• Du shivaïsme du cachemire actuel et de ses thuriféraires

     http://p7.storage.canalblog.com/77/65/300942/18396559.jpg

     

    Source: http://www.pratique-du-yoga.com/forum/viewtopic.php?t=380

     A défaut d'un butinage forumal exubérant, je me contenterai de relever la question qui m'était indirectement posée au sujet d'Eric Baret et que j'ai réussi à capter au milieu du flot bouillonnant de vos interventions diverses. Si j'opte pour la constitution d'un nouveau fil, ce n'est que par souci de clarté, celui dans lequel la question avait été posée étant passablement encombré et prolixe en développements divers. De plus, l'intitulé du message permettra à chacun d'y inscrire de plus large réflexions.

    Il me faut tout d'abord relativiser les "réticences" que j'ai peut-être exprimées à l'encontre de l'enseignement d'Eric Baret.

    En effet, je ne peux me prévaloir d'une connaissance exhaustive du travail de ce dernier, n'ayant lu que deux de ses ouvrages et participé à trois (si mes souvenirs sont bons) journées de pratique, et ce, il y a déjà quelques années.

    Mon sentiment est d'ailleurs somme toute plutôt positif ; j'ai été sensible à l'accent porté sur le ressenti, au travail postural visant à travers les "prolongations" à explorer au-delà des limites visibles du corps, et surtout - un des leitmotiv du discours de Baret - à l'attention envers la non-intentionnalité recherchée dans la pratique. Ses livres en témoignent à profusion : jamais il n'est vraiment question d'acquis, d'alimenter l'histoire personnelle par sa pratique, de but à atteindre etc.

    Tous ces éléments peuvent apporter une autre vision du yoga, déconditionnante pour ceux qui se seraient laissés conduire dans des chemins où la psycho-rigidité limite l'exploration intérieure. Dans la pratique, ce travail est perçu comme une approche assez intériorisée, subtile, dont l'effort physique et la discipline systématique ne semblent pas être des composantes essentielles.

    Alors me direz-vous, où donc se situent mes réticences ? De fait, si je ne doute pas que les propositions d'Eric Baret peuvent se révéler profitables pour nombre de personnes, je reste circonspect quant à la référence faite au shivaïsme du Cachemire. A ce propos, notons que le titre initial du deuxième livre de Baret - en forme de formule anti-héraclitéenne ? :wink: - était à l'origine L'eau ne coule pas, sous-titré Yoga de la non-dualité. On peut supposer qu'une préoccupation purement mercantile a incité l'éditeur à livrer une édition ultérieure sous le titre cette fois plus évocateur de Le yoga tantrique du Cachemire. Il ne s'agit là que d'un signe parmi bien d'autres tendant à confirmer un effet de mode (?), le tantrisme cachemirien a bonne presse et fait vendre.

    Cela dit, je ne doute pas que les motivations d'Eric Baret ne soient pas entâchés d'un pareil esprit et que lui-même se trouve sincèrement impliqué dans une démarche authentique. Il importe toutefois de se poser la question tout d'abord de la transmission. Celle-ci passe par Jean Klein, dont Baret fut au nombre de ceux ayant suivi son enseignement. Or, c'est un fait que Klein était connu pour sa compétence en matière d'advaita vedânta, mais que nulle part il n'a revendiqué s'inscrire dans le courant du shivaïsme cachemirien. Par ailleurs, l'advaita vedanta shankârien et le tantrisme en général présentent quelques incompatibilités, bien qu'au prix de quelques contorsions l'on puisse leur trouver des points communs. Ceci n'est d'ailleurs pas bien différent de ce qu'écrit Baret, notamment dans l'entretien réalisé pour la revue Troisième Millénaire, N°56. Nous y reviendrons.

    La filiation cachemirienne par Jean Klein est donc une révélation semble-t-il posthume, que les écrits du maître ne laissent pas soupçonner. Il est intéressant de se référer à un autre élève de ce non-dualiste, Pierre Feuga, homme très sympathique qui ne fait pas mystère de la part de "bluff" quant à l'appellation cachemirienne qui vient estampillée nombre d'enseignements actuels. Il utilise une salutaire distanciation non dépourvue d'humour vis-à-vis des "approches non contrôlées" (et leurs marques de fabrique) ainsi que de lui-même comme en témoignent les mots suivants :

    Je n’ai pas mentionné en effet le « yoga du Cachemire », un produit assez récemment lancé sur le marché mais qui garde un petit parfum ésotérique, un charme pour happy few. Ah, bien sûr, insinueront les finauds, si j’ai omis ce bon Trika, c’est parce que je craindrais de scier la branche sur laquelle je serais moi-même assis… Mais non, mes bons amis, je ne suis assis sur aucune branche, je ne suis pas un yogui branché (un guiyo chébran). Cette histoire du Cachemire, bien avant que je ne traduise le Vijnâna-Bhairava, je l’ai inventée pour de me débarrasser des gens qui m’importunaient avec leurs questions : quel « type de yoga » j’enseignais, à quelle « lignée » j’appartenais, quel était le nom de mon « gourou », qui m’avait « formé » ou « initié » ?… etc. J’ai toujours trouvé ces questions insupportablement indiscrètes et même grossières, comme si l’on vous demandait avec qui vous avez fait l’amour la première fois et si c’était au printemps ou en automne, dans un lit à baldaquin ou dans un sous-bois. Un jour, sans préméditation, j’ai donc répondu que j’enseignais le « yoga du Cachemire », ça sonnait joli, mais j’aurais pu aussi bien dire « yoga des Marquises » ou « des Tuamotu ». Depuis, j’ai découvert que je n’étais pas le seul en France à avoir eu cette idée mais je ne doute pas un instant que mes collègues soient, eux, d’authentiques héritiers de ce yoga cachemirien que de méchantes langues prétendent éteint depuis sept siècles. Et, même dans mon misérable cas, était-ce vraiment un mensonge ? On devient souvent ce qu’on a joué à être (ou à ne pas être). Je me suis caché derrière le miroir du Cachemire puis je m’y suis miré. Avec émerveillement je n’y ai vu personne. Aucune appellation possible, ni contrôlée ni non-contrôlée.

    Je recommande aux curieux d'aller jeter un oeil ici (http://pierrefeuga.free.fr/indexbis.html), afin de se faire une idée plus complète et pour le plaisir de lire ses lignes d'hommage sincère à cet homme que Feuga n'hésite pas à qualifier de guerrier, [de] vîra dont l’énergie habituellement recueillie pouvait jaillir comme un éclair. Autant son enseignement intellectuel était à petit feu, autant, dans le travail corporel, il vous grillait littéralement. A lire ceci, on se dit qu'il s'agissait peut-être d'un Janus que ce Klein-là, et qu'après tout, il peut bien avoir recueille quelque enseignement cachemirien sans en avoir fait un étalage manifeste. Un savoir réservé pour quelques-uns. Car je ne sais trop pourquoi je devrais accorder crédit à ceux qui prétendent que Lakshman Jî (la source de Silburn en matière de shivaïsme cachemirien) était le dernier maître vivant transmettant l'approche du trikâ. S'il faut se garder de fantasmer sur les lignées ininterrompues qu'affectionnent tant les tibétains, cela n'empêche pas de considérer ces écoles aux multiples ramifications comme autant d'arbres dont les racines par marcottage sont venues irriguées d'autres enseignements, produisants de nouvelles pousses, de nouveaux fruits gardant traces des enseignements passés. Bref, l'affaire n'est pas si simple ! Un texte comme le yoginî-hrdaya-tantra entretient un rapport avec le shivaïsme cachemirien tout en s'inscrivant dans la shrî vidyâ.

    Il faut donc en revenir aux textes et aux propositions plus qu'aux "lignées", et ceux-ci ont d'autres informations à nous livrer.

    Ainsi, Baret lui-même présente un double aspect. Pour être plus explicite, voici un extrait de l'entretien précédemment cité (P.79) :

    Le yoga est une tradition du coeur qui doit être approchée avec une intensité absolue. Le yoga concerne très peu de monde, comme la musique, comme la peinture. [...] Ce que nous faisons dans les séminaires n'est pas du yoga. Ce que nous faisons est de nous libérer de certaines restrictions, et nous utilisons certains fragments [c'est moi qui souligne] de la tradition yoguique pour approfondir notre compréhension du corps et du psychisme.

    Mon maître [Jean Klein] pratiquait le yoga, mais il n'a jamais donné de séminaire de yoga. C'était des séminaires pour explorer l'opacité de notre disponibilité.

    Le yoga se pratique seul. Ce n'est pas une activité, c'est un rituel.

    On ne saurait être plus clair, non ? A la suite de quoi, nous pouvons très bien penser que Baret a reçu un enseignement de ce yoga au sens strict qu'il transmet à ceux qui lui semblent disposés à en porter les fruits, mais ses textes n'en portent pas traces, sinon en creux. Au demeurant, certaines des restrictions dont il parle comme étant partie constituante d'une approche yoguique (consignes alimentaires ou liées à la vie sociale, familiale) ne semblent pas s'enraciner non plus dans le contexte cachemirien.

    Il faut, pour finir, toucher deux mots de ce shivaïsme cachemirien. Si celui-ci fait tant d'adeptes, c'est qu'il à la chance d'être plus célèbre que connu, pour reprendre un mot d'un amoureux de l'Inde, et que sa partie émergée est fascinante pour les personnes en quête de spiritualité, d'absolu, de liberté etc. Le résultat, on le voit par exemple dans les propos de Khavan qui ne voit dans cette mouvance qu'une non-voie se fondant uniquement sur une intuition illuminatrice, une reconnaissance du Soi spontanée que bien des aspirants s'imagineront rapidement avoir acquise aux termes d'une auto-persuasion de nature plus intellectuelle que spirituelle. Si l'on compile les citations d'ouvrages relevants de la tradition cachemirienne dont Baret parsème ses livres, on s'aperçoit qu'il s'agit d'une sorte de crème issue d'un baratage des textes. Il s'agit la plupart du temps de stances au caractère plutôt métaphysique, des achèvements de la sâdhana où se manifeste pleinement l'identité Je-Shiva, de bribes concernant le souffle lorsque celui-ci s'abolit dans l'indistinct de la Conscience omnipénétrante etc.

    Or, si l'on parcourt la somme incontournable du shivaïsme cachemirien, le tantrâloka d'Abhinavagupta, sorte d'immense synthèse de différents courants tantriques du Xe siècle, il est surtout fait mention de rituels, d'initiations, de mantra et de bien d'autres matières très concrètes. Il faut garder à l'esprit qu'il y a une constante dans la manière d'exposer une voie dans la tradition indienne. Le style sutra en est le condensé, quasiment incompréhensible si personne ne le commente. Et de fait, les disciples commentent, glosent les commentaires, praphrasent à l'envi, cela devient luxuriant au possible. Mais cela fonctionne également dans l'autre sens, ainsi, le tantrâloka représente donc une somme des connaissances en matière tantrique d'un certain point de vue, à un certain moment, mais Abhinavagupta a également écrit un Tantrasara qui est une façon de condensé du volumineux traité précédent. Et de manière encore plus concise, certains textes comme ceux que Silburn a rassemblé sous le titre "Hymnes" expriment également la quintessence de l'enseignement, parfois en quatre ou cinq stances. Evidemment, il est tentant de se suffire des formes "courtes" et de proclamer qu'il s'agit là de l'essentiel en oubliant les nombreux développements qui sont sous-entendus. C'est à mon avis trompeur, car pour être inspirants et merveilleux, ces textes concis ne permettent pas à coup sûr de traverser le précipice de nos conditionnements. En certains cas, avec certaines personnes, ils peuvent peut-être le faire, mais il n'a jamais été question dans l'enseignement traditionnel de ne se servir que de cette enseignement quintessencié.

    Un texte comme le Vijñanabhairava propose des "moyens habiles" qui permettent à l'adepte déjà mûr de faire le pas ouvrant sur l'espace de la "Conscience Suprême", mais pour la plupart d'entre nous, il n'apportera que le pressentiment tour à tour apaisant, exaltant, de cette Conscience, ce qui n'est déjà, ma foi, pas si mal.

    Si cela intéresse quelqu'un - et surtout si je trouve le temps - j'essaierai de poster une petite synthèse du chapitre XXVI du tantrâloka qui concerne la discipline post-initiatique selon le shivaïsme cachemirien.

    Pour en revenir à Baret, j'avoue n'avoir pas pris connaissance de ses derniers ouvrages ; j'avais mis en ligne ici-même un court extrait -disponible sur son site - de son dernier ouvrage qui traitait plus précisément semble-t-il du "yoga cachemirien". Peut-être y a-t-il donc du neuf...

    Je ne peux terminer sans faire mention, au titre de la sincérité, de l'agacement qui peut saisir parfois à la lecture des questions/réponses de Baret, où l'on a parfois le sentiment qu'il adopte une posture provocante de manière un peu artificielle. Il y a parfois un mélange d'idées fertiles et de psychologie de bazar, et aussi une méfiance envers l'affect, l'histoire individuelle qui ne me paraît pas si tantrique que cela, cette dernière approche se révélant plutôt incluante quant à toute notre personne. A chacun de faire le tri, en le lisant et l'écoutant si l'envie vous en prend.

    Désolé pour Denis et ceux qui aiment les posts courts, mais je ne me voyais pas répondre en trois mots, cela n'aurait pas eu de sens.

    Que de précisions utiles, d'ailleurs assez semblables à celles qu'anargala exprime à ce sujet.

    Il est vrai que n'ayant peu ou pas de bases solides concernant les divers aspects et approches du shivaïsme et plus encore du Cachemire, je ne pouvais me faire grande idée de la chose (ce qui est toujours d'actualité).

    Pour avoir vu deux fois Eric Baret, si on ne le prend pas pour autre chose qu'un aimant passionné de cette voie, je ne pense pas qu'il y ait de grands problèmes. D'ailleurs il ne laisse planer ni ambiguïté, ni grande possibilités pour un éventuel "disciple" qui s’essaierait à un harponnage voulant le placer dans la position de maître.

    Les exercices des trülkhors tibétains sont nettement plus volontaristes et un objectif visé est clairement posé. Ce qui change fondamentalement du fait de faire sans volonté d'atteindre quoi que ce soit, juste pour célébrer. Ce sont des aspects assez marquants et pour moi assez libérateurs (de contraintes).

    C'est un nouveau monde et qui ouvre d'autres portes...donc j'aimerais bien me donner les moyens d'explorer cette voie.

    Pour un petit feedback du dernier ouvrage d'Eric Baret, je vais me contenter de parler de ce que j'ai compris de son positionnement quant à l'exposé de cette approche.

    Il fait plutôt référence à l’enseignement de Jean Klein qu’à un enseignement pur du shivaïsme non duel. C’est peut être pour cela qu’il n’est peut être pas nécessaire de se lancer dans une critique qui se voudrait trop puriste et élitiste. Certes ce type d’ouvrage évoque peut être trop ce que l’on s’attend à y trouver. Mais l’auteur fait de multiples mises en garde et sur les écarts de ses propres considérations et sur la singularité de l’approche Cachemirienne de Jean Klein.

    D’ailleurs Eric Baret n’est pas sans affirmer qu’il n’existe plus de transmission au travers d'une lignée. Pour lui, il n’y a que des chercheurs.

    Ceci étant posé on ne devra plus s’étonner de certains "manquements" aux valeurs fondamentales de l'enseignement du Cachemire.

    Il me reste à te remercier pour toutes ces informations qui sont toujours bienvenues. Et suis ouvert à tous conseils.

     

    Je pense en effet que l'aspect non-intentionnel, le dépouillement face à l'avidité spirituelle peut apporter une sorte de fraîcheur à celui qui s'est frotté à des ascèses rigoureuses. Non que je pense que la première proposition soit supérieure à la seconde, car il s'agit parfois simplement d'une léger déplacement de notre focale pour passer de l'une à l'autre. En tout cas, si tu ressens un quelconque attrait pour cette "manière", c'est une bonne idée d'aller l'éprouver plus en détails.

    Bien sûr, Baret louvoie habilement afin de ne pas être épinglé "guru". C'est devenu un exercice de style que les enseignants actuels maîtrisent avec plus ou moins de bonheur. Odier est passé virtuose en ce domaine ;-) mais il n'est besoin que d'ouvrir une revue comme Troisième Millénaire pour se rendre compte que c'est chose assez courante. Et ce n'est pas peu plus mal, tant qu'il ne rentre pas une dose de manipulation derrière ! En ce qui concerne Baret, mon impression après l'avoir rencontré était du même ordre que la tienne : quelqu'un de sincère et qui ne cherche pas lors des questions-réponses à systématiquement avior le dernier mot, ce que je trouve, est une qualité suffisamment rare pour être soulignée :-)

    Je voulais lever une ambiguïté concernant mon précédent post : mon objectif n'était pas d'écrire un plaidoyer pour un shivaïsme cachemirien authentique qui laverait plus blanc que ceux des autres, d'autant qu'il faut garder une certaine distance vis-à-vis des textes théoriques, ceux-ci servant parfois des visées polémiques, quand il ne s'agissait pas d'objet littéraires destinés à magnifier un courant, une école, à célébrer un aspect de la divinité sans assurer toutefois qu'ils étaient la norme à laquelle allaient se plier tous les adeptes contemporains. En bref, le tantrâloka tout commenté et touffu qu'il est n'est peut-être par pour autant la norme du shivaïsme cachemirien, mais représente une somme concernant divers aspects de celui-ci réarrangés en un tout cohérent par Abhinavagupta. Je dis ça d'après ce que j'ai pu apprendre sur le sujet, mais je ne prétends aucunement avoir le dernier mot sur l'affaire :-)

    Je ne sais si Baret s'exprimait uniquement au sujet du shivaïsme du Cachemire lorsqu'il affirme que la transmission n'est plus le fait de lignée mais de chercheurs isolés, mais cela me semble peut-être exagéré. Autant comme je comprends les doutes que l'on peut avoir devant les lignées sensées remonter aux origines des écoles médiévales (pour ne pas remonter plus loin) autant je pense que la notion de famille spirituelle, de kula au sens étymologique est loin d'être perdue, et que cela n'est pas sans importance.

    Enfin il ne s'agissait pas non plus pour moi d'opérer une distinction entre un enseignement "populaire" (Baret, Feuga, Odier, Lozowicz...) et une tradition réservée à l'élite (à laquelle je n'appartiendrais pas d'ailleurs ;-)) mais d'essayer de ne pas oublier ce qui a nourri et continue de nourrir les chercheurs précités. Car il faut tout de même bien avouer que la grande diffusion de certains enseignements sous des formes plus immédiatement assimilables ou dans certains cas complètement dévoyées a des effets pervers sur les enseignements qui les ont suscités. Il suffit pour s'en convaincre de constater ce que représente le yoga à l'heure actuelle, ce qu'est en train de devenir l'ayurveda, appliqué en vaste cliniques touristiques etc. Sans être "traditionnaliste", ce qui est désséchant, il convient de revenir périodiquement aux racines. La musique et l'art en général applique volontiers cette formule pour "avancer". Et la musique la plus complexe est accessible à tout un chacun, pourvu que l'on est le désir d'en capter l'essence.

    Bonnes explorations, j'aurai plaisir à partager ce que tu pourras nous livrer de tes découvertes dans la direction de ce yoga non-duel.

    Salve,

    Kavi

    Pour une fois tu donnes dans l’excès par omission ou l’excès de compréhension de la nature humaine !

    Tu parles donc d'une virtuosité dont on ne peut imaginer les limites. :D

    Je pense que ta mise au point a toute son importance car trop de traditionalisme sans regard sur l’évolution (pas au sens de progression) d’une culture peut tout autant nuire à l’acclimatation d’une tradition.

    Question déviance et dévoiement plus aucun système n’est à l’abri. Par exemple dans le bouddhisme, le plus remarquable est que cela se produit même sous l’impulsion de certains de ses représentants, d’origine asiatique et de dernière génération, les plus autorisés.

    Il est vrai que la mondialisation des effets de mode nous promet quelques surprises dont nous aurons peut-être du mal à nous relever.

    Pour quelqu’un n’ayant pas ou ne prenant pas le temps de voyager dans de lointaines contrées montagneuses (de plus pas spécialement à la recherche de maîtres), quel type de rattachement te semble possible sous nos latitudes ?

     

    Salutations

    Oufff...

    Je viens de trouver le temps pour lire ton texte Kavi et t'en remercie grandement...

    Comme à chaque fois, je trouve que tu apportes une vision bien claire de toute cette merveille, encore merci...

    Kavi a écrit:

    J’essaierai de poster une petite synthèse du chapitre XXVI du tantrâloka qui concerne la discipline post-initiatique selon le shivaïsme cachemirien.

     Quand tu veux et quand tu peux... :D

     Je suis bien d'accord avec toi et tout ceux qui l'on dit, que le tantrisme cachemirien est devenu "un beau slogan de carte de visite". J'irais même encore plus loin en disant qu'il permettrait à certain de justifier des démarches totalement sans sens...

    Cela me semble profondément regrettable... :cry:

    J'avoue que j'aime bien cette phrase de Baret et merci de l'avoir mis sur le forum, car je ne connais rien de lui...

    Baret a écrit:

    Le yoga est une tradition du coeur qui doit être approchée avec une intensité absolue. Le yoga concerne très peu de monde, comme la musique, comme la peinture. [...] Ce que nous faisons dans les séminaires n'est pas du yoga. Ce que nous faisons est de nous libérer de certaines restrictions, et nous utilisons certains fragments [c'est moi qui souligne] de la tradition yoguique pour approfondir notre compréhension du corps et du psychisme.

    Mon maître [Jean Klein] pratiquait le yoga, mais il n'a jamais donné de séminaire de yoga. C'était des séminaires pour explorer l'opacité de notre disponibilité.

    Le yoga se pratique seul. Ce n'est pas une activité, c'est un rituel.

    J'ai souvent cette sensation amusante de bien sentir que le Yoga ne se passe pas dans un cours ni dans un stage.... Cours et stages sont importants et peuvent permettre de trouver "Yoga" mais l'ego est tout le reste sont trop présent....

    Même si dans certains cours et stages Yoga peut être là, mais rarement….

    Seul, dans un lieu qui ne nous rassure pas, où notre histoire ne compte pas, là, je pense que Yoga peut-être trouvé...

    J'aime bien aussi l'idée du rituel, mais que se soit un rituel pour soi, de soi...

    Je crois que ce qui a fait ressortir le tantrisme cachemirien c'est les excellents livres de Lilian Silburn. Nous avons eu cette chance d'avoir des traductions sans commentaire, et je trouve cela remarquable… je ne peux que les conseillers à tout le monde, même si ils restent assez incompréhensible par l'intellect et qu'il serait souhaitable d'être initié à leurs lectures et décodages…

    Si tu as un peu de temps, pourrais tu donner une liste de livres que tu connais sur le tantrisme en relation ou non avec Silburn, mais bien sur que tu penses être assez bien

    Je ferai de même… :?

    Pour quelqu’un n’ayant pas ou ne prenant pas le temps de voyager dans de lointaines contrées montagneuses (de plus pas spécialement à la recherche de maîtres), quel type de rattachement te semble possible sous nos latitudes ?

    Question ambiguë, Mind, ou tout du moins délicate, n'est-ce pas ? Image

    Je crois qu'il n'est pas forcément inutile - comme on a parfois tendance à le dire de manière systématique dans les milieux "spirituels" - de tenter une approche livresque. En dépit des précautions qui doivent entourer la lecture de textes originaux et des études d'universitaires, cela permet de se faire une certaine idée du sujet et à faire provision de questions.

    Mais peut-être as-tu déjà épuisé cette matière-là.

    Pour ce qui est des rencontres avec des personnes qui connaissent de l'intérieur ces sujets, et bien, si l'on ne peut aller avec eux, il faut bien que ce soient eux qui viennent à nous Image

    Et pour être sincère, je ne prétends pas avoir écumé nos latitudes, mais me suis arrêté lorsque j'ai trouvé de quoi nourrir ma recherche. Ce qui n'exclue pas qu'il existe probablement d'autres sources d'enseignement, même si celles-ci restent bien moins apparentes que ne l'est la présence tibétaine, contrainte par l'exil. Je ne sais pas si je réponds à ta question ni quelle est au juste ta recherche, mais n'hésite pas à m'envoyer un MP si le coeur t'en dit.

    Salve

    « Vider son placard-mentalVenez jusqu'au bord »

    Tags Tags :
  • Commentaires

    2
    Lundi 2 Janvier à 22:05

    Bonsoir Baily. Je suis d'accord avec ce que vous dites.

    Je connais Eric Baret à travers ses livres, vidéos, audios et un peu Facebook. Le yoga dit du Cachemire (attention à ce qu'on dit smile) est pour moi la pratique qui me touche le plus. J'ai eu cette révélation lors d'un stage avec Danielle Laffond. Même s'il n'était pas nommé ainsi, j'ai retrouvé ensuite les mêmes sensations (la transparence du corps) grâce aux descriptions et réalisations des postures dans différents livres.

    Voir aussi par là

    Les saisons du yoga de Barbara Litzler est à découvrir aussi.

    Je ne connais pas Kavi

    1
    Baily
    Mardi 27 Décembre 2016 à 16:46

    On peut en conclure qu'il est difficile de s'y retrouver et que le feeling et l'observation restent des valeurs sûres. Ceci dit rien n'interdit de goûter à certaines approches ou propositions. Je pense donc à aller à une rencontre avec Eric Baret. Au travers de ce que je vois, entends et lis sa proposition à l'air saine, ce qui nous change de ceux qui voudraient passer pour "saints" !

    Et vous, qu'est-ce que cet échange vous inspire ? Connaissez-vous Eric Baret ou l'intervenant Kavi ?

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :