• Jiddu Krishnamurti

    Il faut puiser à la source du silence pour regarder et écouter. (Notes de Krishnamurti)

    La plupart des livres de Krishnamurti sont des retranscriptions d’enregistrements de causeries, de dialogues, d’entretiens, de séances de questions / réponses. Seuls quelques livres ont été rédigés par Krishnamurti : les Carnets, les Commentaires sur la vie, le Journal, le Dernier journal et les Lettres aux écoles. Voici un autre écrit de sa main non publié en dehors des bulletins de la KFT et de l’ACK.

    Le passage suivant est la retranscription de sept pages manuscrites rédigées par Krishnamurti entre 1967 et 1969 ; la ponctuation originale et les tirets séparant les différents passages ont été respectés. Les paragraphes initiaux ont déjà été inclus dans certains des premiers Bulletins ; le reste est inédit.

    La méditation, si elle implique la moindre forme d’effort, n’est plus de la méditation. La méditation n’est pas un accomplissement, une pratique quotidienne répétitive soumise à un système, ni une méthode où l’on vise à atteindre un but recherché. Toute notion d’imagination et de mesure doit être définitivement bannie. La méditation n’est pas le moyen d’accéder à une fin : c’est une fin en soi. Mais pour qu’il y ait méditation, celui qui médite doit cesser d’exister.

    La méditation n’est pas une expérience, une accumulation de souvenirs en vue d’un plaisir futur. Celui qui vit l’expérience suit un itinéraire qui reste toujours limité par le cadre de ses propres projections, du temps et de la pensée. Dans cet environnement confiné de la pensée, la liberté est un concept, une formule et, dans ce cadre-là, jamais le penseur ne peut être en contact avec le mouvement de la méditation. Un mouvement n’a ni commencement ni fin, mais pour le penseur le centre demeure.

    La méditation, c’est toujours le présent ; or la pensée appartient toujours au passé. La conscience, dans sa totalité, est pensée, et ses limites étroites excluent l’état de méditation. La méditation consciente, c’est l’appréhension de plus en plus précise de ces limites, et la destruction de toute liberté ; tant que demeurent les frontières de l’esprit, il n’est point de liberté. Et ce n’est que dans la liberté qu’est la méditation.

    Sans la méditation, vous serez à jamais esclaves du temps et de son ombre portée — la souffrance. Le temps, c’est la souffrance.

    Le silence et l’amour sont indissociables. Pour comprendre, soyez silencieux.

    Méditer, c’est être vulnérable, d’une vulnérabilité qui n’a ni passé ni futur, ni hier ni lendemain. N’est vulnérable que ce qui est neuf.

    La méditation n’est pas la voie d’accès à des expériences uniques, exceptionnelles : de telles expériences mènent à l’isolement, aux processus d’enfermement liés aux souvenirs assujettis au temps, faisant obstacle à la liberté.

    La vallée était nappée de fleurs ; sur ses flancs un tapis de fleurs de toutes les couleurs possibles et imaginables s’étalait avec la richesse, la profusion qu’a la terre elle-même — avec tout son foisonnement de villes, d’usines et de prairies verdoyantes, de forêts et de verts pâturages — égalant en richesse et en beauté cette vallée. Pourtant cette abondance qui, grâce à la nature et à l’homme, foisonne à la surface du globe, est vouée à mourir pour se reconstituer à nouveau. La richesse de la méditation n’est pas le fait de la pensée ou du plaisir que suscite la pensée ; elle est ailleurs, de l’autre côté, sur l’autre versant de la fleur et du nuage. D’où jaillit une richesse incommensurable, comme celle de l’amour et de la beauté — or jamais pareilles choses ne se trouvent de ce côté-ci de la fleur et du nuage.

    Le temps, c’est la mémoire. L’extase est hors du temps. La félicité de la méditation ne s’inscrit pas dans la durée. La joie devient plaisir dès qu’elle a une continuité. A l’aune du temps des horloges, la félicité de la méditation n’est rien qu’une seconde, mais dans cette seconde s’inscrit le mouvement global de la vie hors le temps, mouvement qui n’a ni commencement ni fin. Dans la méditation, une seconde, c’est l’infini.

    KrishnamurtiSoyez loin. Loin de cet univers de chaos et de malheur, tout en vivant en son sein, sans pour autant qu’il vous atteigne. Cela n’est possible qu’à condition d’avoir l’esprit méditatif, un esprit qui tourne son regard de l’autre côté de la fleur, vers l’autre versant du nuage. L’esprit méditatif n’est lié ni au passé ni au futur, tout en jouissant de la pleine capacité de vivre en toute clarté et en toute raison dans ce monde. Le monde n’est que désordre : il n’a pour seul ordre que le désordre et pour seule morale que l’immoralité. Dans un tel univers, vaine est la quête d’une clarté et de sa mise en ordre au profit de ce monde. A peine mise en oeuvre, elle se change en ténèbres. La nature de cette clarté est sa vacuité même. C’est parce qu’elle est vide qu’elle est claire ; c’est parce qu’elle est négative qu’elle est positive. Sans savoir où vous êtes, soyez loin. Là où la notion de vous et moi n’a plus cours.

    La mort ne concerne que ceux qui possèdent, ceux qui ont une sépulture où reposer. La vie est un mouvement évoluant dans la relation et l’attachement ; la négation de ce mouvement est la mort. N’ayez ni refuge extérieur, ni refuge intérieur ; ayez une chambre, une maison, ou une famille, mais n’en faites pas une cachette, un moyen de vous fuir vous-même. Le havre que s’est créé votre esprit, en cultivant la vertu, en se livrant à la superstition des croyances, en s’exerçant à la maîtrise habile du savoir-faire ou se lançant dans l’activité, débouchera inévitablement sur la mort. Impossible d’échapper à la mort si vous appartenez à ce monde, à cette Société dont vous faites partie. Cet homme, qui est mort, là, tout près de chez vous, ou à des milliers de kilomètres, c’est vous ; depuis des années, il prépare sa mort avec le plus grand soin, comme vous. C’est ce qu’il appelle vivre — comme vous — que ce soit une vie d’efforts, une vie de souffrance, ou une plaisante comédie. Mais la mort est toujours présente, aux aguets, à l’affût. Celui qui meurt chaque jour, en revanche, est au-delà de la mort.

    Mourir, c’est aimer. La beauté de l’amour n’est ni dans les souvenirs passés ni dans les images projetées dans l’avenir. L’amour ne possède ni passé ni futur. Tout ce qui possède est mémoire, et la pensée, c’est le plaisir — qui n’est point l’amour. L’amour, avec sa passion, est juste au-delà de cette zone où évolue la société — c’est-à-dire vous. Mourez — et il est là.

    La méditation est à la fois un mouvement de l’inconnu et dans l’inconnu. Ce n’est pas vous qui êtes là, mais rien que le mouvement. Vous êtes trop insignifiant, ou trop grand pour ce mouvement que rien précède ni ne suit. Il est cette énergie avec laquelle la pensée-matière ne peut entrer en contact. La pensée est perversion car elle est le produit du passé ; elle est prisonnière des vicissitudes de tous les siècles passés, d’où son caractère confus et incertain. Quoi que vous fassiez, le connu ne pourra jamais accéder à l’inconnu. La méditation, c’est mourir au connu.

    Il faut puiser aux sources du silence pour regarder et écouter. Le silence, ce n’est pas la cessation du bruit ; le silence, ce n’est pas l’arrêt du vacarme incessant de l’esprit et du coeur ; ce n’est pas le produit ni le résultat du désir, pas plus qu’un effet de la volonté. La conscience, dans sa globalité, est un mouvement incessant et bruyant, évoluant dans des limites qu’elle s’impose elle-même. Dans ce cadre-là, tout silence ou immobilité est la cessation momentanée du bavardage, mais c’est un silence touché par le temps. Le temps, c’est la mémoire, et pour elle, le silence est de plus ou moins longue durée ; le temps et la mémoire peuvent le mesurer, lui offrir un espace, lui donner une continuité — il devient alors un jouet de plus. Mais le silence, ce n’est pas cela. Tout ce qui est élaboré par la pensée reste du domaine du bruit, et la pensée ne peut absolument pas faire silence. Elle peut se forger une image du silence et s’y conformer, la vénérer, comme elle fait pour tant d’autres images de sa fabrication. Ayant fait du silence une formule, elle le nie par là-même ; les symboles qu’elle élabore sont la négation même de la réalité. Pour que soit le silence, la pensée elle-même doit être immobile et silencieuse. Le silence, à l’opposé de la pensée, est toujours neuf. La pensée, étant toujours vieille, ne peut en aucun cas pénétrer le silence, qui est toujours neuf. Ce qui est neuf devient vieux dès que la pensée le touche. C’est en puisant aux sources de ce silence qu’il faut regarder et parler. L’anonymat véritable est issu du silence ; nulle autre humilité n’existe. Les vaniteux seront toujours des vaniteux, même s’ils se drapent dans l’humilité, ce qui fait d’eux des êtres durs et cassants. Jailli de ce silence, le mot amour prend un tout autre sens. Ce silence n’est pas là-bas quelque part : il est là où n’est point le bruit que fait l’observateur absolu.

    Seule l’innocence peut être passionnée. Les innocents ignorent la douleur, la souffrance, même s’ils ont vécu des milliers d’expériences. Ce ne sont pas les expériences qui corrompent l’esprit, mais les traces qu’elles laissent, les résidus, les cicatrices, les souvenirs. Ils s’accumulent, s’entassent les uns sur les autres, c’est alors que commence la souffrance. Cette souffrance, c’est le temps. Le temps ne peut cohabiter avec l’innocence. La passion ne naît pas de la souffrance. La souffrance, c’est l’expérience, l’expérience de la vie quotidienne, cette vie de tortures, de plaisirs éphémères, de peurs et de certitudes. Nul ne peut échapper à ces expériences, mais rien n’oblige à les laisser s’enraciner dans le terreau de notre esprit. Ce sont ces racines qui suscitent les problèmes, les conflits et les luttes incessantes. La seule issue, c’est de mourir chaque jour au jour précédent. Seul un esprit clair peut être passionné. Sans passion, on ne voit ni la brise qui joue dans le feuillage, ni l’eau éclaboussée par le soleil. Sans passion, point d’amour.

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    Voir et faire, c’est tout un. L’intervalle entre le voir et le faire est un gaspillage d’énergie, énergie qui est nécessaire pour voir — autrement dit pour faire.

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    L’amour ne peut exister que lorsque la pensée est silencieuse, immobile. La pensée est tout à fait incapable de produire ce silence. Elle peut seulement élaborer des images, des formules, des idées, mais ce silence immobile ne peut en aucun cas être touché par la pensée. La pensée, à l’opposé de l’amour, est toujours quelque chose de vieux.

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    L’organisme physique a son intelligence propre, qui s’émousse sous l’effet des habitudes de plaisir. Ces habitudes détruisent la sensibilité de l’organisme, et ainsi la finesse de l’esprit se trouve à son tour émoussée. Cet esprit peut être vigilant dans une mesure étroite et limitée, tout en étant insensible. Un tel esprit, très mesurable quant à sa profondeur, est la proie des images et des illusions. C’est à sa superficialité même qu’il doit d’être brillant. La méditation requiert un organisme délié et intelligent. L’interrelation entre l’esprit méditatif et son organisme est un jeu de réajustement perpétuel de la sensitivité. Car la méditation exige la liberté. La discipline qui lui est propre, c’est la liberté. L’attention ne peut exister que dans la liberté. Etre attentif, c’est prendre conscience de l’inattention. L’attention totale, c’est l’amour. Lui seul a la capacité de voir, voilà pourquoi voir et faire sont une seule et même chose.

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    La souffrance est l’aboutissement ultime du désir et du plaisir. Or l’amour est incompatible avec la souffrance. Ce qui est porteur de souffrance, c’est la pensée, la pensée qui donne une continuité au plaisir, qui nourrit le plaisir, le renforce. La pensée est perpétuellement en quête de plaisir, ouvrant ainsi la voie à la douleur. La vertu que cultive la pensée, c’est la voie du plaisir, qui implique l’effort et la réussite. Ce n’est pas dans le terreau de la pensée que fleurit l’ultime bien, mais dans la libération, la délivrance de toute souffrance. La fin de la souffrance, c’est l’amour.

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    L’ambition isole. Individuelle ou collective, l’ambition, quelle qu’en soient les formes, mène inévitablement aux antagonismes et aux haines poussant au repli sur soi. Lorsque la famille prend de l’importance, c’est au détriment, à l’encontre du voisin — qu’il soit tout proche où à des milliers de kilomètres ; c’est à l’encontre de l’humanité toute entière. Qu’elle soit en quête des biens de ce monde ou d’un « autre » univers, l’ambition est la même, sous des jours dissemblables. La voie de l’ambition, c’est le conflit, et le conflit, sous quelque forme que ce soit, met fin à l’essence du beau et du bon, à l’amour. L’ambition et l’amour ne peuvent cohabiter. Comment la beauté peut-elle être du côté des ambitieux ? La beauté n’existe que lorsque l’Ïil n’est pas contaminé par la pensée, car la beauté est l’essence même de la non-pensée. La beauté n’est pas une sensation, un plaisir. La beauté, comme l’amour, est l’abandon total du centre, de l’ego. La beauté est inséparable de l’amour et de la mort. Qui en elle sont contenus.

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    L’austérité n’a rien de dur, d’agressif, de brutal. Son expression extérieure n’est pas nécessairement décelable ; si elle l’est, alors c’est qu’elle est partie prenante dans tout ce cirque que l’homme cultive depuis toujours avec tant de diligence. L’austérité est un mouvement intérieur, pas une condition requise ; toute chose vivante est difficile à étudier, contrairement à une chose morte, qui peut être copiée. Une austérité intérieure profonde est indispensable pour pouvoir abandonner totalement tout le mécanisme du conflit - l’ego. Sans cette liberté-là, point d’amour ; et sans l’amour, il n’est point de beauté.

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    L’exclusion et la solitude ne sont pas synonymes ; là où il y a solitude, il n’y a pas exclusion. S’isoler, c’est élever tout autour de soi un mur de résistance, mais cela ne vous apporte nullement la solitude, qui, elle, est nécessaire. Car c’est dans la solitude que l’on commence à découvrir les mouvements de ses propres pensées-sentiments. C’est dans cette solitude que sont grandes ouvertes les portes de la perception.

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    Il est une beauté au-delà de la beauté visible aux yeux. Ce que voit le regard est assez pauvre et superficiel ; son jugement reste étroit, limité ; ce qu’il voit est conditionné par les souvenirs ; c’est une vision comparative. Mais la beauté qui ne concerne pas simplement le regard ne se trouve ni dans la nature, ni dans les livres, ni dans aucun temple, dans aucune église. Elle est en dehors et au-delà de tout cela. Pour la rencontrer, situez-vous plus loin que la pensée et le plaisir.

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    L’amour n’est jamais le plaisir. Dans le plaisir il entre toujours de la douleur et de la peur. Le plaisir n’est jamais beau. L’esprit en quête des félicités de l’amour ne trouvera que l’excitation de la pensée, les images qu’elle a façonnées. L’amour n’est pas suscité par la pensée, et lorsque tel est le cas, il n’est que sensation, désir. Le désir n’est jamais l’amour. Le désir est quête de satisfaction, sensuelle ou intellectuelle ; ce n’est pas de l’amour. La pensée et l’amour ne peuvent jamais se rejoindre ; ce sont deux mouvements différents, dont l’un détruit l’autre.

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    Poème de Krishnamurti 1929

    Les croyances ne sont que superstition. Ce qui est — c’est-à-dire le fait — n’a nul besoin de croyances, de conclusions qui empêchent de voir ce qui est. Le fait est beaucoup plus important que les conclusions que l’on tire de lui. L’acte de tirer des conclusions est totalement différent de l’action liée à ce qui est. Cette action-là est porteuse de liberté, alors que la première nous soumet au joug du temps.

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    La méditation n’est pas la voie de l’expérience. Si vous êtes en quête d’expériences plus larges, plus profondes, il faut vous soumettre, obéir. Toutes les expériences ont une fin, mais la douleur et l’attente demeurent. L’abolition, l’achèvement de la souffrance est le commencement de la sagesse, qui n’est pas le fruit de l’expérience. L’expérience ne fait que renforcer, amplifier le savoir. L’amour et l’expérience ne peuvent cohabiter.

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    Se connaître soi-même — les activités, les interminables dialogues , les fantasmes, les illusions sans fin de l’ego, le réseau des mouvements qui lui sont propres — c’est cela, abolir la souffrance. La souffrance fait obstacle à la clarté. La méditation est cette clarté dans laquelle n’entre nulle division. L’opposé est le résultat de la confusion.

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    Le sentiment est de l’ordre de la pensée ; il n’existe aucun sentiment d’où la pensée soit exclue. Mais le sentiment existe-t-il vraiment ? L’amour est dénué de sentiments car qui dit sentiment dit sensiblerie, sentimentalisme, dévotion, attachement, colère, etc. L’amour est dénué de qualités, d’attributs. L’amour n’est ni sensation ni plaisir, et dans l’amour n’entre point tout le travail du temps. L’amour est à lui-même sa propre action, sa propre éternité.

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    Être présent au monde, c’est éviter le monde.

     

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  •  "Alors que vous marchiez sur la plage les vagues étaient énormes et elles se brisaient en courbes magnifiques et puissantes.

    Vous marchiez contre le vent, et soudain vous  ressentîtes qu’il n’y avait rien entre vous et le ciel, et cette ouverture était le paradis. 

    Être si complètement ouvert, vulnérable – aux collines, à la mer et à l’homme – est l’essence même de la méditation.

    N’avoir aucune résistance, aucunes barrières intérieures envers quoi que ce soit, être vraiment libre, complètement, de toutes les envies mineures, avec tous leurs conflits et toute leur hypocrisie, c’est marcher dans la vie les bras ouverts.

    Et ce soir-là, en marchant là-bas sur ce sable humide, avec les mouettes autour de vous, vous avez ressenti le sens extraordinaire de liberté et d’ouverture ainsi que la grande beauté de l’amour qui n’était pas en vous ou en dehors de vous – mais partout."

    Krishnamurti

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    Cap Blanc Nez (Par Mr Yog)


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    "S’il vous arrive de rencontrer quelqu’un qui vous communique le goût de vivre et de faire le bien, si après avoir parlé avec lui ou l’avoir seulement écouté, vous vous sentez plein de courage et d’espoir, sachez que cela est infiniment plus précieux que si vous aviez acquis n’importe quel savoir intellectuel, car celui-ci, trop souvent, vous dessèche et vous épuise. Vivre chaque jour auprès de personnes qui vous donnent un élan, le désir d’agir, l’amour de ce que vous faites, est bien préférable que la compagnie de ceux qui sont savants comme des encyclopédies mais incapables d’éveiller en vous l’ardeur et l’enthousiasme.

    Vous direz : « Mais il y a tout de même des connaissances à acquérir dans la vie ! » Oui, bien sûr, mais si vous êtes aussi bien disposé, rempli d’amour, de joie et d’enthousiasme, l’acquisition de ces connaissances vous sera facilitée."

    Omraam Mikhaël Aïvanhov 

    Trouvé sur "Yoga de la terre"


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    En observant le monde qui nous entoure, nous constatons rapidement l’emprise de la souffrance, de la haine et de toutes les formes de destruction sur l’existence humaine.

    Nous connaissons famines, guerres, catastrophes naturelles et autres fléaux qui s’affairent à détruire tout ce à quoi nous nous attachons.


    Dès lors toute harmonie, tout confort semblent précaires, instables, prêts à céder aux coups répétés du destin.


    Plus gênant encore pour notre conscience, nous constatons le rôle particulièrement destructeur de l’être humain, qui loin de se contenter du caractère déjà nuisible d’autres sources de destruction, en rajoute encore en violence et en cruauté, étant souvent partie prenante des fléaux qu’il subit lui-même dans une spirale d’autodestruction à l’énergie proportionnelle à ses difficultés existentielles.


    Et sans être eux-mêmes les derniers des tyrans, force est de constater que bien rares sont les individus lucides et sincères qui pourraient affirmer ne jamais participer à ce mouvement.


    Ce sont ces petites mesquineries de bas étage que nous véhiculons trop souvent.

    Nous gémissons, critiquons, médisons – souvent sans réels fondements – créant notre petit nuage de pollution spirituelle dans lequel les autres doivent se débrouiller pour trouver air pur à respirer.

    Et trop souvent nous cherchons les « mauvaises » actions d’autrui pour nous justifier («c’est lui qui a commencé!»), revendiquant de ce fait le caractère purement réactif de notre comportement (hum…).


    Toujours est-il, qu’il nous semble trop souvent justifié de nous commettre dans cette bassesse ordinaire, alors même que celle des autres nous semble intolérable. La complaisance ne va que dans un sens !


    Mais pour en revenir aux fléaux majeurs précédemment évoqués, ceux-là nous sont encore moins supportables, et loin de nous remettre en cause pour comprendre pourquoi nous ne pouvons les supporter, nous préférons nous battre contre des moulins à vent, sans de nouveau manquer de donner le tord aux « autres » (l’enfer, comme disait l’autre).


    En effet une bonne partie des souffrances que nous subissons, semblent dues à notre inaptitude à faire face avec lucidité aux aléas de l’existence, trop accoutumés que nous sommes au confort(-misme) et à l’inertie.


    Nous nous endormons dans notre existence grégaire et sédentaire, et sommes fâchés quand les sirènes de la vie nous poussent à ouvrir les yeux !


    Une simple observation des processus naturels nous prouvera le caractère instable de toute chose, et pourtant nous ne cessons pas de déplorer la perte de ce qui nous est chère.


    Nous pleurons nos morts, comme-ci nous découvrions à chacune de ces pertes, le caractère mortel de l’humanité !


    Nous sommes décidément de mauvais élèves à l’école de la vie pour ne pas réussir à comprendre ce qui apparaît comme évident à celui qui a des yeux pour voir !


    Notre attitude est pour le moins contradictoire puisque, quand d’un côté nous nous activons à combattre et à nous prémunir de certains fléaux naturels (maladie, famine…), de l’autre nous optons pour des comportements résolument mortifères (violence, drogues…).


    Malgré nos efforts, nous ne semblons pas réussir à nous extraire de ces tendances opposées que nous pouvons observer dans les autres processus naturels.


    Par ailleurs, bien au-delà de nos attachements affectifs - auxquels les sentimentaux trouverons milles justifications (sic) – nous trouvons encore le moyen de nous attacher à des biens matériels, dont le caractère périssable est encore plus évident si possible, dans le sens où nous avons moins tendance avec eux qu’avec nos semblables, à projeter nos illusions d’immortalité.


    On se trouvera donc malheureux d’avoir perdu trois sous ou encore de ne pas pouvoir « se payer » cette si belle babiole dont nous avions envisagé l’acquisition.

    De quoi rire ! et pourtant j’en vois qui pleurent…

    Certes, les anciens ne s’y sont pas trompés, nous sommes toujours possédés par ce que nous possédons !


    L’ironie des désastres écologiques auxquels nous œuvrons quotidiennement (et avec quel talent !) est que nous remettons en cause l’aptitude de notre environnement à combler nos besoins vitaux (respirer, boire, manger...), au profit de caprices d’enfants gâtés et écervelés.


    Dans ce contexte les plus amusants ne sont-ils pas ceux qui tiennent pour responsable une société à laquelle ils contribuent pleinement, puisqu’ils y participent non pas par la force des choses mais par la faiblesse de leur volonté et de leur lucidité.


    Ceux-là médisent beaucoup, et participent donc à cette pollution spirituelle dénoncée plus haut, mais à moins d’être un sage, il est toujours malvenu de montrer du doigt. Faut-il qu’ils soient mal élevés, pour être si bas !


    Nous voyons donc bien que l’individu est l’architecte de sa prison, et qu’il paye le prix fort de ses attachements illusoires.

    Il est doublement responsable de son malheur, puisque ce sont ces mêmes attachements qui le rendent sensible aux périls de la vie, tout en occasionnant chez lui des comportements augmentant ces périls…

    Le serpent se mort la queue ! Gare au venin !


    Il n’y a donc pas lieu d’inciter à une quelconque révolution sociale ou politique, qui se ferait aux noms d’idéologies toutes plus destructrices et aliénantes les unes que les autres, mais de s’investir dans une révolution intérieure qui est la seule véritable révolution, apte à nous libérer de la tyrannie de notre vide existentiel.


    Soyons bien conscients que dans l’origine de notre souffrance individuelle, il n’y a pas d’ennemi clairement désigné à abattre, si ce n’est nous-même.


    Par ailleurs la projection de nos préjugés sur le monde extérieur augmente encore notre inaptitude à l’accepter, à moins plutôt que ce soit justement cette inaptitude qui soit à l’origine de ces préjugés.


    Par exemple, aux yeux de l’être épris de justice, la nature paraît bien cruelle dans ses jeux de force et ses sélections élitistes.

    L’animal faible par nature ou accident, est toujours une proie facile !
    Mais la sensibilité humaine fait que nous voyons dans le malheur d’autrui la possibilité de notre propre malheur et que refusant cette possibilité nous combattons ce que nous sommes trop faibles pour accepter.

    Sous un autre angle encore, on se rendra compte qu’il s’agit souvent d’un problème d’intensité.

    En effet, le même phénomène plus ou moins poussé sera ressenti comme positif ou négatif.
    Le feu nous réchauffe à distance respectueuse, puis nous brûle si nous allons plus loin.

    Évidement chacun réagira différemment à la même source de chaleur, suivant sa sensibilité.


    Si majoritairement les excès font peur tout en fascinant, d'aucuns à contre-courant ne se sentent « exister » que dans le paroxysme et l’intensité. « Je péris donc je suis ! », pourrait être leur devise.


    Mais c’est peut-être encore plus généralement un problème de maîtrise des phénomènes.

    Ce même feu dont nous redoutons les brûlures, nous apparaît profitable lorsqu’il s’agit de préparer nos mets.

    De même une explosion nous apparaît avant tout comme destructrice, et pourtant son énergie canalisée dans nos moteurs nous profite largement.


    Ici aussi, chacun suivant sa sensibilité, jugera du niveau de maîtrise et de connaissance d’un phénomène lui permettant d’envisager sereinement son utilisation.

    Cela allant des plus « précautionneux » aux plus « têtes brûlées », tous pensant évidemment avoir raison...

    Mais au-delà de ces jugements sur le monde extérieur, il nous vient aussi le questionnement de savoir la « bonne » attitude à endosser.


    Puisqu’il y a bien un équilibre entre les forces opposées, dont le fertile affrontement génère la vie dans une dialectique apparente création/destruction, comment juger nos actes sans connaître leurs réelles répercussions à l’avance, les plus destructeurs à première vue pouvant se révéler les plus positifs à plus long terme, et vice-versa.


    Sans doute ici encore il ne faut pas chercher la réponse ailleurs qu’en soi-même, mais en veillant à ne pas confondre ce « soi-même » qui est notre vocation profonde, avec l’ensemble de nos attachements idéologiques, et autres préjugés et croyances.


    Il ne s’agit donc pas d’être « pour » ou « contre » - suivant de quelconques principes, illusoires par essence - mais d’être « avec » la vie et cette pulsion qu’elle nous inspire au cœur de notre être.


    Ce sont donc l’intuition et l’instinct qui nous guident sans erreur, la raison ne devant se contenter de nous aider à concrétiser cette pulsion primordiale sans s'y opposer.


    Mais que l’on ne se trompe pas sur ces mots, ceci ne devient possible qu’après une révolution intérieure.


    Toute véritable écoute de soi-même sera avant cela impossible dans le brouhaha de la conscience.


    L’être, une fois réconcilié avec la vie, n’aura plus à craindre ses revers, devenu apte à jouir de l’instant présent.


    Observons donc sans nous voiler la face, le champ de bataille qu’est l’existence et apprenons à nous comporter comme de vaillants guerriers, ivres d’aventures, d'idéal, de liberté et de passions et ennemis de tous les cloisonnements et conditionnements.

     


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  •  La vie, un sport divin

     

    Brisez le joug auto-créé
    de l'inquiétude et de l'anxiété.

    Chaque chose suit son propre cours.
    La vie est un sport divin.
    Jouons-le en conséquence.

    La vie est un merveilleux déploiement
    de chagrin et d'exultation.

    Quand tout a été dit,
    alors, la vie n'est rien d'autre
    que le produit de notre propre mental.

    Immergez le mental dans sa source.
    C'est la voie vers le vrai bonheur.

     

    Poème de Paramahamsa Satyananda

     


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  •  

     

    "Il y a une chose que je sais en toute vérité et certitude ,
    c'est que mon cœur aime infiniment plus que mon
    intelligence ne peut comprendre."

    Padre Pio

     


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  • http://media.24matins.fr/2014/01/mto-france-pluie-660x401.jpg

     Violente averse

    Mets-toi face à la pluie, laisse ses rayons de fer te pénétrer,
    glisse dans l’eau qui veut t’emporter, mais ne bouge pas, reste droit et
    attends le soleil qui va couler à flots, subitement et sans fin.

    Franz Kafka, Journal, 27 mai 1914.

     

    Peut-on trouver une forme de sérénité dans un monde qui souffre et où tant d’êtres humains sont sur le carreau ? Comment, en effet, vivre en étant pieds et poings liés au nihilisme du capitalisme financier, qu’il faut appeler la dictature de la rentabilité, car il tient pour rien ce qui ne se comptabilise pas, ce qui ne se gère pas ? Ce livre vise à répondre à cette question. Nous avons certes le choix. Nous pouvons nous lancer à corps perdu dans la bataille. Sans relâche. Nous faisons alors de la sérénité un à-côté de la vie, un loisir. Jouissons de l’instant présent et accumulons les profits. Soyons zen pour être plus efficace. De toute façon, il n’y a rien d’autre à faire.
    Ou alors, nous pourrions ouvrir les portes et les fenêtres de la maison et de notre propre esprit. Être prêt à assumer que le monde est tendre, c’est à dire fragile, et donc nécessairement poignant.

    Il nous regarde et nous appelle. Ce n’est certes pas parfaitement confortable, mais pouvons-nous lui fermer la porte au nez ? Nous avons le choix. Voulons-nous vivre avec des œillères ou sommes-nous prêts à assumer une forme de lucidité ? Le plus souvent, quand je parle de cet engagement, on me répond que la lucidité se paye au prix fort. Qu’elle nous rend vulnérable, et que c’est difficilement soutenable. Je voudrais ici défendre cette lucidité. Et montrer que, en vérité, la refuser ne fait que ronger la vie en nous. Nous pourrions certes avoir l’air épanoui, avoir « réussi », notre cœur n’en sera pas moins en cendres. Tout être humain dans son for intérieur – même s’il ne veut pas le reconnaître – le sait. Chacun sait très bien quand il fait semblant. Quand il passe à côté de l’essentiel.

    La vulnérabilité n’est pas aussi effrayante que nous le croyons. Au contraire. Mais il faut distinguer deux aspects de la vulnérabilité. La première nous laisse sans la moindre ressource. Nous sommes à la merci de tout. Terrassé à la moindre bourrasque. Sans aucun appui. La seconde, en revanche, est pure richesse. Elle témoigne de notre capacité à ne pas avoir besoin d’avoir toujours raison, à ne pas avoir besoin d’être toujours en sécurité et donc à pouvoir accueillir le vent comme la pluie. C’est cette vulnérabilité-là que je voudrais réhabiliter.

    Cioran l’écrit :

    Nous ne devrions pas nous modeler sur le sage mais sur l’enfant, nous rouler par terre et pleurer toutes les fois que nous en avons envie. […] Pour avoir désappris les larmes, nous sommes sans ressources – inutilement rivés à nos yeux. Dans l’Antiquité, on pleurait ; de même au Moyen Âge ou pendant le Grand Siècle (le roi s’y entendait bien, à en croire Saint-Simon) 1.

    Cette vulnérabilité nous garde du fanatisme qui partout s’impose. Elle pense sa propre limite. Elle accepte de ne pas tout pouvoir. De ne pas tout savoir. Elle a le visage de la pudeur qui nous accorde à l’essentiel – sans chercher à le cerner, à le capturer ou à le posséder. Elle est ainsi le socle de toute éthique possible. Il faut lui donner droit. Voulons-nous devenir les fonctionnaires de la dictature de l’utilité, insensibles, seulement soucieux des règlements et des usages, obsédés par le souci de n’être jamais pris en défaut, de ne prendre aucun risque, de garder toujours une contenance, ou sommes-nous prêts à accepter la vulnérabilité de notre être et la tendresse du monde ?

    Cette tendresse du monde apparaît à celui, et à lui seulement, qui est prêt à quitter la prison du moi – que j’appelle ici le moi-moi-même-et-encoremoi.
    Le phénomène est étrange. Le moi-moimême- et-encore-moi ne signifie nullement que je prenne soin de moi, mais implique la recherche du confort à tout prix et de la sécurité totale que Kafka décrit, pour sa part, comme l’enfermement dans un terrier. Or, comme un tel projet ne peut jamais aboutir, nous sommes obligés de déployer des efforts de plus en plus frénétiques. Voilà le nihilisme qui signe notre temps.
    Et plus nous cédons à cette tyrannie du moi, moins nous sommes réellement en rapport à qui nous sommes. C’est une blague cosmique ! Nous voulions simplement le bonheur, et cet effort ne fait que nous en éloigner.

    Comme l’écrit René Char, « une intolérance démente nous ceinture. Son cheval de Troie est le mot bonheur. Et je crois cela mortel ». Les usages de la consommation en témoignent. J’ai beau chercher à me satisfaire, je n’y parviens jamais.

     

    Il nous faut affronter la nuit si nous voulons découvrir la lumière.

    Il nous faut entrer dans la douleur si nous voulons la guérir.

    C’est le refus de l’obscur qui est intolérance.

     

    http://static.hitek.fr/img/actualite/odeur-pluie5.jpg

     

    Nier l’angoisse qui saisit tout être humain du simple fait qu’il est mortel, c’est ne plus vivre. Le socle de notre civilisation, comme en témoigne la tragédie grecque, et en vérité tout art, repose sur le fait de se relier à l’angoisse de façon directe et réaliste.
    Mais c’est aussi la parole véritable du Christ, du Bouddha ou encore d’Orphée qui vit dans chaque grand poète. Il faut ne pas avoir peur de la nuit pour y trouver demeure. Il faut traverser les enfers pour porter au jour une parole qui libère même les pierres. Il nous faut accepter d’être des êtres humains.

    Dans ce livre, j’évoque plus particulièrement Franz Kafka. Pour la plupart des gens, il est par excellence le maître de l’absurde, si ce n’est celui de la déprime. Cette perspective est fausse. Elle provient d’un violent aveuglement : considérer qu’approcher la souffrance et l’obscur est morbide. En réalité, c’est tout l’inverse. Seul celui qui voit la vérité de l’obscur peut trouver un chemin. Tel est le sens de la phrase que j’ai mise en exergue de ce livre :

     « Violente averse. Mets-toi face à la pluie, laisse ses rayons de fer te pénétrer, glisse dans l’eau qui veut t’emporter, mais ne bouge pas, reste droit et attends le soleil qui va couler à flots, subitement et sans fin. »

    Kafka nous montre ici ce qu’est une espérance réelle. L’espérance ne consiste pas à attendre un futur idéalisé, à projeter dans l’avenir ce que nous aimerions, mais à voir le possible au sein du présent.
    Et à rester droit. L’espérance laisse l’avenir ouvert… Sans préjuger de ce qu’il peut ou non nous accorder.
    Nous avons tant de mal à l’entendre. Car notre temps est profondément réfractaire à toute espérance. Il veut transformer le monde en équations et fixer un prix à tout ce qui est : arbres et rivières, éléments naturels, et même États et personnes… J’ai écrit ce livre pour qu’une porte puisse s’ouvrir qui ne soit pas un leurre. Pour montrer que le courage est possible. Que chacun de nous, ici et maintenant, n’est pas entièrement démuni.
    Tel est l’enjeu de ce livre. Mais pour comprendre le chemin que je vous invite à faire, il importe de laisser tomber les idées reçues sur la littérature. Ne pas croire qu’elle ne vous concerne pas. Qu’elle est un exercice intellectuel ou esthétique.

    Dans le cas d’un écrivain comme Kafka, la littérature parle du plus simple et du plus important. C’est à dire de vous, car elle voit au coeur du pire ce qui libère.
    Ne cherchons pas de nouveaux gourous ou maîtres à penser, mais des hommes et des femmes qui acceptent leur propre vulnérabilité. Car il ne faudrait pas entrer dans la nuit en serrant les dents, avec angoisse. Il faut l’aborder avec nuance et tendresse – en acceptant de faire confiance à son obscurité, où plus rien ne se montre avec évidence. Nous avons besoin de personnes qui ne nous demandent rien, mais nous invitent avec elles. Qui fassent confiance. Simplement. Qui ne proposent pas de nouveaux slogans, des recettes et des solutions. Nous n’avons pas besoin de pouvoirs, de transparences et de contrôles supplémentaires, mais d’une parole nue. D’une main tendue. D’une parole qui dise la vérité. Alors pourrait apparaître la possibilité d’un éveil. La découverte d’une spiritualité authentique qui n’est autre que la tendresse qui réside dans l’arche du ciel et dans la paume de la main, dans notre propre cœur et dans le visage avenant du monde.

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     Fabrice Midal

     

    La tendresse du monde, l'art d'être vulnérable

     

     


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    «Les gens ont l'idée préconçue que pour accéder à la spiritualité, il faut devenir une sorte d'illuminé indifférent au monde. Mais, encore une fois, ce n'est pas ainsi que les choses se passent. Devenir un être pleinement réalisé ne signifie pas que l'on ne ressent plus rien, que l'on n'éprouve plus d'émotions : on conserve son identité et sa personnalité, mais on cesse tout simplement d'y croire. Les grands lamas qu'on rencontre sont les gens les plus vivants du monde. Cela s'explique par le fait que les noeuds que l'on a forgés et qui nous inhibent se sont dénoués et que la nature de l'esprit, authentique et spontanée, resplendit. Cet état de bouddha n'est pas une sorte de néant vide, il est au contraire débordant de compassion, de joie et d'humour. Il est merveilleusement léger. Il est aussi extrêmement sensible et profondément intelligent.
     
    Il y a la pensée et le fait d'être conscient de cette pensée. Et la différence entre les deux est considérable. Énorme... En temps normal, nous nous identifions tellement à nos pensées et à nos émotions que nous nous confondons avec elles. Nous sommes le bonheur, nous sommes la colère, nous sommes la peur. Il faut que nous apprenions à prendre du recul et à reconnaître que nos pensées et nos émotions ne sont que des pensées et des émotions. Elles ne sont que des états mentaux. Elles n'ont pas de solidité, elles sont transparentes. Il faut en être conscient, le savoir véritablement afin de ne pas s'identifier avec le sujet connaissant. Il faut savoir que la conscience connaissante n'est pas une personne au sens d'une entité autonome et permanente.»


     Extrait du livre "Un ermitage dans la neige" (NiL éditions).




    10 commentaires
  • http://a402.idata.over-blog.com/3/34/61/52/Flore/coquelicot_IMG_6843_NB.jpg

    La tristesse peut devenir une expérience très enrichissante. Pourquoi ne pas entrez en elle et voir ce qu´il en est ?

    Toutes les fois où nous nous sentons triste, asseyons-nous silencieusement et permettons à la tristesse de venir, n´essayons pas de nous en échapper. La tendance ordinaire est de ne pas la permettre, de trouver quelques moyens et façons de sorte que nous puissions regarder ailleurs (aller au restaurant, à la piscine, rencontrer des amis, lire un livre ou aller voir un film, jouer de la guitare) faire quelque chose, de sorte que nous puissions être occupé et notre attention portée ailleurs.

    Nous devons nous souvenir de ceci - lorsque nous nous sentons triste, ne perdons pas l´occasion. Ainsi vivons d´abord la tristesse pendant quelques temps et au moment où le dynamisme de la tristesse disparaîtra, nous nous sentirons très calme, paisible - comme l´on se sent après un orage.

    Asseyons-nous alors silencieusement dans ce moment et apprécions le silence qui vient de lui-même. Nous ne l´avons pas apporté, nous apportions la tristesse! Lorsque la tristesse s´en va, dans le sillage, le silence se pose.

    Écoutons ce silence. Fermons nos yeux. Percevons-le... sa texture même... son parfum. Et si nous nous sentons heureux ? Alors, chantons, dansons notre joie.


     

    Inspiré d'un texte d'Osho.


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  • https://arcencielponeysettamere.files.wordpress.com/2011/06/jeune-fille-a-la-fenetre-dali.jpg?w=645

     

     

      Je n’aime pas

    Ceux qui ne peuvent toucher le cœur qu'en le froissant

    Je leur préfère ceux qui par transmission de confiance et d'amour parviennent à gonfler les cœurs d'amour et de confiance permettant par là-même, les envolées responsables de l'éveil des vies jusqu'alors latentes ...

    Je n'aime pas ceux qui par autorité décident que seule leur façon de vivre est à transmettre

    Je leur préfère ceux qui hésitent et réfléchissent à savoir le bien fondé de l'universalité des modes de fonctionnement de toute vie ...

    Je n'aime pas la contrainte abusive, même si la contrainte est parfois nécessaire

    Je n'aime pas l'autorité absolue, même si une autorité discutée s'avère obligée pour sortir de conflits

    Je n'aime pas le mépris, tenant compte que la différence soit source d'enrichissement

    Je n'aime pas qu'au nom d'une raison quelconque toujours bien justifiée, on s'évertue à vouloir imposer

    un conditionnement normalisateur

    Je n'aime pas toutes ces choses qui tuent sans le dire l'éclosion de la vie en l'homme

    Je n'aime pas les portes fermées, les fenêtres endeuillées de volets, ...

    Comme le disait Brel,

    elles empêchent la lumière de l'été d'entrer ... 

    Marie-Claude 

     

     

     


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