiles, affectives, aussi bien que les ouvertures, la créativité, tout ce qui a traversé votre corps sont là, avec vous, au zénith de vous-même. C'est obligatoire. Toute notre histoire nous traverse. C'est ainsi que le mouvement germe depuis l'intérieur de vous. Cela dit, en tant qu'ancienne danseuse, je dois tout de suite ajouter qu'il n'y a jamais de verticale sans horizontale - cela ne peut pas exister. Vous ne vous élèverez jamais sans retomber, vous ne tomberez jamais sans rebondir. La verticale est indissociable du croisement où elle recoupe l'horizontale. Et dans votre corps, cette jonction s'opère au niveau du sternum.

    C. : Pas dans le ventre ?

    G. : Jean-Jacques Rousseau disait que la première raison de l'homme était sensitive et que vouloir lui substituer des livres revenait à croire sans savoir. J'ai beaucoup travaillé là-dessus. Nous avons plusieurs centres, dont les deux principaux sont le sternum et le ventre. Si vous entrez en résonance avec votre raison sensitive, vous découvrez que vos deux pieds, vos deux mains, votre tête et votre sacrum constituent six extrémités reliées à votre ventre. Quand on voit des étoiles de mer, si on les chatouille à leur extrémité, c'est tout le centre qui va se recroqueviller. Leurs extrémités sont reliées à leur centre et nous ne sommes pas différents des étoiles de mer ! Ce sont ces extrémités qui amènent la sève qui nous permet d'exister. Nos deux mains et nos deux pieds nous amènent la vie, l'action, la communication, le mouvement. Le sacrum, lui, est une plongée dans le sol... Je ne me place pas du point de vue de l'anatomie, mais du mouvement et de la vie du corps. Mais le croisement de la verticalité et de l'horizontalité, de la flèche de vos jambes, de votre tronc et de votre tête, d'une part, et de vos deux bras en extension, d'autre part, cette croix-là, elle, passe bien au milieu de votre poitrine. Elle ne peut se croiser que là.

    À partir de cette croix, au centre de nous, se déploie une sphère, à l'intérieur de laquelle nous allons pouvoir bouger, vivre, aimer, aller vers l'autre, nous arrêter. Vous le comprendrez particulièrement bien en imaginant un funambule, en équilibre dans le vide, sur un fil. À chaque seconde, sa vie dépend du fait qu'il sait intégrer en lui le croisement de la verticale et de l'horizontale. Et cela ne peut fonctionner que parce qu'il avance, tendu vers un but. C'est de l'ordre de la conscience profonde - et aussi d'un intense entraînement quotidien !

    Que ce mouvement soit à reconstruire tous les jours, c'est bien évident. La verticalité est une sève qui ne cesse s'élever. Mais nous pouvons nous retrouver à sec, en panne de sève. C'est donc une quête, une recherche, un travail. Il va falloir tout faire pour rester éveillé. La montée de sève en dépend. La métaphore végétale fonctionne d'autant mieux que les plantes prennent toutes les formes, et pas seulement celle de l'arbre droit comme un i. La sève s'écoule aussi bien dans un arbuste qui rampe au sol. De la même façon, on peut être handicapé, rivé dans un fauteuil roulant, voire cloué au lit, et pourtant se tenir dans une très belle verticalité. Celui qui se retrouve ainsi limité dans ses mouvements, va devoir chercher sa droiture autrement. Il n'y a pas que les êtres debout qui se tiennent droit. J'aime beaucoup cette image. Tout le monde peut accéder à la verticalité, et pas forcément les gens bien portants et intelligents.

    Cette perception intime n'est pas d'ordre intellectuel. Même si l'on peut en parler - c'est même conseillé. Qu'en dire ? Que ressent-on de cette axialité en nous, ou de son absence ? Qu'en fait-on et comment s'organise t-on avec tout ça ? C'est aujourd'hui l'objet de mon travail avec mes patients.

    C. : C'est une façon peu courante de parler de psychothérapie...

    G. : Rien de compliqué, en réalité : il s'agit de redonner à chacun confiance en lui-même. J'aime la phrase biblique : « Lève-toi et marche ! » Prends ton brancard, passe de l'horizontalité à la verticalité, mais, en alliant les deux dans le sens du mouvement. Tu peux y aller, tu as cette liberté ! La verticalité est de l'ordre de la liberté intérieure. L'horizontalité l'oblige à s'incarner. Ce n'est pas forcément votre posture corporelle qui compte, car celle-ci est fonction de toute votre histoire, que vous ne pouvez pas changer.

    Quand une personne vient me consulter pour la première fois, je pars de son attitude posturale qui me raconte son histoire. Chaque émotion, chaque parole, chaque pensée induit un mouvement qui s'inscrit en nous, depuis la naissance, et même avant. On parle beaucoup de l'approche psychosomatique, mais l'inverse existe : l'approche somatopsychique, le mouvement qui guérit la tête. C'est un peu cela, mon travail...

    Nous sommes pareils et tous très différents. Trait général : nous utilisons très peu de nos capacités gestuelles. Nos mémoires sont inscrites autant dans nos extrémités que dans nos muscles. La musculature profonde est celle qui tient notre squelette réuni, elle est collée aux os et enregistre toutes nos émotions. L'un des muscles qui enregistre le plus immédiatement notre histoire, c'est le diaphragme, dans le thorax. Si vous touchez au diaphragme et à la respiration, vous touchez en fait à toute l'histoire de la personne. C'est donc un travail délicat, subtil, qu'il serait dangereux de confier à n'importe qui. Si vous réussissez à faire baisser la garde qui verrouille le diaphragme d'une personne, toute son histoire va se dévider, comme un film ! En temps ordinaire, nous avons besoin de nos défenses, qui cadenassent notre mémoire profonde - sinon, nous serions trop vulnérables.

    Bref, notre musculature enregistre notre histoire et c'est elle qui nous donne notre attitude posturale. C'est elle qui fait que notre colonne va se plier, qu'on va se tenir un peu de travers. Ou penché en avant, ou en arrière. À travers elle, notre vie sculpte notre corps. Les gens très voûtés s'en sont pris plein la figure, d'une manière ou d'une autre, et ont du mal à résister. Ils ont dû plier devant quelque chose de très douloureux. Ce qui est intéressant et touchant, c'est que, malgré toutes les épreuves qui déforment les silhouettes, vous découvrez que le regard, lui, va toujours faire en sorte de corriger le tir. Par son regard, même Quasimodo, tout tordu, réussit à conserver une verticale et une horizontale. Sinon, il ne pourrait plus du tout marcher, ni rien faire. Quelles que soient les déformations, il y aura toujours cette recherche d'équilibre. Par les yeux, le corps s'arrange, s'adapte.

    La thérapie part de là. Quitter ses « mauvaises habitudes » de mouvements, de gestes, de corps revient à quitter toute une partie de notre mémoire, profondément inscrite en nous, et cela prend du temps. Des mois, des années, une vie. Il va falloir que la personne pose un autre regard sur elle-même, qu'elle se fasse confiance, quitte ses peurs, range ses tâches inaccomplies. Alors seulement, autre chose peut naître...

    C. : Nos attitudes posturales racontent notre histoire. Mais un geste ne peut-il pas mentir ? Par exemple si je suis un très bon comédien.

    G. : Même pour un très bon comédien, ce genre de mensonge n'est pas possible. Les yeux parlent trop de l'âme ! Notre peur, notre franchise, notre courage y sont inscrits. Comme ils le sont dans tous nos gestes. Le regard est un geste. Les rictus aussi, ou les tics, les petits tapotements, les impatiences, la manière dont nous censurons les choses, le moindre détail raconte notre histoire. Personne n'a d'histoire facile, mais on voit des gens qui s'habitent et d'autres qui ne s'habitent pas, qui restent à l'extérieur d'eux-mêmes. De toute façon, cette présence à soi n'est pas constante, il y a un va et vient entre le dehors et le dedans. Savons-nous rester avec nous-mêmes ? Être et non pas paraître ? Voilà aussi ce que signale notre plus ou moins belle verticalité.

    Partant de là, il s'agit de faire en sorte que la personne qui vient consulter se mette en mouvement, aille quelque part, évolue vers une certaine liberté. L'objectif est qu'elle se sente finalement verticalisée dans sa propre histoire. Si vous partez d'une histoire toute bossue, quelle verticalité allez-vous atteindre ? Chaque personne est unique.

    Certes, il y a des constantes physiques. Il va d'abord vous falloir prendre conscience des lieux stratégiques de votre corps, de vos points d'appui, de vos pieds, de vos talons. Le poids de vos talons appuyant sur le sol passe par des lignes de force, qui traversent vos tibias, vos fémurs, votre bassin, votre colonne vertébrale, pour arriver à votre occiput. Si je me tiens debout sur mes talons, je suis à la verticale. Mais si je suis assise, je peux être aussi me trouver dans une verticalité, puisque je m'appuie sur mes ischions (ces os du bassin sur lesquels nous sommes assis). Les points d'appui du funambule sont ses pieds sur la corde et son regard stabilisé sur l'horizon grâce à son balancier. Tout comme la personne à mobilité réduite aura pour points d'appui les pneus de son fauteuil roulant...

    Tout mon travail consiste en somme à faire prendre conscience que nos pieds sont reliés à notre tête ! Si nous existons « là-haut », dans notre cerveau, nos pensées, nos rêves, c'est parce que nous avons des pieds. Tout comme l'arbre ne pourrait avoir de branches ni de feuilles s'il n'avait de racines. D'où que nous partions (d'une histoire difficile, au flux vital étranglé, ou d'une histoire privilégiée, débordante de créativité), si nous voulons changer, avancer, évoluer, cela passe forcément par une traversée de notre corps entier, des pieds à la tête. Notre verticalité s'inscrit dans cette double dimension : le bassin, qui est une plongée vers le sol, la colonne, qui est un élancement vers le ciel. Qui veut pouvoir s'élever vers le ciel, doit forcément savoir descendre vers la terre. Et c'est notre vie durant que nous devons travailler dans cette double direction. On ne tire pas sur les fleurs pour les faire pousser. Il faut prendre le temps de la prise de conscience de cette plongée dans le sol.

    Notre histoire nous traverse. Notre évolution aussi. Et le chemin le plus simple pour le comprendre, c'est de respirer en conscience, parce que notre respiration, elle aussi, nous traverse de part en part. Tout est relié dans notre corps. Même nos pensées les plus abstraites sont corporelles. La moindre de vos pensées provoque un mouvement imperceptible. S'en rendre compte est une part essentielle de notre verticalisation. La parole est corporelle. Sans larynx, nous ne pouvons plus parler. Les sens - sentir, écouter, boire, manger, toucher, aimer -, sont bien sûr corporels. Et la spiritualité, elle aussi, est d'abord d'ordre corporel. Quelle relation ai-je avec l'autre ? Que puis-je donner de moi ? C'est de la verticalité pure, et cela englobe en fait toute la personne. Un être unifié pourra en même temps tomber, rebondir, tourner, courir, marcher, ouvrir les situations, ne pas rester en impasse... Pour moi, fondamentalement, être vertical veut dire se relier.

    C. : Plus je vous écoute, plus je vois l'Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, bras et jambes ouverts dans la quadrature de son cercle vital.

    G. : Il occupe une sphère. Chacun de nous occupe une sphère, elle-même décomposable en sphères plus petites. Regardez la tête, qui repose sur la fameuse vertèbre atlas, qui a donné le nom aux Atlas de géographie, parce que, comme le héros grec, ils portent le monde. Ces sommets sont magnifiques, mais il n'y a pas de tête sans relation aux pieds. Cela me ramène à mon premier métier. À la danse. Depuis l'origine de l'humanité, nos congénères ont effectué cette prise de conscience de l'axe qui les traverse par la danse. C'est en martelant le sol de nos pieds, que nous provoquons en nous ce saisissement de tout notre être, cette relation du corps au cœur, du cœur à l'âme. Si cela restait purement intellectuel, la porte resterait fermée. On ne serait pas dans l'humilité suffisante pour accueillir ce qui est. C'est un chemin de vie que je ressens profondément.

    Savoir que vos pieds portent tout votre corps, c'est donner l'importance qui lui est due à votre poids. Nous occupons un volume. Tout est volume dans le corps. Nous occupons un espace dans l'espace, et cet espace, nous pouvons déjà l'occuper. Mais souvent, nous ne le faisons pas de la bonne manière. Nos bras et nos jambes devraient être beaucoup plus détendus, comme suspendus à nos deux ceintures claviculaire et pelvienne, le mouvement se trouvant impulsé par notre centre ventral, que les Japonais nomment le hara. Au lieu de quoi, on voit des gens qui marchent avec leur tête ! Alors que la tête devrait être tranquillement portée par la colonne, libre de bouger instantanément partout où son attention l'appelle. Si nous respectons cela, nous ne portons plus le même regard sur notre histoire et une autre histoire va s'inscrire en nous. Or, c'est notre histoire qui nous fait nous tenir debout !

    Mais plus nous avançons dans le « progrès » civilisationnel, moins nous pratiquons de mouvements. Certains mouvements se perdent totalement. Regardez celui du semeur, avec son sac, en rotation spirale. Avec l'ordinateur, des pathologies particulières surgissent. Les gens ont des problèmes de vision, des crampes terribles, des tendinites. Ils n'arrivent plus à dormir, sont complètement à cran. L'ordinateur est très dangereux. Pour récupérer de huit heures d'ordinateur, il faut à peu près deux nuits de sommeil.

    Pour quitter cette statique de bureau, d'ordinateur, de voiture, les gens vont dans des gymnases, où ils pratiquent souvent des mouvements rapides, extrêmes, violents. Une certaine douceur leur manque à l'évidence. Un peu comme si l'on voulait fièrement prouver au monde que l'on existe. Les gens qui portent leur ego dans un torse bombé ne veulent surtout rien savoir de leur fragilité. Ils se voudraient forts, mais sont très fragiles, au fond. Mon travail consiste aussi à faire fondre cette carapace, pour qu'ils puissent accéder à l'autre. La verticalité n'est pas de l'ordre de l'ego, mais de l'humilité, de l'accueil et de l'acceptation de sa fragilité. Comprenez-moi bien : nous avons tous besoin d'un ego, sinon ne pourrions plus agir du tout. Mais cet agir ne doit pas s'imposer par une volonté rigide - car alors, on risque de sérieusement se casser la figure. Une fausse verticalité psycho-rigide peut s'écrouler du jour au lendemain. Nul ne sait ce qu'il sera demain : d'un jour à l'autre vous pouvez vous retrouver étalé à l'horizontale et avoir besoin que quelqu'un vienne vous prendre la main. Celui qui se tient réellement droit sait cela

    C. : Vous travaillez essentiellement à partir du geste. Mais ce cheminement passe aussi par la parole...

    G. : Autant par la parole que par le mouvement, mais une parole issue des profondeurs. Cela peut aussi passer par le dessin... En fait, j'ai du mal à expliquer mon travail. C'est de l'ordre de la relation intuitive. Déjà enfant, j'avais l'intuition de l'autre par le mouvement. Ce n'était pas ses paroles qui me faisaient connaître autrui, mais plutôt la manière dont il regardait, bougeait, se posait. Cette connaissance-là, immédiate, m'a toujours guidée et permit de trouver mon chemin, de me faire confiance et d'exercer mon métier. Avoir de l'intuition, c'est quitter ce que l'on a appris, toute la culture que l'on a pu engloutir, arrêter de lire des livres, de chercher à l'extérieur ce que l'on a à l'intérieur de soi. Avoir de l'intuition, c'est se faire confiance et “entrer en soi”, comme dans la parabole de l'enfant prodigue : “ Alors, entrant en lui-même... ” C'est trouver son propre axe et quitter le regard des autres, l'influence des “maîtres”. Après avoir travaillé pendant des années à la barre, le danseur s'élance librement dans l'espace...

    Dans ma pratique de thérapeute, je suis envahie par quelque chose de l'autre qui me guide vers telle ou telle partie de lui. Mon travail consiste à rassembler, réunir, relier toute la personne à la manière d'un puzzle, réconcilier toutes ces parties dispersées - mais surtout sans rien vouloir pour lui, en le prenant juste où il en est, avec ce qu'il est. C'est à cette condition seulement que l'intuition peut émerger. Écoute muette du mouvement, de sa fluidité, l'intuition est affinement de la relation, du regard qu'on porte sur l'autre. L'intuition est singulière, elle dépend de chacun, qui est unique. Elle ne peut exister que si l'on effectue une forme de dépouillement. Elle est liée à la lenteur, à un désir de qualité de vie, et jamais ne pourra naître d'un bouillonnement effervescent. Elle sort, pour le coup, des profondeurs du ventre !

    C. : On en revient au hara, au centre du ventre...

    G. : Le ventre est une caisse de résonance pour absolument tout ce qui nous arrive. En retour, beaucoup de pathologies, de stress, nous viennent de là. Le hara se situe trois centimètres au-dessous du nombril, qui se trouve, lui, pile en face de la troisième lombaire. « Descendre dans son hara », c'est avant tout prendre conscience de son bassin. De son assise. Bouddha est assis dans son bassin. En fait il le sort, son ventre ! Souvent, quand les gens viennent me consulter, surtout les femmes, je suis étonnée de les voir, fesses serrées, assis sur l'extrême bord de leur chaise, prêts à démarrer en trombe. Leur assise n'a pas d'ancrage. Or, quoi qu'il nous arrive, nous avons toujours intérêt à pouvoir prendre un minimum de recul par rapport aux événements. Ne va pas se projeter tout de suite dessus. Nous ne sommes pas l'événement, nous sommes autre chose, qui traverse l'événement. L'événement arrive, qu'est-ce qu'on fait ? Je ne suis pas forcément obligée d'y réagir tout de suite. Si je sors un peu mon ventre, si je suis vraiment assise dans mon bassin, je suis garantie d'un minimum de détente. À l'inverse, si je me tiens en permanence sur mes gardes, sur la pointe des fesses, prête à partir, toute la tension va finalement se porter dans la tête qui, la pauvre, pèse alors des tonnes.

    Quand les peuples premiers disent que les Occidentaux sont trop « dans la tête », c'est tragiquement vrai. L'occidental est littéralement projeté vers l'avant, il doit toujours « aller vers ». Vers où ? Peu importe, mais il faut que ça aille vite. Que ce soit à pied, en voiture, ou devant son ordinateur, il fonce et en perd forcément ses racines, sa relation avec le sol. Du coup, tout son élan part dans sa tête et le voilà gravement déséquilibré. Le bouddha, lui, est posé. S'il se lève, c'est en prenant appui dans le sol. Il a ses racines. Il se lève avec toute son histoire. Il ne s'endort pas en se satisfaisant du statu quo. Il reste éveillé, précisément à l'endroit où son axe vertical croise son horizontalité, là où une croix se rejoint, au centre de lui. Voilà l'homme debout !

    C. : Est-ce une erreur ou vous parlez aussi de la croix au sens de la crucifixion christique ?

    G. : Je suis chrétienne, c'est vrai. On peut être crucifié, bien sûr, par des évènements de la vie. Mais quand j'entends : « Je porte ma croix, je suis crucifié », j'entends surtout : « Vas-y, prend-toi en main, porte ta croix ! » Pour moi, la résurrection, qui reste un mystère insondable, participe du même élan. Il s'agit de se demander : quelle existence aurai-je finalement menée ? Qu'aurai-je transmis ? Ai-je essayé de tracer un vrai chemin de vie dans ce que je suis, d'échange, d'amour ? Une vie rayonnante transmet forcément de l'amour à autrui. La résurrection est quelque chose qui se transmet de personne à personne, sur des siècles. Un jour peut-être, l'amour prendra le pas sur la violence, même si nous savons que nous aurons toujours en nous une violence dont on ne peut se débarrasser, parce qu'elle participe de la nature même de notre élan de vie. Mais réussir à transformer cette énergie de violence en amour, c'est peut-être ça, la résurrection.

    C'est vrai qu'il y a aussi des êtres qui demeurent jusqu'au bout incroyablement inhumains. Ce sont des gens qui n'ont plus du tout accès à leur cœur, à leur fragilité. Ils ont perdu la clé pour accéder à leur capacité d'aimer. Pourtant, ils portent cette clé en eux, quelque part. Nous la portons tous.

    La croix de Jésus est profondément enracinée dans la terre. Avec la grande verticalité de son corps et l'horizontalité de ses bras, elle s'inscrit dans un cercle, une sphère de métamorphose. La vie commence par une inspiration et s'achève par une expiration. La première nous met dans la verticale, la seconde dans l'horizontale. Horizontaux, c'est quand même ainsi que terminerons tous ! Entre les deux, nous aurons connu une certaine évolution. Évolution inachevée, forcément inachevée. Magnifique inachèvement, qui nous permet d'être créatif, d'aller vers... quelque chose. Mais ne confondons pas avec la projection vers l'avant de l'homme pressé sans racines, dont nous parlions il y a un l'instant. Ici, nous avons une recherche verticale, justement, inscrite dans l'axe qui relie la Terre au Ciel.

     Catherine Gaillet par Patrice van Eersel


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  • Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité

    Victor Hugo
     
     Suivre une éthique de vie conduit à développer le sens des responsabilités. Celui qui repose notamment sur la capacité qu'ont les individus à prendre des décisions en ayant conscience des conséquences de leurs actes. Ce qui suppose de suivre une discipline personnelle qui aide à tenir les objectifs choisis.

     Une personne responsable agit de telle sorte que les autres ne souffrent pas, ou le moins possible, de ce qu'elle fait. Et peu importe que les autres se comportent ou non de façon semblable. Notre attitude dépend de la conscience que l'on a de ce que l'on est et fait.

    Nous vivons dans des sociétés où les droits des personnes sont mis en avant en oubliant que nous avons aussi des devoirs et des responsabilités.

    C'est pourtant sur cet équilibre entre droits et devoirs que repose le bon fonctionnement d'une société et de lui que dépendent notre capacité à être solidaires, à vivre dans le respect, la tolérance, l'acceptation des différences, à être non violent et plus compatissants.

    Tout cela participe à nous rendre heureux. C'est pourquoi développer le sens des responsabilités doit être une priorité dans la vie de tout individu.
                                            
    Extrait du livre de Catherine Barry
                                                            "77 façons d'avoir la pêche sans se casser les dents sur le noyau"


    Image: La foule, Diana Ong



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  • 30 choses que vous devriez arrêter de vous faire à vous même

    1. Arrêtez de côtoyer les mauvaises personnes.

    Parce que la vie est trop courte pour perdre son temps avec ceux ou celles qui vous empêchent d'être heureux. Si quelqu'un vous veut vraiment dans sa vie, il vous fera de la place. Ignorez ceux qui sous estiment votre véritable valeur. Et souvenez-vous bien que ce ne sont pas les personnes qui sont à vos côtés quand tout va bien, mais bien ceux qui restent là quand tout va mal qui sont vos véritables amis.

    2. Arrêtez de fuir les problèmes.

    Affrontez-les de front. Non, bien sûr que ce n'est pas facile. Personne n'est capable de résoudre instantanément et sans efforts ses problèmes. Tous, nous souffrons, nous tombons, nous sommes tristes par moments. Parce que c'est bien là le sens premier de notre existence : faire face au problèmes, apprendre, s'adapter, pour les résoudre. Ce sont ces problèmes qui nous façonnent et font de nous la personne que nous sommes.

    3. Arrêtez de vous mentir.

    On peut peut-être mentir aux autres, mais on ne peut pas se mentir à soi-même. Jamais. Si on n'arrive pas à être honnête avec soi-même, comment espérer que les autres le soient ?

    4. Arrêtez de mettre vos propres besoins et vos propres envies au second plan.

    La pire chose qui soit, c'est de se perdre soi même en aimant trop quelqu'un, et d'oublier que l'on est spécial, nous aussi. Oui, il faut penser aux autres. Mais il faut penser à soi aussi. Le meilleur moment pour poursuivre ses rêves, ses ambitions, ses passions...C'est maintenant.

    5. Arrêtez d'être quelqu'un que vous n'êtes pas.

    Cela paraît simple, et pourtant c'est un véritable défi d'être soi-même dans ce monde qui vous pousse à être comme tous les autres. Vous trouverez toujours une personne plus belle, plus forte, plus jeune, plus riche, mais jamais une autre personne qui soit vous ! Ne changez pas pour que les autres vous aiment. Restez vous-même, et les bonnes personnes vous aimeront.

    6. Arrêtez de vous accrocher au passé.

    Vous ne pourrez pas passer au chapitre suivant dans votre vie, si vous ne faites que lire quelques pages en boucle.

    7. Arrêtez d'avoir peur de faire des erreurs.

    Dites vous toujours que faire quelque chose, et échouer est beaucoup, beaucoup plus productif que de ne rien faire. Chaque réussite a son histoire d'erreurs derrière elle, et chaque erreur guide un peu plus vers la réussite. On finit par regretter les choses que l'on n'a pas tentées bien plus que celles où l'on a échouées.

    8. Arrêtez de vous dévaloriser à cause de vos vieilles erreurs.

    30 choses que vous devriez arrêter de vous faire à vous même

    Vous n'êtes pas uniquement la somme de vos erreurs passées, bien au contraire : Vous êtes là, ici et maintenant, avec un pouvoir phénoménal dans vos mains : celui de changer le cours de votre journée, et celui de votre futur par la même occasion. Voyez chaque événement de votre vie comme quelque chose qui vous prépare pour un moment à venir.

    9. Arrêtez d'essayer d'acheter du bonheur.

    Elles sont nombreuses, les choses que nous désirons et qui sont chères à l'achat. Mais ce ne sont que des désirs, pas du bonheur. Les seules choses qui peuvent vraiment nous satisfaire en profondeur sont gratuites : l'amour, le rire, nos passions...

    10. Arrêtez de chercher le bonheur uniquement chez les autres

    Si vous n'êtes pas heureux avec ce que vous êtes, à l'intérieur de vous même, vous ne serez jamais heureux dans une relation avec une autre personne non plus, et qu'importe la personne. Acceptez vous vous-même, assurez vous de la stabilité de votre propre vie avant de vouloir la partager avec quelqu'un d'autre.

    30 choses que vous devriez arrêter de vous faire à vous même

    11. Arrêtez d'être passif

    Ne réfléchissez pas trop, ou vous risquez de créer un problème qui n’était pas là au départ. Evaluez les situations et faites une action décisive, au lieu de rester indécis. Qui dit progrès, dit prise de risque. C'est aussi simple que ça.

    12. Arrêtez de vous dire que vous n'êtes pas prêt.

    Personne ne se sent prêt à 100% quand une opportunité pointe le bout de son nez. Parce que la plupart des grandes opportunités qui arrivent dans la vie nous forcent à grandir au delà de nos zones de confort.

    13. Arrêtez de vous investir dans des relations pour les mauvaises raisons.

    Le proverbe est bien connu : mieux vaut être seul que mal accompagné. Pas besoin de se presser. Si quelque chose doit être, il deviendra réalité, au bon moment, avec la bonne personne et pour les bonnes raisons. Tombez amoureux quand vous vous sentez prêts, pas parce que vous vous sentez seuls.

    14. Arrêtez de rejeter les nouvelles relations justes parce que les autres n'ont pas marché.

    Dans la vie vous vous rendrez compte qu'il y a une raison d'être pour chaque personne que vous rencontrez. Certains vous testeront, d'autres vous utiliseront, d'autres vous apprendront des choses. Mais plus important encore, certains vous aideront à faire sortir le meilleur de vous-même.

    15. Arrêtez d'essayer d'être en compétition avec les autres.

    Ne vous focalisez pas sur ce que les autres font de mieux que vous. Concentrez vous sur le fait de dépasser vos propres limites, et de battre vos propres records chaque jour. Le succès est une bataille entre vous et vous-même seulement.

    30 choses que vous devriez arrêter de vous faire à vous même

    16. Arrêtez d'être jaloux des autres

    La jalousie, c'est l'art de contempler la chance qu'a un autre au lieu de contempler la sienne. Posez vous la question : qu'est-ce que j'ai que tous les autres voudraient aussi avoir ?

    17. Arrêtez de vous plaindre et d'avoir pitié de vous même.

    Les chemins de la vie sont parfois tortueux, mais ils vous amènent toujours quelque part. Avec un peu de recul, regardez les épisodes négatifs de votre vie , vous verrez qu'ils sont souvent autant d'obstacles que vous avez franchi et qui vous ont amené à être plus forts aujourd'hui.

    18. Arrêtez de garder de la rancune

    Si vous vivez votre vie avec de la haine dans le cœur, vous allez au final vous faire plus de mal à vous même qu'a ceux que vous haïssez. Pardonner, ce n'est pas dire « ce que tu m'a fait n'est pas grave ». C'est dire « Je ne vais pas laisser ce que tu m'a fait m'empêcher d'être heureux ». Trouvez la paix, libérez-vous. Et rappelez vous que le pardon ce n'est pas uniquement positif pour les autres mais pour vous aussi. Si vous le devez, pardonnez vous à vous-même, avancez et essayez de faire mieux la prochaine fois.

    30 choses que vous devriez arrêter de vous faire à vous même

    19. Arrêtez de laisser les autres vous abaisser à leur niveau

    Refusez de baisser vos standards pour accommoder ceux qui refusent d'élever les leur.

    30 choses que vous devriez arrêter de vous faire à vous même

    20. Arrêtez de perdre votre temps à vous justifier.

    Vos amis n'ont pas besoin que vous le fassiez, et vos ennemis ne vous croiront pas de toute façon, et ils trouveront toujours quelque chose à redire. Faites simplement ce que votre cœur juge bon.

    21. Arrêtez de faire les mêmes choses encore et encore sans faire de pause.

    Le meilleur moment pour souffler un gros coup c'est encore quand on a le temps. Si vous continuez de faire ce que vous faites, vous continuerez aussi à avoir ce que vous avez. Il est donc important de se distancier de temps en temps.

    30 choses que vous devriez arrêter de vous faire à vous même

    22. Arrêtez de sous-évaluer la beauté des petits instants.

    Apprenez à apprécier les petites choses, parce qu'il se pourrait bien qu'un jour vous regardiez en arrière et que vous vous rendiez compte qu'il s'agissait en fait de grandes choses. Les meilleurs instants d'une vie sont ces petits instants en apparence insignifiants que l'on traverse le sourire aux lèvres avec les personnes que l'on aime.

    23. Arrêtez d'essayer de rendre les choses parfaites

    Le monde « réel » ne récompense pas les perfectionnistes, il récompense les gens qui se débrouillent pour que les choses soient faites.

    24. Arrêtez de suivre la voie du moindre effort

    La vie n'est pas facile, surtout lorsqu'on cherche à accomplir quelque chose qui en vaut la peine. Ne prenez pas les chemins faciles. Faites l'extraordinaire.

    25. Arrêtez de faire semblant que tout va bien quand ça n'est pas vrai.

    C'est tout à fait normal d'avoir des moments de faiblesse. Vous n'avez pas besoin de prouver constamment que vous êtes fort et que tout va bien. Qu'importe ce que les gens pensent ? Pleurez, si vous avez besoin de pleurer. Le plus tôt vous le ferez, le plus tôt vous serez capables de sourire de nouveau.

    26. Arrêtez de tenir les autres responsables de vos problèmes.

    L'ampleur des rêves que vous pourrez réaliser dépend de votre capacité à prendre la responsabilité de votre vie et de vos actions. Quand vous tenez les autres pour responsables de quelque chose, vous choisissez peut être une voie facile...Mais vous niez votre propre responsabilité, et donnez aux autres le pouvoir par rapport à cet aspect-là de votre vie.

    27. Arrêtez d'essayer d'être tout pour tout le monde.

    Parce que c'est tout bonnement impossible, et parce qu'en vous acharnant à vouloir le faire, vous ne ferez rien d'autre que vous épuiser en vain. Par contre, faire sourire une seule personne peut changer le monde. Peut être pas le monde entier, mais leur monde, en tout cas.

    30 choses que vous devriez arrêter de vous faire à vous même

    28. Arrêtez de vous angoisser

    Le stress ne fera pas disparaître les soucis de Demain, mais il ôtera la joie de Maintenant. Une bonne façon de savoir si quelque chose est vraiment digne de tous ces tracas ? Posez vous la question : est-ce que ce sera vraiment si important dans un an ? Trois ans ? Dans cinq ans ?

    Si la réponse est non....Il est peut être temps de baisser un peu la pression.

    29. Arrêtez de vous concentrer uniquement sur les événements que vous ne voulez pas voir arriver.

    Concentrez vous sur ce que vous voulez voir arriver, pas sur vos peurs. La pensée positive est la pierre angulaire de toute réussite. SI vous vous réveillez tous les matins en vous disant que quelque chose de génial va vous arriver dans la journée, et que vous observez avec attention, vous verrez que la plupart du temps, la vie vous donnera raison.

    30. Arrêtez d'être ingrats.

    Que vous soyez chanceux ou non, quoi qu'il advienne, réveillez vous tous les matins avec le sentiment de gratitude d'avoir la Vie. Quelqu'un, quelque part est en train de se battre désespérément pour conserver la sienne. Nous sommes souvent obsédés par ce qui nous manque, alors que nous ne réalisons bien souvent pas que nous avons certaines choses vraiment précieuses que d'autres n'ont pas. Bon....Il n'y a plus qu'a suivre ces très précieux conseils. La meilleure chose à faire, c'est encore d'apprécier chaque jour à sa juste valeur, et de prendre le temps de laisser son esprit se déployer, un peu plus chaque jour.

    30 choses que vous devriez arrêter de vous faire à vous même

     


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  • La légende du tonneau des Danaïdes

     

    Nous sommes tous des hyperactifs. Il y a toujours quelque chose à faire et, quand c’est terminé, autre chose se présente  à nouveau : c’est sans fin. 

     

     

     

     

     


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  •  

    http://2.bp.blogspot.com/_gaUmC-fpz2g/R1MF_EZgYFI/AAAAAAAAAEE/dEcYHGrWYTQ/s1600-R/MyUglyFriend.jpgAime celui qui  te

    dit  tes

    défauts

    dans

    le privé


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  • http://www.lamiboom.com/medias/boomerang/schallplatte_boomerang.jpg

     

     (Un peu de moi là dedans ...mais je me soigne smile)

    Alexandre Jollien:"Souvent, bien que je les sache complètement absurdes, je me lance tête baissée dans de folles aventures. Alors je pressens que tout va me péter à la gueule, j'y vais quand même.

    Pourquoi m'engouffrer dans des situations qui, par un prévisible effet de boomerang, vont me nuire durablement, voilà le cœur du problème: je connais les méfaits de la colère, je sais que cette petite partie de plaisir se soldera par un cruel ravage. (.....) Comment donc cheminer vers la joie avec tout ce qui me dépasse, avec ces automatismes, ces réflexes et ces manques, apanages d'une condition fragile mais si belle?"

     


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  • Même une branche coupée repousse,

    même la lune disparue croît à nouveau :

    Le sage qui considère ceci

    ne se ronge pas dans l’adversité.

     

    Bhartrihari

     

    http://arbrealettres.files.wordpress.com/2009/09/pleine-lune-nuages.jpg


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  • http://lapageblanche.l.a.pic.centerblog.net/lf50qafq.jpg

    "Le refus absurde de la vérité est naturel chez l'homme.
    L'homme ne veut pas être mais paraître.
    Il ne veut pas voir ce qu'il est mais essaie simplement de se prendre pour le personnage pour lequel les gens le prennent quand ils parlent de lui.

    Swâmi Prajnâpad                                      

    Le désir de paraître est fondé sur l'orgueil et la saisie du moi.
    L'orgueil revêt différentes formes dont:

    1- La condescendance qui fait que l'on s'estime très supérieur aux autres.

    2- La présomption qui consiste à s'autosatisfaire de tout ce qui se rapporte à nous.

    3- La fatuité où l'on exagère nos qualités.

    4- La prétention qui fait que l'on s'estime comme étant supérieur à des personnes éminemment supérieures, et qui, elles, n'en font pas étalage.

    L'orgueil donne une vision faussée de la réalité et conduit à la vanité. La vanité génère la suffisance, la fermeture aux autres et la souffrance. Si ce que nous faisons, notre statut social, nous remplit d'orgueil, méfions-nous car rien ne justifie ce type de comportement qui nous empêchera par ailleurs d'être  heureux.

    N'oublions pas que rien ne dure dans ce monde. La simplicité et l'humilité seules nous aident à progresser et à partager. Cultivons-les avec enthousiasme!

    Catherine Barry


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  • Randonnee-La-Grande-Lanche.JPG

     

    « Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C’est d’avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme même perverse. C’est d’avoir une âme habituée ».

     

    Source

     

    Randonnée de la Grande Lanche


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    Aucune idée n’est innée en nous : elles nous viennent toutes à l’aide des sens, du milieu dans lequel nous vivons. Cela est si vrai que s’il nous manque un sens, nous ne pouvons nous faire aucune idée des faits correspondants à ce sens. Par exemple, jamais un aveugle de naissance ne pourra se faire une idée de la diversité des couleurs, parce qu’il manque de la faculté nécessaire pour percevoir le rayonnement des objets. En outre, suivant nos aptitudes, que nous apportons en naissant, nous possédons, soit dans un ordre d’idées, soit dans un autre, une plus ou moins grande faculté d’assimilation provenant de la plus ou moins grande faculté de réceptivité que nous avons à ce sujet. C’est ainsi, par exemple, que les uns apprennent facilement les mathématiques, et que d’autres ont une aptitude plus grande pour la linguistique. Cette faculté d’assimilation qui est en nous peut se développer dans une proportion variant à l’infini de chacun à chacun, par suite de la multiplicité de sensations analogues perçues.

    Mais, de même que si nous nous servons presque exclusivement de nos bras, ceux-ci acquerront une plus grande force aux dépens d’autres membres ou parties de notre corps et deviendront plus aptes à remplir leur rôle à mesure que les autres le seront moins ; de même, plus notre faculté d’assimilation s’exercera par suite de la multiplicité des sensations analogues développées dans un ordre d’idées, plus, relativement à l’ensemble de nos facultés, nous présenterons de force de résistance à l’assimilation d’idées venant d’un ordre inverse. C’est ainsi que, si nous sommes arrivés à croire telle chose ou telle idée véritable et bonne, toute idée contraire nous choquera et que nous présenterons à son assimilation une très grande force de résistance, alors qu’elle paraîtra à un autre si naturelle et si juste qu’il ne pourra se figurer que, de bonne foi, l’on puisse penser autrement. De tous ces faits nous avons chaque jour des exemples, et je ne crois pas que l’on en conteste sérieusement l’authenticité. Ceci posé et admis, et comme tout acte est le résultat d’une ou plusieurs idées, il devient évident que pour juger un homme, pour arriver à connaître la responsabilité d’un individu dans l’accomplissement d’un acte, il faut pouvoir connaître chacune des sensations qui ont déterminé l’accomplissement de cet acte, en apprécier l’intensité, savoir qu’elle faculté de réceptivité ou quelle force de résistance chacune a pu rencontrer en lui, ainsi que le laps de temps pendant lequel il aura été soumis à l’influence de chacune d’abord, de plusieurs ensuite, et de toutes après.

    Or, qui vous donnera la faculté de percevoir et de sentir ce que les autres perçoivent et ressentent, ou ont perçu et ressenti ? Comment pourrez-vous juger un individu si vous ne pouvez connaître exactement les causes déterminantes de ses actes ? Et comment pourrez-vous connaître ces causes et toutes ces causes, ainsi que leur relativité entre elles, si vous ne pouvez pénétrer dans les arcanes de sa mentalité et vous identifier à lui de façon à connaître son moi parfaitement ? Mais il faudrait pour cela connaître son tempérament mieux que l’on ne connaît souvent le sien propre ; bien plus : avoir un tempérament semblable, se soumettre aux mêmes influences, vivre dans le même milieu pendant le même laps de temps, seul moyen de se rendre compte du nombre et de la force des influences de ce milieu, comparativement à la faculté d’assimilation que ces influences ont pu rencontrer en cet individu.

    Il y a donc impossibilité de juger nos semblables, résultant de l’impossibilité où nous sommes de connaître exactement les influences auxquelles ils obéissent et leur force des sensations déterminantes de leurs actes, comparativement à leurs facultés d’assimilation ou à leur force de résistance.

    Mais si cette impossibilité n’existait pas, nous n’arriverions au plus qu’à nous rendre un compte exact du jeu des influences auxquelles ils auraient obéi, de la relativité qu’il y a entre elles, de la plus ou moins grande force de résistance qu’ils auraient à leur opposer, de leur plus ou moins de puissance de réceptivité à subir ces influences ; mais nous ne pourrions pas pour cela connaître leur responsabilité dans l’accomplissement d’un acte, par cette bonne et magnifique raison que la responsabilité n’existe pas.

     

    http://www.futura-sciences.com/uploads/tx_oxcsfutura/images/509/cycliste.jpg

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    Pour bien se rendre compte de la non-existence de la responsabilité, il suffit de considérer le jeu des facultés intellectuelles chez l’homme. Pour que la responsabilité existât, il faudrait que la volonté déterminât les sensations, de même que celles-ci déterminent l’idée, et celles-là l’acte. Mais bien au contraire, ce sont les sensations qui déterminent la volonté, qui lui donnent naissance en nous et qui la dirigent. Car la volonté n’est que le désir que nous avons de l’accomplissement d’une chose destinée à satisfaire un de nos besoins, c’est-à-dire à nous procurer une sensation de plaisir, à éloigner de nous une sensation de douleur, et, par conséquent, il faut que ces sensations soient ou aient été perçues pour que naissent en nous la volonté. Et la volonté, créée par les sensations, ne peut être changée que par de nouvelles sensations, c’est-à-dire qu’elle ne peut prendre une autre direction, poursuivre un autre but, que si des sensations nouvelles font naître en nous un nouvel ordre d’idées ou modifient en nous l’ordre d’idées préexistant. Cela a été reconnu de tous temps et vous le reconnaissez vous-mêmes tacitement, car, en somme, faire plaider devant vous le pour et le contre, n’est-ce pas prouver que des sensations nouvelles, vous arrivant par l’organe de l’ouïe, peuvent faire naître en vous la volonté d’agir d’une façon ou d’une autre, ou modifier votre volonté préexistante ? Mais, comme je l’ai dit en commençant, si l’on est habitué, par suite d’une longue succession de sensations analogues, à considérer telle chose ou telle idée comme bonne et juste, toute idée contraire nous choquera, et nous présenterons à son assimilation une très grande force de résistance.

     C’est pour cette raison que les personnes âgées adoptent moins facilement les idées nouvelles, attendu que dans le cours de leur existence elles ont perçu une multiplicité de sensations émanant du milieu dans lequel elles ont vécu, et qui les ont amenées à considérer comme bonnes les idées conformes à la conception générale de ce milieu sur le juste et l’injuste. C’est aussi pour cette raison que la notion du juste et de l’injuste a sans cesse varié dans la cours des siècles, que, de nos jours encore, elle diffère étrangement de climat à climat, de peuple à peuple, et même d’homme à homme. Et, comme ces diverses conceptions ne peuvent être que relativement justes et bonnes, nous devons en conclure qu’une grande portion, sinon la totalité de l’humanité, erre encore à ce sujet. C’est ce qui nous explique également pourquoi tel argument qui emportera la conviction de l’un, laissera l’autre indifférent.

    Mais d’une façon ou d’une autre, celui que l’argument aura frappé ne pourra pas faire que sa volonté ne soit déterminée dans un sens, et celui que l’argument aura laissé indifférent ne pourra pas faire que sa volonté ne reste la même, et par conséquent l’un ne pourra s’empêcher d’agir d’une façon et l’autre d’une façon contraire, à moins que de nouvelles sensations ne viennent modifier leur volonté.

    Bien que cela ait l’air d’un paradoxe, nous ne faisons aucun acte bon ou mauvais, si minime soit-il, que nous ne soyons forcés de faire, attendu que tout acte est le résultat de la relativité qu’il y a entre une ou plusieurs sensations nous venant du milieu dans lequel nous vivons, et la plus ou moins grande faculté d’assimilation qu’elle peut rencontrer en nous. Or, comme nous ne pouvons être responsables de la plus ou moins grande faculté d’assimilation qui est en nous, relativement à un ordre de sensations ou à un autre, ni de l’existence ou de la non-existence des influences provenant du milieu dans lequel nous vivons et des sensations qui nous en viennent, pas plus que de leur relativité et de notre plus ou moins grande faculté de réceptivité ou de résistance, nous ne pouvons être responsables non plus du résultat de cette relativité, attendu qu’elle est non seulement indépendante de notre volonté, mais encore qu’elle en est déterminante. Donc, tout jugement est impossible et toute récompense, comme toute punition, est injuste, si minime soit-elle, et quelque grand que puisse être le bienfait ou le méfait.

    On ne peut donc pas juger les hommes, ni même les actes, à moins d’avoir un criterium suffisant. Or, ce criterium n’existe pas. En tout cas, ce n’est pas dans les lois qu’on pourrait le trouver, car la vrai justice est immuable et les lois sont changeantes. Il en est des lois comme de tout le reste. Car, si ces lois sont bonnes, à quoi bon des députés et des sénateurs pour les changer ? Et, si elles sont mauvaises, à quoi bon des magistrats pour les appliquer ?

     

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