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    Il nous parle de débuts, de cette possibilité merveilleuse de recommencer. Poser dans la terre légère des graines encore plus légères, faire rouler dessus quelques gouttes d'eau, tasser du bout des doigts, et attendre, c'est une joie tellement incroyable qu'on ne veut pas y croire.

     

    Tout ce qui nous apparaît simple et heureux, tout ce qui a trait à l'enfance dans sa liberté vagabonde s'exprime comme présence dans un jardin.

     

    Mon enfance à moi? Mi-saison, mi-mosa. Dès qu'on ne me regarde pas, je suis tentée d'y retourner.

     

    Enfant, j'avais la faculté d'entrer dans les paysage bleutés qui s'ouvrent au fond des tableaux, derrière l'épaule des personnages. Je visitais les sentiers neigeux du calendrier des postes et les plus lointaines frondaisons de la peinture classique. Les ruines, les forêts profondes les chemins à peine esquissés, rien ne me faisait peur. Croyez-moi, il est plus facile de se glisser dans un Poussin que dans un Klein, même si le bleu aussi est paysage. De ces voyages reste le goût d'entrer dans les jardins, tous les jardins.


     

     

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    Extrait de "Jardins Paradis" de Marc Ayrault et Marie-Louise Pélegrin

     

     

     

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    Des chasseurs ont dit observer deux loups vendredi 30 novembre lors d'une battue à 8 km de Soulaines dans l'Aube. Des chevreuils ont ces derniers temps des comportements, paraît-il, bizarres dans le secteur... En 1815, on écrivait que des loups venaient des  villages alentours. La nature reprendrait ses droits. Le loup est en expansion en France depuis ces dernières années.  Il est présent en Lorraine.


     

     

    Grâce à une caméra infra-rouge qui se déclenche dès que quelque chose  passe devant, on peut observer qu'une carcasse de chevreuil a fait le bonheur de certains. Par ordre d'arrivée : Buse, Martre, Chevreuil, Buse, Chat forestier, Renard.

     

     

     

    Les convives se succèdent, par ordre de passage : Renard, Sanglier, Martre, Renard, Chevreuil.

     

    Attendons la suite...

     

     

    (Vidéos et textes tranmises par mon fils qui travaille dans le secteur de l'environnement)

     


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    Un entretien avec Masanobu Fukuoka, par Robert et Diane GilmanA lire ici : "L’agriculture du non-agir de Masanobu."


     

    Robert: Qu'avez-vous appris durant ces 50 ans de travail sur ce que les gens peuvent faire avec leur agriculture?


    Masanobu: Je suis un petit homme, comme vous pouvez le voir, mais je suis venu aux Etats-Unis avec un grand but. Ce petit homme devient de plus en plus petit, et ne va pas durer très longtemps, et je voudrais donc partager mes idées de 50 ans. Mon rêve et comme un ballon. Il peut devenir de plus en plus petit, ou il peut devenir de plus en plus gros. Si cela pouvait être dit d'une manière brève, cela se dirait comme le mot "néant". Mais cela pourrait secouer la terre entière.

     

    Je vis sur une petite montagne, faisant ma ferme. Je n'ai aucune connaissance. Je ne fais rien. Ma façon de faire de l'agriculture est de ne pas cultiver, de ne pas fertiliser, et de ne pas utiliser de produits chimiques. Il y a dix ans, mon livre One Straw Revolution [La révolution d'un seul brin de paille], a été publié aux USA par Rodale Press. De ce moment je ne suis plus parvenu à simplement dormir dans les montagnes. J'ai pris un avion pour la première fois de ma vie il y a sept ans et je suis venu à Boston, en Californie, à New York City. J'ai été surpris parce que je pensais que les Etats-Unis étaient  un pays très vert, mais il m'est apparu comme une terre morte.
    J'ai ensuite parlé de mon agriculture naturelle au responsable du département des déserts des Nations Unies. Il m'a demandé si mon agriculture naturelle pouvait changer le désert d'Irak. Il m'a dit de développer un moyen pour faire reverdir le désert. J'ai pensé à ce moment que je n'étais qu'un pauvre fermier sans pouvoir ni connaissances, et je lui ai dit que cela m'était impossible. Mais à partir de ce moment j'ai commencé à penser que ma tâche est de travailler sur le désert.

    J'ai voyagé à travers l'Europe il y a quelques années. Il m'a semblé que l'Europe était très belle, et avait beaucoup de zones naturelles préservées. Mais à cinquante centimètres sous la surface, j'ai senti le désert arriver lentement. Je me suis demandé pourquoi. J'ai réalisé que c'était dû à l'erreur qu'ils faisaient dans l'agriculture. Les débuts de cette erreur sont dans l'élevage de la viande pour les rois et du vin pour l'église. A l'entour, ce ne sont que troupeaux, troupeaux, troupeaux, vigne, vigne, vigne. L'agriculture Européenne et Américaine a commencé avec des troupeaux qui pâturent et des vignes qui poussent pour les rois et l'église. Ils ont changé la nature en faisant cela, tout particulièrement sur les flancs des collines. L’érosion des sols apparaît alors. Seuls les 20% du sol des vallées restent sains, et 80% de la terre est épuisé. Puisque cette terre est épuisée, ils ont besoin de fertilisants et de pesticides chimiques. L'agriculture des Etats-Unis, de l'Europe, et même du Japon, a commencé en retournant la terre. Cultiver est aussi lié à la civilisation, et c'est là que commence l'erreur. Dans la vraie agriculture naturelle, on ne cultive pas, on ne laboure pas. L'utilisation de tracteurs et d'outils détruit la vraie nature. Les plus grands ennemis des arbres sont la scie et la hache. Les plus grands ennemis du sol sont la culture et le labour. Si les gens n'avaient pas ces outils, ce serait meilleur pour tout le monde.

    Puisque ma ferme n'est pas cultivée, n'utilise pas de fertilisants ou de produits chimiques, de nombreux animaux et insectes y vivent. Ils utilisent les pesticides pour tuer un certain type de nuisibles, ce qui détruit l'équilibre de la nature. Si nous parvenons à nous en passer, une nature parfaite reviendra.


    Robert: Comment avez-vous appliqué votre méthode aux déserts?


    Masanobu: L'agriculture chimique ne peut changer le désert. Ils ne peuvent le faire même avec un tracteur et un gros système d'irrigation. J'ai réalisé que l'agriculture naturelle est indispensable pour que le désert retourne à la verdure. La méthode est très simple. Semez simplement quelques graines dans le désert. Voici la photo d'une expérience en Ethiopie. Cette zone était très belle il y a 90 ans, et elle ressemble maintenant au désert du Colorado. J'ai donné les semences pour 100 variétés de plantes aux gens en Ethiopie et en Somalie. Les enfants ont planté les graines, et les ont arrosées pendant trois jours. La température élevée et l'absence d'eau ont fait que les racines ont rapidement plongé dans le sol. Les radis Daikon poussent maintenant à cet endroit. Les gens pensent qu'il n'y a pas d'eau dans le désert, mais même en Somalie et en Ethiopie, ils ont une grande rivière. Ce n'est pas qu'il n'y a pas d'eau. Cette eau se trouve juste sous la terre. On trouve l'eau entre 2 et 4 mètres de profondeur.


    Diane: Vous utilisez l'eau juste pour la germination, puis vous laissez les plantes se débrouiller?

    Masanobu: Dix jours ou un mois après, elles ont encore besoin d'eau, mais il ne faut pas trop les arroser, pour que les racines descendent profondément. Il y a des gens en Somalie qui ont maintenant un jardin personnel. Le projet a démarré avec l'aide de l'UNESCO et beaucoup d'argent, mais il n'y a aujourd'hui(1986) qu'un couple de personnes qui s'occupe de l'expérience. Ces jeunes gens de Tokyo ne connaissent pas grand chose à l'agriculture. Je pense qu'il est mieux d'envoyer des graines aux gens de Somalie et d'Ethiopie, plutôt que leur envoyer du lait et de la farine, mais il n'y a pas de moyen de leur en envoyer. Les gens de Somalie et d'Ethiopie peuvent semer des graines, ce dont même les enfants sont capables, mais les gouvernements Africains, les Etats-Unis, l'Italie, la France n'envoient pas de graines, mais seulement de la nourriture et des vêtements. Les gouvernements Africains découragent les jardins personnels et la petite agriculture. Les graines pour jardin sont devenues rares durant les 100 dernières années.

     

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    Diane: Pourquoi ces gouvernements font-ils ainsi?


    Masanobu: Les gouvernements Africains et le gouvernement des Etats Unis veulent que les gens ne fassent pousser que cinq ou six variétés de café, de thé, de coton, pour l'exportation et pour faire de l'argent. Les légumes ne sont que de la nourriture, ils ne rapportent pas d'argent. Ils disent qu'ils vont fournir le maïs et le blé pour que les gens n'aient pas besoin de faire pousser leurs propres légumes.


    Robert: Avons-nous aux Etats-Unis le type de graines qui pourrait correctement s'acclimater à ces régions d'Afrique?


    Masanobu: De fait, j'ai vu ce matin dans cette ville (Port Townsend) de nombreuses plantes dont des légumes, des plantes ornementales et des céréales qui pousseraient dans le désert. Des plantes comme les radis Daikon, ou d'autres variétés comme l'amarante (amaranth ndt)  ou des plantes grasses poussent même mieux là-bas que dans mes champs.


    Robert: Donc si les gens aux Etats-Unis, au Japon et en Europe veulent aider les gens en Afrique, et réduire le désert, suggèreriez-vous qu'ils y envoient des graines?

    Masanobu: Quand j'étais en Somalie, j'ai pensé que s'il y avait 10 fermiers, un camion et des semences, il serait alors très facile d'aider les gens de l'endroit. Ils n’ont pas d'herbe pendant la moitié de l'année, ils n'ont pas de vitamines, et tombent évidemment malades. Ils ont même oublié comment manger les légumes. Ils mangent juste les feuilles mais pas la partie comestible des racines.

    Je suis allé à l'Olympic National Park hier. J'ai été très surpris et j'en ai presque pleuré. Là, Le sol était vivant ! La montagne ressemblait au lit de Dieu. La forêt semblait vivante, ce que vous ne trouvez même pas en Europe. Les arbres de Californie et les prairies Françaises sont superbes mais c'était bien le plus beau ! Les gens qui vivent par ici ont de l'eau, du bois de chauffage et des arbres. C'est comme le Jardin d'Eden. Si les gens sont vraiment heureux, cet endroit est une vraie Utopie.

    Les gens dans les déserts n'ont qu'une tasse, un couteau et une marmite. Certaines familles n'ont même pas un couteau, et doivent couper leur bois à coups de rochers et le transporter sur des kilomètres. J'étais très impressionné  par cette belle région, mais j'avais au même moment mal au cœur en pensant aux gens du désert. La différence est la même qu'entre le paradis et l'enfer. Je crois que le monde en arrive à un point très dangereux. Les Etats-Unis ont le pouvoir de détruire le monde, mais aussi d'aider le monde. Je me demande si les gens de ce pays se rendent compte que les Etats-Unis aident les gens en Somalie mais sont aussi en train de les tuer. Ils leurs font cultiver du café, du sucre et leur donnent de la nourriture. Le gouvernent Japonais fait la même chose.  Il donne des vêtements et le gouvernement Italien donne des macaronis. Les Etats-Unis veulent en faire des mangeurs de pain. Les gens en Ethiopie cuisinent le riz, l'orge et les légumes. Ils sont heureux en restant des petits agriculteurs. Le gouvernement des Etats-Unis leur dit de travailler, travailler comme des esclaves dans une grande ferme, en cultivant du café. Les Etats-Unis leur disent qu'ils peuvent faire de l'argent et devenir heureux de cette manière. Un professeur japonais, un collègue, a dit après avoir visité la Somalie et l'Ethiopie que c'était l'enfer sur terre. J'ai dit "Non, c'est l'entrée du paradis". Ces gens n'ont pas d'argent, pas de nourriture, mais ils sont très heureux. Ils sont heureux parce qu'ils n'ont pas d'écoles ni de maîtres. Ils sont heureux lorsqu'ils transportent de l'eau, lorsqu'ils coupent du bois. Ce n'est pas une chose, difficile pour eux, ils aiment vraiment faire cela. Il fait très chaud entre midi et trois heures, mais sinon il y a du vent, et il n'y a pas de mouches ou de moustiques.

     

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    Les gens aux Etats-Unis, plutôt que d'aller dans l'espace, pourraient ensemencer les déserts depuis la navette spatiale. Il y a beaucoup de compagnies de semences affiliées à des entreprises multinationales. Ils pourraient ensemencer à partir d'avions.

    Diane: Si l'on jetait les graines ainsi, les pluies seraient-elles suffisantes pour les faire germer?


    Masanobu: Non, ce n'est pas assez, donc je sèmerai des graines enrobées pour éviter qu'elles se dessèchent ou qu'elles soient mangées par les animaux. Il y a probablement différentes manières d'enrober les graines. Vous pouvez utiliser de la terre, mais il faut que cela colle, ou utiliser du calcium.


    Ma ferme a de tout: des arbres fruitiers, des légumes, des acacias. Comme dans mes champs, il faut tout mélanger et semer au même moment. J’ai pris dans les 100 variétés d'arbres greffés là, deux de chaque, et la plupart, dans les 80%, y poussent maintenant. La raison pour laquelle je dis d'utiliser un avion, c'est que pour tester, vous utilisez juste une petite zone. Mais pour faire reverdir une grande zone, tout ceci doit être fait en une seule fois ! Vous devez mélanger les arbres et les légumes; c'est le moyen le plus rapide pour réussir.

     

     


    J'ai une autre raison pour proposer d'utiliser l'avion: Il faut les semer vite parce que s'il les zones vertes de la planète diminuent encore de 3%, toute la terre va mourir. Les gens ne seront pas heureux à cause du manque d'oxygène ! Vous vous sentez heureux au printemps grâce à l'oxygène des plantes. Nous aspirons l'oxygène et expirons le gaz carbonique, et les plantes font l'inverse. Les êtres humains et les plantes n'ont pas seulement des relations de nourriture, mais ils partagent aussi l'air. Ainsi le manque d'oxygène en Somalie n'est pas seulement un problème à cet endroit, mais aussi un problème ici. Tout le monde va ressentir l'épuisement rapide des sols dans ces régions d'Afrique. Cela arrive très vite. Il n'y a pas de temps à perdre. Nous devons faire quelque chose maintenant.


    Les gens en Ethiopie sont heureux avec le vent et la lumière, le feu et l'eau. Pourquoi les gens ont-ils besoin de plus? Notre tâche est de pratiquer l'agriculture à la manière de Dieu. Ce pourrait être un moyen de commencer à sauver ce monde.

     

    http://tristanlecomte.purprojet.com/.a/6a00d83452c51b69e20133f451f3a5970b-800wi

    Site de cette image

     


     

    Publication originale dans IN CONTEXT #14, Automne 1986, Page 37 Copyright (c)1986, 1997 by Context Institute

    Traduction française : Michel Dussandier Nov. 1997

    source : http://www.citerre.org/fukuokamct.htm

     

     

    Article pris chez Miche



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  • La nature apporte un sentiment de paix. Contempler l'immense variété des contours, des couleurs, des textures, des parfums et des sons que nous offre la nature procure le sentiment de ne faire qu' "un" avec elle. Regarder l'horizon permet de reposer nos yeux des pressions que la vie leur impose. La prochaine fois que vous regarderez une ligne d'horizon, sentez comme les muscles de vos yeux se relâchent et pensez au bien-être que cela vous apporte. Lorsqu'on devient un élément du paysage, nous appréhendons nos préoccupations de manière différente, ce qui permet de corriger notre égocentrisme. A l'époque du romantisme, la petitesse que l'homme ressentait face à la nature était si intense qu'elle en était terrifiante. Aujourd'hui, une cascade impressionnante ou de très hautes falaises nous inspirent encore le respect. Même lorsqu'on est au milieu de paysages plus agréables, on se voit différemment et certains de nos problèmes peuvent sembler moins importants, voire même complètement illusoires. La magie opère petit à petit. Plus nous passons de temps dans la nature et plus nos soucis s'éloignent.

    L'efficacité du baume de la nature vient en partie de ses nuances de vert, qui est une teinte liée psychologiquement au calme. Si vous avez une petite arrière cour, essayez de l'égayer avec des plantes aux feuillages et aux textures différentes. Vous pouvez aller chez le fleuriste ou mieux encore couper les fleurs de votre jardin ou composer des natures mortes d'infrutescences ou de fruits pour égayer votre intérieur. Laissez un coin de votre jardin en friche pour que les oiseaux et les insectes puissent se créer un havre de paix. Cherchez le nom des plantes et des fleurs de votre jardin comme si vous vouliez les connaître individuellement. Apprenez leur nom latin et français. Prononcez à haute voix ces étranges syllabes et imaginez que ce sont les graines du jardin de votre mental.

    La relaxation de Mike Georges


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    Il y a quelques jours, après l'étonnement du lilas qui n'avait pas fait de fleurs cette année, nous nous sommes aperçus que cela eut été vain puisque celui-ci n'avait même pas de feuilles! Que lui est-il donc arrivé?

    Puis de s'étonner de voir une merlette faire un nid sur le toit de la maisonnette au milieu de ce lilas nu. 

    Pour info, elle pond en fin de matinée puis s'en va jusqu'au lendemain. Elle est revenue aujourd'hui. Nous nous attendons à voir un deuxième oeuf.

    Suspense...

     

     

    Suite

     

     

     

     

     


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    Aux Etats-Unis, les propriétaires de 4/4 disposent maintenant de sprays de boue dont ils maculent les pneus de leur voiture en ville pour faire croire à leurs voisins qu’ils reviennent de la campagne. Une façon de se donner bonne conscience, sans rien y changer, à l’heure où ces gros consommateurs d’énergie sont de plus en plus mal vus.


    En France les Spas proposent des massages ayurvédiques avec foie gras et champagne à la clé. Un contresens évident.


    Nos habitudes sont si bien ancrées qu’il est difficile d’en changer. Si bien que l’on se contente de changer dans le regard de l’autre.


    Alors qu’il s’agit d’abord de mettre en ordre son monde intérieur afin que l’énergie dégagée nous donne prise sur les changements qui s’imposent.


    Qu'en pensez vous?

     


    Isabelle Clerc dans « Santé Yoga » N°87





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    Savoir revivre de Jacques Massacrier

     

     www.devin-editions.fr

     

     

    Ici, je n'ai mis que les pages concernant le yoga mais...

    Visitez la table des matières

    et le témoignage

    .....surprenant et magnifique!

     

     

    210 - le yoga

     

     

    121

     

    122

     

     

    123

     

     

    124

     

     

    211 - les postures assises - 212 - le sukhasana - 213 - le siddahasana - 214 - le padmasana

     

    215 - le suryanamaskara

     

     

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    Enfin, il y a le rythme de la terre, auquel les laboureurs se sont pliés depuis des siècles par une sorte de mimétisme si parfait que leurs attitudes, leurs gestes les plus anodins dénoncent l'un des plus vieux métiers du monde. Et cette curieuse noblesse dans le comportement physique, ce temps qu'ils prennent pour négocier avec l'espace, cette harmonie naturelle les font paraître de plus en plus balourds à mesure que l'énervement gagne le commun des mortels.

    Je connais des gens irrités par la lenteur des paysans qui circulent dans leur ville. Peut-être feraient-ils mieux de s'irriter de leur propre hâte. Nous arriveront à Noël ensemble.

    En ville, le paysan marche à son pas, c'est à dire au rythme de sa vie quotidienne, la vie des champs. Les chemins creux, les terres labourées, les prés même ne s'arpentent pas comme un trottoir de rue. Et il faut d'autres chaussures que des escarpins vernis, d'autres talons que des aiguilles.


    Sauf le cas de foire ou de marché, et encore! Le paysan en ville est un flâneur, une espèce de touriste. Il marche, il s'arrête, il observe comme un touriste sérieux. Le spectacle de la ville est son délassement et son étude à la fois. Et soyez sur qu'il n'y voit pas les mêmes choses que vous. C'est qu'il n'a pas les mêmes yeux. Les siens sont plus neufs. Toujours.

    Cette lenteur paysanne, cette admirable économie du corps qui n'est ni lourdeur ni gaucherie, est imposée par le rythme des travaux. Et ce rythme est celui du temps lui-même. L'unité de mesure est le jour, non pas l'heure. On voir rarement un paysan tirer sa montre. Il se lève avec le soleil, il finit son travail avec lui. Je sais encore des fermes où les moments des repas sont marqués par l'angélus. J'en ai fréquenté une, autrefois, où la fermière appelait les hommes à la galette ou à la bouillie en soufflant dans une corne. Les hommes revenaient sans se presser. Quand on se presse, c'est qu'il y a nécessité, urgence grave, un orage qui se prépare ou quelque chose qui brûle quelque part.

    Il y a trois sonneries de cloche avant la grand'messe pour donner le temps de se préparer, de se mettre en route, et d'arriver sans cette hâte qui compromettrait le recueillement dominical.

    Et puis, l'essentiel est ailleurs. L'essentiel est que la terre ne se presse pas. Il lui faut son temps. On lui confie des semences et on attend qu'elles lèvent, fassent des tiges, nouent des fruits. On attend l'août pour moissonner. Peut-être, un jour, les hommes de science trouveront-ils le moyen de faire produire dix récoltes par an. Alors les femmes feront des enfants en six semaines.

     

    En attendant, attendons!

     

    Attendre, le maître mot.




    On ne saurait sans injustice reprocher aux paysans d'être restés en arrière délibérément par mauvaise volonté, étroitesse d'esprit ou incapacité de s'adapter. C'est qu'ils travaillent sur le vif, eux. La terre est vivante et fragile comme un ventre de femme. Les animaux, les végétaux sont vivants. Il est relativement facile de tirer, de plus en plus vite, une automobile d'un bloc de métal. Le métal se laisse faire par plus fort que lui. Mais essayez donc de transformer un porcelet en cochon gras sous huit jours! Ce n'est que lorsqu'il est engraissé et tué que vous pouvez le débiter sous trente-six formes dans une chaîne électromécanique. Mais à quand votre usine à faire des porcs?

    Et quand remplacera-t-on le pain, avec quoi?

    Ensuite, la plupart des techniques de progrès ont été trouvées par les gens des villes et pour leur usage. Il y a fort peu de temps que les ingénieurs se sont attaqués aux problèmes des paysans. Le moins qu'on puisse dire, c'est que leurs réussites ne sont pas éclatantes. Ils font ce qu'ils peuvent bien sur. Mais il est apparemment plus facile de creuser un tunnel sous la Manche que de normaliser l'agriculture. Et plus facile peut-être de construire un radôme à Pleumeur-Bodou que de mettre en valeur les Monts d'Arrée.


     Mais aujourd'hui déjà, l'avez-vous remarqué! les jeunes paysans ne marchent plus comme leurs pères. C'est qu'ils ont d'autres chaussures, des routes goudronnées, moins de talus. Ils ne se tiennent plus comme des vieux. C'est qu'ils travaillent avec d'autres outils. Ils vont plus vite parce que les tracteurs ont changé leur rythme millénaire et que le temps, désormais, pour eux aussi, c'est de l'argent. Ils ont des montres au poignet et ils savent être à l'heure. Leurs pères étaient toujours en avance et en retard. 


     


    Pierre-Jakez Hélias 1975

    Tiré de "Autrement" La patience, passion d'une durée consentie



    C'est le texte d'Eva qui m'a donné envie de publier à nouveau celui-ci  déjà paru en trois parties en février 2009.

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