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    http://4.bp.blogspot.com/_wPcYJQxEJGo/TVLmbwLYHyI/AAAAAAAADXU/nCrqmrhumzQ/s1600/christiane+singer.jpg

     

       (Vidéo ici)


    Christiane Singer:


    "Ne laisse aucune trace de ta souffrance sur cette terre si tu veux vraiment faire quelque chose pour ce monde "


    Ce qui veut dire que nous devons faire le deuil de toutes nos souffrances passées, c'est à dire que là où la rancoeur, la rancune ou encore la jalousie du passé a causé de grandes douleurs,  y mettre maintenant le pardon, la paix, l'amour, car toutes ces douleurs sont souvent la conséquence d'un trop grand orgueil et empoisonnent notre vie au présent. Ne laissons rien derrière nous si nous voulons oeuvrer à améliorer le monde. Cela est simplement une décision.

     

     

     

     

     

     http://www.mercijetaime.fr/ne-laisse-aucune-trace-de-ta-souffrance-sur-cette-terre-a3863732

     

     

     


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    Dans notre relation à autrui, nous devons, nous dit Eckhart Tolle, rester entièrement présent sans se référer au passé; sinon, on ne fait que calquer des schémas de pensées sur une situation totalement nouvelle. En demeurant ancré dans le présent, nous donnons à l'autre la possibilité d'être ce qu'il est en ce moment même et, à nous, de ne pas fonctionner sur un mode réactif basé sur un passé qui n'a plus lieu d'être.

    Eckhart Tolle souligne que rester présent à soi lorsqu'on est face à quelqu'un avec qui l'on a partagé un passé commun relève d'une gageure, car plus le passé partagé avec quelqu'un est long, plus les vieux schémas et les vieilles habitudes comportementales ont tendance à ressurgir.

     

     

     


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    Les émotions

     

     

     

    La personne est une fantaisie

     

     

     

    Eloignement

     

     

     

     

     


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    Jules Supervielle, poète de la connaissance de soi, est aussi celui de la compassion pour tous les êtres qui souffrent, comme cette petite fille définitivement solitaire, perdue dans un village voué à l'océan....

     

    Trouvé chez Accouphène

     

     

    L'Enfant de la haute mer est un recueil de huit nouvelles de l'écrivain français Jules Supervielle. Il a paru en 1931 aux éditions de la Librairie Gallimard (aujourd'hui les éditions Gallimard). Il reprend cinq contes parus en revue (entre 1924 et 1930) et en ajoute trois inédits. Tous évoquent des personnages en marge avec des éléments de fantastique.

     

    L'Enfant de la haute mer est une petite fille prisonnière d'une rue flottante, suscitée par la force du souvenir de son père, qui songe à sa fille morte, alors qu'il effectue un voyage en mer. L'Inconnue de la Seine (inspiré du fait-divers éponyme) est une jeune femme noyée qui dérive jusqu'au fond de l'océan où elle doit apprendre à vivre selon les coutumes des autres noyés. Les Boiteux du ciel sont un couple qui s'est raté dans la vie et se retrouve après leur mort dans un espace céleste où s'ennuient les Ombres des anciens habitants de la Terre.

     

    Wikipedia

     

     

    Comment s'était formée cette rue flottante? Quels marins, avec l'aide de quels architectes, l'avaient construite dans le haut Atlantique à la surface de la mer, au-dessus d'un gouffre de six mille mètres ? Cette longue rue aux maisons de briques rouges si décolorées qu'elles prenaient une teinte gris-de-France, ces toits d'ardoise, de tuile, ces humbles boutiques immuables ? Et ce clocher très ajouré ? Et ceci qui ne contenait que de l'eau marine et voulait sans doute être un jardin clos de murs, garnis de tessons de bouteilles, par-dessus lesquels sautait parfois un poisson ?
    Comment cela tenait-il debout sans même être ballotté par les vagues ?
    Et cette enfant de douze ans si seule qui passait en sabots d'un pas sûr dans la rue liquide, comme si elle marchait sur la terre ferme ? Comment se faisait-il... ?
    Nous dirons les choses au fur et à mesure que nous les verrons et que nous saurons. Et ce qui doit rester obscur le sera malgré nous.

    A l'approche d'un navire, avant même qu'il fût perceptible à l'horizon, l'enfant était prise d'un grand sommeil, et le village disparaissait complètement sous les flots. Et c'est ainsi que nul marin, même au bout d'une longue-vue, n'avait jamais aperçu le village ni même Soupçonné son existence.
    L'enfant se croyait la seule petite fille au monde. Savait-elle seulement qu'elle était une petite fille ?
    Elle n'était pas très jolie à cause de ses dents un peu écartées, de son nez un peu trop retroussé, mais elle avait la peau très blanche avec quelques taches de douceur, je veux dite de rousseur. Et sa petite personne commandée par des yeux gris, modestes mais très lumineux, vous faisait passer dans le corps, jusqu'à l'âme, une grande surprise qui arrivait du fond des temps.
    Dans la rue, la seule de cette petite ville, l'enfant regardait parfois à droite et à gauche comme si elle eût attendu de quelqu'un un léger salut de la main ou de la tête, un signe amical. Simple impression qu'elle donnait, sans le savoir, puisque rien ne pouvait venir, ni personne, dans ce village perdu et toujours prêt à s'évanouir.
    De quoi vivait-elle ? De la pêche ? Nous ne le pensons pas. Elle trouvait des aliments dans l'armoire et le garde-manger de la cuisine, et même de la viande tous les deux ou trois jours. Il y avait aussi pour elle des pommes de terre, quelques autres légumes, des oeufs de temps en temps.
    Les provisions naissaient spontanément dans les armoires. Et quand l'enfant prenait de la confiture dans un pot, il n'en demeurait pas moins inentamé, comme si les choses avaient été ainsi un jour et qu'elles dussent en rester là éternellement.
    Le matin, une demi-livre de pain frais, enveloppé dans du papier, attendait l'enfant sur le comptoir de marbre de la boulangerie, derrière lequel elle n'avait jamais vu personne, même pas une main, ni un doigt, poussant le pain vers elle.
    Elle était debout de bonne heure, levait le rideau de métal des boutiques (ici on lisait: Estaminet et là: Forgeron ou Boulangerie Moderne, Mercerie), ouvrait les volets de toutes les maisons, les accrochait avec soin à cause du vent marin et, suivant le temps, laissait ou non les fenêtres fermées. Dans quelques cuisines elle allumait du feu afin que la fumée s'élevât de trois ou quatre toits.
    Une heure avant le coucher du soleil elle commençait à fermer les volets avec simplicité. Et elle abaissait les rideaux de tôle ondulée.
    L'enfant s'acquittait de ces tâches, mue par quelque instinct, par une inspiration quotidienne qui la forçait à veiller à tout. Dans la belle saison, elle laissait un tapis à une fenêtre ou du linge à sécher, comme s'il fallait à tout prix que le village eût l'air habité, et le plus ressemblant possible.
    Et toute l'année, elle devait prendre soin du drapeau de la mairie, si exposé.
    La nuit, elle s'éclairait de bougies, ou causait à la lumière de la lampe. On trouvait aussi l'électricité dans plusieurs maisons de la ville, et l'enfant tournait les commutateurs avec grâce et naturel.
    Une fois elle fit, au heurtoir d'une porte, un Nœud de crêpe noir. Elle trouvait que cela faisait bien.
    Et cela resta là deux jours, puis elle le cacha.
    Une autre fois, la voilà qui se met à battre du tambour, le tambour du village, comme pour annoncer quelque nouvelle. Et elle avait une violente envie de crier quelque chose qu'on eût entendu d'un bout à l'autre de la mer, mais sa gorge 'se serrait, nul son n'en sortait. Elle fit un effort si tragique que son visage et son cou en devinrent presque noirs, comme ceux des noyés. Puis il fallut ranger le tambour à sa place habituelle, dans le coin gauche, au fond de la grande salle de la mairie.
    L'enfant accédait au clocher par un escalier en colimaçon aux marches usées par des milliers de pieds jamais vus. Le clocher qui devait bien avoir cinq cents marches, pensait l'enfant (il en avait quatre-vingt-douze), laissait voir le ciel le plus qu'il pouvait entre ses briques jaunes. Et il fallait contenter l'horloge à poids en la remontant à la manivelle pour qu'elle sonnât vraiment les heures, jour et nuit.
    La crypte, les autels, les saints de pierre donnant des ordres tacites, toutes ces chaises à peine chuchotantes qui attendaient, bien alignées, des êtres de tous les âges, ces autels dont l'or avait vieilli et désirait vieillir encore, tout cela attirait et éloignait l'enfant qui n'entrait jamais dans la haute maison, se contentant d'entrouvrir parfois la porte capitonnée, aux heures de désœuvrement, pour jeter un regard rapide à l'intérieur, en retenant son souffle.
    Dans une malle de sa chambre se trouvaient des papiers de famille, quelques cartes postales de Dakar, Rio de Janeiro, Hong Kong, signées : Charles ou C. Liévens, et adressées à Steenvoorde (Nord). L'enfant de la haute mer ignorait ce qu'étaient ces pays lointains et ce Charles et ce Steenvoorde.
    Elle conservait aussi, dans une armoire, un album de photographies. L'une d'elles représentait une enfant qui ressemblait beaucoup à la fillette de l'Océan, et souvent celle-ci la contemplait avec humilité: c'était toujours l'image qui lui paraissait avoir raison, être dans le vrai; elle tenait un cerceau à la main. L'enfant en avait cherché un pareil dans toutes les maisons du village. Et un jour elle pensa avoir trouvé: c'était un cercle de fer d'un tonneau, mais à peine eut-elle essayé de courir avec lui dans la rue marine que le cerceau gagna le large.
    Dans une autre photographie, la petite fille se montrait entre un homme revêtu d'un costume de matelot et une femme osseuse et endimanchée. L'enfant de la haute mer qui n'avait jamais vu d'homme ni de femme, s'était longtemps demandé ce que voulaient ces gens, et même au plus fort de la nuit, quand la lucidité vous arrive parfois tout d'un coup, avec la violence de la foudre.
    Tous les matins elle allait à l'école communale avec un grand cartable enfermant des cahiers, une grammaire, une arithmétique, une histoire de France, une géographie.
    Elle avait aussi de Gaston Bonnier, membre de l'Institut, professeur à la Sorbonne, et Georges de Layens, lauréat de l'Académie des Sciences, une petite flore contenant les plantes les plus communes, ainsi que les plantes utiles et nuisibles avec huit cent quatre-vingt-dix-huit figures.
    Elle lisait la préface :
    « Pendant toute la belle saison, rien n'est plus aisé que de se procurer, en grande quantité, les plantes des champs et des bois. »
    Et l'histoire, la géographie, les pays, les grands hommes, les montagnes, les fleuves et les frontières, comment s'expliquer tout cela pour qui n'a que la rue vide d'une petite ville, au plus solitaire de l'Océan. Mais l'Océan même, celui qu'elle voyait sur les cartes, elle ne savait pas se trouver dessus, bien qu'elle l'eût pensé un jour, une seconde. Mais elle avait chassé l'idée comme folle et dangereuse.
    Par moments, elle écoutait avec une soumission absolue, écrivait quelques mots, écoutait encore, se remettait à écrire, comme sous la dictée d'une invisible maîtresse. Puis l'enfant ouvrait une grammaire et restait longuement penchée, retenant son souffle, sur la page 60 et l'exercice CLXVIII, qu'elle affectionnait. La grammaire semblait y prendre la parole pour s'adresser directement à la fillette de la haute mer :
    - Etes-vous ? - pensez-vous ? - parlez-vous ? - voulez-vous ? - faut-il s'adresser ? - se passe-t-il - accuse- t-on ? - êtes-vous coupable ? - est-il question ? - tenez-vous ce cadeau ? eh! -vous plaignez-vous ?
    (Remplacez les tirets par le pronom interrogatif convenable, avec ou sans préposition.)

    Parfois l'enfant éprouvait un désir très insistant d'écrire certaines phrases. Et elle le faisait avec une grande application.
    En voici quelques-unes, entre beaucoup d'autres :
    - Partageons ceci, voulez-vous ?
    - Écoutez-moi bien. Asseyez-vous, ne bougez pas, je vous en supplie .
    - Si j'avais seulement un peu de neige des hautes montagnes la journée passerait plus vite. - Écume, écume autour de moi, ne finiras-tu pas par devenir quelque chose de dur ?
    - Pour faire une ronde il faut au moins être trois.
    - C'étaient deux ombres sans tête qui s'en allaient sur la route poussiéreuse.
    - La nuit, le jour, le jour, la nuit, les nuages et les poissons volants.
    - J'ai cru entendre un bruit, mais c'était le bruit de la mer .
    Ou bien elle écrivait une lettre où elle donnait des nouvelles de sa petite ville et d'elle-même. Cela ne s'adressait à personne et elle n'embrassait personne en la terminant et sur l'enveloppe il n 'y avait pas de nom.
    Et la lettre finie, elle la jetait à la mer -non pour s'en débarrasser, mais parce que cela devait être ainsi -et peut-être à la façon des navigateurs en perdition qui livrent aux flots leur dernier message dans une bouteille désespérée.
    Le temps ne passait pas sur la ville flottante : l'enfant avait toujours douze ans. Et c'est en vain qu'elle bombait son petit torse devant l'armoire à glace de sa chambre. Un jour, lasse de ressembler avec ses nattes et son front très dégagé à la photographie qu'elle gardait dans son album, elle s'irrita contre elle-même et son portrait, et répandit violemment ses cheveux sur ses épaules espérant que son âge en serait bouleversé. Peut-être même la mer, tout autour, en subirait-elle quelque changement et verrait-elle en sortir de grandes chèvres à la barbe écumante qui s'approcheraient pour voir.
    Mais l'Océan demeurait vide et elle ne recevait d'autres visites que celles des étoiles filantes.
    Un autre jour il y eut comme une distraction du destin, une fêlure dans sa volonté. Un vrai petit cargo tout fumant, têtu comme un bull-dog et tenant bien la mer quoiqu'il fût peu chargé (une belle bande rouge éclatait au soleil sous la ligne de flottaison), un cargo passa dans la rue marine du village sans que les maisons disparussent sous les flots ni que la fillette fût prise de sommeil.
    Il était midi juste. Le cargo fit entendre sa sirène, mais cette voix ne se mêla pas à celle du clocher. Chacune gardait son indépendance.
    L'enfant, percevant pour la première fois un bruit qui lui venait des hommes, se précipita à la fenêtre et cria de toutes ses forces :
    « Au secours! »
    Et elle lança son tablier d'écolière dans la direction du navire.
    L 'homme de barre ne tourna même pas la tête. Et un matelot, qui faisait sortir de la fumée de sa bouche, passa sur le pont comme si de rien n'était. Les autres continuèrent de laver leur linge, tandis que, de chaque côté de l'étrave, des dauphins s'écartaient pour céder la place au cargo qui se hâtait.
    La fillette descendit très vite dans la rue, se coucha sur les traces du navire et embrassa si longuement son sillage que celui-ci n'était plus, quand elle se releva, qu'un bout de mer sans mémoire, et vierge. En rentrant à la maison, l'enfant fut stupéfaite d'avoir crié: « Au secours! » Elle comprit alors seulement le sens profond de ces mots. Et ce sens l'effraya. Les hommes n'entendaient-ils pas sa voix ? Ou ils étaient sourds et aveugles, ces marins ? Ou plus cruels que les profondeurs de la mer ?
    Alors une vague vint la chercher qui s'était toujours tenue à quelque distance du village, dans une visible réserve. C'était une vague énorme et qui se répandait beaucoup plus loin que les autres, de chaque côté d'elle-même. Dans le haut, elle portait deux yeux d'écume parfaitement imités. On eût dit qu'elle comprenait certaines choses et ne les approuvait pas toutes. Bien qu'elle se formât et se défît des centaines de fois par jour, jamais elle n'oubliait de se munir, à la même place, de ces deux yeux bien constitués. Parfois, quand quelque chose l'intéressait, on pouvait la surprendre qui restait près d'une minute la crête en l'air, oubliant sa qualité de vague, et qu'il lui fallait se recommencer toutes les sept secondes.
    Il y avait longtemps que cette vague aurait voulu faire quelque chose pour l'enfant, mais elle ne savait quoi. Elle vit s'éloigner le cargo et comprit l'angoisse de celle qui restait. N'y tenant plus, elle l'emmena non loin de là, sans mot dire, et comme par la main.
    Après s'être agenouillée devant elle à la manière des vagues, et avec le plus grand respect, elle l'enroula au fond d'elle-même, la garda un très long moment en tâchant de la confisquer, avec la collaboration de la mort. Et la fillette s'empêchait de respirer pour seconder la vague dans son grave projet.
    N'arrivant pas à ses fins, elle la lança en l'air jusqu'à ce que l'enfant ne fût pas plus grosse qu'une hirondelle marine, la prit et la reprit comme une balle, et elle retombait parmi des flocons aussi gros que des oeufs d'autruche.
    Enfin, voyant que rien n'y faisait, qu'elle ne parviendrait pas à lui donner la mort, la vague ramena l'enfant chez elle dans un immense murmure de larmes et d'excuses.
    Et la fillette qui n'avait pas une égratignure dut recommencer d'ouvrir et de fermer les volets sans espoir, et de disparaître momentanément dans la mer dès que le mât d'un navire pointait à l'horizon.

    Marins qui rêvez en haute mer, les coudes appuyés sur la lisse, craignez de penser longtemps dans le noir de la nuit à un visage aimé. Vous risqueriez de donner naissance, dans des lieux essentiellement désertiques, à un être doué de toute la sensibilité humaine et qui ne peut pas vivre ni mourir, ni aimer, et souffre pourtant comme s'il vivait, aimait et se trouvait toujours sur le point de mourir, un être infiniment déshérité dans les solitudes aquatiques, comme cette enfant de l'Océan, née un jour du cerveau de Charles Liévens, de Steenvoorde, matelot de pont du quatre-mâts Le Hardi, qui avait perdu sa fille âgée de douze ans, pendant un de ses voyages, et, une nuit, par 55 degrés de latitude Nord et 35 de longitude Ouest, pensa longuement à elle, avec une force terrible, pour le grand malheur de cette enfant.    

     

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    "Il suffit d'avoir été touché une seule fois et ça éclaire toute la vie"

     

    "Accueillir, c'est de dire qu'on n'a pas le choix, c'est là. C'est prendre acte de la réalité sans construire de l'imaginaire sur ce qui devrait être. C'est souffrir que de voir la réalité d'un côté et de ce qui aurait du être de l'autre côté. S'il n'y a pas d'imaginaire, il n'y a pas de souffrance. Les situations ne sont pas douloureuses en elles-même. C'est la résistance aux situations qui sont douloureuses"

     

    "La souffrance, c'est la création d'un personnage"

     

    "On  raconte ses petites misères pour se donner le sentiment d'exister"

     

    "Les gens les plus heureux sont ceux qui se tournent vers les autres au lieu de se lamenter à se regarder le nombril"

     

     

     

     

    ***************
    Cette  retranscription ci-dessous a été faite par Emmanuel:

    Il suffit d'être touché une fois, une seule fois dans la vie, par la vie, mais vraiment touché et ça suffit. Ça éclaire tout le reste de la vie. Ça éclaire tout ce qu'on pense, tout ce qu'on dit, tout ce qu'on fait.

    Pendant longtemps on a essayé de se transformer, de se changer, en changeant son comportement. Vous avez vu ça ne marche pas.

    En changeant sa manière de penser, ça marche pas beaucoup plus.

     

    Pourquoi ? Parce qu' on a toujours gardé le même point de vue. C'est-à-dire qu'on toujours eu un point de vue.

    Tant qu'on a un point de vue, on vit dans la peur. C'est imanquable, ça va ensemble.

    Avoir un point de vue c'est se localiser continuellement dans toutes les situations, c'est se référer à l'image de soi-même qu'on a fabriquée. On a fabriqué le monde au complet pour soutenir cette image de soi-même.


    Ca ne veut pas dire que le monde n'existe pas mais il n'est pas ce qu'on croit, ce que l'on en a fait.

    Il faut voir qu'on a construit un corps de peur, un corps de manque, un corps de soif, un corps de désir continuellement. Et c'est ça que j'appelle se localiser. Toujours se mettre en situation par rapport à tout.

     

    Alors que ce que j'appelle se laisser toucher c'est regarder sans point de vue, pur regard, non pas quelqu'un qui regarde quelque chose. Tôt ou tard l'intensité du regard brûle la chose qui est regardée, enfin brûle l'apparence de chose de ce qui est regardé et brûle aussi l'imaginaire de quelqu'un qui regarde.

    C'est là une forme d'existence ce que l'on appelle moi mais c'est une forme d'existence et nos difficultés viennent de ce qu'on confond comment l'on est avec ce que l'on est. Comment on est c'est la personnalité. C'est ça qui se lève le matin, qui se réveille, qui recommence à désirer, à avoir peur, à souhaiter qui arrive ceci plutôt que cela, qui se demande si ça va bien aller, qui est inquiète. C'est ça la personnalité. C'est ça qui saute hors du lit le matin, la personne-alitée, voilà.

    On se rappelle ce qu'on croit être chaque matin. S'il n'y avait pas la mémoire, il n'y aurait pas la personnalité. C'est la mémoire. Ce que l'on appelle le corps, c'est aussi une forme de mémoire qui a beaucoup d'inertie d'ailleurs.


    Vous pouvez changer votre mental, il change aussi mais le corps suit plus lentement dans tout. Ca prend des années avant que votre corps porte les traces de tout ce que vous avez mis dedans, qui est bon ou mauvais, surtout mauvais, et ça prend du temps aussi avant qu'il redevienne comment il était. Si toutefois, il redevient comme il était. Mais dans tout le corps est une mémoire qui a plus d'inertie que la mémoire mentale.

    Regardez d'ailleurs si voulez traverser la rue, votre mental est déjà de l'autre côté de la rue. Votre corps traîne encore de ce côté ci.

    C'est comme cela dans tout. Quelque chose qui est plus cristalisé mais c'est une forme de mémoire. A ce niveau là tout n'est que mémoire.


    Alors quand je me réveille le matin ce n'est pas moi qui se réveille, c'est la personnalité qui se réveille. La personne, personna. Chez les romains c'était le masque que les acteurs portaient. Il y avait un trou pour la bouche, pour que le son puisse passer à travers. Personnare, la personne. Ce qu'on appelle une personne humaine ou autre, c'est pas très différent, c'est encore un masque pour que le son puisse passer à travers. Le son, les idées, les pensées, le regard. Et ce son il est impersonnel. Ce qui vit vraiment notre vie est impersonnel. Quand on entend ce mot là impersonnel, on pense à quelque chose qui est froid, non ce n'est pas ça, au contraire. Ce qui est froid, c'est se croire une personne. c'est avoir froid. C'est être frileux, c'est vivre de manière frileuse. Etre quelqu'un. De manière petite, de manière mesquine.

     

    On est pas fait pour vivre aussi petit que ça. On est immense. On est sans borne. Alors on ne se contente jamais de toutes les bornes que l'on s'impose soi-même, que les autres voudraient nous imposer. On se révolte facilement contre la dictature des autres. Mais on laisse faire le dictateur qui est constamment à l'oeuvre ici (pointant de son doigt sa tempe) qui nous dit, dicte qu'on est ceci, qu'on est cela.


    Et on ne voit plus très bien. C'est par habitude, on s'est mis à vivre par habitude. Alors qu'on est fait pourvivre dans l'éclat, la beauté dans quelque chose qui est sans limite. Alors on pourrait dire c'est dommage d'avoir commencé à vivre dans l'habitude. On est en train de manquer le plus beau de la vie pendant qu'on s'inquiète de petites choses minuscules, microscopiques.

    C'est pas qu'il ne faut pas s'occuper du quotidien. Mais s'inquiéter c'est autre chose. S'occuper de, être attentif, être diligent. C'est le fait de la vie, c'est l'amour ça. Mais s'inquiéter c'est le fait de la pensée petite, de la pensée frileuse qui a peur.

     

    Et toutes les peurs sont une seule peur. La peur de la mort, la peur de ne pas être en existence (?) qui est très réelle mais qui est fondée sur un imaginaire, imaginaire d'être quelqu'un. Vous ne pouvez pas avoir peur de la mort si vous n'avez pas le sentiment très profond que ce n'est pas possible que vous mourriez. C'est parce qu'on a tous ce sentiment très profond, indélébile

    qui ne peut pas partir. Et en même temps on tient quelque chose, la croyance d'être quelqu'un, d'être quelque chose, d'être une entité séparée des énergies, de l'univers; Et les deux, un qui est la réalité, qui va jamais disparaître, et un autre qu'on veut pas laisser. Et la rencontre des deux dans le cerveau produit quelque chose comme une sorte de révolte. Parce que c'est ça la peur de la mort d'où découle toutes les peurs. La peur de la mort c'est "non ..." "c'est pas possible", "ça se peut pas", c'est un mouvement, une sorte de révolte et on a bien raison c'est pas possible. Mais comme on voit pas clairement, qu'on est encore en train de tenir cette chose, ou ce qu'on croit être, cette restriction de soi-même, qu'on appelle moi, on veut pas le lâcher, on est mis devant l'évidence qu'un jour on va mourir, on va tous mourir un jour. Alors on comprend pas. On ne comprend pas l'idée qu'on s'est fait de la mort, c'est normal, ça n'existe pas. c'est pour cela qu'on ne peut pas y comprendre. C'est pas important de savoir ce qui se passe après la mort, juste savoir ce qui se passe actuellement, ça suffit. Parce que c'est la même chose. Si vous voulez en savoir plus, comme je disais hier, vous demanderez à mon chauffeur (rires) "il sait tout". Si vous savez exactement ce qui est en jeu maintenant, vous savez ce qui est en jeu tout le temps.Si vous voulez savoir si le riz est cuit, vous avez pas besoin de vider la casserole. Vous goûtez à un ou deux grains et ça suffit. Si vous connaissez la vraie nature d'un seul élément du rêve, vous les connaissez tous, c'est le rêveur. il y a pas un seul élément du rêve qui est séparé d'un iota de la conscience du rêveur. Transposez dans...

    (Fin de la vidéo.)

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  • Trouvé chez Maria

     

    Magnifique!

     

     

     

     

     

    Je répondrai bientôt à vos derniers commentaires. Merci!

     


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