• Toucher-de-la-terre.jpg

     

    1. En Touchant la Terre, je me mets en relation avec mes Ancêtres et mes descendants dans les deux domaines spirituel et génétique. (C)

     

    (Nous pouvons toucher la Terre)

     

    Mes ancêtres spirituels incluent :

    (Si vous êtes bouddhiste) Le Bouddha, les Bodhisattvas et les Patriarches de toutes les générations.

    (Si vous êtes chrétien) Jésus-Christ et ses disciples, Marie mère de Dieu, les Saints et les Martyrs.

    (Si vous êtes israélite) Abraham, Moïse, Isaac, Jacob, les patriarches et les matriarches Sarah, Rébecca et Ruth.

    (Si vous êtes musulman) Mohamed, Ali et leurs descendants.

    Ce sont aussi mes propres maîtres spirituels, qu'ils soient encore vivants ou déjà morts. Ils sont présents en moi parce qu’ils m’ont transmis les semences de Paix, de Sagesse, d’Amour et de Bonheur. Ils ont éveillé en moi mes ressources de Compréhension et de Compassion. Regardant mes Ancêtres spirituels, je vois ceux qui sont parfaits dans leur pratique des Préceptes et ceux qui sont encore imparfaits. Je les accepte tous cependant parce que je vois mes propres insuffisances et mes propres faiblesses. Conscient de cela, j’ouvre mon cœur et j'accepte pareillement mes descendants spirituels. Certains parmi eux pratiquent les Préceptes, la Compréhension et la Compassion d’une façon qui invite à les respecter et à leur accorder notre confiance. Mais il y a aussi ceux qui ont beaucoup de difficultés et ne sont pas stables dans leur pratique. (Nous sommes invités à pratiquer trois respirations en Pleine Conscience)

     

    De la même manière, j’accepte tous mes Ancêtres du côté de ma mère et du côté de mon père. J’accepte leurs qualités et leurs actions vertueuses mais j’accepte aussi leurs faiblesses ; j’ouvre mon cœur et j’accepte tous mes enfants, petits enfants et descendants avec les qualités, les talents mais aussi les faiblesses qui sont les leurs.

    (Nous sommes invités à pratiquer trois respirations en Pleine Conscience)

     

    Mes Ancêtres spirituels et mes Ancêtres de sang, mes descendants spirituels et mes descendants de sang font tous partie de moi. Je suis eux, ils sont moi. Je n’ai pas de moi séparé. Tout existe dans le courant merveilleux de la vie en continuel mouvement.

    (Nous sommes invités à pratiquer trois respirations en Pleine Conscience)

     

    (C) (Nous pouvons nous relever)

     

     

    2. En Touchant la Terre, j'entre en relation avec toutes les personnes et toutes les espèces vivantes présentes dans le monde et en moi en ce moment même.

    (C)

    (Nous pouvons toucher la Terre)

     

    Je suis un avec le merveilleux réseau de vie qui brille dans toutes les directions. Je vois la relation étroite qu’il y a entre les autres et moi-même et comment nous partageons notre Bonheur et notre Souffrance. Je fais un avec ceux qui sont nés handicapés à cause de la guerre, des accidents ou des maladies. Je fais un avec ceux qui sont pris dans une situation de guerre ou d’oppression. Je fais un avec ceux qui ne trouvent pas le Bonheur dans la vie de famille, qui n’ont ni racine ni l’esprit en Paix, qui ont faim de Compréhension et d’Amour, et qui cherchent quelque chose de Beau, de Vrai et de Sain pour y croire.

    Je suis cette personne qui va mourir et qui a très peur, qui ne sait pas ce qui va se passer. Je suis un enfant qui vit dans un lieu où règne une pauvreté misérable et la maladie, dont les bras et les jambes sont comme des allumettes et qui n’a pas de futur. Je suis aussi ce fabricant de bombes vendues aux pays pauvres. Je suis encore la grenouille nageant dans un étang, ainsi que le serpent qui a besoin du corps de la grenouille pour se nourrir. Je suis la chenille ou la fourmi que l’oiseau cherche pour se nourrir et je suis aussi cet oiseau. Je suis la forêt que l’on coupe, les rivières et l’air pollués, mais aussi la personne qui abat les forêts et pollue les rivières et l’air. Je me vois dans toutes les espèces et je vois toutes les espèces en moi.

    (Nous sommes invités à pratiquer trois respirations en Pleine Conscience)

     

    Je suis un avec les grands Êtres qui ont réalisé la Vérité de la non-naissance et de la non-mort et qui sont capables de regarder les formes de la naissance et de la mort, du Bonheur et de la Souffrance avec un regard calme. Je suis un avec ces personnes que l’on peut trouver un peu partout et dont l’esprit est en paix, qui rayonnent de Compréhension et d’Amour, qui sont capables de toucher ce qui est merveilleux, nourrissant et guérissant, et qui ont aussi la capacité d’embrasser le monde avec un cœur d’Amour et une Action Bénéfique. Je suis quelqu’un qui a suffisamment de Paix, de Joie et de Liberté, et je suis capable d’offrir l’Absence de Peur et la Joie aux êtres vivants autour de moi. Je vois que je ne suis pas seul(e) ni coupé(e) des autres. L’Amour et le Bonheur des grands Êtres de cette planète m’aident à ne pas tomber dans le désespoir. Ils donnent un sens à ma vie, une Paix véritable et le vrai Bonheur. Je les vois tous en moi et je me vois moi-même en tous.

     

    (C) (Nous pouvons nous relever)

     

     

    3. En Touchant la Terre je lâche prise avec l’idée que je suis ce corps et que ma durée de vie est limitée. (C)

     

    (Nous pouvons toucher la Terre)

     

    Je vois que ce corps constitué des quatre éléments n’est pas vraiment moi et que je ne suis pas limité par ce corps. Je fais partie d’un courant d’Ancêtres spirituels qui se déverse dans le présent depuis des millions d’années et d’années continuera dans le futur qui pendant des millions. Je suis un avec mes Ancêtres, je suis un avec mes descendants. Je suis la vie qui se manifeste dans un nombre incalculable de formes. Je suis un avec toutes les personnes et toutes les espèces paisibles et sans peur, ou bien souffrantes et vivant dans la peur. En ce moment je suis présent partout sur cette planète. Je suis aussi présent dans le passé et dans le futur. La désintégration de ce corps ne me touche pas tout comme la chute des fleurs de pruniers ne signifie pas que le prunier va mourir. Je me vois comme une vague à la surface de l’océan, ma nature étant d’être l’eau de l’océan. Je me vois dans toutes les autres vagues et je vois les autres vagues en moi. L’apparence et la disparition de la forme de la vague n’affectent pas l’océan. Mon corps du Dharma et ma Sagesse de vie ne sont pas sujets à la naissance et à la mort. Je peux voire ma présence avant même que mon corps ne se manifeste et après qu’il se soit désagrégé. Même en ce moment, je vois comment j’existe ailleurs que dans ce corps (soixante-dix ans ou quatre-vingt ans ne constitue pas ma durée de vie). Ma durée de vie comme la durée de vie d’une feuille ou d’un Bouddha est sans limite. J’ai dépassé cette idée que je suis un corps séparé des autres formes de vie dans l’espace et le temps.

    (Nous sommes invités à pratiquer trois respirations en Pleine Conscience)

     

    (C) (Nous pouvons nous relever)

     



    votre commentaire
  •  


    3 commentaires
  • Source

     

    Premier message

     


    Voici quelques petits encouragements pour le début de cette retraite d’hiver :


    Se poser les questions : Je souhaite participer à « la retraite d’hiver chez soi », pourquoi ?

    Quelle est mon intention profonde ?


    Avoir un petit journal quotidien sur lequel nous pourrons inscrire notre réponse à cette question et aussi nos joies, nos difficultés et nos visions profondes avec la pratique de la pleine conscience tout au long de cette retraite.

    S’établir doucement dans la pratique quotidienne en s’asseyant chaque jour quelques minutes (cela peut-être simplement 5 minutes) soit le matin avant de commencer nos activités soit le soir avant de dormir ou bien les deux pour  tout simplement retourner à notre respiration et détendre notre corps. Tout simplement prendre conscience des blocages et des tensions dans le corps – simple reconnaissance – j’entre dans la respiration profonde – je permets au corps de s’ouvrir – je m’ouvre à ce qui est.


    Un des obstacles que nous rencontrons dans notre pratique est notre tendance à expérimenter la vie comme si nous étions sur un pilote automatique, pris par nos activités sans vraiment pouvoir vraiment s’établir dans l’ici et le maintenant. Cette semaine nous allons essayer d’observer nos journées et de reconnaitre comment nous nous perdons dans certaines de nos activités. Un petit poème va nous y aider :


    « Avant de démarrer ma voiture je sais je vais et pourquoi j’y vais.

    Je ne fais qu’un avec ma voiture, si elle va vite, j’irais vite.  ».


    Nous pouvons imaginer que notre corps est comme une voiture, et observer combien nos actions (corps, paroles et esprit) sont faites sous pilotage automatique. Nous pouvons utiliser ce petit poème avant d’allumer la télévision par exemple : « avant d’allumer la télévision je sais où je vais, et pourquoi j’y vais », ou bien lorsque nous allons sur l’internet : « avant d’ouvrir l’internet je sais où je vais et pourquoi j’y vais » ou dans les magasins, ou bien en ouvrant la porte du réfrigérateur, dans les conversations, etc. Si nous le souhaitons nous pouvons modifier les mots de ce petit poème et mettre des mots qui vont résonner en nous et nous aider. En observant nos énergies d’habitude sans jugement et sans culpabilité nous pouvons nous rendre compte que nous agissons la plupart du temps sans être vraiment présent et que nous nous perdons dans beaucoup de distractions par nos actions physiques mais aussi avec nos paroles et nos pensées.  Utiliser ce petit poème va nous aider à établir nos propres frontières pour cette retraite. C’est une pratique à découvrir…….

     

    Durant cette retraite Thay nous encourage à vraiment entrer en contact profond avec notre mère la Terre lorsque nous touchons la Terre avec nos pieds avec chacun de nos pas ou bien avec la pratique des "Touchers de la Terre" en suivant un texte écrit par Thay et qui nous aide à regarder profondement dans notre pratique. Pour cette semaine si vous le souhaitez vous pouvez lire et pratiquer  le toucher de la terre mis dans la rubrique "Guide de pratiques"

     

    Nous souhaitons à tous et à toute une très bonne retraite d’hiver avec plein de beaux fruits.

    __________________________________________________________________________________

     

    Deuxième message

     


    « Nos pensées, nos paroles et nos actes sont nous-mêmes. 

    Tout acte amène des fruits. ».

    Tout au long de cette retraite d’hiver nous pratiquerons le regard profond sur nos actions. Comme Thay nous le disait lors de son enseignement  « nos actions sont notre seul héritage ». Quel héritage avons-nous reçu et quel héritage souhaitons-nous transmettre ?

    Comment cultiver les actions qui  apportent  bien-être et  bonheur ?


    Porter notre attention à notre respiration et reconnaitre la présence de notre corps

    Très souvent dans notre vie quotidienne nous sommes amenés à attendre, par exemple lorsque nous attendons en ligne à la poste, à la banque, à un feu rouge, assis dans notre voiture ou dans le métro.

    Comment utilisons-nous ce moment d’attente qui nous est offert ?

    Nous pouvons nous entrainer durant ces temps d’attente à retourner à notre respiration et à notre corps. Notre respiration est un pont qui nous permet de rentrer chez nous dans notre corps, d’habiter notre corps, d’être vraiment présent pour lui.   En gardant notre attention sur notre respiration un relâchement, une paix prendront place dans notre corps comme lorsque l’on allume le chauffage dans une pièce froide. Tout doucement l’air froid se transforme en air chaud. De même avec l’aide de la respiration en pleine conscience les tensions laissent place à la détente.

    Nous pouvons utiliser ce petit poème :

     « J’inspire, je me calme.
    J’expire, je souris.
    Je m’établis dans le moment présent,

    Unique et merveilleux. »

     

    Amenons notre attention plus particulièrement sur nos mains. Tout au long de la journée nous pouvons reconnaitre la présence de nos mains  lorsque nous ouvrons une porte, portons une cuillère de nourriture à notre bouche, allumons la lumière, en démarrant notre voiture, etc. Regardons nos mains, elles sont de merveilleux instruments, sommes-nous conscients de leur présence ? De leur façon de bouger ou les utilisons-nous de façon automatique ? Nous pouvons redécouvrir nos mains comme un jeune enfant.

    Ce poème peut nous aider avec notre pratique. Nous pouvons modifier les mots si nous le souhaitons

    « L’eau coule sur mes mains.
    Je m’en servirai avec habileté

    Pour préserver notre précieuse planète. »

     12815582310397


    En fin de journée  entrainons-nous à pratiquer la relaxation totale Passons en revue toutes les différentes parties de notre corps leur permettant de se détendre, cela peut-être juste avant de dormir ce qui nous permettra d’avoir un sommeil réparateur.

    __________________________________________________________________________

     

    Troisième message

     

     

    Cette semaine nous aimerions continuer avec le sujet de la semaine dernière :

    Conscience du corps et du souffle.

    Dès le matin nous pouvons nous offrir beaucoup de plaisir grâce à cette forme de méditation.
    Dans la salle de bain, le corps encore un peu endormi ouvrons le robinet en pleine conscience, respirons consciemment et détendons notre corps.

    Nous pouvons réciter le gatha de l’eau :


    En ouvrant le robinet :

    L’eau descend des hauteurs de la montagne.
    L’eau monte des profondeurs de la Terre.
    L’eau coule miraculeusement jusqu’à nous.

    Ma gratitude envers elle est débordante.

     

    Nous prenons contact avec la fluidité

    J’inspire, je sens l’eau fraiche – tiède – ou chaude sur mes deux mains, que c’est bon

    J’expire, je prends le savon

    J’inspire, je sens le coté onctueux de la savonnette

    J’expire, je souris

    J’inspire, je sens l’odeur qui diffuse doucement du savon

    J’expire, je souris

    Doucement nous pouvons commencer à laver notre corps en restant en contact avec le toucher – la température, l’odeur, etc. en suivant notre souffle qui devient de plus en plus conscient.

     

    Nous récitons le gatha :

    Voici ce corps, jamais né, jamais mort

    Au-delà du temps et de l’espace,

    A la fois héritage et transmission

    Demeure dans la vraie nature du Dharmadathu

     

    Quelle merveille de voir ce si bel héritage ! La gratitude peut naitre miraculeusement.

    Nous sommes si souvent dans notre tête et nos soucis que nous délaissons notre corps. C’est cependant le lieu de notre vrai refuge. Les sensations réveillées en pleine conscience vont réhabiliter notre schéma corporel – c'est-à-dire que nous pouvons ainsi habiter un vrai corps et commencer une belle journée.
    Donnant une douche à nos ascendants et descendants en même temps et en leur souriant avec amour et gratitude est une merveilleuse manière de démarrer la journée.

    ___________________________________________________________________________

    4ème Message de la retraite d'hiver


     

    Aujourd'hui nous allons continuer notre pratique de la pleine conscience pour revenir à l'instant présent et habiter vraiment  notre corps,  lesentir vivant tout au long du jour, où que je nous soyons

     

    Je suis, debout à l'arrêt du bus  ou  devant le guichet de la poste perdu dans mes pensées.


    La pleine conscience me rappelle:"reviens à toi!"; Alors  j'inspire, j'expire.

    Où étais-je? Perdu dans mes pensées.   Je reviens de suite dans l'ici et le maintenant.

    "Comment est-ce que je me sens maintenant dans mon corps, dans mes sentiments, dans mes pensées?"

    Je reviens à ma respiration je vais m’occuper du corps que j'habite". C'est une manière de me rappeler que je ne suis pas identifié à ce corps, que je suis beaucoup plus "vaste"

    Je prends conscience de mes tensions, dans la nuque, les épaules, le ventre... Sur chaque inspiration, je visualise les parties de mon corps tendues, je souris  à mes cellules tendues ou douloureuses. . A chaque expiration je détends ces tensions, je les confie à la terre.

     

    "J'inspire, conscient de ces tensions"

    "J’expire je les relâche"

     

    Mes épaules se relâchent, mes mâchoires se détendent. J'accueille avec bienveillance ce qui est là, sans jugements.

     

    "J’inspire, je me lâche avec confiance"

    "J’expire, je m’accueille avec tendresse"

     

    Ma base devient de plus en plus large,  mes hanches s’ouvrent, mes reins se détendent,

    je sens mon abdomen qui va et vient .Je sens mes jambes,  le contact de mes pieds sur le sol et je m’enracine un peu plus dans la terre  à chaque expiration. Je me sens comme un arbre.

    Sur l’inspiration, je visualise et sens l’énergie de la terre qui  pénètre mon corps par les racines de mes jambes.

    Sur l’expiration, je sens les tensions qui se déversent dans la terre.

    Je peux imaginer une douche d'eau tiède qui me coule le long du corps et nettoie les dernières tensions et les confie à la terre afin que cette dernière puisse les transformer en fleurs de paix. Je me sens alors solide comme une montagne ; relié entre terre et ciel.

     

    " J’inspire, je me sens solide"

    " J’expire, je me sens comme une montagne"

     

    Tout mon corps est vivant, vibrant, je suis rassemblé,  un avec ce qui est là en moi dans l'instant.

    Peut-être ai-je encore quelques tensions, encore un peu de tristesse ou d'anxiété,

    Alors j'accueille ce qui est là, sans attente. Alors même avec ces contrariétés qui peuvent subsister, je peux  me sentir  en paix, en ordre. Chaque cellule de mon corps vibre, respire sourit.  Corps et esprit réunis, je peux regarder, écouter autour de moi, et je vois tout ce qui m'entoure avec un regard neuf, je me sens relié aux êtres et aux objets  qui m'entourent, en inter-Etre avec chacun , avec le cosmos

    . Je souris, je goûte le moment présent. Je suis plein de gratitude pour la vie

     

    "J'inspire, je sais que je suis vivant!"

    "J'expire, merci à la vie!"

     

    Nous vous souhaitons Paix et joie pour votre semaine

    Cette méditation, nous pouvons la faire où que nous soyons: assis sur le zafu, assis dans le métro, pendant le repas avec des amis ou pendant une réunion. Avec l'entrainement en une minute , le temps de quelques respirations je peux ainsi retrouver  l'harmonie et savoir clairement ce que je fais là et où je vais.

    _______________________________________________________________________________________________

    Message 5

     

    Chère famille de la retraite d’hiver chez soi,

     

    Pendant les deux prochaines semaines nous allons consolider et enraciner les pratiques qui nous ont été offertes depuis le début de la retraite d’hiver.  


    Portons toute notre attention sur notre souffle et sur notre corps dans les actions de notre vie quotidienne en ressentant la joie d’être vivant.


    En se levant le matin nous pouvons réciter en suivant notre respiration  ce très joli poème et le mettre en pratique  :


    Me réveillant ce matin, je souris

    J’ai vingt-quatre heures toutes nouvelles.
    Je forme le vœu de vivre chaque instant dans sa plénitude

    Et de poser sur le monde un regard aimant.

     

    ________________________________________________________________

    Message 6.

     Entrant dans cette nouvelle année,

    Je souris à la Terre

    J’ai « 366 » jours tout nouveaux à vivre pleinement,

    J’accepte le monde tel qu’il se présente,

    Avec un regard rempli d’amour et de compréhension

     

    *********************

     

    Chers amis de la retraite d’hiver à la maison

     

     

        Voilà une nouvelle année qui s’ouvre devant nous !

    Aujourd’hui, nous vous proposons de regarder profondément dans nos énergies d’habitude.

     

    Pour l’année qui vient de s’écouler :

    -         Quelles sont les graines négatives qui m’ont encore fait souffrir ?

    -         Quelles sont les graines positives qui m’ont apporté du bien-être ?

     

     Et pour l’année qui commence :

    -         Qu’est ce que je veux transformer ?

    -         Qu’est ce que je veux faire grandir ?

     

     

         Pour cela, chers amis, asseyons nous confortablement dans un endroit calme et chaleureux, et offrons nous le cadeau de ce retour à nous-même :

     

     

    J’inspire,

    Je regarde avec bienveillance les fleurs du mal encore en moi.

    J’expire,

    Je fais le vœu pour cette nouvelle année de les transformer en un compost fertile.

     

    J’inspire,

    Je regarde avec joie les belles fleurs qui sont en moi

    J’expire,

    Je fais le vœu pour cette nouvelle année de les aider à croître et à s’épanouir.

     

     

      « Attachons nos Ceintures de Pleine Conscience pour monter sur le dos du grand oiseau de la Nouvelle Année « 

                                                            Discours de Thay pour le nouvel an -31 décembre 2012

    ____________________________________________________________________________________

    7ème Message 


    "Le corps , parole et l ’esprit en parfaite harmonie,

    je vous envoie mon coeur par le son de cette cloche.
    Que tous les êtres vivants qui nous entendent sortent du monde de l’oubli ,

    de l’anxiété ,et de la souffrance, qu’ils se libèrent enfin,

    et touchent la paix présente en leur coeur."

    _CSB5977.jpg
    Les trois premières semaines, nous avons pratiqué  sur la pleine conscience du corps, nous abordons maintenant les pratiques sur la pleine conscience de  la parole. Nous nous souvenons que la parole juste et aimante nait de la vue juste et la pensée juste , elles- mêmes le fruit de la pleine conscience juste et de la concentration juste.

    Cette semaine nous allons nous entrainer à la parole aimante. Nous vous proposons la pratique des deux premiers Mantras que nous enseigne Thây
    Dans un premier temps pratiquons-les avec nos proches: expérimentons les séparément ou l'un à la suite de l'autre.

    Plus tard nous pourrons les pratiquer avec des collègues de travail ou des amis


     Le premier Mantra:
    Avant de rentrer à la maison pour retrouver un de mes  proches: mon conjoint, mon enfant, mon père..., ou en attendant son retour, prenons quelques minutes pour revenir à notre respiration pour nous recentrer , pour réunifier corps et esprit,  afin  de pouvoir lui offrir notre vraie présence, et trouvons le moment juste pour lui dire avec nos mots à nous: 

    "Chéri (ie), je suis là pour toi!"

     

     Le deuxième mantra:
    Il est étroitement lié au premier. Parce que je suis vraiment présent à moi-même ,je peux m'ouvrir maintenant à la présence de l'autre et apprécier  la joie et le bonheur d'avoir rencontré mon partenaire, mon ami, de vivre au côté de mon enfant .Je vais choisir le moment opportun pour le lui dire simplement et  avec mes mots à moi:


     "Chéri (ie), je sais que tu es là et j'en suis très heureux (se)!"

    ou :"Sais-tu que je suis heureux (se)  de t'avoir rencontré,! "

    ou encore: "sais-tu que tu m'apportes beaucoup de joie!".


    Nous allons être étonné de voir la réaction de surprise et d'ouverture chez lui, chez elle, car la plupart d'entre nous ne sommes pas habitués à parler ainsi ou à ce qu'on nous parle ainsi. Voyons comme de telles paroles peuvent contribuer à nous ouvrir le coeur et à arroser les graines de joie chez nous et chez les autres. Reconnaissons les conditions du bonheur qui sont présentes en nous et autour de nous!

    Belle pratique  mes amis (ies).

    ______________________________________________________________________________________________ 

     

     

    Huitième message

     

    Chère famille de la retraite d’hiver,


    Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup.
    Il enrichit ceux qui le reçoivent sans appauvrir ceux qui le donnent.
    Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel.
    Personne n'est assez riche pour pouvoir s'en passer,
    Et personne n'est trop pauvre pour ne pas le mériter.
    Il crée le bonheur au foyer, est un soutien dans les affaires
    et le signe sensible de l'amitié.
    Un sourire donne du repos à l'être fatigué, rend du courage au plus découragé,
    console dans la tristesse et est un antidote de la nature pour toutes les peines.
    Cependant il ne peut s'acheter, ni se prêter, ni se voler.
    Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
    Et si quelquefois vous rencontrez une personne qui ne vous donne pas le sourire

    que vous méritez,
    soyez généreux, donnez-lui le vôtre.
    Car nul n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.
    hinh-chi-Mai.jpg 
    Sourire lorsque nous nous réveillons le matin


    Sourire à tout notre corps lorsque nous pratiquons la relaxation profonde  « je souris à mon  visage, mes mains, mon dos, mes jambes, mes pieds, mes orteils oh combien précieux ! À mes narines, mes globules rouges, mes intestins, mes reins, etc.… »
     Sentir la gratitude envahir notre cœur : notre corps est une merveille.


    Sourire à nos mains, à notre corps lorsque nous les lavons, lorsque nous prenons un bain ou une douche. Sourire à l’eau qui coule du robinet et s’offre à nous.


    Sourire avant de démarrer notre voiture, en prenant le métro, l’autobus
    Accueillir avec le sourire les gens, les choses, les situations comme par exemple lorsque nous attendons en ligne à la banque,  à la poste ou ailleurs et que nous sentons l’impatience en nous.

    Sourire à la terre alors que nous posons nos pieds sur elle,

    remercions  la pour son amour inconditionnel


    Sourire lorsque nous nous asseyons pour méditer et que notre esprit vagabonde dans le passé, dans le futur ou bien nous attrape dans nos énergies d’habitude de pensées.


    Sourire au moment présent qui  n’est peut-être pas un moment facile mais avec le sourire nous pouvons lui permettre d’être ce qu’il est et l’accueillir tel qu’il est.


    Sourire lorsque nous nous asseyons pour écrire sur notre journal quotidien et que nous nous sentons saturé(e), fatigué(e), frustré(e) et surtout pas l’envie d’écrire……


    Sourire avant de décrocher le téléphone, avant d’ouvrir la porte et de dire à notre bien-aimé(e) : « je suis là pour toi »
    Sourire avant de lui dire « je sais que tu es là et j’en suis très heureux (se) »


    Mais avant tout se sourire à soi-même, tout en se disant en se souriant

    « je suis là pour toi » et aussi  sourire à soi-même et se dire en parlant de nous-mêmes :

    « je sais que tu es là et j’en suis très heureux (se) »


    Prendre une photo de nous-mêmes  souriant et la coller sur un miroir dans notre salle de bain pour nous rappeler la beauté d’un sourire ; 

    Peut-être au début notre sourire sera un sourire crispé, de convention mais petit à petit le sourire naitra de l’intérieur et deviendra une source de grande joie pour nous-mêmes et pour les autres tout autour de nous.


    « Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire

    peut être capable de faire.  » -Mère Térésa

     

     

     

    Chère famille de la Retraite d’hiver chez soi,

    Nous sommes souvent si occupés que nous oublions ce que nous sommes en train de faire ou même qui nous sommes. Nous oublions de regarder ceux et celles que nous aimons et de les apprécier, jusqu’au moment où il est trop tard. Même lorsque nous avons quelques moments de loisir, nous ne savons pas comment être en contact avec ce qui se passe en nous et autour de nous.


    Réciter des courts poèmes de pratique est un moyen de nous aider à demeurer dans l’instant présent. Ils nous aident à nous souvenir de revenir au moment présent et de rester en pleine conscience. En les récitants, nous devenons profondément conscients de l’action dans laquelle nous sommes engagés et cela nous aide à réaliser cette action avec amour et compréhension. Quand nous nous exerçons avec les poèmes, les poèmes et notre vie ne font qu’un, et nous vivons toutes nos expériences en pleine conscience. Cela nous aide beaucoup et cela aide également les autres. Nous trouvons plus de paix, de calme, de joie que nous pouvons partager avec autrui.

    Durant cette année du Dragon Thay nous a offert deux poèmes de pratique :Enlevez le voile des doutesAllumez la torche de l'Eveil
     
    Cette semaine portons notre attention sur notre façon d’allumer la lumière. Plusieurs fois par jour nous allumons la lumière. L’allumons-nous de manière automatique comme un robot ? Ou bien sommes-nous vraiment conscient de notre geste et combien cette lumière est une merveille ? Avant d’allumer la lumière essayons de nous entrainer à nous arrêter quelques secondes, de nous offrir un temps de recueillement,  et de réciter pour nous-mêmes ce petit poème :

     

    « L’oubli est ténèbres
    La pleine conscience est lumière.
    En ramenant la pleine conscience dans la vie,
    J’éclaire le monde entier. »

    Chère famille de la retraite d’hiver,

     Nous vous espérons tous et toutes bien au chaud et à l’abri.
     Soyons conscients de notre chance d’avoir un toit.
          La bise est glacée ; les fleurs sont givrées ; les légers flocons de neige nous apportent les messages du ciel en dansant .DSC07196
          Cette semaine, quand nous marchons sur le sol gelé ou la neige immaculée qui recouvre notre Terre – Mère , observons nos pensées , puis revenons à nos pas ,  à notre souffle , et récitons ce poème :

    L’esprit se perd en mille et une pensées
    Mais je marche en paix sur ce beau chemin
    A chaque pas souffle un vent léger
    A chaque pas une fleur éclôt .
    jardin04679.jpg
           En marchant ,conscients de notre respiration, nous ne laissons pas notre esprit rester en contact avec le négatif en nous et autour de nous  .
           En lâchant prise avec les regrets du passé et les angoisses du futur nous vivons un instant d'éveil , ressentons alors la détente de notre corps et de notre esprit ; c'est à cet instant même que nous nous libérons !
             Grâce à cette expérience directe , la Foi , la Confiance en la pratique peuvent s’établir solidement  en nous .
             Chers amis , marchons librement en nous réjouissant de chaque pas , de chaque respiration ,conscients d’être une merveille , et que le monde autour de nous est , lui aussi , une merveille .

    Très belle semaine de pratique , et très bel hiver à tous et toutes .


    votre commentaire
  • Source

     

    Les Versets de la Vérité Absolue (Paramartha)

    Le YogacaraBhumi-Shastra (vol. 16) de Maître Asanga

    Traduit en vietnamien par TNH

    (brouillon)

     

     

    1. Il n’y a absolument pas de sujet ni d’acteur ni d’héritier qui reçoit le fruit de ces actes. Aucun phénomène n’a de fonction et pourtant les fonctions qui en résultent existent.
    2. Seuls les 12 liens de la co-production conditionnée, les agrégats, les organes sensoriels et les objets des sens, les domaines des éléments évoluent. Quand nous les examinons et les étudions, nous ne trouvons aucun soi.
    3. L’intérieur et l’extérieur sont tous deux complètement vides. La personne qui contemple cette vacuité est également vide.
    4. Le soi et l’auteur du soi n’existent pas. Ils ne sont que des créations de notre esprit confus. Le soi et les êtres vivants n’existent pas, seuls les phénomènes qui sont les conditions interdépendantes existent.
    5. Les formations changent à chaque instant, leur présence n’est pas, alors ne parlons pas de leur fonction. Il faut dire que leur manifestation est leur fonction même et également leur auteur.

    6-7L’œil ne peut pas voir l’image, l’oreille ne peut pas entendre le son, le nez ne peut pas sentir l’odeur, la langue ne peut pas goûter la saveur, le corps ne peut pas sentir le contact et le mental ne peut pas appréhender le phénomène. Dans tout cela, il n’y a ni celui qui préserve ni celui qui suscite la perception.

    1. Cela ne donne pas naissance à ceci et ne naît pas de lui-même. Il naît à cause de conditions. Les phénomènes ne sont ni anciens ni nouveaux et pourtant ils sont quand même anciens ou nouveaux.
    2. Cela ne peut mettre fin à ceci et ne peut mettre fin à lui-même non plus. Il naît à cause de conditions. Une fois né, il ira vers sa fin naturellement.
    3. Les phénomènes peuvent naître pour deux raisons : soit parce qu’ils se laissent entraîner par l’environnement soit parce qu’ils progressent dans la vue fausse.
    4. A cause de l’ignorance, elles s’enfoncent dans la vue fausse. A cause de l’avidité, elles se perdent dans l’environnement.
    5. Les phénomènes proviennent de conditions, il en est de même de la souffrance des êtres vivants : à cause des 2 illusions fondamentales se distinguent les 12 membres de l’existence divisés en causes et effets.
    6. L’action ne naît pas d’elle-même ni d’autre chose ni d’une autre vie et pourtant cela ne signifie pas que l’action n’existe pas (kriya).
    7. Ce n’est ni à l’intérieur ni à l’extérieur ni entre l’intérieur et l’extérieur. Quand les formations ne sont pas encore nées, il est impossible de les saisir (dans le temps).
    8. Même si ces formations sont nées, il est pourtant impossible de les saisir. L’avenir n’a pas d’apparence, le passé est repérable (imaginable).
    9. Nous pouvons repérer ce avec quoi nous avons été en contact, nous pouvons repérer même ce avec quoi nous n’avons pas encore été en contact. Même si les formations n’ont pas de commencement, il est possible d’avoir (de repérer) un commencement.

    17-18. les formes sont comme de la mousse, les sensations comme des grappes de bulles d’eau, les perceptions comme des mirages, les formations mentales comme le tronc du bananier, les consciences comme des tours de magie. Les formations naissent, demeurent et prennent fin pareillement. Ainsi a parlé le descendant du soleil

    19. L’ignorance (moha, avidya) n’a pas la capacité de se rendre ignorante ni de rendre les autres ignorants. Personne d’autre ne peut la rendre ignorante. Malgré tout, l’ignorance existe.

    20. Parce qu’il n’y a pas la pensée juste (l’attention juste, ayonisomanaskara) il y a l’ignorance (qui naît). Cette pensée non-juste ne peut pas naître d’un sage.

    1. Sachons que l’action (samskara) des mérites, celle du manque de mérites et celle de l’imperturbabilité ont 3 aspects. Chaque aspect a 3 actions (karma) qui ne sont pas en harmonie.
    2. Le présent finit rapidement. Où demeure le passé ? Celui qui n’est pas encore né (ajata) dépend des conditions et évolue selon le mental.
    3. Il est possible de dire que, dans la vérité absolue, tous les phénomènes sont en lien ou non les unes avec les autres. Dire « évoluer selon le mental » signifie également évoluer selon tous (les esprits) ou ne pas évoluer selon toutes (les formations).
    4. Dans ce courant, il n’y a pas d’interruption ni similarité ni différence. Tout suit la vue du soi. L’action de la vérité relative existe.
    5. Si la forme physique se décompose, la forme psychologique se décompose aussi. Il est dit quand même que, dans cette vie et dans la vie suivante, l’action (cause) de chacun l’amène à recevoir ses fruits.
    6. Parce que le précédent et le suivant sont différents et que l’effet se trouve déjà dans la cause, il est impossible de dire que l’acteur ou l’héritier de l’action sont semblables ou sont différents.
    7. Parce que le processus des causes et effets n’est pas interrompu, le processus de transformation des actions harmonieuses existent. Les 2 processus naissent à partir de leurs propres causes et ils contiennent même l’objet de leur action.
    8. Lorsque la cause est le désir de prolifération d’idées et que l’action (karma) est pure ou impure, les graines mures apporteront des fruits que nous apprécierons ou non.
    9. Selon les différents moments du mûrissement des graines, la vue du soi naîtra. A ce moment-là, l’expérience directe intérieure est ressentie. Comme elle n’est pas forme, elle est invisible.
    10. Les gens ordinaires ne comprennent pas et voient un soi. A partir de cette vue du soi, tant d’ (autres) vues fausses surgissent.
    11. Parce que nous gardons toutes nos graines et que nos énergies d’habitude, depuis longtemps ancrées, sont entretenues, ce que nous voyons et ce que nous entendons suivent la vue du soi (atmadasana) et même la fait naître.
    12. L’avidité naît de conditions qui soutiennent le soi intérieur. Parce que nous nous agrippons à nos habitudes impures, nous désirons ce qui vient de l’extérieur.
    13. Nous nous agrippons à cause de l’ignorance et c’est cela qui devrait nous faire peur dans le monde ; cela provoque une réserve de désirs au début, puis ensuite la prolifération d’idées.
    14. Ce que les gens ordinaires voient comme un trésor d’attachements, les sages savent que c’est de la souffrance. Cette souffrance harcèle continuellement les ignorants sans fin.
    15. Cet esprit emprisonné sans (la sagesse de) la non-discrimination accumule tant de souffrances. Celui qui les accumule est ignorant, à cause de son attachement erroné au soi, à la souffrance et au bonheur.
    16. Les ignorants ont des attachements solides aux vues comme un grand éléphant prisonnier de la boue. A cause de l’ignorance, leurs difficultés grandissent au fil du temps et couvrent toutes leurs actions et les objets de leurs actions.
    17. Les cours d’eau dans cette vie tourbillonnent violemment. Aucun vent et aucun soleil ne peuvent les assécher. Seul le Dharma peut le faire.
    18. Dans la souffrance, nous disons « je souffre » ou «  je suis heureux ». Quand nous faisons une telle distinction de la souffrance et du bonheur, nous faisons naître des vues (l’attachement aux vues). Une vue mène à une autre vue et à d’autres vues.
    19. Tant que le mental impur demeure, les afflictions ont des conditions pour naître et disparaître. La libération a lieu ni avant ni après (la disparition de) ces afflictions.
    20. Ce n’est pas parce que ces phénomènes-ci sont déjà nés que ce phénomène-là pur et spécifique va naître. Ce phénomène, qui était là avant, était pur, c’est pour cela qu’il est libéré des afflictions.
    21. Tout ce qui est impur est en fait dans sa vraie nature pure, parce que s’il n’y avait pas l’objet pur, comment pourrait-il y avoir un sujet pur ? (S’il n’y a pas d’objet purifié, il n’y a pas non plus de sujet purifié.)
    22. Parce que les graines meurent, les afflictions cessent. Ainsi il y a la non-impureté et donc les 2 différences apparaissent.
    23. Parce que l’objet de la réalisation est intérieur, que la souffrance cesse et que toute prolifération d’idées prend fin pour toujours, tout phénomène est libre de la prolifération.
    24. L’être vivant est le nom des courants continuels et l’objet de la perception des phénomènes n’est qu’un signe. Ainsi il n’y a (vraiment) pas de cycles de naissances et de morts, ni la personne qui atteint le nirvana.

     

     

    Les Versets de la Vérité Absolue (Paramartha)

    Le YogacaraBhumi-Shastra (vol. 16) de Maître Asanga

    Traduit en vietnamien par TNH

    Texte en versets

    1.      Il n’y a absolument pas de propriétaire

    Ni d’acteur, ni d’héritier.

    Les phénomènes n’ont pas d’action

    Et pourtant l’action existe.

    2.      Seuls les douze liens de la coproduction conditionnée,

    Les agrégats, les 6 organes sensoriels, leurs objets

    Et les domaines des éléments fonctionnent.

    Mais en les examinant, nous ne trouvons pas de soi.

    3.      L’intérieur et l’extérieur,

    Sont tous les deux vides.

    Celui qui contemple la vacuité

    Est également vide.

    4.      Le soi et l’auteur du soi sont vides.

    Ce ne sont que des créations de l’esprit confus.

    Le soi et l’être vivant sont également vides.

    Seuls les phénomènes, en tant que causes, existent.

    5.      Les formations naissent et meurent en un clin d’œil.

    Elles ne demeurent pas et donc n’ont pas de fonction.

    Leur manifestation est leur fonction même

    Et également leur sujet.

           6 et 7. L’œil ne perçoit pas l’image,

                 Ni l’oreille, le son.

                 Ni le nez, l’odeur,

    Ni la langue, le goût,

    Ni le corps, le toucher,

    Ni le mental, le phénomène.

    Dans tout cela, personne ne préserve

    Et personne ne fait le travail.

    8.      Ceci ne donne pas naissance à cela,

    Et ne naît pas de lui-même.

    Il naît à cause de conditions.

    Il n’est pas ancien mais toujours nouveau ;

    9.      Ceci ne peut pas mettre fin à cela

         Et ne peut pas mettre fin à lui-même non plus.

         Il naît à cause de conditions.

         Parce qu’il est né, il doit prendre fin.

    10.  La naissance est possible

    Dépendante de deux raisons :

    Se laisser débaucher par l’environnement,

    Ou s’enfoncer dans la vue fausse.

    11.  A cause de l’ignorance, nous nous perdons

    Et renforçons notre vue fausse.

    A cause de l’avidité qui nous dirige,

    Nous nous laissons débaucher par l’environnement.

    12.  Tous les phénomènes ont leurs causes.

    Il en est de même pour la souffrance.

    A cause de 2 illusions fondamentales,

    Les 12 liens de la coproduction conditionnée se divisent.

    13.  L’action ne naît pas d’elle-même,

    Ni d’autre chose,

    Ni d’une autre vie

    Et pourtant l’action existe.

    14.  Lorsque les formations ne sont pas encore nées,

    Il est impossible de les saisir

    Ni à l’intérieur ni à l’extérieur

    Ni entre les deux.

    15.  Même lorsque les formations sont nées,

    Elles sont également insaisissables.

    L’avenir n’a pas d’apparence.

    Mais le passé est repérable.

    16.  Ce que nous avons expérimenté est repérable

    Comme ce que nous n’avons pas expérimenté.

    Les formations n’ont pas de commencement

    Mais le commencement existe quand même.

    17.  et 18. Les formes sont comme de la mousse,

    Les sensations, des grappes de bulles d’eau,

    Les perceptions, des mirages,

    Les formations mentales, le tronc du bananier

    Et la conscience, des tours de magie.

     Les formations naissent, demeurent et prennent fin pareillement.

     Ainsi a parlé le descendant du soleil.

    19.   L’ignorance ne peut pas se rendre ignorante

     Ni rendre les autres ignorants.

     Personne ne la rend ignorante

    Et pourtant elle existe.

    20.  Sans l’attention juste,

    L’ignorance naît.

    La pensée non juste

    Ne peut venir d’un sage.

    21.  L’action du mérite, de l’erreur et de l’imperturbabilité

    A 3 aspects.

    Le karma (action) a également 3 aspects,

    Qui ne sont pas en harmonie.

    22.  Le présent finit rapidement

    Où trouver le passé ?

    L’avenir dépend des conditions

    Et évolue selon le mental.

    23.  Que les phénomènes soient ou non

    En lien les uns avec les autres,

    Qu’ils évoluent ou non selon tous les phénomènes,

    Ils évoluent selon le mental.

    24.  Dans ce courant, qu’il y ait interruption

    Similarité ou différence

    Tout suit la vue du soi.

    L’action existe dans la vérité conventionnelle.

    25.  Si la forme physique se décompose,

    La forme psychologique se décompose également.

    Il est dit que dans cette vie et dans la vie suivante,

    Il y a l’acteur et l’héritier.

    26.  Parce que le précédent et le suivant sont différents

    Et que l’effet est déjà dans la cause,

    L’acteur et l’héritier,

    Ne sont ni semblables ni différents.

    27.  Le chemin des causes n’est pas interrompu.

    Le rassemblement entraîne l’action.

    Les deux naissent à partir de leur propre cause.

    Ils saisissent l’objet de leur action.

    28.  Lorsque la cause est la prolifération d’idées,

    Que l’action est pure ou impure

    Et que la graine mûrit,

    Le fruit sera apprécié ou non.

    29.  Selon les différents moments du mûrissement des graines,

    La vue du soi naîtra.

    Seule, l’expérience intérieure est ressentie

    Dépourvue de forme et invisible.

    30.  Les gens ordinaires ne peuvent pas comprendre

    Et croient à un soi.

    La vue du soi est le fondement

    De tant d’autres vues fausses.

    31.  Attachés à notre graine du soi,

    Avec nos énergies d’habitude,

    Ce que nous voyons et entendons suit la vue du soi

    Et la fait naître.

    32.  L’avidité naît de conditions

    Et des conditions du soi intérieur.

    Avec nos habitudes impures,

    Nous désirons ce qui vient de l’extérieur.

    33.  Ce qui devrait faire peur dans la vie,

    C’est d’agripper l’ignorance du soi ;

    Cela provoque une réserve de désirs

    Et entraîne la prolifération d’idées.

    34.  Ce trésor d’attachements,

    Les sages le voient comme de la souffrance.

    Il harcèle les ignorants

    Continuellement, sans interruption.

    35.  Cet esprit ligoté

    Accumule tant de souffrances.

    L’esprit qui désire

    Engendre un soi, l’avidité, la souffrance ou le bonheur.

    36.  Les ignorants ont des attachements solides aux vues

    Comme un grand éléphant prisonnier de la boue.

    Lorsque l’ignorance est grande,

    Elle couvre toutes les actions et les objets des actions.

    37.  Dans cette vie, les cours d’eau

    Sont les plus violents.

    Excepté le vrai Dharma,

    Ni le feu ni le vent ni le soleil ne peuvent les assécher.

    38.  Lorsque nous souffrons, nous reconnaissons la souffrance :

    « Je souffre » ou « je suis heureux ».

    La discrimination engendre des vues

    Et une vue en entraîne une autre.

    39.  Un mental impur naît et prend fin

    Avec les afflictions.

    Libéré de ces dernières,

    Il n’y a ni avant ni après.

    40.  Ce n’est pas après la naissance de ceci

    Que la pureté naît.

    Il n’y a plus d’afflictions

    Parce qu’avant il n’y avait pas d’impureté.

    41.  Ce qui est impur

    Est pur dans sa vraie nature.

    S’il n’y avait pas d’objet pur,

    Comment pourrait-il y avoir un sujet pur ?

    42.  Parce que les graines meurent,

    Les afflictions cessent.

    Dans cette pureté,

    Coexistent deux aspects différents.

    43.  Comme l’objet de la réalisation est intérieur,

    Que les souffrances cessent

    Et que toute prolifération d’idées prend fin pour toujours,

    Tout phénomène est libre de la prolifération d’idées.

    44.  L’être vivant est un courant continuel.

    Les phénomènes sont les objets de la perception.

    Personne n’entre dans le monde de la naissance et de la mort,

    Personne n’entre en nirvana.

     

     

    1.    Les atomes seraient donc la cause (hetu) de la représentation (vijñapti) des organes (indriya). Or, puisque la connaissance ne paraît pas sous la forme de ces atomes, l’objet (visage) de cette représentation des organes qui doit être la cause de la connaissance n’est pas composé par les atomes, comme les organes ne sont pas l’objet.

    2.    Ce qui paraît sans une apparence (c’est-à-dire une représentation) quelconque ne se produit pas de cette réunion. Parce que la réunion n’existe pas en substance, comme une deuxième lune. Ainsi les deux extérieurs (les atomes et la réunion) ne sont pas capables d’être l’objet (visage) de la perception.

    3.    Quelques-unes disent que l’état de combinaison des atomes est la cause de la connaissance. Le caractère des atomes, par exemple : solidité (humidité, chaleur) etc. n’est pas l’objet (artha) de la représentation (vijñapti).

    4.    Selon les propositions des adversaires, les perceptions de vase, de coupe, etc. seraient identiques. La perception est donc différente à cause de la différence des formes dans les atomes qui existent en substance (  )

    5.    Elle n’existe pas, car il n’y a pas en eux de différence dans la mesure. Par conséquent cette différence des formes existe non substantiellement, parce que si on avait entièrement exclu les uns après les autres les atomes qui forment le vase, la perception qui paraît comme ce vase aurait été détruite.

    6.    L’être (bhāva) qui est capable d’être perçu par l’intérieur (antara) et en même temps qui paraît comme extérieur, c’est l’objet (antha). Parce que la connaissance (vijñana) est l’être propre en soi (de l’objet extérieur) et que cet être propre en soi de l’objet extérieur dans la connaissance est aussi conditionnelle même de la connaissance.

    7.    Bien que l’objet percevable ne soit qu’une partie de la connaissance intérieure ou subjective, puisqu’il n’y a pas confusion, il est la cause conditionnelle de la connaissance. Et parce qu’on s’appuie sur un pouvoir en puissance (sákti), c’est aussi possible successivement. L’être propre du pouvoir en puissance que l’on croit l’organe même et qui agit simultanément avec l’objet (visage) est précisément l’organe.

    8.    Si on tient compte de la représentation (vijñapti) de la connaissance, la conception d’une base à ce pouvoir en puissance n’est pas contradictoire. Ainsi l’être propre de l’objet (c’est-à-dire la connaissance qui possède la caractéristique de l’objet) et le pouvoir en puissance de l’organe, tous deux possesseurs de la cause agissent réciproquement, comme la cause mutuelle (paratantra) s’est produite dans un temps sans commencement.

     

     

     


    votre commentaire
  • Source

     

    Trois Jours de Nouveau Départ

     

     

    Premier Jour : Réconciliation avec soi-même

     

    1.      Regardons profondément afin de voir :

    a.      Les activités mentales bénéfiques qui sont plutôt latentes et non manifestées (comment les aider à être plus manifestes)

    b.      Les activités mentales bénéfiques qui se manifestent au lieu d’être latentes (comment permettre la continuation de leur manifestation)

    c.      Les activités mentales néfastes qui sont plutôt latentes et non manifestées (comment s’occuper d’elles avant qu’elles ne se manifestent)

    d.      Les activités mentales néfastes qui se manifestent au lieu d’être latentes (comment les vaincre)

    Notez-les toutes sur une feuille de papier en vous rappelant que les éléments bénéfiques doivent être en plus grand nombre que les éléments néfastes. Ensuite montrez votre liste à un frère ou une sœur du Dharma.

     

    2.      Méditation guidée : une méditation sur la bonté aimante adressée à moi-même :

    Que je sois paisible ,heureux et léger dans mon corps et mon esprit.

    Que je sois sain et sauf dans ma vie quotidienne , épargné des accidents.

    Que je sois libre de la colère , des soucis,de la peur.

    Que je sache me regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour.

    Que je puisse reconnaître et être en contact avec les graines de la joie et du bonheur en moi .

    Que je sache me nourrir chaque jour avec de la joie .

    Que je puisse vivre dans la fraîcheur , la solidité et la sérénité .

    Que je ne tombe pas dans l’indifférence , et ne m’emprisonne pas dans l’un des deux extrêmes que sont l’attachement et  l’aversion .

     

     

    3.      Les cinq prosternations guidées (Cinq Touchers de la Terre) pour succéder directement à la méditation guidée.

     

    Deuxième Jour : Réconciliation avec mes bien-aimés

     

    1.      Avec pleine conscience, écrivons une lettre ou passons un coup de téléphone à un(e) bien-aimé(e)

     

    2.      Regardons profondément afin de :

    a.      Se rendre capable d’écrire la lettre ou de passer le coup de téléphone de telle sorte que cela soit bénéfique

    b.      Voir comment je peux aider mes bien-aimés dans l’année qui suit

     

    3.      Demandons : « Est-ce que j’ai une énergie d’habitude qui te rend malheureux(-se) ? S’il te plaît, dis-le moi pour que je puisse travailler dessus pendant l’année 2010 »

     

    4.      Méditation guidée : une méditation sur la bonté aimante dirigée vers mes bien-aimés :

               Qu’il ou elle soit paisible ,heureux et léger dans mon corps et mon esprit.

    Qu’il ou elle soit sain et sauf dans ma vie quotidienne , épargné des accidents.

    Qu’il ou elle soit libre de la colère , des soucis,de la peur.

    Qu’il ou elle sache se regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour.

    Qu’il ou elle puisse reconnaître et être en contact avec les graines de la joie et du bonheur en lui ou en elle .

    Qu’il ou elle  sache se nourrir chaque jour avec de la joie .

    Qu’il ou elle puisse vivre dans la fraîcheur , la solidité et la sérénité .

    Qu’il ou elle ne tombe pas dans l’indifférence , et ne s’emprisonne pas dans l’un des deux extrêmes que sont  l’attachement et  l’aversion .

     

     

     

    5.      Les cinq prosternations guidées (Cinq Touchers de la Terre) pour succéder directement à la méditation guidée.

     

    Troisième Jour : Réconciliation avec celui qui me fait souffrir

     

    1.      Regardons profondément afin d’être capable de voir :

    a.      Cinq choses bénéfiques sur la personne ou l’institution (église, gouvernement, etc.) qui me fait souffrir.

    b.      Quelles sont les circonstances défavorables qui ont rendu cette personne ou cette institution comme elle est.

    c.      Comment je vais pouvoir aider cette personne ou cette institution dans l’année qui vient.

     

    2.      Ecrire une lettre d’amour à la personne ou l’institution qui me fait souffrir.

     

    3.      Méditation guidée : une méditation sur la bonté aimante dirigée vers celui/celle qui me fait souffrir :

     

               Qu’il ou elle soit paisible ,heureux et léger dans mon corps et mon esprit.

    Qu’il ou elle soit sain et sauf dans ma vie quotidienne , épargné des accidents.

    Qu’il ou elle soit libre de la colère , des soucis,de la peur.

    Qu’il ou elle sache se regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour.

    Qu’il ou elle puisse reconnaître et être en contact avec les graines de la joie et du bonheur en lui ou en elle .

    Qu’il ou elle  sache se nourrir chaque jour avec de la joie .

    Qu’il ou elle puisse vivre dans la fraîcheur , la solidité et la sérénité .

             Qu’il ou elle ne tombe pas dans l’indifférence , et ne s’emprisonne pas dans l’un des deux extrêmes que sont  l’attachement et  l’aversion

     

    4.      Les cinq prosternations guidées (Cinq Touchers de la Terre) pour succéder directement à la méditation guidée.


    votre commentaire
  • Source

     

    Prière écrite par un de nos amis enseignant du Dharma

    Prière  à la Terre

     

     jasmine-happyfastwalk

     

    Je touche la Terre

    J’embrasse la Terre,

    Je passe alliance avec toi ma terre

    Je me pose en toi comme un enfant

    Terre bien-aimée, ma Terre-Mère.

     

    Tu es ma mère première et tu m’enfantes chaque jour

    Tu es ma force vive, ma mère nourricière.

    En toi je m’abandonne

    Comme un enfant dans le sein de sa mère

     

    Tu es ma mémoire millénaire en toi je rejoins les origines.

    Tu me rassembles, tu m’unifies, tu m’amplifies,

    Grâce à ta chair

    Le souffle et les atomes du début respirent

    En chacune de mes cellules.

     

    Tu es mon lien avec les générations passées présentes et futures

    Avec les règnes et les espèces, le soleil, les étoiles et le cosmos.

     

    Tu es ma solidité et ma fondation, jamais tu ne trahis ni ne déçois.

    Tu es mon sang et ma guérison, tu es mon désir d’être vivant.

     

    Tu es ma confiance dans le Sens de la vie

    Avec toi il n’est pas de printemps qui ne suive l’hiver

    Ni de renaissance qui ne suive une mort.

    Tu es toujours au rendez-vous.

     

    Tu es ma joie dans ta beauté des aubes printanières

    Dans la première neige sur mes collines

    Dans le chant du merle aux premières jonquilles

    Dans le soleil qui rosit la mer.

     

    Tu es ma patience et ma persévérance

    Même dans les plus longs hivers

    En toi le grain posé finit toujours par germer

    Si je sais en prendre soin.

     

    Tu es mon équanimité

    Tu reçois le bon comme le mauvais, le miel comme les excréments

    Tu fais des deux un champ de fleurs

    Tu transformes en paix et en or les plus grandes peurs.

     

     C’est pourquoi en toi

    Et dans ma terre intérieure, les deux réunifiées,

    Je dépose avec confiance mes souffrances

    Comme une semence confiée au limon.

     

    Nous ne sommes pas séparés,

    Tous les deux  vivants nous partageons  la même énergie,

    Nous portons tous deux des blessures et des fruits.

     

    Non seulement tu m’offres tous tes dons, mais tu me rends « recevant »

    Tu me fais coupe ouverte, tu me rends « matriciel »

    Capable de recevoir et de donner la vie.

    C’est pourquoi je te reçois avec gratitude comme je me reçois moi-même

    Dans la coupe de mon ventre.

     

    Fort de toi, je peux maintenant me dresser,

      Ouvert à l’énergie du ciel, au souffle de l’Esprit

     à la pleine conscience

    Au Sens, à la mission, au désir créateur, au choix.

     

    Tu rends ainsi possible en moi l’éclosion de la grande aspiration

    De l’amour, de la compréhension et de la compassion.

     

    Terre, je te prends à témoin  de ma détermination à marcher sans cesse

     Sur le chemin de l’Eveil

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Source

     

    Chaque méditation proposée ici est une petite conversation avec le Bouddha, dont chacun peut bénéficier en trouvant un passage qui correspond à sa propre situation.  Les présentes méditations visent à aborder les questions et les difficultés réelles d’une quadruple communauté de pratiquants, incluant moines, moniales, laïcs hommes et femmes. Ce qui nous met tous en relation, c’est notre aspiration profonde à vivre une vie éveillée, en paix et en harmonie avec nous-mêmes et les autres ; c’est notre désir de guérir les blessures qui ont marqué en profondeur notre corps et notre esprit ; c’est aussi notre engagement à servir la société. Les différents textes proposés ont été écrits par notre Maitre Thich Nhat Hanh et sont extraits d'un livre qui paraitra bientot en librairie "Conversations intimes avec le Bouddha".

    ________________________________________

     Cultiver le bonheur avec la foi juste et la diligence juste

    Cher Bouddha, je vois tant de gens souffrir dans le monde. Ils détruisent leur corps et leur esprit, simplement parce qu’ils n’ont pas encore la foi, le chemin. Comme tu nous as dit, une bête de somme croulant sous son fardeau ne souffre pas forcément, alors qu’un être humain ignorant du chemin qui est le sien dans la vie endure une véritable souffrance. Je suis conscient d’avoir beaucoup de chance: j’ai un chemin à suivre et j’en ai confiance. Chaque fois que j’applique tes enseignements dans ma vie quotidienne, je vois un soulagement et une transformation. Je sens l’énergie de la pleine conscience, de la concentration et de la vision profonde s’accroître en moi. Elle m’aide à surmonter mes blocages et ma souffrance. Ainsi ma foi est fondée sur mon expérience de vie et non sur une promesse. Cette foi en moi est une énergie basée sur une compréhension claire et non sur de la superstition. Plus j’apprends et pratique tes enseignements, cher Maître, plus ma foi se fortifie et m’apporte du bonheur. J’ai une grande foi en toi, en tes enseignements, en ta communauté de pratique et en ma vie de pratique. Je n’ai pas à avoir peur de quoi que ce soit, et c’est le plus grand des bonheurs.


    Cher Bouddha, ayant l’énergie de la foi, je fais le vœu de pratiquer la pleine conscience avec mon corps, ma parole et mon esprit afin d’avancer, dans tous mes actes, chaque jour avec force et courage sur le chemin de la transformation et de la guérison pour moi-même et pour les autres. Je suis convaincu que l’énergie de la foi peut m’aider à réaliser cette aspiration.


    En suivant tes instructions, cher Maître, je suis déterminé à pratiquer l’attention juste, c’est-à-dire à ne prêter attention qu’à des pensées, images et sons qui arrosent de bonnes graines en moi, afin de ranimer les formations mentales[1] pures et belles dans ma conscience où elles prendront la place des formations négatives. Je suis déterminé à pratiquer aussi la diligence juste. Je ne veux en aucun cas, par mes contacts ou ma consommation irréfléchie, arroser dans ma conscience les graines négatives de la violence, de la haine, de l’attachement, etc. Je ne veux laisser aucune chance à ces graines d’être arrosées, de se manifester ou de grandir. S’il arrive que mes graines négatives soient arrosées et se manifestent dans mes paroles, actes ou pensées, je chercherai tous les moyens de les renvoyer tout au fond de ma conscience sous leur forme initiale de semence. Je sais que si elles se manifestent régulièrement, elles se développeront très vite. Si elles restent longtemps dormantes au fond de ma conscience, elles ne feront que s’affaiblir. Grâce au chant, à l’étude de tes enseignements et à la fréquentation d’amis pratiquants assidus, j’invite mes formations mentales positives comme la bonté aimante, la compassion, la joie, la non-discrimination… à se manifester régulièrement. Je chercherai tous les moyens de les maintenir aussi longtemps que possible dans ma conscience mentale. Si elles se manifestent durablement et sont entretenues, elles auront la chance de grandir, de réaliser beaucoup de transformation et d’apporter le bonheur à moi-même, ainsi qu’à mon entourage.


    Cher Maître, tu m’as appris comment produire les cinq sortes d’énergie que sont la foi, la diligence, la pleine conscience, la concentration et la vision profonde. L’énergie de la foi produit celle de la diligence, qui produit à son tour celle de la pleine conscience, de la concentration et de la vision profonde, et qui, en retour, développe encore la foi[2]. Je touche la Terre devant toi, cher Bouddha, et devant mes nobles maîtres ancestraux en faisant le vœu de pratiquer chaque jour pour produire et renforcer à l’intérieur de moi ces sources d’énergie précieuse.

    Silence pendant quelques respirations

     

                Avec gratitude et de tout mon cœur, je touche la Terre devant toi, cher Bouddha, l’enseignant inégalé[3].

    1 son de cloche et on touche la Terre pendant au moins 3 respirations.

    1 demi son de cloche et on se relève.

     

                Avec gratitude et de tout mon cœur, je touche la Terre devant Mahasthamaprapta, le Bodhisattva[4] de la Grande Energie afin de recevoir son soutien.



    [1] Toute manifestation dans le mental comme l’amour, la tolérence, la colère, la jalousie, etc. Cf. Thich Nhât Hanh, Le Cœur des Enseignements du Bouddha, La Table Ronde, 2000.

    [2] Ce sont les Cinq Facultés et les Cinq Energies. Cf. glossaire et Thich Nhât Hanh, Le Cœur des Enseignements du Bouddha, La Table Ronde, 2000.

    [3] L’un des dix qualités du Bouddha.

    [4] Toute personne qui suit le chemin de l’Eveil, pour sa propre libération et pour aider les autres à se libérer.

    Arrêter la course pour revenir au moment présent

    Cher Bouddha, certains d’entre nous avons des trajets d’une heure en voiture ou en train pour aller au travail, et la même chose pour en revenir. Et une fois rentrés à la maison, malgré la fatigue, nous devons encore préparer à manger et faire le ménage. Il faut aussi penser à payer les factures, le loyer ou l’emprunt logement, l’électricité, l’eau, le téléphone, les impôts. Et puis s’ajoutent d’autres problèmes comme la maladie, le chômage, les accidents de la route… Voilà notre vie jour après jour, toujours occupée et constamment sous pression, créant en nous de la peur et de l’anxiété. La plupart d’entre nous vivons notre vie comme une course permanente. Nous nous dépêchons de finir une tâche pour vite passer à la suivante. Une tâche n’est pas finie qu’une autre apparaît, et c’est sans fin. Nous sommes également attachés à nos habitudes : nous ne supportons pas de rester oisifs ; nous remplissons tout notre temps de toutes sortes d’occupations. Cent ans passent en un éclair, comme dans un rêve. Mais je ne veux pas de ce mode de vie. Je veux vivre pleinement et librement chaque instant de ma vie quotidienne. Je veux suivre la pratique de vivre heureux dans le moment présent que tu nous as enseignée. Pour cela, je veux en faire moins et vivre de manière à ce que chaque instant m’apporte de la joie.

    Cher Maître, c’est seulement faute d’avoir vécu pleinement le moment présent, pris dans ma course perpétuelle, que je n’ai pas eu la chance de toucher toutes les merveilles de la vie. En regardant profondément, je me rends compte à quel point ces merveilles sont disponibles : une goutte de rosée, un brin d’herbe, un rayon de soleil, un nuage, jusqu’à une étoile… Dans le passé, j’ai vagabondé comme un enfant prodigue, fuyant le moment présent à la recherche d’un bonheur illusoire dans le futur. En cet instant, je suis éveillé par tes enseignements qui m’apprennent à vivre heureux dans le moment présent. Je reconnais le monde du bonheur qui est juste là, pour moi.

     

    Le monde est plein de trésors.

    Je vous offre ce matin

    Une poignée de diamants

    Qui brillent jour et nuit.

     

    Chaque minute est un joyau

    Qui renferme la terre, l’océan et le ciel.

    Il suffit d’une respiration légère

    Pour que tous ces miracles se produisent.

     

    Les oiseaux chantent, les pins murmurent et les fleurs s’épanouissent ;

    Le ciel bleu et les nuages blancs sont là ;

    Le regard brille, plein d’amour ;

    Le sourire emplit le cœur.

     

    Toi, la personne la plus riche sur Terre,

    Tu erres depuis si longtemps.

    Cesse de faire l’enfant prodigue,

    Reviens et reçois ton héritage.

     

    Offrons-nous le bonheur.

    Vivons pleinement l’instant.

    Laissons partir tout ce courant de souffrance

    Et choyons la vie au creux de nos mains[1].

     

    Silence pendant quelques respirations

     

                Corps et esprit parfaitement dans l’ici et le maintenant, je touche la Terre trois fois pour vraiment m’arrêter et entrer en contact avec les merveilles de la vie en moi et autour de moi.

    1 son de cloche et on touche la Terre pendant au moins 3 respirations.



    [1] Poème de Thich Nhât Hanh intitulé Notre véritable héritage, extrait de Une flèche, deux illusions, éditions Dangles, 2000.

    M’asseoir comme Bouddha

                Cher Maître, je rêve de m’asseoir comme toi, calme et solide. Je veux avoir une prestance comme la tienne. J’ai appris à m’asseoir le dos bien droit mais sans raideur, la tête bien droite, ni penchée vers l’avant ni vers l’arrière, les épaules détendues, les mains posées l’une sur l’autre avec légèreté. Dans cette posture, je me sens à la fois solide et détendu. Je sais qu’à mon époque, la plupart des gens sont trop occupés. Peu de gens ont la chance de s’asseoir tranquillement dans une totale liberté intérieure. Je fais le vœu de pratiquer la méditation assise de manière à ce que la joie et le bonheur soient possibles durant toute l’assise. Que je sois dans la position du lotus, du demi-lotus, en tailleur, sur les talons ou sur une chaise avec mes deux pieds bien au sol, je suis assis en personne libre. Je m’entraîne à m’asseoir tranquillement en suivant ma respiration consciente pour reconnaître et calmer mes sensations et mes émotions. Ainsi, mon corps et mon esprit se posent et s’apaisent. Avec cette pratique, j’allume la lampe de ma conscience : j’ai la chance d’unifier mon corps et mon esprit, de faire naître en moi la sensation de la joie et du bonheur. Je regarde profondément mes perceptions, mes autres formations mentales[1] lorsqu’elles se manifestent. Je contemple leur nature pour voir l’origine de leur manifestation.


                Cher Bouddha, je ne vois pas la méditation assise comme un effort à faire, qui force et emprisonne mon corps et mon esprit, ou comme un dur labeur capable de me procurer un certain bonheur dans un lointain futur. Au contraire, je suis déterminé à m’asseoir de manière à ressentir la joie et le bonheur, et à me sentir immédiatement nourri. Dans les générations passées, beaucoup de mes ancêtres génétiques n’ont jamais eu l’occasion de goûter au bonheur de l’assise en pleine conscience. Je fais le vœu de m’asseoir aussi pour eux. Je veux m’asseoir pour mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs. Si la méditation assise me nourrit, elle nourrit également ceux que j’aime. Chaque respiration, chaque moment de contemplation, chaque sourire pendant la méditation assise peut devenir un cadeau pour eux et pour moi-même, un cadeau qui nous nourrit tous en même temps. Je n’oublierai pas qu’il vaut mieux aller au lit de bonne heure pour ne pas m’assoupir pendant la méditation assise le lendemain matin. Si j’ai sommeil, je demanderai à la Sangha[2] l’autorisation de m’agenouiller pour réveiller mon corps et mon esprit et éviter de gaspiller mon temps en dormant pendant la session de méditation assise.


                Pendant le repas, pendant le partage du Dharma[3], les enseignements ou bien au travail, je m’entraînerai à m’asseoir dans la solidité et la liberté comme pendant la méditation assise. Je ne m’assoirai ni penché à droite, ni à gauche, ni appuyé contre le mur comme je l’ai fait par le passé. Sur la colline, à la plage, au pied d’un arbre, sur un rocher, dans la salle de séjour, dans le bus, dans une manifestation contre la guerre ou pendant un jeûne pour les droits de l’Homme, je m’assoirai de la même façon. Je n’irai pas m’asseoir dans des bars, des lieux de prostitution, des casinos, dans des lieux de médisance ou de bavardage, sauf dans l’intention d’y apporter de l’aide.

                Je suis déterminé à m’asseoir comme toi et pour toi, cher Bouddha, toi qui m’as donné naissance dans cette vie spirituelle. Je suis conscient que si chacun dans le monde est capable de s’asseoir calmement, la paix et le bonheur se répandront sûrement sur cette Terre.

    Silence pendant quelques respirations

     

                Corps et esprit en parfaite harmonie, je touche la Terre trois fois devant toi, mon cher Maître, et devant le Vénérable Baddhiya qui a goûté la joie et le bonheur de la méditation assise[4].

    1 son de cloche et on touche la Terre pendant au moins 3 respirations.

    1 demi son de cloche et on se relève.

     



    [1] Toute manifestation dans le mental comme l’amour, la tolérence, la colère, la jalousie, etc. Cf. Thich Nhât Hanh, Le Cœur des Enseignements du Bouddha, La Table Ronde, 2000.

    [2] Communauté de pratique.

    [3] Discussion des enseignements du Bouddha.

    [4] Avant de devenir moine, Baddhiya était gouverneur des provinces du nord dans le clan Sakya. Une fois tard le soir, pendant sa méditation assise, ce disciple du Bouddha  réalisa combien il était libre et heureux et ne put s’empêcher de s’exclamer deux fois : « Oh, quel bonheur! » Cf. Thich Nhât Hanh, Sur les traces de Siddharta, Jean-Claude Lattès, 1996, chapitre 38.

    __________________________________________________________

    Manger avec gratitude

                Cher Bouddha, je fais le vœu de faire naître en moi la gratitude chaque fois que je m’assieds à table pour le repas. Je sais que le moment du repas est aussi un moment de méditation. En mangeant, je nourris non seulement mon corps physique mais aussi ma conscience. Les mains jointes, je pratique la respiration consciente pour ramener mon esprit à mon corps. Dans cet état de concentration calme et paisible, je regarde la nourriture sur la table ou dans mon assiette, et je pratique cette contemplation :

     

    Cette nourriture est un cadeau de l’univers tout entier, de la Terre, du Ciel,

    d’innombrables êtres vivants et le fruit de beaucoup de travail.


    En tant que laïc, je dois aller travailler chaque jour pour gagner de l’argent et pouvoir ainsi nourrir ma famille. Pourtant, je n’en retire pas l’idée que cette nourriture m’appartient, ni que c’est moi qui la produis. En regardant le contenu de mon assiette, je vois très clairement que c’est un cadeau de tout le cosmos. J’y vois les rayons du soleil et la pluie. J’y vois également les plantations, les vergers de pommiers et de pruniers, les potagers, l’engrais, les abeilles et les papillons butinant de fleur en fleur, les graines semées qui deviennent plantes. J’y vois aussi celui qui fait la récolte, qui la vend et celui qui cuisine. Tous les êtres de l’univers ont contribué à l’existence de la pomme, de la prune et du morceau de pain que je tiens dans ma main. Mon cœur s’emplit de gratitude et de bonheur. En mâchant le pain et la nourriture, je cultive la pleine conscience ainsi que ce bonheur, sans me laisser entraîner dans le passé, le futur ou les pensées insignifiantes du présent. Chaque bouchée me nourrit, ainsi que mes ancêtres et mes descendants déjà présents en moi. Et j’aime mâcher la nourriture avec ce poème:

     

    En mangeant dans la dimension ultime

    Je nourris des générations d’ancêtres

    Et tous mes descendants.

    Ensemble, nous frayons un chemin

    Et nous avançons en beauté[1].

     

                Ma nourriture est faite d’aliments comestibles et d’impressions sensorielles. La nourriture comestible est le pain et tout ce qui entre dans mon corps par la bouche. La nourriture des impressions sensorielles est la joie et la compassion que je touche pendant le repas. Lorsque je mange en pleine conscience, je fais naître compassion, liberté et joie, et je nourris ainsi toute ma famille et toute la Sangha[2]. Cela correspond à la deuxième contemplation :

     

    Je mange cette nourriture en pleine conscience et avec gratitude pour être digne de la recevoir.

                En pratiquant la troisième contemplation : je reconnais et transforme mes formations mentales négatives, par exemple l’avidité, qui m’empêchent de manger avec modération. [3]


    L’excès de nourriture nuit à ma santé et à ma pratique. Si je prends mes repas dans une communauté monastique ou dans une collectivité, je me souviendrai de cette contemplation en faisant la queue pour me servir et en remplissant mon bol ou mon assiette. Cette contemplation me rappellera de ne prendre que le strict nécessaire, afin de préserver la paix et la légèreté dans mon corps. En tant que moine ou moniale, je sais que mon bol à aumône est un instrument de mesure. Alors je l’utilise pour m’entraîner à me servir une quantité juste suffisante pour moi, même si la nourriture est très appétissante…

                En regardant cette nourriture, je vois bien que c’est un cadeau de la Terre, du Ciel, et le fruit de beaucoup de travail. En tant que moine ou moniale, je vois que c’est un don qui m’est offert par des laïcs et également par toi, cher Bouddha. Le jour de mon ordination, en me donnant un bol, tu m’as dit qu’avec lui, je n’aurais plus peur d’avoir faim si je pratiquais correctement. Maintenant, à la fin de chaque repas, le bol dans mes deux mains, je me tourne vers toi pour te remercier : Merci, cher Maître, de m’avoir donné de quoi manger. Mon cœur est plein de gratitude envers toi, c’est-à-dire envers la Terre, le Ciel, tous les êtres, le dur labeur et l’amour de tant de gens, notamment ceux qui ont cuisiné ce bon repas.

    Silence pendant quelques respirations

     

    Cher Bouddha, je touche la Terre trois fois devant toi, le plus digne de respect et d’offrande[4], afin d’exprimer ma gratitude envers la Terre, le Ciel et tous les êtres, et nourrir le bonheur en moi.

    1 son de cloche et on touche la Terre pendant au moins 3 respirations.

    1 demi son de cloche et on se relève.



    [1] Poème extrait de Chants du Cœur de Thich Nhât Hanh, Sully, 2009, page 279.

    [2] Communauté de pratique.

    [3] Cf. les Cinq Contemplations dans l’annexe en fin d’ouvrage.

    [4] L’une des dix qualités du Bouddha.

     

     

     

     

     

    Samedi 30 mars 2013

     

    Thay :

    Ce matin j’ai marché comme d’habitude et pendant la marche je me dis :

    « Qu’est ce que tu cherches ? ».

    Pendant l’inspiration : « Qu’est–ce que tu cherches ? Qu’est-ce que tu cherches ? ».

    Puis Thay regarde l’audience et demande :
    « Vous cherchez quelque chose ? » et ce que vous cherchez est déjà là.

    C’est cela, c’est  cela, c’est cela et quand vous faîtes une inspiration

    vous réalisez que ce que vous cherchez est déjà là en vous et autour de vous,

    les merveilles de la vie. Est-ce que vous cherchez le Royaume de Dieu ?

    Il est là, il est disponible mais vous n’êtes pas en contact avec le Royaume.

    Il faut se mettre en contact, la nature du Bouddha, le Nirvana,

    les merveilles de la vie, la Terre Mère, le Père Soleil, tout est là pour vous

    et vous n’êtes pas là pour eux.

    Donc l’éveil, la concentration, le bonheur est possible à chaque pas, à chaque souffle.

    Au Village des Pruniers vous êtes encouragé à être heureux à chaque pas, avec chaque souffle.

    C’est une chose possible, le bonheur c’est possible, la paix c’est possible,

    la fraternité c’est possible.

    Il faut commencer à vivre.

     

    dans-le-desert.jpg



    A la Rechercher L’un de l’Autre :

    Honoré du Monde, je vous ai cherché depuis mon enfance.

    Dès mon premier souffle, j’ai entendu votre appel.

    Je suis parti à votre recherche, Bhagavan,

    J’ai parcouru tant de chemins périlleux, rencontré tant de dangers.
    Dans mes pérégrinations, j’ai enduré désespoir, peur, espoir et souvenirs.
    Vers les contrées les plus lointaines, sauvages et immenses, je suis parti,

    Sur les étendues d’étranges océans, j’ai navigué,

    Sur les plus hauts sommets perdus dans les nuages, j’ai grimpé.marche dans le desert
    j’ai plusieurs fois gît mort dans une solitude absolue sur le sable d’anciens déserts,

    J’ai tenté de retenir dans mon cœur les nombreuses larmes de pierre,

    J’ai rêvé de boire les gouttes de rosée scintillant de l’éclat des galaxies lointaines.
    J’ai  laissé des traces de pas sur les montagnes célestes des dieux.
    J’ai hurlé du fond de l’enfer Avichi, exténué, éperdu de désespoir.
    C’est parce que j’avais faim, j’avais soif.
    Au cours de mes dizaines de millions de vies,

    J’ai désiré découvrir l’image de Celui qui est parfait,

    Bien que je n’en connaisse pas exactement le lieu,

    O Béni, je sens du fond de mon cœur la mystérieuse certitude de votre présence.
    J’ai le sentiment que depuis des milliers de vies, vous et moi, n’avons été qu’un,

    Qu’entre nous il n’y a que l’éclair d’une pensée.
    Hier encore, je marchais seul, j’ai vu le chemin ancien couvert de feuilles d’automne.
    La lune brillante, accrochée au-dessus du portail, est apparue soudain comme l’image d’un vieil ami.
    Alors les étoiles tout excitées ont annoncé que vous étiez là.
    La nuit durant, la pluie de la compassion n’a cessé de tomber,

    La lumière des éclairs traversait ma fenêtre, un énorme orage s’était levé,

    Comme si la Terre et le Ciel s’emportaient dans leur furie.
    Enfin, en moi, la pluie s’est arrêtée et les nuages ont disparu.
    Par la fenêtre, je vis la lune tardive, paisible et brillante.
    Le Ciel et la Terre étaient totalement apaisés.
    En me contemplant dans le miroir de la lune, je me suis vu et soudain je vous ai vu, Bhagavan.
    Vous étiez souriant.

    Comme c’est étrange !

    La lune brillante de la liberté  venait juste de me revenir.
    En un seul instant, tout ce à quoi j’ai cru, je l’avais perdu.
    Dès lors, et à chaque instant qui suivit, je vis que rien ne m’avait quitté,

    Et qu’il n’y avait rien à retrouver.
    Chaque fleur, chaque caillou et chaque feuille me regarde et me reconnaît.chemin-de-pierre.jpg
    Où que se tourne mon regard, je vous vois sourire,

    Le sourire de ce qui ne naît ni ne meurt.
    Voilà ce que j’ai découvert en regardant dans le miroir de la lune.
    Je vous ai vu, Bhagavan,

    Vous êtes assis là, aussi solide que le Mont Mérou, aussi calme que mon propre souffle.
    Vous êtes assis comme s’il n’y avait jamais eu la violence des tempêtes en ce monde.
    Vous êtes assis en paix et libre.
    Je vous ai  trouvé Bhagavan, et je me suis trouvé.
    Je suis assis, le ciel bleu profond est silencieux,

    Les montagnes couvertes de neige sont peintes sur l’horizon, et le soleil chante sa joie.


    Vous êtes mon premier amour, Bhagavan,

    Vous êtes l’amour toujours présent, immaculé et vierge,

    Ainsi  jamais je n’aurai besoin d’un amour dont on dirait qu’il est « le dernier ».
    Vous êtes la source, le courant d’une vie spirituelle,

    Qui s’écoule depuis des millions de vies dans le samsara, mais qui reste pure comme au début.


    Vous êtes ma paix.
    Vous êtes ma solidité.
    Vous êtes ma liberté intérieure,

    Vous êtes le Bouddha,
    Vous êtes le Tathagata.
    Sans dévier,

    Je souhaite  nourrir en moi la solidité et la liberté,

    Pour les offrir à tous les êtres.
    Aujourd’hui et toujours.


    -          Poème Inédit de Thich Nhat Hanh


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique