• S'exercer à la zénitude

    S'exercer à la zénitude

    Lac de Sainte Hélène sur Isère août 2017

      Je m’exerce à la zénitude et c’est dur. Depuis le temps, cela devrait couler de source, être acquis quand même avec tout le travail que j’ai fais sur moi !

     Mais comme j’ai parfois (parfois seulement) un caractère de cochon, alors ma zénitude s’envole, disparaît et me laisse nu, démunis devant la vie. Je dois dire que j’ai des impatiences, en particulier pour tout ce qui touche à des aspects de ma vie qui me paraissent essentiels et quand ils sont maltraités ou niés par autrui ou, comme dirait un de mes fils, "quand on vient te chercher... tu montes vite au créneau", je deviens alors irritable, tranchant et pour tout dire quelquefois blessant pour ceux qui m’entourent. Il y a parfois dans mes comportements relationnels toute une dimension réactionnelle qui est en désaccord avec mes choix de vie, avec mes valeurs et surtout avec ce que je tente d’enseigner ou de transmettre. Je souffre par exemple de me laisser trop souvent envahir par des problèmes mineurs, de me laisser atteindre émotionnellement par des questions qui me semblent dans l’après-coup, puériles ou sans aucun intérêt et qui, si j’avais eu plus de recul, n’auraient pas effleuré trop longtemps ma conscience. Je suis donc capable, avec beaucoup de sincérité et d’enthousiasme, de me polluer, de me gâcher une soirée ou toute une fin de semaine en remâchant mon indignation, en refaisant cent fois le scénario d’une situation pour montrer qu’il aurait été possible de dire, de ne pas dire, de faire ou de ne pas faire autrement, si seulement on avait pris un peu de temps pour me consulter, pour m’en parler, pour échanger, pour faire autrement quoi !

    Tout cela m’a paru durant très longtemps comme faisant partie du lot quotidien de la vie, mais je découvre aujourd’hui que cela pose plus de problèmes non aux autres, mais à moi-même, à l’intime de moi-même. Car cela réveille en moi une structure paranoïde que je connais bien (vous savez celui qui se sent persécuté pour un rien et qui alors se sent en droit d’être à son tour pénible, hargneux voire persécutant à son tour !) Cette composante de ma personnalité est une vieille connaissance, qui m’accompagne depuis longtemps et qui serait risible, si elle n’était douloureuse...

     Je croyais pourtant au cours des dernières décennies avoir jugulée, calmée et apaisée, cette dimension persécutoire récurrente, qui même si elle n’a pas une dimension pathologique grave, reste trop envahissante, empoisonnante ! Je pensais que j’avais parcouru, après tant de parcours thérapeutique, tant de formations aux relations humaines, un chemin suffisant pour ne plus me laisser envahir par elle. Mais comme disait ma grand-mère, qui semblait en savoir beaucoup sur la faiblesse humaine, "où qu’on se tourne et aussi vite qu’on aille, on a toujours son derrière, derrière soi ! " Ainsi mon avatar paranoïde semble, malgré mes efforts, toujours présent à l’arrière plan de mes pensées, de mon imaginaire, de mes rêves de vie.

    Pourtant aujourd’hui, mon aspiration la plus profonde c’est d’être moins réactionnel, plus cool, plus souple, en un mot plus zen ! Plus zen, c’est-à-dire être capable d’accueillir sans être déstabilisé les frustrations inévitables de la vie, de pouvoir « encaisser » des incompréhensions, voire des injustices sans « grimper » tout de suite aux sommets de l’indignation, d’accepter les déceptions ou tout au moins d’être plus capable d’entendre le vécu de l’autre.

     Être zen, dans mon imaginaire, ce serait de ne plus me persécuter avec des pensées parasites, de ne pas m’angoisser pour des futilités, d’éviter de bloquer ma respiration, de ne plus entendre dans ma tête la répétition en boucle de ce qui m’a été fait et qui n’aurait pas dû m’être fait ! Bref d’être capable de relativiser, de prendre du recul, de garder le sourire, le regard clair et une impression de bon, de chaud tout à l’intérieur.

    Être zen serait de rester présent au présent. Simplement cela : être vivant, entier, en paix, là où je suis, quelque soit avec qui, quelque soit l’endroit où je suis !

    Jacques Salomé

    S'exercer à la zénitude

     

    « Lève-toi Arjuna!Guide pratique des chakras »

  • Commentaires

    19
    Françoise
    Mercredi 6 Septembre à 21:36

    merci de ton parler vrai.

    moi aussi je me retrouve avec mes colères, mes énervements (bien que maintenant je m'en aperçois avant je ne le voyais même pas) ce n'est pas pour cela que cela se calme rapidement...

    j'ai fait un stage de méditation MBSR , j'ai 17 ans de pratique de yoga.

    tout n'est pas négatif : j'apprécie beaucoup mieux les petits bonheurs de chaque jour

    J'ai eu la chance de le rencontre Jacques Salomé a une conférence( il y a pas mal de temps) avec une écharpe, il la brandissait en disant que dialoguer c'est tenir l'écharpe avec son interlocuteur à chaque bout.

    je te serre très fort dans mes bras

    18
    Vendredi 10 Février 2012 à 20:03
    Yog' La Vie

    Thank!

    17
    Vendredi 10 Février 2012 à 19:41
    kasimir, dit pinson

    j'aime bien ton blog

    plein d'idées

    16
    Jeudi 21 Janvier 2010 à 10:40
    Yog' La Vie
    C'est vrai, le yoga et la méditation m'ont beaucoup apporté ....mais ce n'est pas fini!
    Bonne journée!
    15
    Mardi 19 Janvier 2010 à 22:33
    Je te souhaite d'y arriver, le yoga et la méditation peuvent aider...
    Passe une douce nuit ...
    14
    Jeudi 14 Janvier 2010 à 09:49
    Yog' La Vie
    Et oui!
    Difficile simplicité!
    bonne journée!
    13
    Jeudi 14 Janvier 2010 à 09:42
    Yog' La Vie
    La plupart du temps, dans la vie, sur les blogs, on peut entendre ou voir écrit de beaux textes qui pourraient laisser penser que les personnes sont lisses et que rien ne les perturbe. Je trouve cela beaucoup plus "dangereux" que d'exposer de temps à autre ses faiblesses pour pouvoir ensuite y remédier.
    12
    Jeudi 14 Janvier 2010 à 09:30
    Yog' La Vie
    On est toujours tenté d'arriver à quelque chose alors que tout est déjà là qui ne demande qu'à être reconnu. Ce sera ça la perfection.
    11
    Jeudi 14 Janvier 2010 à 09:28
    Yog' La Vie
    Interressant d'entendre un "sage" parler de mettre en lumière ses colères. On se sent moins seul.
    Oui zénitude ou présence, c'est le "combat" de chaque instant.
    10
    Jeudi 14 Janvier 2010 à 09:18
    Yog' La Vie
    Parfait. Rien à rajouter.
    9
    Mercredi 13 Janvier 2010 à 16:57
    anne marie
    Ne rien vouloir...
    Etre là tout simplement.Pas toujours facile .
    Quand " j'y" suis quel soulagement , quelle lègèreté.
    Belle soirée

    8
    Mardi 12 Janvier 2010 à 17:19
    marie-claude
    S'accepter voilà le problème !
    se chercher voilà le trouble !
    se vouloir meilleur ?
    s'apprendre à grandir ?
    et si tout simplement on se dit moi, je suis moi, m'aime qui voudra ...je veux t'aimer toi, qui est toi tel que tu es ... 
    7
    Lundi 11 Janvier 2010 à 20:38
    catiechris
    il a bien décrit tout ce que je ne sais écrire mais que je ressens bien au fond de moi, cela me rassure, ainsi l'homme est fait ! et la perfection existe t-elle ? Voilà de quoi nous rassurer nous pauvres petits humains victimes de notre réactivité émotionnelle
    bonne soirée
    6
    Samedi 9 Janvier 2010 à 17:50
    Roberta
    Bonsoir Yog'Marie,
    C'est bien déjà d'en avoir conscience, cela se met en place tout doucement mais sûrement. Je suis aussi sur ce chemin, j'aimerai avoir la zenatitude un peu plus, les émotions me rattrapent plus souvent que je ne le voudrais. Mais le principal est que je suis encore vivante pour y travailer, alors zen.
    Bon courage sur ta quête du zen, ton présent et surtout ton avenir t'appartient, alors tout est possible.
    bonne soirée, bises
    5
    Samedi 9 Janvier 2010 à 10:47
    Mon rêve aussi, la zenitude ! J'y travaille depuis longtemps mais la perfection n'existe pas !
    Bon week-end
    Bises
    4
    Vendredi 8 Janvier 2010 à 20:23
    lilou
    C'est peut être parce qu'il les vit de l 'intérieur que les mots de Jacques Salomé sont si justes..
    S'il n'était pas cet être tourmenté qui vibre à la vie, nous n'aurions pas l'immense joie de croiser ses pas et d'espérer que le Meilleur viendra.
    La "zénitude" au présent n'est ce pas "l'exercice",simplement ?
    Une manière de tendre vers l'équilibre à travers tous les déséquilibres, de plus en plus Joyeusement .
    3
    Jeudi 7 Janvier 2010 à 16:31
    Renard
    Pas facile de lâcher prise effectivement, pour se faciliter le travail, il faut apprendre à se dédoubler, à se mettre en coulisses pour s'observer sur la scène de la vie au moment des frustrations, et là, alors qu'on se voit d'un oeil extérieur, il est plus facile de relativiser à l'instant T et de ne pas sombrer dans le dérapage paranoïaque.
    Merci pour ce texte de Salomé. 
    2
    Jeudi 7 Janvier 2010 à 15:00
    witney
    sans doute la grande sensibilité fait réagir, ou bien il y a trop de réactivité par rapport aux émotions, il faudrait apprendre à lâcher prise.... à accepter ce qui est, je crois qu'on peut tous se reconnaitre plus ou moins ds ce texte.... bonne journée
    1
    Jeudi 7 Janvier 2010 à 14:14
    Annick
    Jacques Salomé est un homme que j'ai beaucoup lu il y a quelques années. Ses écrits sont remplis de sagesse et d'évidence.

    Et bien tu vois je pourrais presque m'approprier ce qu'il dit dans le texte que tu nous proposes... sauf que je ne suis pas rendue à un aussi grand état de zénitude que lui (j'en suis même très loin). Mais quand je repense aux émotions qui me pourrissent la vie, je me dis souvent qu'effectivement ce n'était pas la peine de me mettre dans un tel état.

    Certainement que beaucoup pourront "s'approprier" ce qui est dit là.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :