•   Wilhelmina-de-Haas-Keane-1.jpgJ'ai remarqué dans les vicissitudes d'une longue vie que les époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m'attire et me touche le plus.

     

    Ces courts moments de délire et de passion, quelque vifs qu'ils puissent être, ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clairsemés dans la ligne de la vie.

     

    Ils sont trop rares et trop rapides pour constituer un état, et le bonheur que mon cœur regrette n'est point composé d'instants fugitifs mais un état simple et permanent, qui n'a rien de vif en lui-même, mais dont la durée accroît le charme au point d'y trouver enfin la suprême félicité.

     

    Tout est dans un flux continuel sur la terre : rien n'y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections qui s'attachent aux choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles.

     

    Toujours en avant ou en arrière de nous, elles rappellent le passé qui n'est plus ou préviennent l'avenir qui souvent ne doit point être : il n'y a rien là de solide à quoi le cœur se puisse attacher.

     

    Aussi n'a-t-on guère ici-bas que du plaisir qui passe ; pour le bonheur qui dure je doute qu'il y soit connu.

     

    A peine est-il dans nos plus vives jouissances un instant où le cœur puisse véritablement nous dire : Je voudrais que cet instant durât toujours ; et comment peut-on appeler bonheur un état fugitif qui nous laisse encore le cœur inquiet et vide, qui nous fait regretter quelque chose avant, ou désirer encore quelque chose après ?


     

    Mais s'il est un état où l'âme trouve une assiette assez solide pour s'y reposer tout entière et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d'enjamber sur l'avenir ; où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entière; tant que cet état dure celui qui s'y trouve peut s'appeler heureux, non d'un bonheur imparfait, pauvre et relatif tel que celui qu'on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d'un bonheur suffisant, parfait et plein, qui ne laisse dans l'âme aucun vide qu'elle sente le besoin de remplir.

     

     

    Rousseau, Rêveries

     

     

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    Elle a la joie de vivre

    Qui transpire de sa peau

    Elle a les yeux qui brillent

    Qui vous enlèvent la peau

     

    Elle a la voix qui sonne

    Toutes les générations

    Elle a des mots  qui donnent

    Donne  la transgression

     

    Elle a un corps qui danse

    Qui file des frissons

    Elle vous apprend la transe

    Elle vous rend la passion

     

    Elle est la femme des femmes

    Qui rend fière du buisson

    Elle est comme une flamme

    Et toutes à l’unisson

     

    On s’échappe de sa gorge

    Comme d’une explosion

    Quand elle gronde les orgues

    Sans demander pardon

     

    Elle a la joie de vivre

    Qui transpire de sa peau

    Elle a les yeux qui brillent

    Qui vous enlèvent la peau

     

    Julie B. Bonnie

     


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    http://media.paperblog.fr/i/176/1768740/printemps-est-arrive-cerisiers-japon-prunus-s-L-1.jpeg

     

    Un matin se lever,
    Décider de fouetter l'ennui,
    Et de rincer la tristesse,
    Ourler ce jour bénit,
    Du plus beau galon de sa vie.

    Un matin de printemps de cerises,
    Vite s'habiller du chemisier en soie d'estime,
    Elle part ciseler le bonheur,
    Elle part écouter les sourires,
    Elle part épousseter les étoiles,
    Elle part.

    Elle veut rapiécer le temps, arroser les souvenirs, battre les peurs.

    Elle voit l'invisible enfin et elle oublie.

    Et même repriser le ciel maintenant qu'elle a des ailes.

     

     

     

     

    Mel, tu écris vraiment de très belles choses!

     

     

     

    Les barrières

    Il faut ouvrir les barrières
    Chasser les plus gros chagrins
    Plus jamais se laisser faire
    Encore croire à son destin

    Il faut ouvrir les barrières
    Pour que puisse entrer la joie
    Entendre chanter la terre
    Et s'endormir dans ses bras

    Il faut ouvrir les barrières
    Respirer le jour nouveau
    Aller boire à la rivière
    D'un demain qui sera beau


     

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    ♥ Wahouw! ♥

     

     

     

    Entendu dernièrement dans la voiture:

     

     

     

    Le ciel ne manque pas de charme,
    mais je préfère
    les plaisirs, les joies, les larmes
    de notre terre,
    le bon vin, les yeux brillants
    des jolies femmes...
    La vie c'est plus pétillant
    que le champagne!
    La-haut tu dois croquer la pomme,
    Monsieur le Diable,
    mais le vieux plancher des hommes
    c'est formidable.
    Et je donn' l'éternité
    et son silence
    pour un pauvre jour d'été
    de mes vacances.
    C'est permis
    d'aimer la vie et d'aimer l'amour,
    d'aimer la nuit, d'aimer le jour
    et de penser que c'est trop court...
    Bien trop court!
    J'ai envie
    de rattraper le temps qui court,
    de vivre à fond, de vivre pour
    aimer la vie, aimer l'amour.
    La vie c'est l'éternel miracle,
    la seule chance;
    chaque jour, le grand spectacle
    qui recommence.
    J'applaudis, je dis: "Chapeau!"
    au grand artiste
    qui dessine le tableau
    où tu existes.
    ...Le bon vin, les yeux brillants
    des jolies femmes...
    La vie c'est plus pétillant
    que le champagne!

     

     


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    Ludovica Einaudi

     

     

     


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    Je l'admire veut peut-être dire

    Que j'aimerais lui ressembler

    Que sa présence m'attire

    Que sa voix me fait trembler

     

    Çela veut dire aussi

    Qu'on peut encore me toucher

    Quand je vois son visage qui sourit

    J'ai envie de l'approcher

     

    Je l'admire ça signifie toujours

    Un sentiment qui mélange l'amour

    La peur, l'envie et la timidité

    Qui remplit mon intimité

     

    Je cherche toujours à admirer

    Ça m'écrase d'humilité

    Exister dans quelqu'un d'autre

    Me redonne la paix

     

     

     

    Julie B. Bonnie accompagnée de Gaêtan Roussel

     

     

     


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    Prends le sentier
    derrière les jalousies des villageois
    Le vent d'une seule main
    y secoue la forêt.
    À la montagne, mets des ailes
    Au mur, pense à elle.
    Le diable fera claquer ses doigts
    et quand tu entendras le hurlement
    du loup tranchant la gorge du chien,
    tu verras alors les étoiles précises
    des feux sur l'autre rive.
    La lune arrêtera sa course.
    C'est le signal. Traverse.
    La voie est libre comme toi.
    Je t'envoie l'escorte de vierges.
    Le mot de passe :
    " Né pour aimer. "

    Ils versent un pauvre miel
    sur leurs mots pourris.
    Ils te parlent de pénurie
    et sur ta faim, sur tes amis,
    ils aiguisent leur appétit.

    Leur haleine brûle l'air
    comme la chaux
    sur le pain.

    La beauté que tu oses ,
    ils la saluent encore
    d'un grognement de porc
    fouillant dans l'auge.
    Ils ont raison
    comme des cadavres
    et la vie les a coulés.

    Ils ont tout
    mais ne sont
    que le ciment du havre.

    Toi qui marches sur les tessons
    du concert,
    viens boire cette bouteille
    pleine de clarté,
    coulant comme un secret
    sur les lèvres des amants.
    Sous l'aile du huard
    Le lac a calé.
    C'est le moment.

    Ce que tu trouves,
    tu le gardes pour toi.
    " Ce qui n'est pas donné est perdu. "
    N'entends-tu pas battre ton cœur
    dans le sourd tambour de la terre ?

    Nous sommes les bêtes noires de l'ennui.
    C'est toi mon pain béni.
    Nous sommes la prairie,
    le feu, le vent.
    Nous sommes vivants.

    Il est temps d'apaiser
    cette fleur de la peur
    qu'on appelle le monde.
    Nous sommes cueilleurs,
    le fruit est la Loi.
    C'est nous le roi
    et tout est là.

    Le reste meurt ailleurs
    au fond de voûtes carsidérales*.

    Un chant millénaire monte dans l'air.
    La lampe, le lit, la nuit t'attendent.
    Viens voir jusqu'où
    le ciel peut couler
    quand la terre est une offrande.

    Et sur la nappe de toile
    tendue comme une voile,
    un navire de paix.

    La maison est ouverte.
    Les femmes-corsaires
    ont mis le feu
    aux galères de la nuit,
    l'armateur aux fers.
    j'éteins le phare,
    la fanfare dort.
    On peut parler

     

     

    *Que veut dire carsidérales?


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  • http://lorenjy.files.wordpress.com/2009/04/poisson_bocal.jpg

     

    L'habitude est une étrangère
    Qui supplante en nous la raison
    C'est une ancienne ménagère
    Qui s'installe dans la maison

    Elle est discrète, humble, fidèle
    Familière avec tous les coins
    On ne s'occupe jamais d'elle
    Car elle a d'invisibles soins

    Elle conduit les pieds de l'homme
    Sait le chemin qu'il eût choisi
    Connaît son but sans qu'il le nomme
    Et lui dit tout bas : "Par ici"

    Travaillant pour nous en silence
    D'un geste sûr, toujours pareil
    Elle a l'oeil de la vigilance
    Les lèvres douces du sommeil

    Mais imprudent qui s'abandonne
    A son joug une fois porté !
    Cette vieille au pas monotone
    Endort la jeune liberté

    Et tous ceux que sa force obscure
    A gagnés insensiblement
    Sont des hommes par la figure
    Des choses par le mouvement



    René-François Sully Prudhomme (1839. 1907)


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