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    La confusion

     

     

    « Le moi n’est pas l’être, mais une résistance universelle, dont le but est de se laisser détruire. »

     

    C. Suarès

     

    « L’homme naît fils de Dieu et totalement participant de la nature du principe suprême de l’univers, mais il naît amnésique, oublieux de son origine, illusoirement convaincu qu’il n’est que ce corps limité et mortel que perçoivent ses sens. Amnésique, il souffre de se sentir illusoirement abandonné de Dieu, et il s’agite dans le temporel en quête d’affirmations divinisantes qu’il ne saurait y trouver ».

     

    H. Benoit

     

     

    Nous avons tous des caractéristiques, affectives, mentales, physiques et matérielles, les unes acquises héréditairement (ce que nous appelons par exemple les traits de caractère), les autres socialement, culturellement ou personnellement. Ces caractéristiques nous singularisent au sein de la multiplicité des êtres et des choses, en même temps elles conditionnent, différemment pour chacun d’entre nous, nos réactions face à l’événement. D’autre part, ces mêmes caractéristiques symbolisent l’avoir, notre avoir.

     

     

    Avons-nous déjà essayé de saisir qui nous sommes réellement, ou plus exactement, que serions-nous dans notre conscience si l’on cessait de s’identifier à nos caractéristiques, à notre avoir. Nous ignorons généralement que l’identification, que le fait de nous identifier avec nos « qualités particulières » est synonyme de confusion entre l’avoir et l’être.

     

     

    Si nous ne sommes pas nos caractéristiques, qui sommes-nous donc ?

     

     

    Pour approcher partiellement la question fondamentale du « Qui sommes-nous ? », il serait peut-être nécessaire d’essayer de voir d’abord ce que nous ne sommes pas, de nous défaire progressivement de ces images d’être, de nos constructions mentales illusoires, de nos fausses identifications qui nous empêchent d’être nous-même.

     

     

    Notons que devant une même situation, chacun d’entre nous réagit différemment étant entendu que la réaction n’est pas causée par la situation seule, mais bien par cette situation qui interfère avec notre structure personnelle, c’est-à-dire, pour cette raison, du point de vue de la morale, et la morale est nécessaire pour construire une société équilibrée, nous ne sommes pas des dieux ! soyons juge des actes et non des personnes, même si cela ne change rien dans les faits, nous aurons une vision plus juste de l’homme.

     

     

    L’homme pense avec des mots qu’il associe à des images mentales et des états émotifs variables auxquels il identifie les événements pour se construire une représentation du monde et de lui-même; c’est ce que j’appellerai « la pensée psychologique ». Il existe deux types de pensée : d’une part, ce que nous avons nommé les « pensées psychologiques » et, d’autre part, ce que nous appellerons les « pensées naturelles ».

     

    Ces dernières ont pour objectif de régler fonctionnellement notre vie quotidienne; elles fondent les progrès des sciences et des techniques, elles constatent « l’ordre explicite » des êtres et des choses. Notons l’existence parallèle de ce qu’on pourrait appeler la « pensée intuitive » qui accompagne presque toujours les grandes et petites révélations ou découvertes.

     

     

    « La pensée naturelle » forme des conceptions strictement limitées aux vérités relatives qu’elle peut constater. Ces conceptions sont soumises aux lois du changement en même temps qu’aux lois de notre pensée. En fait elles évoluent continuellement; ce qui était vrai hier peut être faux aujourd’hui.

     

     

    « La pensée naturelle » est fondée sur la mémoire des faits, des faits personnels pour résoudre les détails de la vie quotidienne, pour assumer nos travaux professionnels. Elle est fondée sur la mémoire de la collectivité pour réaliser certains grands projets, et sur la mémoire historique pour assurer la continuité de l’évolution scientifique, artistique, morale…

     

     

    D’autre part, « la pensée psychologique » est une dégradation de la « pensée naturelle» en phénomène d’identification de toutes sortes.

     

     

    J’emprunterai au livre de R. Linssen : « Bouddhisme, Taoïsme et Zen » une histoire imagée qui me paraît significative par sa clarté et sa quotidienneté.

     

     

    « Un ingénieur peut à l’aide de ses formules (mémoire technique) calculer la résistance d’un pont en béton armé. Mais s’il passe sur ce pont avec des amis, en se vantant de l’avoir calculé il abuse et dépasse le rôle de sa mémoire factuelle. En fait, il exploite sa mémoire factuelle pour se donner de l’importance. »

     

     

    Par cette attitude, sa mémoire factuelle se dégrade en « mémoire psychologique d’identification ».

     

     

    Notons que la « mémoire psychologique » n’est pas seulement le résultat de l’identification de l’individu avec sa « mémoire des faits ». Elle résulte aussi d’une autre forme d’identification que nous allons envisager sommairement.

     

     

    Formulons l’évidence. L’événement est identifié avec la traduction intellectuelle du phénomène affectif qu’il engendre. Il y a d’autres formes d’identifications, mais nous insisterons plus particulièrement sur celle-ci parce que, plus que les autres, elle a une influence significative sur notre comportement.

     

     

    Que se passe-t-il exactement ?

     

     

    La « pensée naturelle » constate la réaction affective face à l’événement; elle traduit intellectuellement une sensation intérieure, alors la « pensée psychologique » entre en action en identifiant un phénomène affectif constaté intellectuellement, avec l’événement lui-même.

     

     

    Un exemple précis rendra plus évident encore cette forme particulière d’identification.

    Par la « pensée naturelle », fondée sur la mémoire des faits, nous sommes doublement conscients, à la fois de l’existence du monde extérieur et de notre monde intérieur. Prenons par exemple la mort. Nous constatons que nous sommes conscients, d’une part de l’existence évidente de la mort, et, d’autre part, de l’angoisse affective qu’elle provoque quand nous sentons sa présence réelle ou imaginaire.

     

     

    Dans un deuxième temps, la « pensée psychologique » entre en action, elle identifie la conscience de l’angoisse devant la mort avec la mort elle-même. En fait, nous confondons la chose, par le phénomène d’identification, avec la réaction affective qu’elle engendre quand nous sommes affectés par sa présence.

     

     

    Faute de penser simplement et justement, la mort nous angoisse par la « pensée psychologique » d’identification. Nous pensons que la mort est un événement absolument négatif, mauvais en soi.

     

     

    La pensée est comparable à un outil de travail. Il est le meilleur que nous ayons à notre disposition à condition qu’il soit utilisé dans les limites de ses possibilités fonctionnelles. Dès que l’on utilise cet outil à des fins qui ne lui sont pas destinées, il perd toute sa valeur constructive et évolutive.

     

     

    En général, la pensée sort de ses foncions naturelles quand elle oublie de se faire précéder par la conscience de la relativité de toute connaissance en fonction de nos multiples conditionnements.

     

     

    Pour reprendre l’exemple de la mort, nous remarquons de fait qu’elle nous dérange qu’elle nous angoisse. Par automatisme mental, par manque de discernement intellectuel, nous assimilons la mort elle-même avec la « définition affective » que nous en avons. Le docteur Benoit parle d’une partialité affective irrationnelle qui se transmue en partialité intellectuelle. La première citée est naturelle, nous ne pouvons rien pour ni contre. Elle est parfaitement irrationnelle. Par contre, la partialité intellectuelle est conditionnée par une mauvaise utilisation de notre outil intellectuel.

     

     

    Quand un événement s’introduit dans notre existence, un de ces événements, que les fonctions naturelles de notre pensée ne peuvent solutionner, malgré tout, nous intercalons entre lui et nous (nous, c’est-à-dire nos qualités intellectuelles et affectives naturelles) des mots, des pensées, des images qui dénaturent l’événement de sa signification réelle.

     

     

    Il est donc évident que l’essence des êtres et des choses est intouchable avec les mots, les idées et les images mentales que nous employons habituellement. La connaissance du grand mystère dans l’hypothèse de sa réalisation possible, ne peut être liée à une accumulation de savoirs. La seule ouverture possible, qui nous fera progresser, est le détachement graduel par rapport à nos fausses identifications.

     

    Source

     


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    OM

    Bien-aimé, ne sois pas pressé en toi-même.

    Ne sois pas pris par la précipitation du mental.

    Le silence est toujours présent, dans les profondeurs de ton cœur, à t'attendre.

    Étreins ton Soi.

    Tu es la conscience dans laquelle ce monde des noms et des formes apparaît, joue, disparaît.

    Mais ton propre Soi, l'Eternel, ne peut jamais disparaître il ne peut apparaître, non plus, parce qu'il est infini.

    Il est intemporel.

    Sache-le Tu es Cela !

    Pluie de Grâce Rivière d'amour Océan de paix Vérité éternelle

    Rêvant d'être Ce monde joyeux

    Le jeu du Divin

    Tout cela, nous le sommes

    Nous sommes tout cela Tout cela, nous le sommes

    Fleur d'amour Parfum de joie

    Ciel ouvert Fait de sagesse

    Dont la lumière dissipe

    Les nuages de désespoir

    Maintenant le pouvoir ensorcelant de Maya

    Ne nous contraindra plus

    Nous sommes libres

    Nous sommes libres

    Ananda Bhagavan Sat-Chit-Ananda Bhagavan Ananda Bhagavan Sat-Chit-Ananda Bhagavan Ananda Bhagavan Sat-Chit-Ananda Bhagavan Ananda Bhagavan Sat-Chit-Ananda Bhagavan Ananda Bhagavan Sat-Chit-Ananda Bhagavan Ananda Bhagavan Sat-Chit-Ananda Bhagavan Ananda Bhagavan Sat-Chit-Ananda Bhagavan Ananda Bhagavan Sat-Chit-Ananda Bhagavan Bhagavan Bhagavan Bhagavan Bhagavan Bhagavan

    Maintenant le pouvoir ensorcelant de Maya

    Ne nous contraindra plus

    Ne nous contraindra plus

    Ne nous contraindra plus

    Nous sommes libres

    C'est le grand privilège d'avoir une forme humaine.

    Parce que dans cette forme tu peux être amené à connaitre le 'sans-forme'.

    Va au-delà des chagrins de ce monde.

    Tu es la liberté-même.

    Ta nature est éternelle.

    Sache cela et sois heureux.

    Mooji

     


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  • Que faisons-nous de nos vies?

     

    « Que fais-je de ma vie? »

    Se pose-t-on cette question parfois? Arrêter de courir, de chercher, de suivre, de poursuivre les événements quotidiens.
    Gagner de l’argent pour nourrir le frigo, payer les factures, se payer un cinéma. Trouver un ou une compagne pour nous guérir de notre solitude, pour nous écouter, pour satisfaire nos besoins sexuels, pour être en sécurité. Trouver une activité pour passer le temps, pour rencontrer des gens aussi ennuyés pas la vie, pour trouver un remède inutile à un mal imaginaire.
    Accumuler le faire pour ne pas devoir se confronter à être. Être face à soi-même, avec soi-même, contre soi-même.
    Face à l’Être, rien ne résiste. Tous les faire d’une vie entière tombent en miettes devant la présence de notre nature profonde. Ce que nous sommes. Alors, si l’on regarde derrière, on voit ces années de rien, de vide, d’actes passés et évanouis. Seule reste l’Être.
    Qui est-il? C’est moi, c’est nous. C’est ce qui reste quand tout inutile est retiré. Il est. Il n’est pas ci ou ça, il est. Que faire face à cette réalité tellement simple que la tête n’y comprend rien, résiste et lutte mais ne peut rien.

    L’Être observe, ne juge pas. Si l’on se demande pourquoi est-ce que l’on ampute les branches d’un arbre, ce n’est pas l’Être qui pose la question. Il offre juste l’image au mental qui en fait une question. L’arbre, lui est là, tel qu’il est en cet instant, se contentant d’être cet arbre aux branches amputées par la sottise des hommes. Les hommes qui croient savoir ce qui est bon, ce qu’il faut faire. Les hommes qui croient le savoir mieux que la nature elle-même. Cette nature qui est notre mère, qui nous apprend, qui nous montre à nous, aveugles et bêtes de nos certitudes crasses. Nous autres qui ne voyons pas, qui suivons nos modèles périmés, qui répétons les règles.
    La nature peut être modelée, on peut la contenir, croit-on. Les besoins des hommes eux sont la priorité. Se nourrir, boire, se loger. Libérer nos déjections dans l’eau pour ne pas sentir notre propre odeur de mortel amnésique. S’éclairer la nuit, éclairer la nuit. Utiliser son ordinateur pour voir se qu’il se passe à l’autre bout du monde à défaut de voir se qu’il se passe sous notre nez. Se décomposer devant un écran de télévision, absorbant les fréquences de ces inconnus familiers.


    Sommes-nous comme cet arbre dont nous coupons les bras et qui essaie tout de même de pousser? Nous nous empêchons de grandir, de croître afin de tendre vers le ciel, goûter l’air et la pluie, s’offrir tout entier au soleil. Nous nous raccourcissons la vie en l’étouffant sous des tonnes de petits faire inutiles et improbables. Nous coupons ce qui est grand, ce qui est juste, ce qui pousse sans notre intervention.

    Comment laisser pousser ce qui pousse dans ma vie? Je ne sais pas. Les petits faire réconfortent un moment, puis le réconfort s’estompe, s’ensuit un autre faire qui s’estompe à son tour. Reste l’Être qui révèle ce qui est important. Ce qui est. Simple et impitoyable. Rien ne résiste à la lumière. D’où le malaise devant le spectacle d’une vie passée à côté du chemin, faite de peut-être, de si, de un jour. De peur, d’absence, d’espoirs désirés comme craints.

    Il faut regarder le vide pour s’apercevoir que le vide ne l’est pas.

    Le vide est de l’espace prêt à être rempli.

    L’Être ne se remplit pas de petits faire. Il se remplit de présence à soi, aux autres, à la main qui nous nourrit. L’Être est celui qui initie l’Acte vrai. L’acte qui s’amorce par la lumière de la conscience. L’acte qui révèle la grandeur de notre âme, qui manifeste ce qui tient notre enveloppe de matière, qui surgit soudain sans peur ni regret. Notre Être qui rayonne sans cesse depuis la nuit des temps, patiemment, avec confiance. Sachant que notre salut n’est nulle autre que de révéler notre vraie nature. La laisser émerger, la laisser guider nos pas, sans peur ni regret. Ce sont ces pas-là qui façonnent une vie, qui la remplissent, la fait fleurir.
    Ne pas prendre cette marche est comme rester sur le quai de la gare. La vie passe, s’arrête un instant pour nous inviter à son bord et repart ensuite, jusqu’au train suivant. Il suffit d’une étincelle de courage, de curiosité, de lâcher-prise pour quitter le quai et s’envoler. Il suffit d’une crainte, d’une distance, d’une entrave pour rester immobile, sachant que chaque train manqué est suivi d’un autre, prétexte infini pour rester sur place. Rester la statue sur le quai.

    Notre libération du cycle infernal ne tient qu’à nous. Ne tient qu’à moi. Je ne veux pas mourir.

    EIO, le 18 avril 2011.


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      Louise

     

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  • http://i.huffpost.com/gen/1082249/images/o-FORGIVENESS-facebook.jpg

     

      Bien que le pardon soit un mouvement égotique, il est une expression de l'amour non égotique, celui qui appartient à la conscience globale. Pardonner ou demander pardon sont deux manières de briser un sentiment de séparation. De ce point de vue, le pardon éteint le feu de la colère. Il participe ainsi à la dissolution du refus, cause majeure de souffrance et d'isolement.  

    C'est la sincérité du pardon qui est importante, et non seulement sa prononciation. Le pardon est alors un jaillissement du cœur, qui ramène l'autre à son propre cœur, et à sa capacité d'aimer sans condition.

    Les conditions sont celles imposées par les préférences de l'ego. L'inconditionnel appartient à la globalité de l'être, celle qui est présente avant que le mental ne naisse. C'est vers lui qu'il convient de se tourner, afin de ne plus rester fixé au niveau des seuls conditionnements égotiques. Le pardon s'enracine ainsi dans la beauté et la vérité. Il les prolonge, comme s'il en était leur parfum.

    Dans le mouvement de pardon, le moi s'efface. Il accepte de s'abaisser, pour mieux dévoiler l'amour véritable qu'il masque. Ce mouvement peut donc être vu comme une pratique spirituelle, qui rend service non seulement à celui ou celle à qui il s'adresse, mais aussi à celui ou celle par qui il s'exprime.

    Sur un plan absolu, il n'y a rien à pardonner, car il n'y a rien à offenser. Le moi, construction mentale, n'est pas la réalité de ce que nous sommes. C'est lui qui prétend avoir le pouvoir de pardonner ou de demander pardon. Mais la marionnette n'est rien sans la main du marionnettiste.

    Resituer le moi dans l'espace sans limite de la conscience qui le contient, c'est resituer le pardon dans l'amour infini qu'il prolonge. Sans cette perspective, l'acte de pardonner reste limité et conditionné, dans l'attente du mouvement suivant de refus, qui ne manquera pas de se produire.

     

    * * *

     

    Claire - Un jour, en entrant dans l'église du curé d'Ars, à Ars, j'ai entendu clairement une voix me dire : "la guérison, c'est le pardon". Souvent, en accompagnant les patients, on constate que ce qui semble impardonnable, bloque le processus de cicatrisation de la blessure égotique. Pourtant, le mental peut buter sur des questions éthiques difficiles à résoudre. Comment pardonner ce qui est, au fond de nous, contraire à nos valeurs fondamentales?

     

    Jean-Marc - Vouloir pardonner n'est pas le vrai pardon. Le vrai pardon n'existe que dans l'absence de vous-même. Dans cette absence, le besoin de pardonner vous quitte, car le besoin d'accuser vous quitte aussi.

     

    Jean-Yves - Le pardon demandé relève, à mon sens, au niveau du mental et donc du manifesté, de la reconnaissance d'un bien et d'un mal accompagné d'un sentiment de culpabilité qui se traduit par "je reconnais que j'ai fait du mal, donc je demande pardon." D'où vient cette reconnaissance, sachant que la conscience globale est neutre, par-delà le bien et le mal, et que l'ego est purement défensif sur ce sujet ?

     

    Les mouvements de l'ego sont vus par ce qui n'appartient pas à l'ego. Ce sont les actes égotiques qui requièrent parfois un pardon. Vous ne demandez pas pardon, dans la rue, lorsque vos pieds restent bien sur leur trajectoire. Vous demandez pardon lorsqu'ils quittent leur trajectoire et écrasent ceux d'un autre. L'acte issu de la conscience globale a la droiture d'une marche juste. L'acte issu de la réaction égotique a la déviance d'une marche vacillante.

     

    Jean-Yves - Cela ne nécessite-t-il pas, finalement, une vision d'un bien, et d'un mal, transcendant l'ego pour provoquer cette décision ?

     

    Le bien et le mal sont des expressions d'une seule et même réalité. Pour la réalité elle-même, la division n'est pas. C'est la réalité qui reconnaît ce que la réalité n'est pas, dans sa nature pure.

     

    Jean-Yves - Ou bien peut-on le voir comme le fait que le pardon sincère est toujours la solution – voie - ultime, car tout acte est forcément impersonnel ?

     

    Le pardon est une solution personnelle trouvée par la personne pour réparer les conséquences de ses propres errances. Il n'est qu'une solution transitoire, appropriée à une expression transitoire.

     

    Jean-Yves - Mais la difficulté, voire l'impossibilité, d'envisager cette vérité et de l'habiter conduit donc à ce "faux" choix que nous percevons en première approche intellectuelle ?

     

    Les notions relatives du bien et du mal ont leur intérêt tant que la vie est guidée par le personnage projeté. Elles sont inopérantes pour la vie qui prolonge la conscience globale, car les actes qui en sont issus ont une justesse qui n'est jamais remise en cause. C'est l'intermédiaire égotique qui déforme le signal d'entrée.

     

    Samir - Dans le monde de la dualité, existe-t-il un pendant au pardon ?

     

    On peut dire que l'accusation est le pendant du pardon.

     

    Samir - Ou bien est-il possible d'expliquer le pardon en disant ce qu'il n'est pas ?

     

    Absolument. C'est ainsi que sont débusquées toutes les intentions douteuses, incluant l'intention de pardonner. Car derrière l'intention de pardonner gît l'intention d'accuser. Ces deux intentions sont interdépendantes.

     

    Samir - Ensuite, je me demande s'il y a des liens entre le pardon et la culpabilité ? Et si oui, comment cela s'articule énergétiquement ?

     

    La culpabilité est la reconnaissance de la nature égotique, et donc égoïste, d'un acte. La mère aimante, aussi, pardonne à son enfant ses divagations.

     

    Samir - La question du pardon se pose-t-elle dans le monde de la non-dualité ?

     

    Non. Elle est absente de la conscience globale. Elle est créée par le mental pensant, qui a pris en charge des actes, en les mettant à son service exclusif. Pour le regard qui regarde, les mouvements mentaux ne sont que des reflets de sa propre lumière. Ils n'ont pas plus de réalité que les fruits qu'ils engendrent.

     

    Samir - Qu'y aurait-il à pardonner à partir du point de vue de la non-dualité ?

     

    Dans l'absence de la personne, qui donc peut encore exprimer un pardon ? Une personne doit être présente pour demander ou offrir un pardon. Cette personne peut aussi demander pardon pour sa propre existence. En faisant cela, elle devient aussi ténue qu'une poussière, et amorce ainsi sa dissolution. Le je qui demande pardon au je se rencontre lui-même.

     

    Michel - Le pardon est un suicide intelligent du moi. De la même manière que le mental peut

    Hypnotiquement donner corps à une idée de destruction physique, la réification orientée d'une pensée de pardon amène à la dissolution de l'obstacle qui barre le cœur. Il y a un geste intime qui amène du "non" au "Oui". Ce sacrifice de ce qui résiste est le prélude au pardon dirigé vers l'autre.

    On commence toujours par se pardonner soi-même, réouverture de la source de Conscience qui peut alors vivifier une relation figée. Étymologiquement, pardon signifie per donare : donner (à l'autre). "Pour donner, il faut s'appartenir", disait quelqu'un de bien, et pour s'appartenir, il faut abandonner ce qui attache. Pardonner est un acte de transcendance du petit moi. Il ne s'applique pas au passé, mais féconde, dans le présent, un futur meilleur.

     

    C'est bien dit ainsi.

     

    Roseline - Le message du texte initial est clair, et pointe vraiment vers l'espace où il n'y a rien à pardonner, car il n'y a rien à offenser. C'est l'évidence. En même temps, qu'est ce qui va permettre ce retournement ?

     

    En questionnant celui qui pardonne, il est vu que celui qui pardonne et cela qui est pardonné ne sont, en réalité, pas séparés. Je suis ce que je pardonne, et je pardonne ce que je suis. La division est abolie. C'est le règne de l'unité.

     

    Roseline - L'énergie de la partie du "moi offensée" est activée, car très probablement des besoins, valeurs ne sont pas satisfaits pour cette partie. Comment l'apaiser afin qu'elle se resitue dans l'espace sans limite de la conscience qui la contient ?

     

    Le moi ne peut jamais être content, car il ne peut trouver, en lui-même, la source du contentement. Lorsqu'il se retourne vers le contentement lui-même, il y est englouti. Dans cet engloutissement, il y a liberté. Dans la liberté, il y a amour.

     

    Jean-François - Pour qu'il y ait pardon, il faut, au préalable, qu'il y ait d'une part une volonté d'être pardonné, et d'autre part une volonté de pardonner. Il faut également qu'il y ait, de part et d'autre, une volonté de maintenir une relation et, a fortiori, une relation apaisée. Le pardon sert alors à renégocier les clauses du contrat de cette relation que l'on souhaite, de part et d'autre, maintenir.  

     

    Le vrai don, et donc le vrai pardon, ne peuvent jaillir que de l'absence de nous-mêmes.   Tant qu'existe un moi contrôleur, il y a toujours une intention cachée derrière les bonnes   intentions. Lorsque cette intention est démasquée, l'action et l'intention se purifient de la   volonté. Elles deviennent une émanation du Soi, tout comme le rayon qui prolonge le soleil.

     

    Cynthia - Les mouvements sont-ils tous égotiques et non réels ?

     

    Ils n'ont qu'une réalité relative, tout comme le changeant. Que le personnage égotique récupère ou non l'action, l'action reste toujours un mouvement dans la conscience immuable.

     

    Cynthia - Celui qui est conscient des mouvements est-il réel ?

     

    Non, pas réel en tant qu'objet, car la conscience ne peut être objet, mais réel en tant que sujet, car la conscience est une permanence du sujet.

     

    Cynthia - Le pardon, celui qui pardonne et le pardonné, sont-ils en fait les trois aspects d'une même réalité qu'il est impossible de séparer ?

     

    Oui, ce sont trois formes prises par l'amour impersonnel, propre à la conscience pure.

     

    Cynthia - La séparation est-elle illusion, restriction du réel ou vision égotique?

     

    Oui.

     

    Cynthia - C'est donc selon la perspective de chacun que le pardon existe ou non ?

     

    Oui, il n'a de sens que du point de vue du personnage projeté.

     

    Cynthia - Ultimement, il n'est pas réel ?

     

    Oui, on peut le dire ainsi, du fait du caractère fictif du personnage projeté.

     

    Evelyne - Qui pardonne ?

     

    Le pardon est une expression de l'amour. La personne n'en est que son outil d'expression, mais non la source.

     

    Evelyne - Pour moi, le pardon ne peut pas provenir d'un acte volontaire, sinon intervient le je (ego).

     

    Oui, tout à fait.

     

    Evelyne - Ne s'agirait-il pas plutôt d'un lâcher-prise, qui ne dépend pas du petit moi ?

     

    Oui, ce n'est que dans un   total   abandon qu'il peut s'exprimer, un abandon des   prétentions, désintentions et des volitions.

     

    Evelyne - Si je décide de pardonner, ne s'agit-il pas d'un acte posé, et non d'un jaillissement

    Spontané ?

     

    La décision de pardonner ne vient pas du moi. Elle est une expression de l'unité de la conscience.

     

    Evelyne - Il me semble que l'"authentique" pardon part d'un élan du cœur.

     

    Tout à fait.

     

    Cheryl - Sans oublier le mal qu'on peut nous faire, jusqu'où est-il possible de pardonner, sans oublier qu'au-dessus il y a Dieu ?

     

    Les actions condamnables sont celles qui prolongent l'ego. C'est le fonctionnement égotique tout entier qui doit être remis en cause. Et il passe par notre propre fonctionnement. Tant que celui-ci n'a pas  été vu et démasqué, il continue à œuvrer sans être dérangé. Une manière de dire qu'il vaut mieux regarder la poutre dans notre œil, plutôt que la paille dans l’œil du voisin.

     

    Cheryl - Le pardon, avec des mots justes et une action juste, peut-il guérir du remords et de la culpabilité ?

     

    La parole juste et l'action juste ne laissent pas de trace en vous. Nourrissez-les et   cultivez-les, jusqu'à ce qu'elles deviennent naturelles comme l'air qu'on respire.

     

    Cheryl - Si une personne éprouve une rancœur vis-à-vis de la personne qui demande pardon, peut- elle se mettre à l'écoute de l'autre malgré tout si elle veut ?

     

    La rancœur est un prolongement du jugement. Le jugement est une création de votre propre mental. Lorsque cela est vu, la vision se libère du jugement et retrouve sa virginité.

     

    Shanti - Qui (ou qu'est-ce qui) en nous est à l'origine du pardon ?

     

    C'est l'amour qui en est à l'origine.

     

    Shanti - Comment ne pas se leurrer dans un faux pardon ?

     

    En évitant de laisser le personnage égotique récupérer cet élan spontané.

     

    Claudia - Avant même de le lire et encore plus en le lisant, la première pensée qui m'est venue est le fait que le pardon, c'est déjà se pardonner à Soi pour ensuite, si besoin est, pouvoir pardonner l'autre/à l'autre (quel qu'il soit). Le vrai pardon ne met pas de condition. Il est pardon tout simplement. La majorité des "pardons" sont "des petits pardons" avec une certaine "retenue" de celui qui donne, accorde, son pardon, comme un genre de "troc". Le troc de l'amour, j'appellerais cela... Le vrai pardon, oui, sort du cœur, du vrai cœur, et est donc inconditionnel comme l'amour vrai, le geste vrai.

     

    Oui, tout à fait.

     

    Gislaine - Je me demandais si pardonner, ce n'était pas réaliser qu'il n'y a que l'instant présent. En pardonnant, on se détache du passé. On dit bien ; "c'est du passé n'en parlons plus. Et on se détache du futur, car on abandonne aussi l'idée de la vengeance qui, dit-on, est "un plat qui se mange froid". Il me semble qu'on approche par le pardon l'intemporalité de notre être.

     

    Le vécu non affranchi à la mémoire est libre du pardon.

     

    Bernard - Dans l’état de conscience pure, d’Unité, le pardon n’a aucun sens puisqu’il n’y a pas de "faute".

     

    Oui, pas de faute. L'acte juste ne peut être remis en cause. C'est l'acte égotique qui l'est.

     

    Bernard - La notion de pardon ne peut exister que dans l’état duel.

     

    En effet, sans quelqu'un pour pardonner et quelqu'un à qui pardonner, le pardon se libère de la personne. Il n'est alors qu'amour, sans référence à l'objet.

     

    Bernard - Quelles sont les relations entre pardon et oubli ?

     

    La mémorisation est une chose, le jugement en est une autre. Il est possible de garder en mémoire un acte, mais de ne pas le juger. Il fait alors partie intégrante du manifesté. Il est une expression du tout.

     

    Bernard - Le pardon nécessite l’union d’une pensée et d’un état de paix émotionnelle.

     

    La souffrance crée en effet une agitation qui n'est pas propice à l'expression de l'amour. Le pardon requiert la pensée, car c'est elle qui invente celui qui pardonne et cela qui est à pardonner.

     

    Bernard - Dans le pardon, il y a conscience de notre unité avec autrui et avec le monde qui nous entoure.

     

    Oui, on peut le voir comme une expression de l'unité.

     

    Bernard - Le pardon est-il dissociable d’un sentiment de supériorité ?

     

    Non, il est corrélé à un sentiment de supériorité. Sans quoi, dans l'absence d'un vous-même, qu'y a- t-il encore à pardonner ?

     

    Bernard - Qui est-ce qui pardonne ? Mon ego ? Ma conscience ?

     

    Le mouvement du pardon est un mouvement égotique. L'ego est une expression du Soi.

    Ultimement, le pardon est une expression du Soi.

     

    Bernard - Pour qu’il y ait pardon, il faut qu’il y ait conscience d’une 'faute', d'un mal fait.

     

    Oui, la conscience qu'une cause engendre un effet, et que l'effet devient une cause.

     

    Bernard - Le pardon n’est-il pas incompatible avec l’humilité ?

     

    L'humilité est absence. Elle est sans demande.

     

    Bernard - Il y a un rapport étroit entre pardon et culpabilité. Si la culpabilité n’existe pas, le pardon n’a pas de sens...

     

    La culpabilité est masquée par la prétention. C'est cette dernière qui évite toute remise en cause de l'acte accompli. L'ego peut alors poursuivre ses manipulations sans avoir été vu. Lorsqu'il est démasqué, émerge un sain sentiment de responsabilité. Ce constat permet de ne plus nourrir inconsciemment les gesticulations égotiques.

     

    Jeanne - Le pardon m'a toujours été présenté comme quelque chose qu'il "faut" faire. "Il faut pardonner".  Comme si c'était possible par la simple volonté. Il me semble que, par la volonté, on peut faire des efforts pour être indulgent, ne pas se mettre en colère, se dire que la personne a commis cet acte parce que ceci ou cela... Mais que cela n'est pas le véritable pardon. Car il reste encore en moi une sorte de colère et de non-acceptation de l'acte qui a été commis et qui m'a blessée.

     

    Le désir de pardon est un désir d'unité déguisé. La séparation est souffrance. L'unité est joie.

    Revue Recto-Verseau, octobre 2015 

    Jean-Marc Mantelhttp://jmmantel.net

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  • 644296_10200651596916966_962398795_n.jpg

     

    "Mondialement connu dans le quartier" Hi hi hi!!!

     

     

     

    (...Heu, j'ai peut-être le rire facileu, heu heu heu)

     

     

     


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  • Le choix de souffrir ou de vivre heureux


    Ce moment présent est beau si nous le choisissons et désirons le vivre ainsi.
    Il est certain qu'il y a des moments plus joyeux que d'autres, certains plus graves ou plus tristes, mais c'est toujours en soi que réside ce choix de le vivre de manière simple ou compliqué, triste ou serein, heureux ou malheureux.

    La liberté réside en soi mais pour qu'elle puisse s'exprimer, il est nécessaire de l'apprivoiser et de lui permettre de vivre.

    Prenons un exemple : Le soleil brille, il fait beau, la nature vous offre ses premiers bourgeons et fleurs, vous êtes en bonne santé, tout est parfait pour que ce moment soit un vrai plaisir, mais... c'est le cinquième anniversaire de la mort d'un membre de votre famille.
    Et là, il est possible que votre pensée reste bloquée sur cette personne et pendant toute la journée, vous allez vous empêcher d'être heureux. Les nuages du souvenir effacent le soleil du moment présent.

    Beaucoup de personnes s'empêchent de pouvoir vivre librement, parce que leur liberté est enchaînée à des mémoires mentales ou émotionnelles.

    Également, de nombreuses personnes vivent sur leurs bons souvenirs ou sur celui de leurs ancêtres :
    Dans ce temps, j'étais... j'ai fait... c'était la belle vie !
    C'est mon héritage familial...
    Ils restent accrochés à ce temps passé qui n'est plus vraiment actuel.

    Parfois c'est à des mauvais souvenirs qu'ils sont accrochés et ils se nourrissent de colères ou de culpabilité en permanence et en tombent malades.

    De la même manière, certaines personnes s'empêchent d'être heureuses par adhérence à la souffrance d'autres personnes, 'en mémoire'... si une période récente de deuil ou de souffrance est importante à vivre pour permettre à l'émotion de s'extérioriser,
    il n'est pas normal que cette souffrance dure des mois ou des années, ou pire encore des siècles !

    Il y a un moment ou il faut savoir libérer ce passé, cette mémoire et enfin vivre présentement la joie de vivre.

    Souriez à la vie ! Profitez de la générosité et de la beauté de la nature.
    Le soleil, les étoiles, la lune, les arbres, les fleurs, les oiseaux... il y a toujours quelque chose à admirer pour faire grandir la joie à l'intérieur de soi.

    Certaines personnes ne supportent pas de voir que d'autres personnes puissent être heureuses et les critiquent violemment parfois.
    "Comment cette veuve peut-elle encore sourire, alors que son mari est mort il y a à peine un an ?...' 'Comment peut-on se faire plaisir le jour du vendredi saint ?' Pour elles, cette façon de faire est irrespectueuse et incompréhensible vis à vis de leur éducation et de leur morale.

    La liberté de vivre dans l'harmonie du moment présent est un vrai cadeau à se faire et pour cela, l'âme doit être libre de contraintes émotionnelles et mentales.

    La mémoire est souvent l'ennemie du bonheur.
    C'est par elle que l'on se repasse le mauvais film d'un accident, d'un événement malheureux, d'une phrase entendue et qui a fait souffrir...
    et qui nous fait ruminer et grossir notre souffrance.

    Alors comment faire pour libérer cette mémoire ?
    Les élixirs floraux de marronnier blanc (white chesnut) du docteur Bach et celui de pin (pine) peuvent aider à libérer ce mental répétitif.

    Des rituels de respiration, de grands moments de méditation et de silence intérieur peuvent aussi aider.

    L'acceptation et l'autorisation de se donner du bonheur aide à cette libération.
    L'amour de la vie et le respect de soi et des autres aident également.

    C'est uniquement vous qui pouvez changer et vous délier de tous ces attachements et faire le grand ménage intérieur.

    Celui qui préfère rester accroché à ses souffrances fait un choix respectable mais à condition qu'il accepte également le choix d'autres personnes de ne pas faire comme lui.

    Je souhaite de tout cœur que le choix de la liberté de vivre heureux se répande sur la terre pour le bonheur de l'expression de la vie en son plein potentiel.
     

    Joéliah


    6 commentaires
  • Nostalgie--.JPG

     

     Extrait d'un très bon livre "La bible de la figuration contemporaine"

     

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    J’ai 54 ans. J’ai connu moins de femmes qu’un animateur du Club Med. J’ai gagné moins d’argent que mon voisin orthodontiste. Je suis moins sportif que ma belle-sœur. J’habite toujours à 500m de chez ma mère. Et, bien sûr, je n’ai vécu aucune aventure de l’extrême. Je suis un type inoffensif, une sorte de raté irrémissible.

    J’aurais pourtant bien tort de me plaindre, car, au fond, je m’en fous complètement.

    Tout de même, c’est un peu contrariant d’être entouré de gens qui se passionnent pour leur carrière et leur image, de gens qui ont des « activités », qui font du sport, de la politique, qui discutent, qui s’intègrent, qui voyagent, qui pensent aux soldes, qui s’intéressent sans effort au squash, à l’aquariophilie et à bien d’autres choses, de gens qui, en fin de compte, ont le sentiment légitime d’avoir trouvé un bon mode d’emploi.

    Je dis « des gens », car c’est plus facile, évidemment, de critiquer les autres. Mais je sens bien que, moi aussi, ma vie est remplie, archiremplie, de cette extériorité. Cependant, je n’en suis pas fier. Non, pas du tout.  Au contraire, j’en éprouve une espèce d’amertume, un manque. Le destin des hommes est d’être presque toujours hors sujet. C’est un fait. Un fait que je ressasse gentiment.

    Ce qui me paraît valoir vraiment le coup, c’est autre chose, c’est quelque chose d’étrange, d’indéfinissable et, en fin de compte, d’assez vaseux. Ca a commencé par le sentiment d’une différence : il y a certains moments, il y a certaines approches de l’existence qui existent plus que d’autres. C’est un peu comme les fluctuations du fond diffus cosmologique, plus on y pense, plus on comprend que c’est important. En tout cas, j’ai décidé de m’y intéresser sérieusement et de faire une sorte de reportage sur la vie des hommes. C’est un choix de vie un peu difficile, car il n’existe pas de clubs ou de bars branchés où trouver facilement des gens avec qui partager cette passion. Mais il y a la peinture...

     

       Œuvre et propos de Pierre Lamalattie

    A visiter: sa galerie curriculum vitae

     


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