• Culpabilité et honte: les freins à l’amour de soi

    D’une manière générale culpabilité et honte, qui sont deux des sentiments les plus « plombants » pour l’être, vont à l’encontre de l’amour de soi. La culpabilité apparait quand ce que nous faisons ne correspond pas à ce que l’on avait planifié, ou quand on n’a pas accompli ce que l’on devait faire. La honte, c’est plus viscéral, puisqu’il s’agit d’un jugement négatif sur soi, et pas seulement sur l’acte comme dans la culpabilité. Dans les deux cas, ces sentiments viennent accabler l’être et constituent un obstacle pour l’amour de soi.

    Accepter ce qui est, ce n’est ni de la résignation ni de la soumission, mais simplement le fait de dire oui à ce qui est là, de voir ce qu’on est avec bienveillance, sans jugement et sans rejet. Car c’est le jugement qui est à la racine du non-amour. Le Satan intérieur (la racine du mot satan signifie l’accusateur ou le procureur en hébreu) juge et accuse au cour de ces dialogues intérieurs où nous nous blâmons  « tu n’aurais pas dû faire ça, tu devrais être ainsi » ou pire en nous condamnant « tu es nul, tu as encore tout fait raté, tu n’es bon à rien, c’est honteux de faire ça, personne ne pourra t’aimer si tu comportes comme ça« , etc…  Et même en travaillant sur soi, il n’est pas rare de retomber dans ce travers, voire d’en rajouter une couche, lorsque nous ne correspondant pas à l’image idéale que l’on voudrait être: « mais tu en es encore là, je te pensais plus avancé que ça« …

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    Il existe un remède à Satan, et c’est l’Amour qui s’exprime avant tout comme l’acceptation profonde de ce que l’on est. Se dire que l’on est ce que l’on est et juste ce que l’on est, rien de plus, mais rien de moins, et que l’on a le droit d’être cela, et que nous ne sommes pas pire (ni mieux) qu’un autre, car la Vie nous a fait ainsi. Ce n’est pas se résigner à notre situation, mais simplement apporter de la bienveillance à nous mêmes, en arrêtant de nous pousser encore et encore.

    Natacha avait du travail à faire chez elle. Ayant passé trois heures à déjeuner en discutant avec un ami de longue date, elle est rentrée chez elle très culpabilisée par le temps qu’elle estimait avoir perdu. Elle se détestait et se jugeait très négativement pour ce qu’elle avait fait, se traitant intérieurement de tous les noms. En fait elle, n’avait pas réellement profité de ces trois heures, car tout en étant avec cet ami, elle culpabilisait de ne pas être au travail.

    Il s’agit là d’un cas typique où l’on se martyrise soi-même (j’ai beaucoup donné là-dedans, je connais bien) alors qu’en fait, on a simplement exprimé ce qui nous était le plus essentiel à ce moment là. Alors comment se sortir de cette culpabilité et retrouver le chemin de l’amour de soi? Voici une séquence qui peut être employée à tout moment pour sortir de cette culpabilisation:

     

        Dans un premier temps, on regarde sa culpabilité et on ressent l’effet dans son corps, sans aller dans le mental et sans le nourrir par un dialogue intérieur négatif. On la regarde simplement comme une émotion, comme une chose qui est en nous, mais sans la considérer comme était caractéristique de nous-mêmes. En d’autres termes, « je ressens de la culpabilité » et non « je suis coupable de telle ou telle chose« . La différence est importante car dans le premier cas on peut mettre à distance cette culpabilité. Et on respire dans cette émotion, amplement mais doucement, sans forcer, pour que le corps intègre cette émotion tranquillement.

        Puis, dans un deuxième temps, on se parle à soi-même en ayant vis à vis de soi l’amour bienveillant du parent vis à vis de son enfant: « ce n’est pas grave.. Je t’aime.. Tu es comme tu es, moi je t’aime comme tu es… Je sais que tu fais de ton mieux avec tout ce qui est en toi.. Et chaque moment que nous passons ensemble est un moment d’amour… Je t’aime… Tu es dans mon coeur, ne cherche pas à être qui tu n’es pas.. Tu es qui tu es et je t’aime ainsi… « . Et on s’enveloppe d’amour, de chaleur et de lumière en prononçant ces phrases, avec tout notre coeur.

     

    Natacha fit cette pratique au moment où cette culpabilité s’exprimait, et elle le vécu comme un merveilleux choc: entourée de chaleur et d’amour, elle avait en même temps l’impression de vivre une inversion totale de ses valeurs. C’était le contraire du « t’as pas su gérer ton temps » avec lequel elle se rabrouait constamment: « Jamais cela ne me serait venu à l’idée d’avoir ces mots là.. J’avais bien lu les accords Toltèques, et le fait de penser ‘fais de ton mieux’, mais cela était resté intellectuel. Je n’avais pas réalisé que ça signifiait cet amour là…« . Elle a vu comment elle se blessait souvent par sa propre culpabilité et comment, de ce fait, elle ne pouvait pas se donner d’amour à elle-même.

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     L’Ego et l’image idéale de soi

    L’ego constitue aussi un obstacle pour l’amour de soi, car c’est ce qui crée une séparation entre ce qui est et l’idéal de ce qu’on voudrait être: il veut donner l’impression que l’on est sûr de soi, dynamique et en même temps compatissant, sans faille, toujours prêt à secourir les autres, déterminé et courageux et en même temps la main tendue. L’ego crée aussi une tension en mettant du stress pour être parfait ou pour avoir quelque chose de particulier: c’est lui qui nous pousse à vouloir être le premier en tout, à avoir raison, c’est lui qui se sent vexé à la moindre critique, qui croit tout savoir et prétend ne jamais se tromper et qui veut à tout prix que ce qu’il fait soit porté aux nues, sans reconnaître la part des autres, etc.

    Mais comme nous ne correspondant pas à cette image idéale, nous nous créons une identité fausse que nous donnons à voir aux autres, et que Jung appelait la persona. En fait, nous ne voulons pas qu’on sache que nous avons peur, que nous faisons des conneries de temps en temps, que nous sommes blessés quand on nous agresse verbalement, que nous pouvons être  paresseux, veules, hypocrites, envieux, orgueilleux, jaloux, peureux, roublards, contrôlant et manipulateurs tout en étant de mauvaise foi.. Pas tout le temps, mais cela nous arrive… Je repense à ces films où Louis de Funès (dans la série des Gendarmes ou bien Ruy Blas) jouait des rôles de personnages médiocres ayant tous ces petits comportements que nous savons être les nôtres dans certains cas.

    Mais en créant cette persona, en essayant de paraître ce que nous ne sommes pas, nous nous scindons intérieurement en deux, rejetant cette partie que l’on veut cacher, l’ombre, dans notre subconscient, comme si l’on reléguait à la cave tout ce que nous ne voudrions plus voir:  nos fragilités, nos peurs, nos bêtises, nos lâchetés, nos mensonges, etc.

    Et plus l’on essaye d’être parfait, plus on tente d’être pur et sans tâches, d’avoir toutes les qualités et de supprimer nos défauts, plus nous créons un écart entre ce que l’on voudrait être et ce que nous sommes et plus nous accroissons notre persona. Comment sortir de ce cercle vicieux?  Paradoxalement c’est en laissant tomber ce désir d’être parfait et en acceptant et en intégrant cette part d’ombre de nous mêmes que nous pouvons nous aimer personnellement. Ce n’est pas seulement en essayant d’être plus « lumineux » que l’on s’approche de l’être authentique, mais en ramenant à nous, avec conscience, humilité, respect, pardon et amour les parts sombres de notre psyché. Car ce que je pense être « moi » est le résultat de tout un ensemble de mécanismes et de conditionnements, liés à des blessures, des croyances et des peurs, qui me poussent à réagir de manière automatique dès que certaines situations se présentent. Accepter c’est donner la possibilité à la Conscience de mettre de la clarté sur cette part d’ombre, et de permettre à l’Amour de faire son travail de pardon en étreignant avec tendresse cette partie délaissée. Ces tensions entre la persona et l’ombre, génératrice de désamour de soi, peuvent alors se dissoudre d’elles-mêmes, tranquillement, sans que l’on ait grand chose à faire d’autre qu’être là et se prendre dans ses propres bras.

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     S’aimer c’est s’accepter

    S’accepter tel que l’on est, ne signifie pas que l’on arrête tout: il ne s’agit pas de passer le reste de sa vie affalé dans un canapé à regarder la télé, de ne plus faire de pratique physique ou spirituelle ou de se comporter comme un ours avec son entourage, mais simplement de ne plus juger les aspects que l’on n’aime pas en soi en prétendant qu’il s’agit de défauts, de faiblesses ou de manques. Il s’agit de voir tout cela comme des mécanismes, des programmes, des conditionnements, des sortes de machins qui sont en nous mais qui ne sont pas nous, et que l’on va pouvoir regarder, analyser, déconstruire et reprogrammer par un travail psycho-spirituel. S’accepter ce n’est pas non plus se regarder le nombril avec satisfaction, ni justifier ses comportements asociaux, ou rejeter la responsabilité de ce qui nous arrive sur les autres. En d’autres termes, s’accepter ce n’est pas retourner à un état de moi infantile qui rejette sur les autres ses propres déconvenues, ou qui se pose en victime. Ce n’est pas non plus faire ce qu’on veut quand on veut, sans tenir compte des autres, ou justifier tous ses travers par des « je suis comme ça, c’est ma nature, c’est à prendre ou à laisser« .

    Non. S’accepter, c’est vivre pleinement ce qui est, en avançant par petits pas, en prenant le temps de goûter la vie à chaque instant, en faisant l’expérience de l’instant présent tel qu’il est, sans stresser inutilement et sans juger nos actes.

     

    De manière paradoxale encore, plus on s’aime, moins on est tourné vers soi. Celui qui ne s’aime pas n’est concerné que par son nombril. S’aimer permet de prendre de la distance par rapport à soi, et d’arrêter de ne voir que ses propres problèmes. Car une grande partie de ce que nous considérons comme « nos problèmes » viennent de ce que nous n’acceptons pas la vie telle qu’elle est, en réagissant à partir de notre égo, ou en nous jugeant négativement. En nous acceptant tels que nous sommes, en arrêtant de mettre cette pression à vouloir être quelqu’un d’autre, nous voyons alors nos problèmes se dissoudre.. Et automatiquement, cette bienveillance a un impact sur notre propre vie mais aussi sur celle les autres. L’amour, comme la haine, se propage naturellement.

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    Françoise ne sait plus comment s’y prendre avec son fils, Nicolas 8 ans, qu’elle élève seule et qui est considéré comme hyper-actif. Elle n’arrête pas d’osciller entre des comportements laxistes, qui donnent la possibilité à Nicolas de tyranniser son monde, et des règles ultra-strictes qu’elle érige « pour son bien » quand Nicolas va trop loin. En fait, derrière tout cela, elle se sent une « mauvaise mère » dès qu’elle met un cadre, et elle n’y arrive que lorsque elle est à bout. Mais à ce moment là, elle impose des règle avec une grande rigidité. Et bien entendu son fils n’arrive pas à s’y retrouver. Heureusement, Françoise ayant travaillé sur elle dans de nombreux stages de développement personnel (dont du Tantra, bien évidemment  ), elle a pu commencer à s’accepter et se voir comme faisant « au mieux » de ce qui est possible à chaque fois. A partir de pratiques d’acceptation et d’amour de soi, comme on l’a vu précédemment avec Natacha, elle a pu enlever une énorme pression qu’elle s’était mise sur les épaules. Cette pression enlevée, nourrie par cet amour intérieur, elle s’est mise à agir à partir de sa propre intuition, en reprenant contact avec son fils dans une relation d’être à être, rediffusant cet amour intérieur. Elle a institué un cadre souple afin de ne plus osciller entre rigidité et laxisme. Et surtout elle a pu recréer le lien entre elle et son fils, ce qui a bien entendu entrainé une disparition des troubles d’hyper-activité de Nicolas.

    S’aimer c’est ainsi s’émerveiller de ce que nous sommes, non pas pour se gratifier l’ego, mais pour célébrer le miracle de la Vie d’être incarné et de sentir son corps. S’aimer c’est entrer en relation authentique avec les autres, sans chercher à paraître, en rediffusant autour de soi cette source d’Amour inépuisable qui se situe au fond de notre être, afin d’accepter profondément ce qui est et en disant ‘oui’ à la Vie.

    Jacques Ferber

     

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  • Je découvre Jennifer Muller.

    Lucidité et sensibilité.

    Hypnothérapeute et passionnée de rollers

     


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  • Les problèmes rencontrés dans l’enfance prédisent comment sera notre qualité de vie lorsque nous serons adultes.

    En outre, ils peuvent influencer de manière significative la façon dont les enfants d’aujourd’hui agiront demain et par ailleurs ils auront une influence sur notre manière de faire face à l’adversité.

    Donc, en quelque sorte, à partir de ces 5 blessures émotionnelles ou expériences douloureuses d’enfance, nous allons former une partie de notre personnalité. Dans les lignes qui suivent, nous allons voir quelles sont nos blessures définies par Lise Bourbeau.

    1- La peur de l’abandon

    La solitude est le pire ennemi pour celui qui a vécu un abandon durant son enfance. Il y aura une attention constante à ce manque, par conséquent, celui qui a en a souffert, abandonnera ses partenaires et ses projets de façon précoce, de peur d’être abandonné.

    Ce serait quelque chose comme « je pars avant que tu me laisses », « personne ne me soutient, je ne suis pas prêt à supporter cela », « si tu t’en vas, ne reviens pas … ».

    Les personnes qui ont souffert d’abandon dans l’enfance, devront travailler leur peur de la solitude et leur peur d’être rejetées.

    La blessure causée par l’abandon n’est pas facile à guérir. Ainsi, vous serez conscients que vous avez commencé à guérir lorsque la crainte d’avoir des moments de solitude disparaîtra et un dialogue intérieur positif et plein d’espoir commencera à circuler en vous.

    2 La peur du rejet

    C’est une blessure profonde, parce qu’elle implique le rejet de notre être intérieur. Avec le mot intérieur nous nous référons à nos expériences, nos pensées et nos sentiments.

    On peut expliquer l’apparition du sentiment de rejet par de nombreux facteurs qui peuvent l’influencer, tels que le rejet des parents, de la famille ou des pairs. Il génère des pensées de rejet, le sentiment de ne pas être désiré et une disqualification de soi-même.

    La personne souffrant de cette expérience douloureuse ne se sent pas digne d’affection ou de compréhension et elle s’isole dans son vide intérieur, de peur d’être rejetée.

    Il est probable que les personnes qui ont vécu cela dans leur enfance, seront des personnes insaisissables. Donc, nous devons travailler nos peurs intérieures et ces situations qui nous génèrent une panique.

    Si tel est votre cas, prenez soin à faire attention à vous, à prendre des risques et à prendre des décisions pour vous-même.

    À chaque fois, vous serez un peu moins dérangé que les personnes s’éloignent de vous et lorsqu’elles vous oublieront à un certain moment, vous ne le prendrez plus comme quelque chose de personnel.

    3- L’humiliation

    Cette blessure est générée au moment où nous pensons que d’autres nous désapprouvent et nous critiquent. Nous pouvons générer ces problèmes à nos enfants en leur disant qu’ils sont stupides, mauvais ou qu’ils sont lourds, ou bien en racontant leurs problèmes aux autres. Cela détruit l’estime de soi de l’enfant.

    Ces personnes auront une personnalité dépendante. De plus, nous pouvons avoir appris à être des « tyrans » et des égoïstes comme un mécanisme de défense et même à humilier les autres, pour nous en servir comme un bouclier protecteur.

    Avoir souffert de ce type d’expérience nécessite de travailler notre indépendance, notre liberté, la compréhension de nos besoins et de nos peurs ainsi que nos priorités.

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    4- La trahison ou la crainte de faire confiance

    Elle apparaît lorsque l’enfant s’est senti trahi par un de ses parents surtout, si celui-ci n’a pas remplit ses promesses.

    Cela peut générer une méfiance qui peut être transformée en envie et en d’autres sentiments négatifs, puisqu’on ne se sent pas digne de ce qui a été promis et de ce que les autres ont.

    Avoir souffert de ces problèmes dans l’enfance construit des personnes manipulatrices, qui veulent tout contrôler et bien contrôler. Si vous avez subi ces problèmes durant l’enfance, vous êtes susceptibles de sentir la nécessité d’exercer un certain contrôle sur les autres, ce qui est souvent justifié par un fort caractère.

    On voit souvent leurs erreurs de ces personnes dans leurs manières d’agir. Il s’agit donc de travailler la patience, la tolérance et le savoir vivre tout comme apprendre à être seul et à déléguer des responsabilités.

    5- L’injustice

    Elle résulte d’un environnement dans lequel les principaux protecteurs sont froids et autoritaires. Dans l’enfance, une exigence trop importante qui dépasse les limites génère des sentiments d’impuissance et d’inutilité, à la fois dans l’enfance et à l’âge adulte.

    Les conséquences directes sur le comportement de ceux qui en ont souffert seront la rigidité, car ces personnes tentent d’être très importantes et d’acquérir une grande puissance.

    De plus, il est probable que cette injustice crée un fanatisme pour l’ordre et le perfectionnisme et une incapacité de prendre des décisions en toute confiance.

    Il est nécessaire de travailler la méfiance et la rigidité mentale, pour générer un maximum de flexibilité et permettre d’avoir confiance en les autres.

    Maintenant que nous connaissons les cinq blessures de l’âme qui peuvent affecter notre bien-être, notre santé et notre capacité à nous développer en tant que personnes, nous pouvons commencer à mettre en place un processus de guérison. 

    Images reproduites avec l’aimable autorisation de natalia_maroz et jrcasas

     

     

    Source de l’idée: Bourbeau, L. (2003) Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même. OB Stare.


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  • Au sujet de la souffrance

     
     

    “Le schéma habituel de votre esprit est de réagir. Cependant, vous êtes dorénavant en mesure de reconnaître la vérité de la douleur et aussi la vérité de sa cause, qui est la réaction.

    Tout être vivant souffre. La naissance, la maladie, la vieillesse et la mort sont des sources de douleur, mais si misérable que soit la vie, personne ne veut mourir, car la mort est la plus effrayante de toutes les souffrances.

    La racine de tous les maux est l’ignorance. C’est à partir de l’ignorance que s’enchaînent les événements par lesquels on produit des montagnes de souffrance pour soi-même et pour les autres. Mais comment peut-on éliminer l’ignorance et rompre la chaîne ? Le Bouddha a proclamé que la chaîne pouvait être rompue au point des sensations. Là où s’amorcent les réactions et où se multiplient les addictions, obligeant l’individu à prendre sa part de plaisir et de souffrance comme une drogue.

    Chaque sensation engendre plaisir ou aversion. Si, au lieu de réagir aveuglément, l’on s’attache à en saisir l’impermanence, pour comprendre que tout est voué à changer et disparaître, on cesse d’infliger de la souffrance à soi-même et aux autres.

    Le Vipassana enseigne à agir plutôt que réagir. La réaction est toujours négative.

    De même que les aliments que vous mangez et l’atmosphère dans laquelle vous vivez, sont la contribution pour que le flux de la matière (éléments qui constituent votre corps) continue à circuler, de même, la nourriture de l’esprit se compose des réactions mentales du passé et du présent. Si l’on observe bien, on verra que lorsqu’on nourrit l’esprit avec une réaction mentale de colère, l’élément feu prédominera, provoquant des sensations de chaleur. Si l’on éprouve de la peur, l’élément de l’air prédominera, provoquant des sensations de tremblement. Cette logique peut s’appliquer à tous les éléments. Observez, pour faire en sorte de ne pas produire de nouvelles réactions mentales. La cupidité et l’aversion sont le feu qui brûle et vous consume. L’ignorance des lois de la nature est la cause de votre souffrance. Cessez d’alimenter votre esprit en négativité. Renversez le processus. Comprenez bien l’enseignement et cultivez l’ataraxie (sérénité), l’outil qui vous purifiera en vous ouvrant les portes du bonheur et de la paix.

    Ce ne sont pas les autres mais nous-mêmes, qui avons besoin de changer. Notre entourage n’est jamais responsable de nos réactions ou de ce que nous éprouvons. Nous seuls faisons ces choix, à l’exclusion de toute autre personne. Nul ne peut nous rendre malheureux sans notre consentement. Nul n’est responsable de la dureté de nos paroles ou de la méchanceté de notre comportement, même si l’on nous fait du tort ou qu’on nous insulte.

    Je ne vous demande ni de vous poser en victimes, ni d’être passifs ou indifférents à la vie. Il y aura des moments où vous devrez prendre position et lutter pour vous protéger contre les malveillances et les agressions. Faites ce que vous avez à faire, mais sans cultiver de haine contre l’agresseur. Rappelez-vous constamment que c’est l’intention de l’esprit qui compte. L’intention est la semence qui produira le fruit, amer ou sucré. Un meurtrier utilise une lame, le chirurgien aussi, mais leur intention est totalement différente.

    Protégez votre esprit de la négativité, méditez, suivez le chemin, laisser le Dharma progresser en vous et devenir fort, fort en vertu, fort en équanimité, fort en sagesse. Rendez-vous compte qu’il n’y a pas de Je, pas de Moi, par de Mien, et que s’accrocher à ces illusions n’apporte que souffrance et désolation. La mort nous prendra tous, tôt ou tard. Avons-nous donc la moindre raison de nous attacher à des choses vouées à disparaître, en nous engageant dans d’âpres luttes pour leur possession ?

    Semez la graine de la colère et le feu en résultera.

    Le premier puni par une action négative est celui qui l’a commise. On est puni lorsque l’on cède à la négativité. On ne peut infliger de souffrance à autrui sans se blesser d’abord soi-même.

    Tous les remords du monde n’effaceront pas les mauvaises actions. Seule le peut la purification, et dans ce cas la purification sera l’observation équilibrée des sensations douloureuses que l’on a créées en soi-même.”

    Vana Verouti in “Les soupirs des dieux”

    Pris chez Pam


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    Par Byron Katie

    (Compilation de Mary Lynn Hendrix)

    Ce qui suit représente des pratiques simples mais puissantes qui peuvent vous offrir de nouvelles manières de considérer les circonstances de votre vie et, par cela, de créer de nouvelles possibilités de réalisation de soi.

     

    1. Inverser les jugements

    Remarquez dans la pratique lorsque vous jugez ou critiquez quelqu'un ou quelque chose.

    Par exemple, au rayon de l'épicerie, vous êtes impatient et pensez que la personne devant vous est mal organisée et impolie.

    Rapidement, renversez votre jugement et demandez-vous : "Est-ce que cela est vrai aussi pour moi ? Suis-je impoli ? (Suis-je parfois impoli ? Envers les autres -ou envers moi-même- ?) Suis-je impoli en moi-même lorsque je pense que les autres sont impolis ?"

    Cet exercice amène votre attention en dehors de "l'autre" et place votre attention sur vous-même. Le pardon en résulte naturellement.

    Placer la responsabilité ou le jugement sur quelqu'un d'autre vous ôte tout pouvoir de changer votre expérience ; accepter la responsabilité de vos croyances et de vos jugements vous accorde  le pouvoir de les changer.

    Souvenez-vous, au-delà de l'apparence de celui que vous regardez, il s'agit toujours de Dieu qui est camouflé, debout devant vous, pour que vous puissiez vous connaître. Renverser ses jugements permet le pardon total. Le pardon mène à la conscience de soi et rétablit l'intégrité personnelle.

     

    2. Les trois formes d'affaires

    Remarquez, lorsque vous blessez, ou êtes blessé, que vous êtes intellectuellement en dehors de vos affaires.

    Si vous n'êtes pas certains, arrêtez-vous et demandez-vous : "Intellectuellement, dans quelle affaire est-ce que je me trouve ?".

    Il existe trois sortes d'affaires dans l'univers : les miennes, les vôtres et celles de Dieu. De quelles affaires s'agit-il lorsqu'un tremblement de terre se produit ? Celles de Dieu. De quelles affaires s'agit-il si le voisin d'en bas de la rue a une vilaine pelouse? Celles de votre voisin. De quelles affaires s'agit-il si vous êtes en colère contre votre voisin d'en bas de la rue parce qu'il a une vilaine pelouse ? Vos affaires. La vie est simple - c'est à l'intérieur.

     

    Comptez, dans des intervalles de cinq minutes, combien de fois vous vous mêlez mentalement des affaires d'autrui. Notez lorsque vous donnez un conseil non demandé ou offrez une opinion sur quelque chose (à haute voix ou silencieusement). Demandez-vous : "Est-ce que je me mêle de ses affaires ?"

    "M'a-t-il demandé mon conseil ?" Et le plus important : "Puis-je prendre le conseil que j'offre et l'appliquer dans ma vie ?".

     

    3. Etre dans les affaires de personne

    Après avoir travaillé sur la pratique de demeurer en dehors des affaires des autres, essayez de demeurer aussi en dehors de vos propres affaires.

    Considérez sans gravité tout ce que vous croyez savoir sur vous-même.

    "Je suis contenu et limité dans ce corps physique." Est-ce vrai ?

    Puisque savoir absolument que cela est vrai ? Qu'est-ce que j'obtiens en maintenant cette croyance?

    Il y a une croyance répandue que nous sommes nos corps et que nous mourrons. Qui serais-je sans cette croyance ?

     

    4. "Se détacher" de son corps / de son histoire

    Essayez de parler de vous-même, durant un moment, à la troisième personne plutôt que je ou moi. Au lieu de dire "Je vais déjeuner", dites "Elle/il va déjeuner" (en se référant à vous-même) ou "Celle-ci/celui-ci va déjeuner".

    Faites-cela avec un ami durant une heure, l'après-midi ou la journée entière. Eliminez l'utilisation de tous les pronoms personnels (je, moi, nous). Par exemple, "Comment va celui-ci (ou celui-là) aujourd'hui ? Veut-il aller au parc ?" Faites l'expérience du corps de manière impersonnelle, ainsi que des histoires et des préférences que vous croyez incarner.

     

    5. Parler au présent

    Devenez conscient de la fréquence de vos conversations centrées sur le passé ou le futur. Soyez conscient des verbes que vous utilisé : était, faisait, fera, va faire etc. Parler du passé dans le présent, c'est le ré-éveiller et le recréer complètement dans le présent, pas seulement dans nos esprits, ce qui nous éloigne de ce que le présent représente pour nous en ce moment.

    Parler du futur, c'est créer et vivre avec un fantasme. Si vous voulez faire l'expérience de la peur, pensez au futur. Si vous voulez faire l'expérience de la honte et de la culpabilité, pensez au passé.

     

    6. Faire la vaisselle

     "Faire la vaisselle" est une pratique d'apprentissage de l'amour de l'action en face de vous. Votre voix intérieure ou intuition vous guide toute la journée dans des tâches simples tels que faire la vaisselle, conduire au travail ou nettoyer le sol. Autoriser la sainteté de la simplicité. Ecouter votre voix intérieure et ensuite agir selon ses suggestions avec une confiance implicite crée une vie avec plus de grâce, sans effort et miraculeuse.

     

    7. Ecouter la voix du corps

    Le corps est la voix de notre esprit et il vous parle à travers des mouvements physiques tels que les contractions musculaires -tels que les tics, les élancements, les chatouillements et la tension-, pour n'en nommer que quelques-uns uns.

    Devenez conscient de la fréquence à laquelle vous vous éloignez de la paix ou de la tranquillité.

    Pratiquez la tranquillité et laissez votre corps vous parler à partir de l'endroit où votre esprit se contracte, peu importe la subtilité de la contraction vacillante. Lorsque vous remarquez une sensation, enquêtez à l'intérieur. "Quelle situation ou pensée contractée déclenche cette sensation physique ? Suis-je hors alignement de mon intégrité dans cette circonstance, et si oui, où ? Suis-je désireux de laisser partir cette croyance ou cette pensée qui fait se contracter mon corps ?" Ecoutez et permettez aux pensées de vous guider et retournez à la paix et la clarté intérieure.

     

    8. Faites-vous un rapport

    Cet exercice peut aider à soigner la peur et le sentiment de terreur.

    Pratiquez l'élaboration de rapports sur les évènements comme si la circonstance dans laquelle vous vous trouviez était en fait une nouvelle et que vous en soyez le reporter itinérant. Décrivez exactement l'environnement et ce qui se passe "sur la scène" au moment précis. La peur est toujours le résultat de la projection d'une re-création du passé dans le présent ou le futur.

    Si vous vous découvrez être dans la peur, trouvez la croyance qui en est au cour et enquêtez : "Est-il vrai que je dois avoir peur dans cette situation ? Que se passe-t-il réellement en ce moment-même, physiquement ?"

    "Où se trouve mon corps (mains, bras, pieds, jambes, tête) ? Que vois-je (arbres, murs, fenêtres, ciel) ?"

    La dépersonnalisation de nos histoires nous offre une occasion de considérer les circonstances plus objectivement et de choisir nos réponses à ce que nous apporte la vie. Vivre dans nos esprits, croire nos pensées fausses est une bonne manière de nous effrayer à mort et cela peut apparaître sous la forme de la vieillesse, du cancer, de la dégénérescence, de l'hypertension artérielle, etc.

     

    9. L'écoute fidèle

    Pratiquez l'écoute des autres au sens le plus littéral, croyant exactement ce qu'ils disent et faites le mieux possible pour résister à l'envie de tomber dans vos propres interprétations de l'information qu'ils partagent avec vous.

    Par exemple, quelqu'un peut vous faire des compliments sur votre beauté, et vous l'interprétez comme une insinuation que cette personne a des motifs inavoués. Nos interprétations sur ce que nous entendons dire de nous par les autres sont souvent de loin plus douloureuses ou effrayantes que ce que les autres disent réellement. Nous pouvons nous blesser par nos idées fausses et notre habitude à penser à la place des autres. Essayez de croire que ce qu'ils disent est exactement ce qu'ils veulent dire : ni plus, ni moins.

    Ecoutez les autres jusqu'au bout.

    Rattrapez-vous lorsque vous désirez achever une phrase pour quelqu'un,  soit à haute voix soit dans votre esprit. Ecoutez. Il peut être étonnant d'entendre ce qui vient lorsque nous permettons aux autres d'aller jusqu'au bout de leurs pensées sans interruption. Et lorsque nous sommes occupés à penser à ce qu'ils vont dire, nous manquons alors ce qu'ils disent réellement.

    Vous pouvez considérer ces questions : "Qu'est-ce qui peut être menacé si j'écoute et entends de manière littérale ? Est-ce que j'interromps parce que je ne veux pas réellement savoir ce que l'autre a à dire ? Est-ce que j'interromps  pour convaincre que j'en sais plus que lui ? Est-ce que j'essaie de dresser une image de confiance en soi et de maîtrise ? Qui serais-je sans le besoin de posséder ces qualités ? Est-ce la peur d'apparaître comme non intelligent ? Est-ce que les autres me quitteraient si je les écoutais fidèlement et ne m'engageais plus dans des jeux manipulateurs ?"

     

    10. Parler honnêtement et fidèlement

    Parlez fidèlement, littéralement. Dites ce que vous voulez dire sans justification, sans aucun désir de manipuler et sans vous inquiéter sur comment l'autre va interpréter vos paroles. Exercez-vous à ne pas être prudent. Faites l'expérience de la liberté que ceci apporte.

     

    11. Observer la pièce

    Imaginez-vous au balcon, regardant votre drame favori sur vous et ce qui vous bouleverse. Contempler l'histoire sur la scène en dessous. Observez comment vous avez assisté à ce drame des centaines, peut-être des milliers de fois. Observez cela  jusqu'à ce que vous vous ennuyiez. Les acteurs doivent exagérer leur rôle pour conserver votre attention. Notez le moment où vous devenez honnête avec votre ennui, où vous vous levez de votre siège, quittez le balcon, sortez du théâtre et allez dehors. Sachez que vous pouvez toujours y retourner. Qui seriez-vous sans votre histoire ?

     

     12. Regarder une deuxième version de la pièce

    Ecrivez votre histoire à partir des yeux et de l'esprit d'une autre personne. Ecrivez autant de versions avec autant de résultats que vous le voulez. Remarquez ce que vous remarquez.

     

    13. S'entraîner à la polarité

    Si vous vous trouvez demeurer avec une pensée négative, entraînez-vous à aller vers l'extrême ou la polarité positive opposée. Lorsque vous vous surprenez à glisser à nouveau dans la négativité, choisissez à nouveau de retourner à la polarité positive et demeurez présent à votre choix conscient ; percevez-en la vérité. Il n'y a que l'amour, et ce qui n'apparaît pas en tant qu'amour est un appel déguisé pour l'amour.

    C'est notre droit de naissance que de vivre dans la polarité positive d'amour et de vérité.

     

    14. Le processus d'amour de soi

    Dressez la liste de tout ce que vous aimez chez une personne et partagez-le avec elle. Puis, accordez-vous tout ce qui est sur la liste. Vous pouvez aussi reconnaître que ce que vous aimez chez quelqu'un d'autre est aussi vrai chez vous. Puis laissez la plénitude s'exprimer dans votre vie.

     

    15. Etre dans l'honnêteté

    Entraînez-vous à bouger et à répondre à partir de l'honnêteté. Riez, pleurez, criez et parlez tel que cela est véritablement vrai pour vous en  chaque instant. Soyez à nouveau un enfant ; agissez en complète honnêteté avec vos sentiments. Ne laissez pas les croyances compromettre votre intégrité. Par exemple, entraînez-vous à quitter une pièce honnêtement sans manipuler ceux que vous laissez derrière vous avec une excuse polie. Vivez votre vérité sans chercher à vous expliquer.

     

    16. Demandez ce que vous voulez - Accordez-vous ce que vous voulez

    Demandez ce que vous voulez, même si vous vous sentez intrépide ou maladroit. Les autres ne savent pas ce que vous voulez avant de le leur demander. L'acte de demander est une validation de la prise de conscience que vous méritez d'obtenir ce que vous désirez. Si les autres sont incapables ou non disposés à répondre à votre demande, accordez-vous la vous-même.

     

    17. La conscience de vous

    Reconnaissez que celui en face de vous est vous. Au-delà de toutes les apparences et personnalités réside l'essence de la bonté, qui est vous. Vous souvenir de votre présence sous toutes les formes vous ramène immédiatement au moment présent, dans la crainte mêlée d'admiration de la plénitude intérieure. La personne en face de vous va devenir une occasion de vous connaître. Le coeur déborde d'amour et de gratitude, annonçant humblement : "Oh ! Oui, cette personne ou situation est là pour que j'apprenne qui je suis".

     

    18. La gratitude pour soi

    Durant 24 heures, cessez de regarder en dehors de vous pour une validation.

    L'autre aspect en cela est que vous devenez l'expérience de la gratitude.

     

    19. Le miroir de la vanité

    Si vous voulez voir qui vous n'êtes pas, regardez dans le miroir. Utilisez le miroir une seule fois dans la journée seulement. Qui seriez-vous sans votre miroir ?

     

    20. Au-delà de la justification

    Commencez à remarquer à quelle fréquence vous vous expliquez ou vous vous justifiez, vous justifiez vos paroles, vos actions, vos décisions, etc.

    Qui essayez-vous de convaincre ? Et quelle histoire perpétuez-vous ? Prenez conscience de votre utilisation du mot "parce que" ou "mais" lorsque vous parlez. Interrompez votre phrase immédiatement. Recommencez-la. La justification est une tentative pour manipuler l'autre personne ; décidez d'être tranquille et sachez.

     

    21. Le cadeau de la critique

    La critique est une occasion incroyable de progresser.

    Voici quelques points sur comment recevoir la critique et en tirer bénéfice.

    Lorsque quelqu'un dit que vous êtes "mauvais, épouvantable, mou" etc., dites (soit dans votre esprit, soit de vive voix à la personne) "Merci".

    Cette pensée nous porte immédiatement dans un espace où vous êtes disponible pour entendre et utiliser l'information d'une manière qui vous serve.

    A la suite de la critique, demandez-vous : "Ai-je mal ?" Si la réponse est "Oui", alors sachez que quelque part en vous, vous croyez en la critique aussi. Connaître cela vous donne l'occasion de guérir cette partie que vous trouvez inacceptable en vous.

    Si vous voulez arrêter d'être vulnérable à la critique, alors soignez les critiques. Tel est le pouvoir ultime pour laisser tomber tout concept. Être vulnérable signifie que vous ne pouvez plus être manipulé puisqu'il n'y a plus de place pour planter la critique.

    C'est la liberté.

     


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  •  émotions mode d'emploiLes émotions sont utiles à nos existences. Apprendre à les identifier, à leur faire confiance et à les exprimer est essentiel pour mener une vie épanouie et devenir des adultes équilibrés. Cet apprentissage débute dès l’enfance.

     Cet article est basé sur le livre de Christel Petitcollin « Emotions, mode d’emploi ».

     En tant que parents, nous commettons parfois des erreurs de langage qui transforment la relation entre les enfants et leurs émotions. Nos comportements déclenchent, par exemple, de la honte et de la culpabilité mal placées, qui sont pourtant des éléments essentiels de la socialisation, pour peu, qu’elles interviennent dans le bon contexte.

     « L’objectif de la honte est de provoquer une sensibilité au regard extérieur et au jugement de nos pairs tandis que la culpabilité est un signal qui indique la transgression d’un interdit ou de la morale et une prise de conscience du préjudice qu’on peut créer à autrui. »

     La mauvaise intégration de la honte et de la culpabilité va contraindre l’enfant à enfouir ou à tricher pour cacher ou modifier ses émotions ressenties et exprimées. Ceci aura pour conséquence principale de lui ôter de la confiance en lui, de dégrader la qualité de ses interactions sociales ou encore de diminuer son niveau moyen de bonheur.

    Les expressions anti-émotion à éviter

     Les émotions autorisées et interdites

     Ce sont nos comportements verbaux et non-verbaux qui conditionnent la gestion des émotions d’un enfant. En fonction de nos réactions, il va déployer des stratégies pour soigneusement éviter les émotions interdites au profit des émotions autorisées ou, pire, d’un mutisme.

     Les conséquences dans le comportement de l’enfant ne sont pas bénignes :

      Les émotions parasites

    Pour éviter la honte et la culpabilité, l’enfant va apprendre à refouler l’émotion naturelle, la stocker ou la remplacer par une émotion mieux tolérée par son entourage.

    Exemple : un enfant peut choisir de pleurer (tristesse) au lieu de crier (colère) parce que ses pleurs lui permettront d’être consolé alors que sa colère se soldera par une punition.

    Le racket émotionnel

    En comprenant l’impact de certaines émotions sur ses parents, l’enfant peut rentrer dans une sorte de racket affectif de ses parents afin de les manipuler. Cela se traduit par une utilisation  et une exagération de l’expression de l’émotion parasite qui provoque une réaction voulue par l’enfant.

    Les « élastiques »

    Une émotion refoulée reste ancrée dans le passé. Ainsi, elle peut rentrer en résonance avec le présent si un élément déclencheur se rapporte au souvenir. L’expression de l’émotion est alors totalement disproportionnée.

    Les « carnets de timbres »

    Certains enfants collectionnent les émotions refoulées jusqu’à exploser avec une dernière situation qui remplit le carnet de timbre. La peur, la colère, la tristesse ou la joie s’exprime alors avec une grande intensité. La personne en face ne comprendra pas une telle réaction disproportionnée (parents, amis, professeurs,…). C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

    Les techniques et expressions anti-émotions (à éviter avec les enfants)

    La honte : « tu es ridicule de pleurer comme ça ! », « Tu n’as pas honte d’avoir peur ? Un grand garçon comme toi ! », « Tu es laid quand tu pleures ! » »Il n’y a que les gros bébés pour crier comme ça ! ».

    Le déni : « il n’y aucune raison d’être triste pour si peu ! » Ne fais pas ta malheureuse ! » « Arrête de jouer la comédie ! »

    La culpabilisation : « Arrête, ça me rend malade de te voir te mettre dans cet état ! » « Avec tout ce qu’on fait pour toi, tu es bien ingrat de te dire malheureux ! » « Tu es trop gâté ! » »Qu’est-ce que je te fais ? Tu crois que je mérite cela ? »

    La peur : « Si tu continues à pleurer, tu vas pleurer pour quelque chose de valable ! » « Tu as intérêt à faire moins de bruit ou je vais me fâcher ! » « Arrête de chouiner ou je vais te donner une bonne raison de le faire ! »

    Le pansement : « Allez calme-toi ! Maman va t’acheter une glace ou un jouet, d’accord ? Je veux te voir sourire maintenant. »

    Le recadrage : « Cet enfant doit manquer de sommeil pour se mettre dans un tel état. » Attention aux théories de l’entourage…

    Les solutions 

    Maintenant que les alertes sont posées, je vous invite à découvrir différents articles pour vous guider vers une meilleure expression des émotions chez votre enfant.

    Retenons que nous sommes les premiers modèles des enfants. Nous devons donc nous engager dans une meilleure gestion de nos propres émotions. Cet article est par conséquent utile aux anciens enfants (devenus adultes et parents) à qui on aurait maladroitement interdit l’expression de leurs émotions.

    Il n’est jamais trop tard pour apprendre en adoptant de nouvelles habitudes.

    – écoute bienveillante mode d’emploi

    – 22 informations essentielles sur les émotions

    – outils pour exprimer les émotions

    – la pleine conscience dans la parentalité

    – la communication non-violente

    Pour aller plus loin :

    – les émotions élastiques

    – les conséquences des punitions

    – les 17 expressions à ne plus dire à nos enfants

    – les 20 phrases à dire pour que les enfants écoutent

    Source :

    « Emotions mode d’emploi » est disponible sur Amazon.fr (4,95€) 

    Résumé :

    les expressions anti-émotion


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  • 8-conseils-pour-lâcher-prise-5

    Quand j’ai décidé de me prendre en main pour soigner mes crises d’angoisse et ma dépression, j’ai souvent entendu le mot lâcher prise. À travers des livres, des articles, des conférences sur la santé, la méditation et le bien-être, sans réellement comprendre ce que ça signifiait exactement.

    Avec le recul, je peux vous proposer ma définition du lâcher-prise. C’ est l’absence de contrôle de notre être face aux différentes situations que nous propose la vie. La plupart du temps, être spectateur de sa colère, sa négativité et sa peur peut être beaucoup plus bénéfique sur votre santé mentale et physique que de répondre par la haine, le ressentiment ou la panique.

    Par exemple quand vous êtes sujet à une crise d’angoisse au lieu de vouloir à tout pris contrôler et dissiper votre peur soyez spectateur de votre état et constater seulement ce moment sans vouloir à tout prix le stopper. C’est en partie l’absence de contrôle qui dissipera petit à petit vos crises d’angoisses, votre stress et vos pensées négatives.

    Si aujourd’hui j’ai une crise d’angoisse je fermerai les yeux et le je ferai un exercice de respiration abdominale et de la visualisation positive en attendant patiemment que ma crise passe.

    J’utilise le lâcher-prise face à mes colères, mes pensées négatives,  mes disputes, mes colères et mes déprimes.

    J’ai bien compris que parfois, lutter face à une personne ou à une situation ne servait à rien et qu’il était parfois préférable de laisser dissiper peu à peu  la haine, la peur ou la négativité.

    Vous avez de l’être de nombreuse fois dans en situation de conflit avec un proche et vous dire intérieurement à quoi bon continuer à me brouiller, cela ne me mène à rien.

    À cet instant précis, à ce moment même, vous être en train de lâcher prise face à un conflit.

    Avoir  du recul à chaque situation négative, vous permettra en plus des conseils du blog d’avoir une flèche en plus à votre arc pour calmer vos maux du quotidien.

    (Avec le lâcher-prise j’ai pu comprendre que mes crises de panique étaient dues à mes nombreuses disputes familiales).

    Apprendre à lâcher-prise a était un processus très difficile pour moi.

    Je suis de nature très colérique, j’ai du petit à petit changer mes habitudes pour apprendre à me protéger et à ignorer les sollicitations négatives.

    J’ai beaucoup appris sur moi -même et je me suis rendu compte que mes excès de colère étaient souvent source d’angoisse et de stress.

    J’ai enfin pu prendre de la distance et de la hauteur sur les conflits, ce qui m’a permis de comprendre l’une des causes de mon mal-être.

    L’initiation au lâcher-prise m’a demandé beaucoup de temps et de patience.

    Mes 8 habitudes pour lâcher-prise :

    Rester dans le moment présent

    8-conseils-pour-lâcher-prise-4

    Quand j’avais une crise d’angoisse, j’étais dans un état de panique constant. J’avais peur du futur et regrettais mon passé ou j’étais en bonne santé et sans angoisse.

    La peur nous guide continuellement et la meilleure façon de faire taire cette petite voix qui vous sort du moment présent et vagabonde nos pensées au future ou au passé est de vivre enfin pleinement l’instant présent.

    À l’époque  de mes périodes difficiles, j’étais constamment anxieux. J’avais peur de ce qu’il pouvait se passer, peur d’avoir de nouveau symptômes, peur d’une nouvelle crise d’angoisse, la peur de ne jamais pouvoir m’en sortir.

    Au fil de mes nombreuses angoisses, j’ai compris qu’il ne servait à rien de lutter et qu’il fallait mieux se recentrer sur moi-même et ressentir le moment et dissiper sa crise de panique avec un exercice de respiration abdominale.

    Fuir ma peur, fuir les crises de panique, fuir mes ressentis m’amenaient toujours plus de symptômes, le lâcher-prise et les exercices qui permettent de recentrer sur soi sont un bon moyen de dissiper ces angoisses.

    Essayez chaque jour de faire face à vos peurs et apprenez à les gérer avec la respiration et les suggestions et visualisation positives, par exemple si vous venez de découvrir ce blog je vous conseille de lire ces deux articles :

    Comment se relaxer avec la cohérence cardiaque

    Comment gérer les crises d’angoisse ?

    L’acceptation

    Une des choses que j’ai compris, c’est que le début à toute guérison est tout d’abord l’acceptation des ressentis tel qui nous les ont donnés.

    Vouloir s’échapper, s’agiter, renier l’évidence que vous êtes angoissés stressé ou encore déprimé vous poussera vers plus de négativité, de peur, et de mal-être.

    Sachez prendre du recul,et accepter sa responsabilité dans la situation actuelle.

    J’ai compris que je ne pouvais pas seulement accepter ce qui m’arrangeais et qu’il fallait que je reconnaisse mes symptômes mes peurs et mes mauvais choix de vie (mode de vie, alimentation, etc.)  et ne pas rejeter mon mal-être sur mon entourage, sur la vie ou  la société. Pour partir du bon pied,  acceptez-vous tel que vous êtes, avec vos qualités et vos défauts.

    Demandez de l’aide

    8-conseils-pour-lâcher-prise-2

    J’ai mis 2 ans avant de pouvoir parler librement de mes angoisses à une personne. Par peur du jugement, par peur d’être incompris, par peur du rejet .

    Mes peurs m’ont bloqué à m’ouvrir et à demander de l’aide. Il me fallait accepter une main tendue, accepter de livrer mes états d’âme, montrer mes faiblesses et ma vulnérabilité aux gens.

    J’ai passé tellement passé d’années à aider les gens que j’en ai oublié moi-même. J’avais pris l’habitude de garder mes soucis pour moi et  toujours penser que mes frustrations et mes angoisses n’étaient pas très importantes.

    Malheureusement, j’avais ancré en moi cette mauvaise habitude et je ne voulais pas faire peser aux autres mon mal-être.

    Demander de l’aide a était quelque chose de nouveau, me confier à un proche a était une libération et une aide précieuse pour prendre conscience de son mal être.

    Pourvoir se confier a étais une étape clef dans mon processus de guérison, j’avais enfin trouvé une épaule sur qui me reposer et enfin comprendre qu’elle était la source de mes angoisses, après de nombreuses discussions.

    J’ai compris que généralement  les gens sont toujours prêts à aider.

    Il me fallait trouver une personne digne de confiance, un confident qui puisse ne pas mes juger et me comprendre. Pouvoir m’exprimer petit à petit à mes amis, sur des forums, sur ce blog me permet de me libérer de mes peurs et ENFIN lâcher prise.

    Cessez d’agir en victime

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    Quand j’étais dans ma période des crises d’angoisse et de dépression, je me blâmais beaucoup.

    Je me reprochais énormément mes actes passés qui ont fait que j’étais en angoisse en permanence.

    Je ne croyais pas en ma guérison j’étais souvent dubitatif sur des méthodes naturelles que certain proposais et je me disais souvent que ça marchait pour les autres et pas pour moi… car moi c’était plus grave.

    Je faisais souvent mon caliméro, je me plaignais de tout, des gens, de ma vie, de mes symptômes.

    Je gaspillais mon temps et mon énergie à me plaindre et je ne récoltais que du négatif.

    Après la lecture du livre, Vous pouvez changer votre vie ! Le pouvoir des affirmations positives et de la visualisation j’ai compris que c’était à moi de changer ma façon de changer ma façon de penser et laisser couler mes ruminations négatives comme je l’explique dans l’article comment être positif en toute circonstance.

    Les pensées négatives nous contrôlent et nous dépriment, elle nous sortent du moment présent et du lâcher-prise.

    Aujourd’hui j’essaye au maximum de faire attention à la façon dont je réagis aux choses et voir au maximum le positif et toujours voir et croire que je me libérai d’un problème.

    Il n’y pas de recette magique ou une aide imaginaire qui vendrait vous aider, la seule personne capable de changer votre situation C’EST VOUS !

    Accepter le changement

    « Après le constat, il fallait que je change quelque chose dans ma vie. Il fallait progressivement chambouler ma routine.

    Mais on a peur de modifier notre quotidien, on a peur de bouleverser nos habitudes pour des nouvelles. Je savais qu’il fallait une évolution dans ma vie, mais je procrastinais, car j’avais peur de l’inconnu. »)

    J’avais encore cette mauvaise habitude de contrôler ma vie et ne pas laisser les choses se faire même si c’était pour mon bien et pour ma santé. J’ai mis du temps avant de réellement me lancer dans l’aventure et changer progressivement mes habitudes de vie.

    Je refusais le changement, car j’avais peur de l’inconnu et parfois j’avais l’impression que je préférais rester dans mon mal-être que d’être heureux et libre. Pour lâcher-prise il faudra accepter le changement dans votre vie. C’est une étape cruciale et essentielle dans votre chemin vers la sérénité, prépare-vous à ça dans votre quête du bien-être.

    La patience

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    Notre société nous  habitue à tout faire vite d’avoir tout, tout de suite, et ne pas apprendre le processus normal d’une vie et apprécier chaque minute comme un cadeau.

    Une des choses que j’ai eu le plus de mal à accepter étais d’apprendre à être patient avec moi-même et patient avec mon mental et mon corps.

    J’ai appris que le processus de guérison était un processus lent et que ce n’est pas du jour en lendemain que mes symptômes s’arrêteront. Comprendre et s’accorder du temps et exactement le processus du lâcher-prise et du moment présent.

    Donc, soyez indulgent et patient avec vous et appréciez chaque moment.

    Arrêter de vouloir tout contrôler

    Je suis que vous avez tendance à vouloir tout gérer, même les événements futurs ?

    Vouloir constamment tout contrôler est vraiment un problème et source de stress et d’angoisse.

    Quand j’ai pris conscience que j’avais un besoin de contrôler sur chaque événement de ma vie, j’ai compris d’où venait une part de mon anxiété et de mes crises d’angoisse.

    Aujourd’hui j’utilise un exercice très simple pour calmer mon envie de contrôle c’est de me dire « cette fois-ci je vais laisser faire, je vais l’ignorer » c’est difficile, mais ça marche ! Je ne pensais pas y arriver, mais ça donne des résultats. (Merci au forum doctissimo :) )

    À quoi bon avoir la main mise sur toutes les situations de notre vie ça n’engendre que stress et perte d’énergie.

    Accepter et laissez-vous allez vous n’en retirerez que des bénéfices et du calme.

    La respiration

    femme

    J’inspire le moment présent, la sérénité, la paix et j’expire le stress, la dépression et ces angoisses. Faire des exercices de respiration comme je l’explique dans l’article  Comment bien respirer ?

    La respiration m’aide tous les jours à rester dans le moment présent et d’apprécier le lâcher-prise.

    Pour être sûr d’être « en mode lâcher-prise » j’essaye de ressentir l’air qui sort et qui rentre de mes narines ou mon ventre qui gonfle et se dégonfle avec la respiration abdominale.

    Ce moment d’attention  et de concentration est ce qu’on appelle la pleine conscience et vous ressentez dans l’ici et maintenant.

    Des que je me sens un peu moins serein, que mon esprit vagabonde j’utilise la respiration pour me recentrer sur moi et calmer mes tensions.

    La respiration est la technique idéale pour lâcher prise face à vos colères votre stress, votre crise d’angoisse, même à votre dépression.

    Vous l’avez bien compris la quête du lâcher prise est un nouveau chemin qui vous devez prendre. Après quelque années d’initiation je peux vous affirmer que j’en ai retirer que sérénité et calmer.

    Le lâcher-prise est une façon nouvelle de voir la vie. J’espère que cet article vous donnera l’envie de mettre un peu de lâcher-prise dans votre vie.

    Source


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  • L'amour de soi. Jusqu’à quel point vous aimez vous?

    Jusqu’à quel point vous aimez vous? La question peut sembler banale, ou naïve. Pourtant, l’amour qu’on se porte est sans doute une des questions centrales de la vie. L’amour qu’on se porte est en effet intimement lié à la façon dont on a été aimé et influence grandement la façon dont on réussit à vivre avec les autres et les aimer.

    L’amour de soi s’élabore tout au long du développement, dans la relation aux personnes significatives, le plus souvent les parents. C’est à travers le regard qui est porté sur soi par ceux dont on dépend qu’on construit cet amour de soi : on intériorise ce regard aimant sur lequel on pourra prendre appui et affronter les difficultés et les rebuffades, regard qui permettra aussi de profiter et de goûter à ce que la vie a de bon.

    L’amour de soi s’exprime à travers des sentiments de bien-être et de satisfaction. Il permet d’éprouver la joie de vivre, de s’estimer comme personne et de se faire respecter. Il permet aussi d’être capable de se rassurer et se réconforter lorsque des pertes surviennent, lorsque des critiques ou des difficultés se présentent, cela en préservant l’image qu’on a de soi.

    Différents facteurs contribuent à établir l’amour de soi et la question de l’idéal joue un rôle important. Chacun a ses idéaux – fonder une famille, exercer un métier qu’on aime, avoir une maison, etc. Dans les meilleurs cas, nos buts et nos idéaux sont à la hauteur de ce que l’on est. Ils sont réalisables, on ressort grandi lorsqu’on les atteint, fier de soi, avec un sentiment de compétence en prime et le sentiment qu’on est quelqu’un de bien.

    Mais les aléas du développement font que l’idéal est parfois inadapté à ce que l’on est, qu’il est difficilement atteignable et nous renvoie à des limites qu’on n’accepte pas d’avoir. Un travail sur soi s’impose alors, travail de deuil, qui seul donnera accès à une appréciation réaliste de soi, en tenant compte des vulnérabilités et des limites. Il s’agit en effet d’aimer ce que l’on est. C’est parfois différent de ce qu’on aurait aimé être. Un amour de soi approprié est en effet réaliste, c’est-à-dire qu’il permet d’apprécier les ressources et les limites dont on dispose et rend possible l’investissement ce que l’on est et de ce que l’on a. Cela s’apprend.

    Enfin, il est indéniable que plusieurs facteurs provenant de l’environnement contribuent à renforcer l’amour de soi. Le fait d’être aimé et apprécié pour ce que l’on est aide Les marques d’appréciation pour ce qu’on fait, nos succès, petits et grands. Tout cela nous aide à nous sentir bien et il est normal d’en dépendre dans une certaine mesure.

    On ne peut cependant dépendre principalement de l’environnement sans une certaine précarité. L’équilibre personnel n’est alors pas seulement influencé par l’environnement mais il en dépend. C’est là une nuance qui fait toute la différence et qui renvoie à une fragilité. L’estime qu’on a pour soi peut se trouver gravement atteinte lorsque l’environnement fait défaut. C’est là une indication qu’un travail sur soi est souhaitable ; chemin pas toujours facile, mais chemin vers une vie mieux assumée, une vie à soi.

    Par Marie-Claude Roy, Psychologue


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  • Rêve de dragon Mini-affiche

     Il y a toutes ces réactions aux offenses de l'existence que l'on refoule; on avale la gifle qu'on aurait dû rendre, mais on ne la digère pas. C'est l'ensemble des impulsions essentielles et des réactions existentielles qui forment ce qu'on appelle l'ombre. Cette ombre se personnifie plus ou moins en nous-mêmes.

    C'est ainsi que je demande à chaque femme qui vient me voir: "Avez-vous déjà rencontré la sorcière en vous-même? "

    "Moi, une sorcière...?"  Mais plus cette femme a l'air étonné et plus elle a en elle une sorcière!

    Et à chaque homme je demande s'il a déjà reconnu le loup qui l'habite? Vous rencontrez un homme et vous avez envie de le mordre, mais en lui serrant la main vous direz: "Je suis content de vous voir!"

    Nous vivons tous dans des mensonges extraordinaires parce que éduqués dans une éthique de comportement. Ce qui est bien nécessaire.

    (...)

    C'est ce qui m'intéresse dans mon travail, c'est la vérité vécue, c'est l'être authentique. Ce qui ne veut pas dire qu'on doive aller jusqu'au crime si on ressent en soi une agression. Mais on doit accepter l'ombre. Accepter l'ombre ne veut pas dire qu'on doive la vivre. Être authentique c'est accepter de voir  qu'on est ce qu'on est et pas ce qu'on imagine être en regardant son personnage dans un miroir.

    "Le centre de l'être" Karlfried Graf Dürckheim

     Voir article de Dürckheim 2 pour compléter!


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  • Bien-etre.jpg

     

     

     

     La vie est un Tout. Le grand cercle de l'expérience terrestre englobe tous les domaines de l'existence, petits et grands, obscurs et lumineux, joyeux et tristes.

     

    La vie est une suite de naissances et de morts, de pertes et de gains.

     

    La vie nous donne quotidiennement ses leçons. Notre maturation spirituelle nous permet de les accepter en tant que telles, de leur rendre leur sens, sans lequel nous resterions enfermés dans la résistance face à une douleur absurde.

     

    Mais chacun sait aussi combien il est difficile de respecter et de suivre ce flux vital naturel.

     

    Pourtant, notre transformation intérieure est le fruit d'un processus conscient, laborieux et difficile. Nous ne pouvons laisser derrière nous les souffrances d'une vie familiale, dont le poids nous écrase, ni oublier les difficultés du monde qui nous entoure. Nous avons besoin de les reconnaître et de les intégrer dans notre pratique au jour le jour. Mais nous ne devons pas pour autant leur permettre d'écraser notre présence au monde.

     

    Faites l'inventaire critique de vos préoccupations, de vos problèmes, de vos tracas, de vos soucis. Vous ne pourrez ignorer votre peur voilée. Vous pouvez, face à cette peur, essayer de vous échapper en mobilisant vos mécanismes de défense, en détournant vos pensées ou en évitant la confrontation. Tout cela peut effectivement vous aider à calmer très provisoirement la peur.

     

    Mais si vous concevez au contraire la peur comme accompagnant naturellement le processus de renouvellement, vous découvrirez qu'elle peut être stimulante, elle vous permettra de faire remonter à la suface les vieux souvenirs, sentiments et impulsions, que vous pourrez alors confronter de façon productive et critique. La peur est présente dans toute vie. Osez la regarder en face: cela vous apportera une clarté, vous aidera à apprécier les problèmes à leur juste valeur. En la considérant sans la surestimer, on opère un rééquilibrage énergétique: la force émotionnelle ainsi libérée sera à nouveau disponible pour une nouvelle étape de construction.

     

    Un adage connu dit: Celui qui ne se vit pas ne peut dans la même proportion laisser vivre l'autre.

     

    L'expérience de la souffrance peut nous faire comprendre, grandir, mais il arrive aussi qu'elle conduise à la mort psychique ou physique. Nous connaissons tous des personnes mal en point et tellement déconnectées de leur source intérieure que la mise en marche du processus de guérison est fortement compromise. Le désarroi de la société moderne, avec ses situations d'abus, d'éclatement et de confusion a produit chez nombre de nous des blessures profondes et indélébiles.

     

    Vous pouvez construire votre jardin d'Eden, à condition d'y croire. Mais vous pouvez aussi choisir d'entretenir une souffrance énorme. Pour sortir de cette impasse, vous devez entrer en rapport avec la conscience du besoin de 'guérison'. Dans un processus accompagné, cela vous réconciliera avec votre être intérieur, vous aidera à rencontrer et à réévaluer vos peurs et vous approchera de l'expérience d'une existence aimante et créative.

     

    Nous portons tous en nous des schémas de comportement que nous avons adoptés en réponse à des événéments douloureux. Nous avons développé des défenses morbides qui sont en grande partie responsables de notre souffrance profonde. Si on décide de rester un être blessé et humilié chronique, on doit alors mener la vie d'une victime. Mais vous serez votre propre victime, même si vous avez la conviction que les autres sont responsables de votre malheur.

     

    L'apprentissage d'un nouveau comportement émotionnel permettra à une nouvelle attitude d'émerger. La déception ou l'humiliation sont des expériences douloureuses - découvrons qu'il est possible de vivre ce sentiment. Reconnaître et laisser s'exprimer cette douleur est tout à fait adapté. Cela devient problématique seulement si la douleur s'installe dans le temps et dure trop longtemps, en partie parce que nous l'entretenons et ne l'autorisons pas à s'effacer.

     

    Ce sont des systèmes de croyance transmis de génération en génération, des scénarios et des identifications qui soutiennent les problèmes et fécondent nos convictions, leur conférant ainsi le pouvoir dont elles ont besoin pour survivre.

     

    Une même question revient encore et encore: comment et pourquoi certaines personnes renoncent-elles à la vie, leur vie? Pourquoi choisissent-elles des faux-semblants qui leur permettent de se tenir à l'écart du "risque de la vie"? Pourquoi adoptent-elles des attitudes passives et dépendantes, pourquoi font-elles du surplace et l'imitent-elles délibérément leur conscience? Tout le monde a besoin, à un moment donné, de faire ce travail fondamental sur soi, analyser ses relations avec ses parents et sa famille, et développer ainsi sa conscience, afin de mieux comprendre ses mécanismes intimes. Or on assiste trop souvent à la résignation d'une personne qui sait bien que sa vie tourne en rond, mais qui ne voit pas d'alternative. Elle abandonne sa responsabilité, n'est plus prête à se demander dans son for intérieur où est sa vérité, sa lumière. Seule une attention profonde à l'ensemble de notre existence peut nous aider à nous épanouir intérieurement. Seule une telle attention nous permettra de faire tomber des cloisons, de prendre enfin conscience des multiples dimensions qui se côtoient chaque jour en nous.

     

    Voici quelques questions bénéfiques et libératrices que chacun d'entre nous peut se poser de temps en temps:

     

     - Que fais-je de ma vie au quotidien?

     

    - Quelles sont les dimensions que je vis pleinement?

     

    - Où est ma créativité?

     

    - Quels sont les aspects que je considère moins importants et que j'évite d'aborder?

     

    - Quels sont les sentiments que je ressens lorsque je pense à cela?

     

    - Comment puis-je rencontrer les émotions que cela éveille en moi?

     

    - Est-ce que j'adopte une attitude défensive?

     

    Certaines personnes attendent le fameux jour où tout ira mieux, le jour de la solution miracle. D'autres emplissent leur quotidien d'une foule de petites contraintes, élaborées au fil des jours, et les occupant de manière rassurante. Enfin, il y a ceux qui ont décidé de s'attaquer au problème et de commencer le grand nettoyage, car il est malheureusement faux de penser que le temps suffit à guérir nos blessures profondes.

     

    Certaines blessures s'incrustent et, malgré nous, la mémoire transgénérationnelle fait que nous les transmettrons à nos enfants. Le travail thérapeutique aide à revenir sur notre histoire et à regarder bien en face les certitudes que nous avons développées pour poser enfin la question libératrice, celle de leur validité. C'est sur ces certitudes que s'est bâtie notre identité, et elles nous ont par là même imposé leurs limitations.

     

    Mais cette identité est-elle véritablement la nôtre?

     

    Prenons conscience du fait que nous portons en nous toutes les possibilités. Cela nous permet de regarder les cloisons de notre vie en face et de lâcher prise, pour que notre espace intérieur se transforme et grandisse en se déployant. Cela suppose une implication active et responsable dans le processus de transformation, avec des actions déterminées et orientées.

     

    Retrouver derrière l'obscurité de la peur et du doute la lumière naturelle de l'amour et de la joie, c'est à cela que conduit la guérison de l'esprit.

     

    Trop souvent encore, la décision d'entreprendre cette démarche personnelle est fondée sur l'urgence. C'est le cas de la force majeure: la maladie ou un drame humain nous tire brutalement de notre cocon et nous nous apercevons que nous n'avons jamais vraiment réfléchi à la dynamique de la vie, ni à ce qui est essentiel. Surtout, nous découvrons que nous avons beaucoup de mal à dire ce qui est essentiel pour nous.

     

    Pourquoi avons-nous renoncé?

     

    Pourquoi avons-nous préféré nous cantonner dans un espace de conscience restreint?

     

    Comment continuer à résonner avec son histoire, sans en être prisonnier?

     

    Comment renouer avec son être profond et satisfaire le désir de vivre une vie pleine, riche et épanouie, conforme à notre identité authentique?

     

    Qu'est-ce qui nous empêche de vivre la vie que nous nous sommes imaginée en étant enfant?

     

    Que sont devenus nos rêves les plus fous, les plus extraordinaires et joyeux?

     

     

    Les premières années de la vie d'un enfant ont cette simplicité spontanée: la vie coule de source. Chaque journée démarre avec un plein d'énergie, l'enfant vit l'instant présent complètement et de manière incroyablement créative. Il se couche heureux et fatigué le soir, sans la moindre appréhension du lendemain. D'ailleurs pourquoi demain serait-il moins bien qu'aujourd'hui?

     

     

     

    Liliane Reuter

     

    Trouvé chez Mamadomi


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